
Rapport sur la situation des droits des peuples autochtones des forêts du Cameroun :
Sommaire :
De nombreux groupes souffrent au Cameroun de discriminations, les peuples autochtones des
forêts, du fait de leur marginalisation constante, de l’absence de prise en compte de leurs
particularités par les pouvoirs publics, souffrent davantage.
Considérés comme des peuples rétrogrades, les peuples autochtones sont dominés par le
mode de pensée de la société dominante. Les aires géographiques dans lesquelles vivent ces
groupes sont dotées d’infrastructures insuffisantes lorsqu’elles existent. Ces groupes
dépendent étroitement des ressources naturelles sur lesquelles est basé leur système de
production. Ils ont été dépossédés au profit des intérêts économiques de la société dominante,
des terres ancestrales sur lesquels ils ont vécu depuis des temps immémoriaux. Leur
attachement à leur culture, à leur mode de vie, à leurs langues les distingue de la société
dominante. Ces groupes sont dotés de savoirs traditionnels en matière biologique pour le
traitement médical, l’agriculture, la conservation et l’utilisation durable des ressources
naturelles et génétiques et toute une gamme de pratiques et d’innovations culturelles.
Ce qui frappe d’emblée, c’est la volonté évidente de protéger les peuples autochtones au
niveau international à travers des normes internationales contraignantes ou non qui énoncent
des principes et règles applicables à ces groupes. Le problème de fond demeure la mise en
œuvre effective des instruments juridiques internationaux de protection des droits de l’homme
en général et des peuples autochtones en particulier par le Cameroun. Le Cameroun comme
beaucoup d’Etats africains connaît des difficultés pratiques de mise en œuvre des conventions,
il s’agit entre autre : de la maîtrise insuffisante des techniques conventionnelles, de l’absence
d’harmonisation entre les législations nationales et les diverses conventions de protection des
droits de l’homme, des difficultés techniques et financières liées à la mise en œuvre de ces
conventions
. Une autre difficulté a trait à la volonté manifestée par plusieurs Etats africains
et notamment du Cameroun de soigner son image de citoyen international, éligilité à la
solidarité de la communauté internationale en dépit de sa législation interne en contradiction
avec l’esprit de certains instruments juridiques internationaux
.
La Constitution camerounaise du 18 Janvier 1996 dans son préambule dispose : « l’Etat
assure la protection des minorités et préserve les droits des populations autochtones
conformément à la loi ». Cependant, aucun texte législatif ou réglementaire ne vient préciser
le contenu de cette notion. Qu’est ce qui justifie l’élaboration de ce rapport ?
Célébration du 9 Août 2008 de la première journée officielle de la journée des populations
autochtones.
Méthodologie utilisée
Réalisation des études relatives à l’avant projet de loi sur la promotion des droits des populations
marginales et du document de Politique de Solidarité Nationale
Maurice Kamto, « Les Conventions Régionales de Conservation de la Nature et des Ressources Naturelles en
Afrique et leur Mise en Ouvre », Faculté de Droit et des Sciences Economiques de Limoges
J.F Médard, « L’Etat Sous Développé au Cameroun », Année Africaine CEAN, Paris, Pedone 1977 PP 74-80,
J. Bugnicourt, « Le Mimétisme Administratif en Afrique, Obstacle Majeur au Développement » Revue Française
de Science politique, vol XIII, n° 6, décembre 1973, note n° 23 P 1260