a Première Guerre Mondiale - Le Chat

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BBonnin
La Première Guerre Mondiale et ses conséquences
En 1914, les Européens pensent que la guerre sera courte, limitée, classique mais les
évènements vont leur donner tort : elle sera longue, généralisée, totale et mobilisera toutes les
énergies des pays belligérants. Cette guerre va durablement changer la géopolitique mondiale.
I- La Grande Guerre
Problématique : Comment s’est déroulée la Première Guerre Mondiale ?
La Grande Guerre va se dérouler sur terre, sur mer et pour la première fois dans les airs. Elle va
s’étendre sur trois puis quatre fronts : français, russe, balkanique, puis italien (à partir de 1915). Son
déroulement est caractérisé par des phases distinctes.
1- La guerre de mouvement (Août-Décembre 1914)
Les deux camps vont dans un premier temps tenter d’appliquer les plans élaborés avant guerre.
La France subit le premier échec avec ses offensives avortées en Lorraine. L’offensive allemande est
quant à elle dans un premier temps victorieuse : le 2 Septembre, les Allemands sont à 25 km de Paris.
Les généraux français J. Joffre et J. Gallieni reprennent alors l’offensive. Du 6 au 13 Septembre a lieu
la première Bataille de la Marne : l’armée française (grâce à l’épisode des taxis de la Marne) fait
reculer son adversaire. Du 15 Septembre à la fin Novembre, les armées en présence vont étendre le
front jusqu’à la Mer du Nord et se livrent à de violents combats pendant la Bataille des Flandres.
A la fin de 1914, le front se stabilise en France sur 800 km, de la Mer du Nord à la frontière suisse. Sur
le front russe, l’armée allemande remporte des victoires à Tannenberg et aux Lacs Mazures (AoûtSeptembre). Dans les Balkans, l’offensive austro-hongroise sur la Serbie est un échec.
Sur tous les fronts, les forces militaires en présence s’équilibrent.
2- L’enlisement du conflit (1915-1917)
A- Une guerre de position et d’usure (1915-1916)
a- Le front français
Après les échecs des offensives, les deux armées vont s’évertuer à tenir leurs positions.
Elles creusent des tranchées et entrent dans une logique de guerre d’usure mais aussi totale avec
l’utilisation de nouvelles armes puissantes et meurtrières (gaz asphyxiants, mines, char...). L’artillerie
va jouer un rôle fondamental, notamment en préparation à tout assaut d’une tranchée ennemie.
Le sommet de la violence est atteint à Verdun en 1916. Cette place, point avancé du front français,
joue un rôle stratégique important pour les deux armées. Pendant dix mois (21 Février-19
Décembre), les deux armées s’affrontent sans résultat militaire probant. Les différentes offensives
des deux camps sont des échecs ou des « gagne misère ». Les combats font plus de 300 000 morts.
Parallèlement, les forces franco-britanniques se lancent dans une grande offensive sur la Somme (1er
Juillet-18 Novembre) afin de percer les lignes adverses. Les gains territoriaux sont minimes et les
combats font plus d'un million de morts.
b- Les fronts orientaux
Sur le front russe, les Allemands repassent à l’offensive et occupent toute la Pologne, la
Lituanie et une partie de la Lettonie. Les Russes sont confrontés à de lourdes pertes mais le front
résiste malgré la démoralisation des troupes.
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Dans les détroits, les alliés franco-britanniques tentent de soutenir leur allié russe opposé aux forces
de l’Empire Ottoman (entré en guerre aux côtés de l’Allemagne le 29 Octobre 1914). En Mars 1915,
ils tentent de prendre le contrôle du détroit des Dardanelles mais c’est un échec cuisant.
Dans les Balkans, l’armée serbe est écrasée en Novembre 1915 et son territoire est occupé par les
puissances centrales. La Roumanie subit le même sort en Décembre.
Un nouveau front apparaît en Mai 1915 avec l’engagement de l’Italie (Traité de Londres, 26 Avril
1915) aux côtés de l’Entente, au nom de l’ « égoïsme sacré ». Ses buts de guerre sont le rattachement
à son territoire du Trentin et de l’Istrie, du littoral dalmate, mais aussi de l’Albanie.
c- La guerre sur mer
La maîtrise des mers semble garantie, dès le début de la guerre, à l’Entente. Les Japonais,
entrés en guerre aux côtés des forces alliées en Août 1914, s’emparent des possessions allemandes
du Pacifique, tandis que la Royal Navy organise le contrôle du trafic commercial dans l’Atlantique. La
marine allemande est confinée dans ses ports européens mais elle peut compter sur sa flotte sousmarine, les U-Boote. Dès 1915, l’Allemagne déclare la guerre au commerce maritime dans les eaux
anglaises. Le torpillage du paquebot britannique « Lusitania », le 7 Mai 1915, par un sous-marin
allemand, provoque de telles protestations de la part des Etats-Unis, que l’état-major allemand
renonce à la guerre sous-marine à l’égard des paquebots de toute nationalité.
En Mai 1916, la flotte allemande tente de casser le blocus (Bataille du Jütland) mais c’est un échec.
B- Une guerre contestée (1917)
a- Le front français
Le 16 Avril 1917, le Général R. Nivelle lance une offensive sur l’Aisne afin de rompre le
front allemand sur les crêtes du Chemin des Dames. Elle durera jusqu’en Octobre, sans aucune
avancée décisive. C’est une défaite stratégique majeure pour l’armée française. Quelques 150 000
soldats trouvent la mort. Cette bataille a des répercussions importantes. Outre le limogeage de
Nivelle au profit de Ph. Pétain, des mutineries éclatent, désertions et grèves se font plus fréquentes.
Cette « crise de 1917 » vient de l’incompréhension entre « ceux du front » (soldats et officiers) et
« ceux de l’arrière » (officiers supérieurs, politiques, « marchands de canons », « planqués ») ; elle est
l’expression d’un ras-le-bol, d’un refus des pertes inutiles et du désespoir des « poilus », que de
l’audience croissante du pacifisme et de mouvements sociaux contestataires. La répression est
sévère : Pétain fait condamner à mort 554 mutins dont 49 seront exécutés, mais il a aussi l’habileté
d’introduire des améliorations dans l’organisation des permissions et du cantonnement.
La reprise en main des armées par Pétain et par le Président du Conseil, Georges Clemenceau, va
permettre aux armées françaises de reprendre le chemin de l’offensive.
b- Les autres fronts
En Italie, la situation est catastrophique. En Octobre, les Autrichiens passent à l’attaque
à Caporetto : les Italiens subissent un cuisant échec et perdent 300 000 soldats (prisonniers). L’étatmajor franco-britannique se décide alors à apporter une aide militaire réelle à son allié italien.
L’évolution la plus catastrophique est cependant celle de la Russie. L’armée se décompose :
mutineries et désertions se succèdent en masse. Après la révolution de Février 1917, le Tsar Nicolas II
abdique. Les intentions du gouvernement provisoire de poursuivre le conflit font le jeu des
bolcheviks et des Allemands. La révolution d’Octobre va porter au pouvoir les premiers avec l’aide
des seconds qui ont favorisé le retour du dissident révolutionnaire Lénine. L’armistice est signé le 15
Décembre et des négociations de paix commencent. Mais les exigences allemandes sont importantes
et refusées : si l’Entente a perdu son allié, le front russe ne disparaît pas pour autant.
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c- Le tournant de la guerre
Sur mer, les Allemands vont reprendre la guerre sous-marine sans restrictions et sur tous
les théâtres d’opération. Cette décision, prise le 31 Janvier 1917 par l’Empereur allemand Guillaume
II et son état-major, va avoir de graves répercussions. En effet, elle va venir dans la continuité d’un
télégramme secret du 16 Janvier d’Arthur Zimmerman, secrétaire d’Etat allemand aux Affaires
étrangères, à destination de son ambassadeur au Mexique, l’avertissant de cette décision et lui
demandant de se mettre en contact avec le gouvernement mexicain et de lui proposer une alliance
contre les Etats-Unis. Ce télégramme, intercepté par la Marine britannique et transmise au Président
américain T. W. Wilson va faire basculer l’opinion américaine, jusque là neutraliste. Le 2 Avril 1917,
après vote au Congrès, les Etats-Unis entrent en guerre aux côtés des pays de l’Entente.
3- La reprise des offensives et la fin de la guerre (1918)
A- La fin du front russe
Dès le début de 1918, les Alliés perdent un front avec la sortie du conflit de la Russie. En
effet, malgré que cette dernière ne soit plus une alliée, elle restait une inquiétude pour l’Allemagne.
Le 10 Février, la délégation russe refuse de signer le traité de paix proposé par l’Allemagne. Le 18, les
Russes bolcheviks attaquent l’Ukraine sécessionniste (territoire également convoité par l’Allemagne).
L’Empire allemand lance alors une offensive à l’Est et ses troupes sont en quelques jours aux portes
de Petrograd. Les bolcheviks sont contraints d’accepter les conditions qui leur sont imposées et
signent le Traité de Brest-Litovsk, le 3 Mars 1918. Ils perdent la Pologne, l’Ukraine, les pays Baltes et
une partie de la Biélorussie, mais doivent aussi verser à l’Empire allemand une indemnité de 94
tonnes d’or. Les Allemands vont ainsi pouvoir se concentrer sur le front Ouest et y envoyer des
renforts importants afin d’obtenir une victoire rapide avant l’arrivée des forces américaines.
B- La reprise des grandes offensives
Le haut commandement allemand, sous l’autorité du Général E. Ludendorff, souhaite
remporter une victoire décisive sur les Alliés. Il initie donc le retour à une guerre de mouvement.
L’offensive est lancée le 21 Mars 1918 en Picardie, contre les positions britanniques. Le front plie
mais ne rompt pas. Le commandement des armées alliées est confié au seul Général F. Foch pour
plus d’efficacité. Le 27 Mai, les Allemands se lancent dans une offensive dans l’Aisne : Paris se
retrouve à la portée de leurs canons à longue portée mais la rupture du front n’est pas atteinte.
Le 15 Juillet, les Allemands lancent une nouvelle offensive d’envergure sur la Champagne et sur la
Marne. Mais ils perdent 500 000 soldats et doivent réduire leur ligne de front. Le 18 Juillet, les Alliés
lancent une contre-offensive (Deuxième Bataille de la Marne) avec l’appui de troupes américaines
dans la région de Villers-Cotterêts. Les Allemands ne peuvent faire face à un assaut mené sur un front
de 100 km de large. Craignant l’encerclement, ils se replient vers le Nord. C’est une victoire majeure
pour les Alliés. Le 8 Août, les forces alliées lancent une offensive en direction de la Picardie et de la
Somme (« aventure d’Amiens »). L’avance est rapide. En deux jours, 24 000 Allemands sont capturés.
L’offensive finale « des Cent Jours » est lancée. Du 26 Septembre au 10 Novembre, l’offensive
Meuse-Argonne, lancée par les Américains, appuyés par des divisions françaises, va être la bataille
décisive de la guerre. 200 000 soldats y perdent la vie. Mais la résistance allemande s’effondre.
C- La fin de la guerre
a- La chute des Empires centraux
Le coup de grâce vient des Balkans. Du 15 au 29 Septembre, l’armée alliée du Général L.
Franchet d’Espèrey lance une offensive victorieuse en Macédoine contre les troupes germanobulgares. Le 29 Septembre, la Bulgarie capitule. L’Autriche-Hongrie se retrouve sans défense au Sud.
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Au Proche Orient, à Megiddo, la victoire des alliés conduits par le Général britannique E. Allenby, le
21 Septembre, scelle le sort de l’Empire ottoman. Un armistice est signé. Le front d’Orient n’est plus.
Fin Octobre, c’est l’Empire des Habsbourg qui s’effondre. Le 28 Octobre, les armées autrichiennes
sont défaites par les Italiens à Vittorio Veneto. L’Empereur Charles Ier signe l’armistice le 3 Novembre.
L’Allemagne va se disloquer à son tour. Les évènements se succèdent : mutineries de la flotte à Kiel,
grèves générales, émeutes à Cologne, Munich, insurrection spartakiste à Berlin. Pour rétablir le
calme et éviter la victoire du bolchevisme, l’Empereur Guillaume II finit par consentir, le 9 Novembre,
à l’abdication. La République est proclamée. Les Allemands, défaits militairement, démoralisés,
minés par les problèmes de politique intérieure et craignant une invasion, demandent l’armistice.
b- L’Armistice
Le lundi 11 Novembre 1918, à 5h15 du matin, l’Armistice est signé entre les Alliés et
l’Allemagne. Cette signature a lieu dans le wagon bureau n° 2419D du Général Foch, à Rethondes
(Oise), dans la forêt de Compiègne. Les principaux signataires sont, pour l’Allemagne, le Secrétaire
d’Etat M. Erzberger, pour le Royaume-Uni, l’Amiral R. Wemyss et pour la France, le Général F. Foch.
La signature de l’Armistice marque la fin de la Première Guerre Mondiale et la capitulation de
l’Allemagne. A 11 heures, le « Cessez le feu » sonne sur tout le front.
La « Der des Ders » prend fin après quatre années de combats effroyables. L’heure est venue
d’en faire le bilan et d’en tirer les conséquences.
II- Bilan et conséquences de la Grande Guerre
Problématique : Comment se caractérise la Grande Guerre et quelles en sont les conséquences ?
1- Une guerre nouvelle et totale
A- La propagande de guerre et le « bourrage de crâne »
Dès le début du conflit, les gouvernements tentent de contrôler les hommes et les esprits. Il
faut rallier les populations civiles et mobiliser les esprits à la guerre. Les slogans, les affiches, les
comptes-rendus des bulletins officiels des armées suscitent et accroissent le sentiment patriotique.
En France, l’idée d’une revanche sur le conflit de 1870 est omniprésente. Elle se bat pour le droit et
ses alliées participent avec elle à la défense de l’humanité et de la civilisation. On s’attache à dire que
la guerre n’est meurtrière que pour l’ennemi, que l’ennemi est capable des pires vices et exactions...
Les héros de l’Histoire nationale (comme Jeanne d’Arc) sont commémorés.
Les découragements du front et de l’arrière front sont combattus par les autorités au travers d’une
censure stricte qui contrôle aussi bien la presse que la correspondance des soldats.
B- La mobilisation des « intelligences »
La guerre a nécessité la participation de chercheurs et d’ingénieurs qui ont travaillé afin
d’améliorer sans cesse les armements. La victoire dépend des capacités d’innovation des belligérants.
On voit apparaître à des méthodes de combat nouvelles, déroutantes voire déshumanisantes pour
les soldats comme pour l’opinion : utilisation de gaz de combat (Ypérite), guerre sous-marine, guerre
aérienne. De nouvelles armes apparaissent ou se développent : les mitraillettes, les « crapouillots »,
les obus à fragmentation (« shrapnels »), les sous-marins, les chars, les avions de chasse …
De plus, de la géologie à la cartographie, de la météorologie à l’entomologie, de la chirurgie à la
médecine urgentiste, nul domaine de spécialisation n’est exempt de l’effort de guerre.
Toutes ces innovations techniques et scientifiques font de ce conflit la première grande guerre
moderne de l’Histoire.
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C- La mobilisation économique de l’arrière
a- Des économies mal préparées
Lorsque le conflit éclate en 1914, tous les pays belligérants tablent sur une guerre courte.
Aucun gouvernement n’a prévu de stocks pour soutenir un effort de guerre sur une durée longue. La
mobilisation va entraîner un effondrement de la production industrielle, une désorganisation des
circuits commerciaux et une pénurie de matières premières et de main d’œuvre.
Quand le constat s’impose, les gouvernements vont restructurer leur production et mobiliser la main
d’œuvre. Des moyens sont mis en œuvre : le taylorisme est développé dans les usines européennes ;
la durée quotidienne du travail est allongée. Pour suppléer les ouvriers partis au front, le travail
féminin s’impose. En France, les « munitionnettes » vont ainsi travailler dans tous les corps de métier
et notamment dans la production d’armement et exercer bien souvent pour la première fois une
activité salariée qui se substitue à leur rôle traditionnel. L’effort de guerre concerne également les
personnes âgées, les enfants mais aussi les prisonniers de guerre, les réfugiés, la main d’œuvre
immigrée et coloniale. Il a fallu également assurer le ravitaillement des populations civiles. Pour ce
faire, les échanges sont réglementé, le rationnement est instauré, et des réquisitions ont lieu.
b- Une politique dirigiste
Les besoins militaires nécessitent une intervention grandissante de l’Etat dans
l’économie, ce qui rompt avec la tradition libérale qui prévalait jusque-là.
Cette économie de guerre a fonctionné autour d’un réseau complexe de partenaires directement ou
indirectement contrôlés par les Etats. Ainsi, les gouvernements fixent les priorités, votent les lois et
les budgets et prennent les décisions ; les ministères exécutent ; les états-majors militaires
déterminent les besoins des armées et exposent leurs conceptions ; les industriels (sidérurgistes,
fabricants d’armes et de minutions) comme Krupp, Renault ou Schneider exécutent les commandes.
De fait, l’économie a généré d’énormes enjeux financiers. Pour financer l’effort de guerre, les Etats
ont eu recours à l’impôt, mais aussi à des emprunts, se mettant en situation d’endettement durable.
Le conflit, en se transformant en guerre longue et totale, a obligé les Etats à intervenir directement
et durablement dans l’économie, prenant à contre-pied le système libéral traditionnel.
2- Les conséquences de la Grande Guerre
A- Une « grande saignée » humaine
La Grande Guerre a fait 9 millions de morts parmi les soldats des pays belligérants.
Proportionnellement, la France est le pays le plus touché avec 1,39 million de tués et de disparus,
soit 10,5% de la population active masculine. L’Allemagne comptabilise 1,95 million de tués, la Russie
1,8 million, l’Autriche-Hongrie 1 million, le Royaume-Uni 776 000… 500 000 de ces soldats sont morts
après guerre de blessures et de maladies contractés. Le nombre des blessés (invalides, aveugles,
amputés, gazés), les « gueules cassées », s’élève au total à 20 millions. Beaucoup ne pourront
reprendre une activité professionnelle et deviendront des pensionnés, à la charge de leur pays.
Morts et blessés concernent presque exclusivement le sexe masculin et les classes d’âges situées
entre 19 et 40 ans. Les soldats morts ont laissé 4 millions de veuves et 8 millions d’orphelins dans
l’ensemble des pays belligérants. Ces pertes ont entraîné un déséquilibre entre les sexes et un
vieillissement de la population aggravé par un déficit important des naissances des années de guerre.
Dans les pays industrialisés, cet effondrement a accentué le déclin démographique et la dénatalité.
La population française ne retrouvera son niveau d’avant Grande Guerre qu’au début des années 50.
A ces morts militaires, il faut ajouter les morts civils qui s’élèvent à 13 millions de personnes. Cette
hécatombe est principalement due aux famines, aux maladies (notamment l’épidémie de grippe
« espagnole ») mais aussi aux déportations et au génocide arménien.
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B- Des dévastations considérables
Les destructions matérielles ont durement affecté immeubles, usines, infrastructures de
communication... Les pays les plus touchés sont la France, la Belgique, la Pologne, la Russie.
En France, 7% du territoire est dévasté. Onze départements du Nord-Est du pays, des Flandres à la
Lorraine, sont sinistrés sur plus de 35 000 km², dont 4 800 km² de forêts et 20 700 km² de terres
cultivables. On dénombre 4 000 communes détruites ou dévastées. 812 000 immeubles sont détruits
tout ou partie, 54 000 km de routes, des milliers de ponts et des km de voies ferrées sont à refaire.
Il a fallu de plus nettoyer les sols puis pratiquer un « désobusage » pour pouvoir entreprendre la
reconstruction du patrimoine bâti et agricole. Cette reconstruction durera plus de 10 ans.
C- De profonds bouleversements géopolitiques
a- La Conférence de Paris
Le 18 Janvier 1919 s’ouvre à Paris une conférence de la Paix organisée par les
vainqueurs, dans le but de négocier les traités de paix entre les Alliés et les vaincus. La Conférence va
être fortement influencée par le Président des Etats-Unis T.W. Wilson et ses « Quatorze points » : la
paix se doit d’être « mondiale », juste et de respecter le droit de chaque nation à la liberté.
Elle va réunir 27 pays (les vaincus en sont exclus) et être dominée dans ses travaux par un
« directoire » de quatre membres : G. Clemenceau pour la France, D. Lloyd George pour le RoyaumeUni, V. E. Orlando pour l’Italie et T. W. Wilson pour les Etats-Unis. Elle va consacrer la disparition de
trois empires (allemand, austro-hongrois et ottoman) et la création de nouveaux Etats, marquant
ainsi un complet redécoupage de l’Europe.
b- le Traité de Versailles
Ce traité est signé entre les Alliés et l’Allemagne, le 28 Juin 1919, dans la Galerie des
Glaces du Château de Versailles, là même où l’Empire allemand avait été proclamé en 1871. Il
détermine les sanctions prises à l’encontre de l’Allemagne. D’un point de vue territorial, celle-ci doit
céder 1/7e de son territoire (dont l’Alsace-Lorraine à l’Ouest, restituée à la France) et perd la totalité
de ses colonies. Considérée comme seule responsable du conflit, elle doit régler comme sanction
financière le montant des dommages subis par les Alliés. D’un point de vue militaire, son armée est
limitée à 100 000 hommes et elle doit livrer sa flotte de guerre. Enfin, des clauses de garantie sont
rajoutées : elle doit accepter sur le Rhin, l’occupation militaire de la rive gauche sous le contrôle de la
Société des Nations et la démilitarisation d’une bande de 50 km sur la rive droite.
Dans l’obligation d’accepter la totalité de ces conditions, l’Allemagne va considérer ce traité comme
un diktat injuste et humiliant, ce qui favorisera les revendications de certains groupes politiques.
c- La création de la Société des Nations
La Conférence de Paris va également introduire la création d’une organisation
internationale : la Société des Nations (SDN). Le Président des Etats-Unis T. W. Wilson a promu dans
ses « Quatorze points », la création d’une association regroupant les nations dont le projet repose
sur deux principes : la sécurité collective et le maintien de la paix au moyen de l’arbitrage des conflits
internationaux. Cette proposition est acceptée par les participants de la Conférence. Le Pacte de la
SDN, texte fondateur de l’organisation, ouvre le Traité de Versailles du 28 Juin 1919.
Cependant, cette organisation qui regroupe 42 nations à sa fondation, ne fera jamais l’unanimité.
L’Europe qui sort du conflit en 1918 est endettée financièrement, dévastée économiquement
et saignée démographiquement. De plus, elle reste profondément divisée. La Première Guerre
Mondiale a mis fin à l’hégémonie exercée par l’Europe avant 1914 dans tous les domaines.
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