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Méhode de taintement de l’information politique et médiatique
Prof. Mouchon
Examen : texte complémentaire à produire : contre rendu de lecture intelligent sur un livre à choix
dans la bibliographie. En outre, lier la lecture au travail de mémoire ou à une problématique
discutée lors du cours.
Examen : extrait avec image et/ou son à analyser.
Institut médiascopique (cf. Internet)
Travail sur la voix.
Gestualité et Proxémique (espace)
Bibliographie
Eduard T. Hall, La dimension cachée (l’espace), ed. folio,
Eduard T. Hall, Le langage silencieux (le temps), ….
Yvo Winkin, La nouvelle communication, (Ecole de Palo Alto).
, Le collège invisible
Janques Cosnier, Alain Brossard, La communication non verbale, …De la
Frey, Cf. dans La communication non verbale, (auteur suisse allémanique)
Francis Vanoy, Jean-Pierre Sarrazac, Mouchon, Pratiques de l’oral, Armand Colin (
Vanoye, Expression Communication, Armand Colin
Mouchon, Proxémique….,
La Revue pratique No.4, L’oral, Bachaman « La parole des jeunes dans la banlieue»
Kendon, américain
Revue Hermes, no. 17, une série d’articles clés. Veron, Neveux, etc.
Revue MOT no. 20, Politique et télévision, article de Patrick Champagne
Revue Pratique no. 17, art. d’Eliséo Veron
21.3.07
Objet du cours : le discours construit dans l’espace public politique d’une société.
Quelques aspects d’interprétation du discours social
Quelles sont les grilles d’interprétation du discours social ?
Construction d’un discours dans un contexte culturel.
Texte 1 : Déclaration de candidature de Jacques Chirac 4/11/94 Communiquée a l’AFP
Jacques Chirac a communiqué à l’Agence France-Presse, vendredi 4 novembre, la déclaration
suivante :
« La vie politique de notre pays est polarisée depuis plusieurs mois par les élections présidentielles, mais les
Français ignorent qu sollicitera leurs suffrages et quel sera la nature du débat. Ils déplorent les camouflages tactiques
qu’ils perçoivent légitimement comme des offenses à leur civisme. Ils sont las de cette hypocrisie.
Dans un climat aussi délétère, le désarroi turne vite a l’aigreur, puis au ressentiment, les pires démagogies
risquent d’y prospérer. Déjà, on observe la glaciation de toute initiative par le discrédit qu pèse sur l’ensemble de la
classe politique. Je me refuse a contribuer a l’entretien d’un tel climat. C’est de l’avenir de la France qu’il s’agit : les
Français ont le droit de savoir qui a l’ambition de le prendre en charge, dans quelles perspectives et vers quels horizons.
Aussi ai-je décidé de clarifier la situation en annonçant aujourd’hui que je suis candidat lors de la prochaine élection
présidentielle.
« Le monde cherche de nouveaux équilibres »
1
Le choix des électeurs sera décisif. Pourquoi brouiller leur esprit en esquivant les questions qu’ils se posent ?
Le système économique et social bâti des l’origine de la V République dans l’euphorie d’une France régénérée et d’une
croissance soutenue est en cours d’implosion. Le monde cherche de nouveaux équilibres, non sans appréhensions. Les
échanges de biens, de capitaux et d’informations se sont mondialises, les pôles de puissance se sont déplacés,
l’innovation technologique frappe de désuétude les modes de raisonnement et d’action hérités du passé. Partout s’est
ouverte la place du chômage. Elle menace de désagréger les sociétés. Le retour attendu de la croissance ne suffira plus
s a résoudre le problème crucial de l’emploi.
Notre pays a besoin d’une véritable politique du changement. Entre les risques d’une rupture qui sèmerait le
désordre et le confort d’une tiédeur qui enliserait notre pays dans un déclin léthargique, la nécessité du changement
s’impose a la raison. Il doit intervenir en deux phases et a des rythmes différents. D’abord la bataille contre le chômage et
pour l’insertion des jeunes, la lutte contre l‘exclusion, la juste répartition des fruits de la croissance, appellent des
reformes dans un délai de six mois après l’élection du nouveau président de la République. Nous sommes la en état
d’alerte et d’urgence, le temps nous sera compte. Ensuite, l’adaptation des structures aux mutations profondes que
connaissent l’Europe et le monde fera l’objet de reformes programmées et concertées dans les domaines de l’éducation,
de la fiscalité, de la protection sociale, de l’administration et de l’environnement.
Ainsi l’Etat républicain arme de rigueur et de cohérence pourrait-il relever les défis du futur. Ainsi nos
compatriotes, confortés dans leurs aspirations a une éthique nouvelle retrouveront le goût de l’effort, le sens de la
créativité et la voie de l’espérance. »
Dans un texte il y a pls niveaux d’écriture :
1.
2.
Manifeste : Niveau superficiel de surface (Cf. Chomsky, grammaire générative):
Structure de surface (des indices complètement repérables) : Ponctuation,
Paragraphe, typographie, etc.
Caché : Vocation d’accroche pour un collectif (il s’agit d’un discours social, politique)
Il y a une mythologie (Cf. Roland Barthes, Mythologie, ), une culture politique.
Signification qui fait appel à une structure profonde, fondée sur des implicites
culturels.
Texte 1 Déclaration de candidature de Chirac
Structure de surface :
a) structure logique du texte : indices linguistiques (paragraphes, connecteurs « donc »,
« mais », etc…)
p. 1 : Constat : description situation avec une assertive :
p. 2 : Climat de désarroi- démagogies- «je » viens le clarifier : annonce.
b) Relevé lexical des adjectifs (axiologisés, non axiologisées), classes sémantiques qui
apparaissent.
Adjectifs :
- délétère
Structure profonde :
a)
b)
a partir de relevé, mots, ponctuation, typographie, etc.qu’est-ce qui permet de dire
que c’est un discours de type dramatique (dramaturgique)?
Quels sont les éléments qui nous permettent de dire que ce texte reprend un mythe
politique ? (connaissance de la culture française).
Mythe du sauveur modéré, entre les extrêmes.
Où est le point à l’oral ?
2
A l’oral il n’y a pas de points, mais il y a des pauses
Quelques aspects d’interprétation du discours social
Niveaux de structuration
- structure de surface : codes de l’écriture (typographie, paragraphes, ponctuation),
indices repérables (le manifeste)
- structure profonde : mythologies, implicites culturelles (le caché)
1 – Structure logique du texte
Trouver les indices linguistiques (sur quoi vous allez vous appuyer), relevé lexicale
(adjectifs…)
2- Structure profonde
Le discours est de type dramatique ? Pourquoi c’est un texte dramatique ? C’est un texte
mythologique ? Ce texte reprend un mythe ?
Ex : Aujourd’hui les titres sont des mots clés (il y a un changement sémantique dans les titres des
livres)
TEXTE DECLARATION DE CHIRAC
C’est un texte social parce que il s’agit d’une déclaration envoyée a des agences de presse. Il
sera pris par des différentes grandes agences.
Un discours social de ce type c’est un discours stratégique.
Déclaration faite dans un contexte où tous les sondages le mettaient hors du jeu. Donc c’est un
discours « sauve qui peut ». Moment particulièrement défavorable pour le candidat.
Structure de surface
1 – Structuration logique de ce texte argumentatif
2 – Choix lexicaux (adjectifs) qui attirent l’attention
1 – Structuration logique
Premier élément :
La structuration logique je la vois : des bloques séparés, des paragraphes (choses qui sont de
l’ordre de l’évidence). Coté visuel des bloques : Début du paragraphe avec un retrait, et ensuite
un aller a la ligne. Donc deux marqueurs (indices visuels de structuration) :
- retraits
- aller a la ligne
3
Un autre indice qui va apparaître: l’équilibre entre différentes parties.
Il y a dans la grammaire :
- grammaire de phrases
- grammaire textuelle
Il y a déjà des unités plus ou moins grandes. Le paragraphe comprend une partie assez longue
du texte. A l’intérieur on va trouver des petites unités, des marqueurs micro.
1er paragraphe
Connecteur logique : « mais » (alors, cependant) (opposition/concession)
Connecteur logique : des arguments unis par rapport aux autres - mise en relation
Proposition A : c’est une assertion - « la vie politique…présidentielles… »
« Mais » met en relation la assertion A avec un autre élément.
A « mais » B « donc »…
Transition de conclusion logique : métaphore (« hypocrisie »)
Dans ce contexte : utilisation de la 3eme personne.
2° paragraphe
Introduction du « je ».
Passage le 3eme personne a la 1ere personne (à la personnalisation).
Marqueur de déroulement (comme dans un film) :
« Déjà » - prolongement de ce « donc »…
Situation délétère qui peut avoir des conséquences graves.
L’homme politique ne peut pas fermer. Il faut qu’il dramatise, mais il faut répondre.
« Aussi je » (« en conséquence je »…)
3eme catégorie c’est d’indice lexical.
Ca dépend du contexte. Mais dans la tradition française le coté lexicale est important dans la
mesure que les hommes politiques européens sont cultivés.
Paragraphe avant-dernier
« Notre pays… »
Le « je » se mette dans le « nous » (adj. Inclusif)
Au long du texte on passe de « ils » au « je » et au « nous ».
Cadrage (E. Goffman)
4
Un autre marqueur c’est la métaphore (sportive).
Chirac va donner sa feuille de route. Coté rhétorique. Il y a un plan d’action dans la feuille de
route.
Parmi les marqueurs, les connecteurs : d’abord, ensuite – cohérence de présentation. On est de
nouveau dans des connecteurs de logique temporelle.
Dernier paragraphe
« Ainsi »
« Ainsi »
Effet répétitif (rhétorique).
Etapes :
1 : Tableau catastrophique
2 : « je »
3 : « nous »
Importance de trouver des indices
Indices macro (paragraphe)
Indices significatifs (table de matières, indexation)
Indices micro :
- connecteurs logiques (indices qui vont indiquer le mouvement de la pensée, la
relation entre les différentes arguments/éléments)
- les prénoms (ceux qui interagissent, acteurs de la com.)
- Relation temporelle. Temps et modes de verbes. Coté verbale. En politique s’est
extrêmement important le temps. Mais la modalité n’est pas la même dans l’imparfait
(le possible) que le subjonctif.
Classes lexicales
Du point de vue dramaturgique – mouvements contrastés (on fait des hauts et des bas). Texte à
émotion. Texte dans la tradition de la culture politique francaise. Mythologie du « 18 juin du
général de Gaulle ». Chirac s’inscrit sur la mythologie du grand homme sauveur de la nation.
Texte 2 : Annonce d’emploi dans un journal (Je, tu, nous, vous. Mouvements d’appartenance. Le
« nous » de Le Pen et le « nous » de Bayrou n’est pas du tout le même ! On joue sur l’ambigüité
de la signification.
5
25.4.07
Historique du débat politique télévisuel comme genre politique
I)
II)
III)
IV)
La genèse : comparaison entre la situation aux USA et la France : les deux pays ont
plusieurs points en commun :
1. Les débats se sont développés d’abord aux USA et ensuite en France
2. Les pays qui ont le plus de sondages ce sont les USA et la France
Dispositif télévisuel et scénographie du débat
La grammaire de l’image
Aspect langagier
1. Lexique (hérérogénéeité/homogénéité)
2. Régulation de la parole : se qualifier en disqualifiant l’adversaire, dans un climat
de dignité etc.
Ex. Fabius-Chirac : Fabius favoris mais ça s’est très mal passé pour lui.
En communication on ne peut pas revenir en arrière : effet à spirale.
(Cf. Revue Hermes no. 17-18 : La communication politique, « Médiatisation de la communication
politique », Eliséo Veron)
I)
La genèse
L’expression politique, en Europe, a longtemps été une expression de lettrés, d’hommes
avec une formation supérieure. L’homme politique en France, était quelqu’un qui avait une
forte culture (ex. Jean Gerès), pédigrée de lettré, surabondance de culture, y compris pour
les hommes politiques de gauche s’adressant au peuple. Des littéraires, bcp d’avocats de
plaidoirie (non d’affaire), peu d’économistes et de scientifiques.
Les hommes politiques étaient également des hommes de parole, des rhétoriciens, des
hommes qui font de la rhétorique. Des rhétoriqueurs en présentielle, de contact direct,
capable de soulever des foules. L’homme politique français, pour avoir une carrière
nationale, publie en livre, ce qui ne veut rien dire aux USA. La tradition européenne est une
tradition de philosophie, et en particulier la philosophie allemande.
Aux USA c’est plus linéaire : très tot les hommes politiques se sont exprimés dans les
médias, à la radio d’abord et à la tv ensuite.
Dans la genèse, une économie du genre politique se met en place : le genre politique mass
média coute très cher. Il y a une économie du médium. Les USA ont été modélisant : ils ont
développé une technologie du média, avec une maitrise technologique stupéfiante, et en
parallèle les stratégies de financement.
En France, la politique fait partie d’une esthétique nationale, parmi les démocrates du moins :
il y a des jeux de rôles presqu’obligés qui sont totalement incompréhensible à d’autres
cultures.
Il y a un modèle expansionniste partant des USA et se développant un peu partout.
Il y a maintenant des points communs entre pays.
Pourquoi le débat est il en genre et un genre majeur ? Pourquoi les candidats ne peuvent
pas se dérober au débat. (Mitterrand ne voulais pas de débat)
Avec les mass médias, la tv est une forme de dramaturgie moderne très puissante qui
dépasse tous les genres. La société est complètement médiatisée (cf. Eliseo Veron) : le sens
n’est plus celui de la rhétorique, celui du bon argument. C’est un sens plus complexe :
6
personnalité des acteurs, télégénéité, sincérité, traits de caractère, etc. Il y a un phénomène
de passion humaine dans la politique qui passe aujourd’hui par l’émotivité et la réactivité
passionnelle. Les campagnes pour les présidentielles soulèvent des émotions et des foules
comparables à celles des matches de foot.
On est dans une phase de redéfinition des rôles des genres qui est assez inexorable.
-
Synthèse : Nous avons maintenant on a un genre qui est établi.
- dramaturgie mass médias
ouverture sémantique : mimo-gestualité, éléments visuels, personnalité, etc. Ouverture
à l’iconique (à la grammaire de l’image), symbolique, côté indicielle et relationnel
(timbre voix, look etc., qui établi relation de sympathie, antipathie, empathie etc.).
II)
Scénographie
1. Dispositif : énormément de paramètres. C’est d’abord une composition de
l’espace. La communication à l’heure actuelle est de plus en plus professionnelle.
C’est un spectacle.
Décorateurs sont extrêmement importants à la TV. Il y a des tonalités de
communication qui apparaissent à travers les décors.
Les éclairagistes, les spécialistes de la lumière. L’image prend des nuances,
des couleurs bien spécifiques.
Les ingénieurs du son.
Etc.
Tout dispositif est l’objet de négociation préalable très serrée, au moindre détaille près, avant
le débat lui-même. Bush, par ex., n’est pas très grand. Il veut des dispositifs en trompe l’œil,
où on à l’impression que B. est égal en taille de John Carry. Berlusconi est plutôt petit aussi.
Chirac fait 1m90, Sarkozy de loin pas.
Il y a donc des effets de taille : le choix du mobilier est extrêmement important.
Problème lié à la visualisation possible (cf. E.t. Hall). On est dans le cadre de la distance
personnelle et les impacts de ceci. Compromis entre le corps à corps et l’impossibilité de lire
ce que l’autre a devant lui. Il faut garder la dignité tout ne étant mesquin, et garder l’offensive.
2. La place des débatteurs : il n’y a aucun débat américain qui se passe assis. Aux US
l’homme politique est debout. En France l’homme politique est assis. Du point de vue de
l’anthropologie culturelle ceci n’est pas anodin : il y a des implicites culturels fondamentaux. Il
y a des critères objectifs : ce n’es pas de l’idéologie, c’est des paramètres objectifs :
verticalité-orizontalité ; pupitre, fauteuil, l’oreillette, dossiers, etc.
- distance
- disposition : aux US c’est très rare qu’il y a une disposition frontale entre les
débatteurs. Ils sont séparés par le modérateur qui est respecté en tant que tel. En
France il y a au contraire une disposition frontale et les temps de parole sont
rarement respectés, le modérateur n’a pas la même autorité qu’au US.
Avec la disposition frontale, le rythme du débat est accéléré, et il ne passe pas par le
modérateur. Si la communication passe par le triangle le rythme change
radicalement.
III)
Mise en image
De manière générale, la grammaire de l’image du débat télévisé est une grammaire
appauvrie. C’est une grammaire de négociation extrêmement âpre entre les exigences du
réalisateur (qui veut une ouverture, un maximum de variation de prise de vue, etc.) et
7
l’homme politique (qui veut un cadre donné, pré-déterminé avec un minimum de prise de
risque).
Dans le débat télévisuel, on voit le locuteur et très rarement de l’interlocuteur. La tendance et
une limitation de risque avec la prise de vue sur le locuteur. L’interlocuteur peu être
dévastateur, avec un rire, un sourire « Colgate » ou d’autres réactions.
Les grand réalisateurs sont capables de créer une cadence argumentative, de valoriser par
l’image des arguments d’en nuancer d’autres. C’est valable avec les gros plans, et le rythme.
La grammaire de l’image c’est une grammaire cadentielle, du rythme. L’aspect cognitif est
fondamental.
Cf. Les Cahiers du cinéma, Octobre 1981. Moati.
Mouchon, «Le débat Giscard-Mittérrant et la stratégie gestes et image », 1983.
26.04.07
IV)
Aspects langagiers (stratégies conversationnelles)
Manière de désigner l’adversaire est particulièrement importante dans un débat.
Cf. Katrine Kerbrat-Orecchioni.
Il y a beaucoup de travaux qui ont été faits sur les amorces et les conclusions, débuts-fins,
des tours langagiers, étant donné les différences culturelles importantes qu’il peut y avoir.
(ex. du téléphone au Kebek)
Il y a donc un phénomène de contamination d’un univers à l’autre, en particulier de l’univers du
théâtre, du cinéma vers l’univers télévisuel du débat politique. Dans le comportement humain il y
a une composante éthologique. Il y a une confrontation qui fait qu’il y a ceux qui sont au dessus
et ceux qui sont au dessous, il y a des dominants et des dominés. La gestualité, la dimension des
regards etc., est également fondamentale.
La grammaire de l’image est très fine et complexe. Le réalisateur réfléchit comme un
metteur en scène et regarde les hommes politiques comme des acteurs, en termes de présence,
de charisme, de qualités personnelles. La communication devient une alchimie qui sollicite des
sens différenciés : ce qui relève de l’iconique, du symbolique, de la séduction, etc. Cela change
évidemment d’une culture à l’autre, et rend difficile l’interprétation.
L’image est une source de valorisation : la «valorisation iconique » signifie mettre en
avant, qualifier, légitimer par l’image (par ex. par un gros plan pour valoriser un moment
argumentatif) et minorer en éloignant (par ex. zoom arrière). C’C’est très risqué car une image
calculée peut avoir un effet boomerang.
Ex. d’analyse : Débat Bush-Jhon-Kerry
Contrairement en France où il y a un seul débat sur les chaînes à plus forte audience, aux USA il
y a plusieurs débats à des endroits différents.
Scénographie
La scénographie est très officielle, très formelle. Il y a plusieurs indicateurs.
Prise de vue : caméra frontale, axiale. (pas de plongée ou de contre plongée). C’et extrêmement
équivalent pour l’un et pour l’autre. Malgré la différente taille de chacun, il y a une recherche de
neutralité dans l’image : les deux candidats apparaissent équivalents. Il y a une symétrie parfaite
dans l’image (Aux USA les spots publicitaires sont au contraire très inventifs). On est dans
l’immobilité, le débat a lieu mais il est très règlementé. Avec la sémantique Piercienne, tout est
extrêmement rapide et furtif : un éclaire, un détail, peut détruire des heures de discours.
La lumière est également une source de valorisation de la personnalité, du discours (« mettre en
lumière, être sous la les feux des spots, etc. »).
Il n’y a pratiquement pas d’échange direct entre les candidats : tout repasse par le modérateur.
Le modérateur aux USA est très formel, et très respecté. Il y a l’implicite de la légalité
8
américaine, d’une société contractuelle : à partir du moment où il y a une loi elle existe pour être
appliquée. Elle n’est pas négociable. En France et dans les pays latin, une loi existe pour être
appliquée. Il y quelque chose qui est de l’ordre de l’anthropologie culturelle, des fondements
d’une société.
Le temps est également respecté et systématiquement explicité par le modérateur. On a
l’impression qu’il n’y pas de débat, pas de confrontation étant donné la règle figée du débat US.
Stratégies conversationnelles : les registre de Kerry est plus argumentatif qui apparaissent des
donneurs de leçons. Bush est plus dans l’ordre du symbolique, répétitif, redondant dans la
persuasion et non pas dans l’argumentation ; le spectre lexical est plus proches du langage
courant, beaucoup moins intellectualisé. La droite sait paradoxalement mieux parler au peuple.
Un clown comme Berlusconi passe au niveau populaire, moins que Prodi le professeur.
Mitterrand était par contre capable de tenir des discours au peuple, il avait un fient local, un vrai
animal politique.
Rythme, cadence : Kerry est beaucoup plus rapide. Le rapport au temps est capital dans les
implicites culturels. Le rythme nord américan est rapide, scansion martelant. Bush travail le
volume de sa voix, l’intonation, les pauses. Kerry a une voix plus monotone, au dessus. Il peu
paraitre arrogant même s’il est spontané, avec une gestuelle naturelle et une argumentation
impeccable. Bush paraît plus figé, moins spontané, presque gêné. Mais l’imperfection permet
l’identification et l’empathie. Kerry est peut-être presque trop parfait. Bush a un corps de valeurs
constituées très fortes auxquelles il fait toujours référence (comme Sarkozy).
Kerry boit du whisky, Bush une choppe de bière.
Le côté anthropologique culturel et le côté contextuel (le 11 septembre avec ses conséquences :
peur, patriotisme, drapeaux dans les maisons)
Débat 1988 Chirac- Mitterrand
Débat particulier : ils sont tous les 2 candidats à la présidence. Chirac premier ministre en poste,
Mitterrand président de la république, de gauche, en poste.
Par contraste, ce débat nous fait rire sourire par des coûts langagiers. Le débat est extrêmement
frontal, les deux cadidants ne se lâchent pas , se tiennent.
Le dispositif : assis, table, non debout.
Scénographie : Couleurs : bleu. On voit uniquement le locuteur, on a pas de contrechamps. Ça
reste néanmoins très vivant même si la prise de vue tend à disloquer l’échange par la mise hors
champs de l’interlocuteur. Débat sous forme de punching ball qui porte énormément sur la
disqualification de l’autre, de son image.
Stratégie conversationnelle : « M. le premier ministre ». La manière dont on qualifie l’autre est
fondamentale, déterminante.
Dans l’anthropologie culturelle de la France la politique est une forme de jeux. Il y a des joutes :
traditionnellement le français s’amuse à discuter, à participer au jeu verbal. L’un et l’autre
s’amusent, et il y a une estime mutuelle implicite. D’ailleurs Mitterrand souris à un moment
donné.
Les mimiques sont extrêmement intéressantes : elles montrent qu’on est dans le côté joueur. Le
côté connivence dans le jeux de rôles dans la politique.
Type de plans : très statique mais deux types de plans : plan rapproché et plan moyen.
(contrairement au débat précédent).
Tout se combine entre type de plan et type d’argument.
Journalistes : l’un assis à côté de l’autre, presque à se voler la place, ils demandent la permission
d’aborder un sujet. Contrairement aux USA où le journaliste était bien présent dont l’autorité était
indiscutable.
Dans le genre du débat politique, y a un certain nombre de règles communes, de neutralisation
au maximum du risque. On essaye de ne donné que ce qui est maitrisé. Règles valables dans
des cultures très différentes comme les USA et la France.
9
La notion, la fonction de modérateur n’est pas du tout la même : aux USA on est dans un schéma
fonctionnel. En France on reprend une formule en la vidant de son sense, on la perverti.
Au cœur des différences tient à l’anthropologie culturelle. Des signes, des indicateurs formels
(emplacement des candidats, etc.) sont porteur des implicites de la culture. C’est ce qu’il y a de
plus difficile et de captivant dans la différence. C’est d’autant plus important qu’il s’agit de la
même formule, du débat politique exporté des USA en France. Malgré une certaine globalisation,
le particularisme, les différences demeurent. Il existe des pôles contraires qui co-existent.
9.5.07
En 2007, en France il y a eu 2 types de campagnes parfaitement complémentaires. La campagne
classique, celle des mass médias et celle des nouvelles technologies (internet).
Pour 45 millions d’électeurs en France vous avez une chaîne principale, TF1, à plus grande
diffusion sur l’ensemble du continent Européen. France 2 juste derrière (avec le groupe France
Télévision). Pour le débat Ségo-Sarko on avait 10 millions de spectateurs.
Les mass médias ont une importance qui est proportionnelle à leur audience. Les teneurs de
chaque parti se précipitent sur TF1 et France 2. C’est une campagne qui se passe à deux
niveaux essentiels : les mass médias et internet.
Si la télévision est présente dans tous les foyers, il y a environ 50%, 2007, des Français qui ont
accès à internet à la maison.
Les médias traditionnels, les mass médias, ont une diffusion sur laquelle le spectateur
n’a pas de prise ou très peu. Ce sont les opérateurs à décider.
A l’inverse, sur internet, on a une pluralité des messages diffusés (officiels, sites de parti,
ou site de la personnalité politique, des blogs), et d’interlocuteurs.
Les blogs ont eu une importance factuelle importante dans la campagne présidentielle de 2007. Il
y a des blogs de politiques, d’intellectuels, etc.
le blog de Michel Onfray (philosophe rénovateur des universités populaires)
le blog de Ciril Lelieux, sociologue, dans lemonde.fr
Eléments de problématique sur le genre du débat politique
Cf. Revue MOT no. 20, Politique et télévision, article de Patrick Champagne
Cf. Revue Pratique no. 17, art. d’Eliséo Veron
1. Le dispositif : Dans un débat, il faut essayer de faire une description la plus objective
possible du dispositif. Dans le dispositif il y a tous les paramètres comme la proxémique
(formes géométrique de l’espace qui installa la tonalité de l’interaction. Le dispositif
donne un cadrage par un élément physique. Tous ces éléments sont la base de
l’interprétation.
2.
Formes
Distances entre débatteurs
La lumière
La température dans le studio
Tout le non verbal dans l’interaction humaine.
Les regards
Les gestes
La mimique
3. L’interprétation : Ce qui résulte de la confrontation des débatteurs n’est pas univoque. Il
y a des interprétations sur plusieurs terrains :
10
a. L’interprétation psychologisante (cf. texte 4), psychologique ou psychanalytique
b. L’interprétation partisane, politique (cf. texte 3, « Fiscalité : la France
cinquième »)
c. Stratégie et tactique utilisées : on ne peut pas interpréter indépendamment de la
stratégie visée.
d. Interprétation du résultat : on ne peut pas exclure l’interprétation à la lumière du
résultat.
Texte 1 : «Le mystère des regards de Nicolas»
les regards
Texte 2 : « Jonathan Littell décrypte le débat sans le son »
L’absence du son comme outil analytique. Méthodologie de lecture éclairante.
Texte 4 : « Les limites d’une « magie » très féminine »
Interprétation psychologisante
Emission « En deux mots » d’avant les résultats :
Sarkosy : 2004, 2006 ,
Sourire, antidépresseur des Français : besoin des problèmes pour se justifier.
Décors, dispositif :
Comme Mitterand le premier, jardin derrière, drapeau de la Frances et
de l’Europe, le même pupitre.
Gestes…..Climax : fermeté et respect. énumération d’une série de valeurs martelé :
travail, mérite, autorité, fermeté, résultat, action, sécurité, etc. valeurs de la droite traditionnelle.
Ton grave, diabolisation des « criminels », les « nettoyer ». Sarkosy n’est pas un intellectuel,
pragmatique, courageux, super, volontarisme, termes forts.
Il répond à la peur des Français mais il la nourrit aussi. Insécurité : terrain de résultat.
De l’insécurité à la l’autorité.
Ton : grave, sérieux, saccadé, très autoritaires.
Gestuelle : coups de têtes, sourire, etc. Coup de bras qui accompagnent le ton saccadé (coup
verticaux, mais qui coupe). Virulente, violente, tranchement de main, pince, gestes qui expriment
l’énergie du personnage. Sarkosy a des gestes très vifs et contenus. S. incarne l’énergie, les
gesticulations servent à un homme qui se veut prêt à l’action.
De la sécurité à l’autorité au travail.
10.05.07 dès 10h45
Description du débat :
Il y a la stratégie des candidats mais aussi la reprise par les médias. Il y a une interaction, un jeu
d’acteur qui co-construisent le discours.
L’image des candidat est construite sur une longue durée, non dans le moment d’un débat
donné.
Ségolène Royal a été entourée par une aura d’incompétence. Même si aussi Sarkosy a aussi dit
des 4 bêtises sur l’économie. Ségolène Royal, lors du débat de mercredi, a adopté la position
11
inverse à celle qu’on lui attribuait : absente, monochrome, dans la « féminitude », dans la
« bravitude » : elle adopte le regard droit dans les yeux, une position de résistance, de
consistance. Qualités propres à un chef dont Sarkosy bénéficie du départ. Ségolène ne le lâche
pas. Sarkosy, de son côté, baisse le regard (surprenant pour un macho !) et ne s’énerve
absolument pas.
Il s’agit là d’une configuration de co-construiction possible.
Interprétation :
Du côté des socialistes, à gauche, on a une impression positive. Les militants étaient contents
qu’elle ait réagi et qu’il y ait pas eu de dérapage.
Du point de vue de l’UMP, à droite, les stratèges sont ravis : Sarkosy est resté calme, il a montré
pouvoir être un chef d’état. La droite de Le Pen, tripal, a un regret, sont déçus du manque de
verve.
Cf. texte de Eliséo Veron sur la configuration et de complexité.
Dans son article, Schneiderman fait référence à la configuration de la campagne elle-même. Les
regards de Sarkosy sont dirigés vers les journalistes PPDA TF1 et Arlete Chabau (France 2), les
directeurs des deux chaines françaises plus importantes, qui sont entre autre aussi des copains à
Sarkosy. Scheiderman décline tout les faits de connivence. Il y a une référence à Bayrou.
L’interprétation intellectualisée ne se fait pas en dehors du contexte de la campagne.
« Comme s’il se trouvait en entrainement avec les journalistes…. » On a les dessous de
la connivence médiatique. Non seuelement il n’y a pas de neutralité mais il y a un engagement
pour un camp. « Et on dirait qu’il les prend à temoin, les arbitres, les copains, les partenaires
habituels. ». Ségolène a bouleversé le planning des journalistes, qui ne sont donc pas les
copains à Ségolène. Ceci est vrai. Ce sont des implicites relationnels qui sont bien là. Mais on est
dans l’ordre de l’indicible. Schneiderman, en tant que intellectuel, fait l’effort de dire l’indicible.
(C’est le cas de Bush aus USA qui continue à marteler en dépit de la vérité prouvée.)
« Ah les croissant quel …. ,ah les consensus reconfortant…. ». Le personnage de
Sarkosy est un personnage qui tutoi systématiquement les journalistes, qui leur tape dans
l’épaule, qui fait des bisous si ils sont des femmes, qui pique des fous rires. Ça aussi c’est une
stratégie de communication.
Dénonciation très forte de Bayrou, et plus largement de la connivance du copinage entre
journalistes ou plutôt des capitaines d’industrie et hommes politiques, alors qu’il doivent souvent
leur succès aux fonds publics.
Texte de D. Sibony. le psychiatre, a voté blanc (il est altermondialiste).
Interprétation qui n’est ni pour Ségolène ni Sarkosy. Il joue sur un vocabulaire religieux. Du côté
de Ségolène il y a une incarnation symbolique, du coté de Sarkosy il y a des arguments, un
raisonnement. Sarkosy propose un fonctionnement non un emblème ou un modèle. Il a un projet
technique pour débloquer les forces. D’un côté quelqu’un hors réalité, éthéré, de l’autre coté un
Sarkosy très réel et porteur d’un projet concret.
Ce que les experts disent sur Ségolène :
Bouleverse la manière de faire la politique : elle est la femme maternante, qui écoute les français
en leur permettant de se réapproprier la politique. Incarne la femme globale, la femme mutilée,
écrasée, excisée, etc. porteuse de toutes les injustice des gens. Elle est dans le désir, dans
l’utopie, dans le
L’idée que la croissance de
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