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CONCLUSIONS DES DEBATS
1. Malgré les tendances persistantes des mutations démographiques, la priorité des stratégies
urbaines et métropolitaines, les menaces que représentent la charge croissante des coûts de
l’énergie et du transport, ainsi que les enjeux de la gestion parcimonieuse des territoires et de
la protection de l’environnement, les espaces ruraux disposent de réels potentiels de
croissance et de (re)développement, à condition de se prendre en main, de se doter des
structures et des moyens nécessaires et de poursuivre les stratégies adéquates.
2. Il faut tirer les leçons des exemples de succès et les mettre à profit dans son propre
contexte ; il faut également identifier les dangers qui menacent l’avenir à long terme et les
combattre : les exemples du redéploiement économique et démographique du Luxembourg
belge, du Canton de Redange, les expériences positives des GAL dans la valorisation des
terroirs démontrent à la fois l’existence de potentiels de développement et la nécessité d’une
vision et d’une stratégie de long terme, coalisant tous les acteurs locaux, en vue d’agir sur
les facteurs extérieurs, à l’échelle régionale, nationale et européenne.
3. Les potentiels de développement économique endogène sont variés : parmi les plus
prometteurs, émergent la production d’énergies renouvelables, la valorisation des ressources
du terroir agro-forestier, l’entretien du patrimoine naturel, les loisirs et le tourisme verts,
la diversification des activités, appuyée sur les PME et l’artisanat local, vers les services et
le commerce de proximité, enfin le développement du télétravail.
4. Le (re)développement économique des zones rurales est cependant soumis à un ensemble
de conditions impératives, sans lesquelles leur déclin est inexorable :
- la couverture en équipements modernes performants, notamment un réseau de câblage
numérique pour la rapidité des connexions internet, les infrastructures d’accueil
d’investissements (zones artisanales et industrielles, zones commerciales, zones de
services), les infrastructures et équipements de transport et de communication pour les
biens et les personnes ;
- l’attractivité des espaces d’habitat et la qualité de vie des habitants : seules les zones
socialement attractives ont une chance de développement économique ! Ceci postule une
image soignée et attirante de la région, une mobilité satisfaisante, un accès aisé aux biens
(commerce de proximité) et aux services : enseignement/formation, culture, loisirs, soins de
santé et soins aux personnes, etc…
5. La satisfaction des conditions précitées postule la présence de structures de coordination
et d’action, publiques (associations/syndicats de communes) et mixtes (GAL, comités de
projets, …) permettant la définition de stratégies globales, le dialogue permanent entre tous
les acteurs privés et publics et avec les échelons de pouvoir supérieurs et le développement
d’une action durable, constante, axée sur le long terme.
6. Dans cette dynamique, le rôle des pouvoirs publics locaux est déterminant, notamment
dans la perspective des enjeux suivants :
- la définition d’une stratégie territoriale globale et l’animation de l’action dans la durée ;
- la mise en place de projets structurants pour le territoire, ses entreprises et ses habitants ;
- le développement d’une politique résolue de soutien des PME et de l’artisanat local,
couvrant un ensemble de domaines : formation professionnelle, politique de l’emploi et de la
mobilité de la main-d’œuvre, aide à la création d’entreprises et au financement, conseil
stratégique, accompagnement administratif, faveur aux PME et à l’emploi local dans les
marchés publics, encouragement à la diversification vers les services à la population,
développement de circuits courts pour la commercialisation des produits locaux ;