1es_ses_1b_cours_simonnet2_2008

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Mesure des échanges extérieurs de
biens et services
Pour mesurer les échanges entre les résidents et le reste du monde, les
économistes utilisent la balance des paiements. Ce document comptable
permet de décrire ces relations en les regroupant par grandes catégories. Ainsi on distingue les
opérations (transactions) courantes, portant sur les biens, les services et les revenus, des
opérations en capital et des opérations financières. Les économistes utilisent aussi des
indicateurs qui permettent de mesurer rapidement les performances réalisées dans ce domaine.
La balance des opérations (des transactions) courantes
Lorsque les échanges de biens et services interviennent entre des agents "résidents" et des
agents "non résidents", ils conduisent, on l’a vu, à des échanges monétaires impliquant des
entrées ou des sorties de "devises".
La Banque de France [1] enregistre les opérations pouvant conduire à des entrées ou des
sorties de devises, à des modifications de la position monétaire extérieure.
Une exportation de marchandises à partir de la France se traduit par une entrée de devises ou
d’euros et inversement une importation se traduit par une sortie.
Si cette opération n’est pas payée comptant mais fait l’objet d’un crédit, l’exportateur devient
créancier, l’importateur débiteur, mais tôt ou tard la créance sera annulée par un règlement en
monnaie.
On comprend que toutes les opérations économiques mettant en cause un résident et un non
résident conduisent à deux enregistrement de même valeur et de sens inverse : un flux réel
(biens et services) ou financier (créances) contre un flux monétaire.
Ce qui est vrai pour les échanges de biens et de services est également vrai pour les échanges
portant sur des capitaux : une entreprise qui fait un investissement à l’étranger en rachetant
une entreprise échange de la monnaie (euro ou devises) contre des titres de propriété. Il y a un
flux monétaire et un flux financier...
Il est donc parfaitement normal pour les économistes de regrouper les opérations non
monétaires et de les confronter aux opérations monétaires.
Certaines opérations non monétaires entraînent une entrée de devises ou d’euros, d’autres
entraînent une sortie de devises ou d’euros. Pour une même catégorie d’opérations, par
exemple les échanges de marchandises, les entrées et les sorties n’ont aucune raison de se
compenser exactement : la différence entre les deux est un solde. Pour les marchandises, le
solde des échanges est le solde de la balance commerciale.
On parle de balance commerciale pour bien montrer que les exportations fournissent la
monnaie qui peut être utilisée pour importer. Il y a un solde positif, un excédent lorsque les
exportations ont une valeur supérieure à celle des importations, le solde est négatif, c’est un
déficit, dans le cas inverse.
Donc si on enregistre toutes les opérations dans leur deux sens et qu’on fait l’addition de
toutes ces opérations, le total sera obligatoirement nul. Cet enregistrement complet est réalisé
dans la balance des paiements qui est donc par construction équilibrée. [2]
1
Pour aller de la balance commerciale à la balance des paiements il faut prendre en compte
toutes les opérations portant sur les biens et les services, les revenus, les capitaux (actions
obligations et autres titres financiers, créances et crédits divers) et la monnaie (euro et
devises). [3].
La "balance des transactions courantes" regroupe quatre catégories d’opérations qui
conduisent au calcul de certains soldes :
- 1) Echanges de marchandises (biens) : la différence entre les exportations et les importations
est le solde de la balance commerciale
- 2) Echanges de services : la différence entre les exportations et les importations est le solde
de la balance des invisibles
- 3) Echanges de revenus (salaires, intérêts...versés à des non résidents ou reçus du reste du
monde)
- 4) Echanges de transferts courants (versements français aux organisations internationales
ONU, Union européenne et versements provenant du reste du monde à destination de la
France comme les subventions européennes...)
Balance des transactions courantes de la France pour 2007 en milliards d’euros :
Source : Rapport sur la balance des paiements, Banque de France juin 2008
Pour une présentation détaillée des résultats pour 2007 voir le rapport annuel de la Banque
centrale.
Interprétation et signification du solde de la balance des
transactions courantes
Lorsqu’on veut interpréter ces résultats il faut faire preuve de prudence pour deux raisons
essentielles :
- 1) Les difficultés d’enregistrement des opérations conduisent à des erreurs importantes lors
des premières publications : les résultats présentés plus haut, ont été plusieurs fois corrigé et
la marge d’erreur est importante comme le montre le tableau ci-dessous extrait du rapport de
2006 pour la balance des transactions courantes de 2005 :
2
- 2) Comme il s’agit d’une synthèse des opérations réalisées par tous les agents résidents avec
des non résidents, il ne s’agit absolument pas d’un solde d’un compte d’un agent qui
s’appellerait la France, ce n’est pas un compte faisant apparaître un enrichissement ou un
appauvrissement de l’État ; les recettes et les dépenses entraînées par ces opérations
concernent tous les agents (ménages, sociétés, administrations publiques).
Pour aller plus loin dans cette analyse, consultez cet article : Le déficit extérieur : quelle
interprétation ? quelle importance ?
Cependant il est clair que ce solde des transactions courantes donne des indications
importantes : un excédent signifie que les agents résidents ont reçu plus de monnaie (devises
ou euros) qu’ils n’en ont dépensé, inversement un déficit implique que les sorties de devises
ou d’euros ont dépassé les entrées.
- 1) Dans le cas d’un excédent les agents résidents ont utilisé cette monnaie pour acquérir du
capital (usines, immeubles, titres) à l’étranger et s’ils n’ont pas tout utilisé, le reste vient
grossir les réserves de devises de la Banque centrale.
- 2) Dans le cas d’un déficit les agents résidents ont obtenu cette monnaie en vendant du
capital (usines, immeubles, titres) à l’étranger ou bien, les réserves de devises de la Banque
centrale ont diminué.
Source : rapport économique social et financier pour la loi de finances pour 2008
Comme souvent pour l’analyse économique ce sont les évolutions structurelles, les positions
de long terme, qui sont importantes. Un déficit ou un excédent conjoncturel ne doit pas
inquiéter. En revanche, un excédent ou un déficit répété pendant plusieurs années doit être
observé avec attention pour comprendre sa signification, car celle-ci dépend largement de la
nature des opérations qui conduisent à l’excédent ou au déficit.
- 1) Un déficit commercial provoqué par des achats importants de biens d’équipement traduit
la volonté des entreprises nationales d’améliorer leur efficacité pour devenir compétitive.
C’est donc une bonne chose dès lors que le résultat escompté est obtenu assez rapidement.
- 2) Un déficit commercial provoqué par des achats de biens de consommation courante sans
que ces achats soient compensés par des ventes d’autres produits, traduit l’inadaptation de
l’appareil productif à la demande intérieure et extérieure. À terme les emplois sont menacés
de disparaître, les agents résidents ne produisent pas assez de richesse pour satisfaire leurs
besoins, ils deviennent dépendants de l’extérieur.
Exemples récents
3
L’excédent commercial d’un pays peut correspondre à une forte compétitivité, mais il peut
aussi provenir d’un ralentissement de la croissance économique dans ce pays. Une croissance
plus lente du PIB c’est moins de revenu à dépenser - donc moins d’importations de biens de
consommation - et c’est une plus faible incitation à investir en même temps que les achats de
produits intermédiaires se réduisent - donc moins d’importations de biens d’équipement et de
produits intermédiaires.
On le voit parfaitement pour la France depuis le début des années 1980 : le solde commercial
est lié statistiquement au taux de croissance de l’économie :
Source : Rapport économique, social et financier du gouvernement, 2006
Le retour à l’équilibre commercial à partir de 1990 puis aux excédents correspond à un
ralentissement de la croissance française. L’excédent n’est pas forcément le signe de la bonne
santé d’une économie. Par opposition la réduction du déficit commercial au milieu des années
1980 correspondait à une période de croissance forte et elle est, de ce fait, d’autant plus
remarquable.
Le rythme de croissance économique influence le solde commercial à la fois parce que les
revenus disponibles pour acheter des produits (étrangers) augmentent plus ou moins vite et
parce que les besoins d’équipements, d’énergie ou de matières premières impliquant des
importations se réduisent ou augmentent :
Le taux de couverture et l’équilibre de la balance
commerciale
4
Lorsque la valeur totale des exportations est égale à celle des importations, balance
commerciale est équilibrée. L’équilibre de la balance commerciale signifie que les
exportations permettent de couvrir les importations, on dit aussi que le taux de couverture
vaut 100 % dans ce cas.

Le taux de couverture est mesuré par le rapport de la valeur des exportations à
celle des importations.
Si la balance est déficitaire le taux de couverture est inférieur à 100 % et il est supérieur à
100 % quand la balance est excédentaire :
Source : INSEE comptes de la Nation exportations et importations mesurées FAB.
(pour en savoir plus sur la distinction entre mesure FAB-FAB et mesure FAB-CAF)
Solde des échanges de produits 1980-2007 :
Source : Comptes de la Nation, INSEE, 2008
Solde des échanges extérieurs (INSEE) sur cette page.
5
[1] aujourd’hui la Banque de France fait partie du SEBC, système européen de banques
centrales, et les réserves de devises des différentes banques centrales appartenant au SEBC
(celles des 12 États de la zone euro) sont gérées en commun
[2] parler du déficit ou de l’excédent de la balance des paiements est donc une erreur, certes
fréquente mais cependant condamnable
[3] l’étude de la balance des paiements est au programme de la classe terminale
Les chiffres du commerce extérieur en 2007
Balance des paiements pour 2007
6
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