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CITATIONS SUR LE THÈME DE LA LOI DES DÉBOUCHÉS
A) Citations de Jean-Baptiste Say (Source : Traité d’économie politique, Calmann-Lévy,
1972, chap. 15)
A1) L’homme dont l’industrie s’applique à donner de la valeur aux choses en leur créant un
usage quelconque ne peut espérer que cette valeur sera appréciée et payée que là où d’autres
hommes auront les moyens d’en faire l’acquisition. Ces moyens en quoi consistent-ils ? En
d’autres valeurs, d’autres produits, fruit de leur industrie, de leurs capitaux, de leurs terres :
d’où il résulte, quoiqu’au premier aperçu cela semble un paradoxe, que c’est la production qui
ouvre des débouchés aux produits. (p. 137-138).
A2) Plus les producteurs sont nombreux et les productions multipliées, et plus les débouchés
sont faciles, variés et vastes. (p. 140)
A3) Chacun est intéressé à la prospérité de tous et la prospérité d’un genre d’industrie est
favorable à la prospérité de tous les autres. (p. 142)
A4) C’est par une distinction futile qu’on classe les nations en nations agricoles,
manufacturières et commerçantes. Si une nation réussit dans l’agriculture, c’est une raison
pour que ses manufactures et son commerce prospèrent ; si ses manufactures et son commerce
sont florissants, son agriculture s’en trouvera mieux. (p. 143)
A5) l’importation de produits étrangers est favorable à la vente des produits indigènes.
A6) L’argent ne remplit qu’un office passager dans ce double échange ; et, les échanges
terminés, il se trouve toujours qu’on a échangé des produits avec des produits. [...] Lorsque le
dernier producteur a terminé un produit, son plus grand désir est de le vendre, pour que la
valeur de ce produit ne chôme pas entre ses mains. Mais il n’est pas moins empressé de se
défaire de l’argent que leur procure sa vente, pour que la valeur de l’argent ne chôme pas non
plus. Or, on ne peut jamais se défaire de son argent qu’en demandant à acheter un produit
quelconque. On voit donc que le fait seul de la formation d’un produit ouvre, dès l’instant
même, un débouché à d’autres produits. (p. 140-141)
B) L’adhésion de James Mill et David Ricardo à la loi de Say
B1) James Mill introduit la loi de Say en Grande Bretagne. (Pamphlet publié en 1808 et
intitulé Commerce defended : An Argument by which Mr Spence, Mr Cobbet and others have
attempted to prove that Commerce is not a Source of National Wealth). J. Mill écrit :
La production de marchandises crée un marché pour les marchandises produites, et c’est la
seule cause qui le fasse.
B2) Ricardo, Principes d’économie politique et de l’impôt, ed. Calmann-Lévy
B2a) Personne ne produit que dans l’intention de consommer ou de vendre la chose produite,
et on ne vend jamais que pour acheter quelque autre produit qui puisse être d’une utilité
immédiate, ou contribuer à la production future. Le producteur devient donc consommateur
de ses propres produits, ou acheteur et consommateur des produits de quelque autre personne.
(p. 230)
B2b) On n’achète des produits qu’avec des produits et le numéraire n’est que l’agent au
moyen duquel l’échange s’effectue. (p. 232)