C- PLACE DES POPULATIONS MUSULMANES EN France

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C- PLACE DES POPULATIONS MUSULMANES EN France
Il est difficile de connaître le nombre exact de Musulmans en France, car il n'existe
pas de statistiques sur les religions (la France étant un état laïc). Le nombre de
4,5millions correspond en fait à l'addition des nationalités à priori majoritairement
musulmanes.
Les musulmans de France sont d’origines diverses et de pratiques cultuelles très
différentes. C'est pourquoi la "umma" (communauté spirituelle) n'est qu'un rêve qui a
beaucoup de mal à se réaliser.
Parler de l'Islam en France, c'est s'interroger sur 4 points:
L'histoire coloniale:
 Le 1er contact avec l’islam date de 1830, et de la conquête d’Alger ;
 à partir de 1870, l’Algérie devient un département français nationalisation de
l’islam algérien et confiscation des biens. Dans le but de contrôler le territoire
le gouvernement soutient la branche conservatrice de l'Islam au détriment des
progressistes qui deviendront des leaders du mouvement indépendantiste.
 la nationalité française est donnée aux Juifs et aux Européens vivant ou
s'installant en Algérie . Ils seront donc désormais appelés les "Français"
Les indigènes français (arabes) seront appelés les Musulmans et reconnus
uniquement par leur appartenance religieuse.

La laïcité : En 1804 le Concordat promulgué par Napoléon Ier reconnaît la
présence de 2 autres religions au côté du Catholicisme : le Protestantisme et
le Judaïsme. Mais aucune place n'est faite à l'Islam, qui n'était pour ainsi dire
pas présent en France, à cette époque.

En 1905, la loi de la séparation des églises et de l’Etat n’est pas appliquée en
Algérie ;(département français qui ne reconnaît toujours que 3 religions)

Après 1918, construction de la Mosquée de Paris à la demande d’E. Herriot
pour remercier les indigènes de leur sacrifice pendant la guerre. C’est bien au
nom de la laïcité qu’Herriot justifie la construction de la mosquée pour que les
Musulmans puissent librement et dignement pratiquer leur culte ;
Cependant la Mosquée de Paris est en fait ressentie comme la mosquée des
Algériens en France; avec à sa tête, la famille Boubakeur (installée à l'époque
par le gouvernement français) contestée par les autres communautés
musulmanes (Maroc).

L'histoire de l'immigration : Jusqu’aux années 80, l’islam est ignoré dans le
débat laïc ; on continuait à croire au mythe du retour des travailleurs émigrés ;
ils devaient rentrer chez eux finir leurs vieux jours. Faute de lieux de culte bien
définis, les fidèles se retrouvent dans des caves. C'est un Islam souterrain.
 Le regard porté aujourd'hui en France sur l'Islam
La révolution de 79 en Iran qui était un soulèvement des forces démocratiques
contre le Shah sera récupérée par un pouvoir religieux intégriste et va bouleverser le
monde musulman et le pouvoir sunnite (surtout Arabie Saoudite).
La diversité et les oppositions à l'intérieur de l'islam se sont exacerbées depuis la
révolution islamique en Iran (chiites non arabes)
 le climat se tend autour des Musulmans qui sont tous alors soupçonnés de
terrorisme
 la géopolitique internationale entraîne des regards différents sur les
Musulmans, surtout après les divers attentats.
 la théorie du choc des civilisations échauffe les esprits :
 effet prédictif : à force de dire ce qui pourrait se passer, on finit par
produire les causes qui engendrent l’effet escompté.
 ce discours radical enferme les gens dans une identité qu’ils finissent
par revendiquer puisque c’est la seule façon d’avoir une visibilité sociale digne.
(Ne va t-on pas chercher dans le religieux ce que l’on ne trouve plus ailleurs :
sciences, idéologies ?)
On peut aujourd'hui se demander quelle est la part des médias dans la
(re)connaissance des cultures et des religions. Comment se transmettent les
croyances, comment sont-elles comprises et interprétées. Elles sont souvent plus
rétrogrades sur le sol français que dans le pays d'origine.
 Milieu des années ’90, crispation des positions avec l’affaire du voile
 pas de vérité sur le voile dans le Coran (le mot même est sujet à caution et
peut-être traduit de différentes façons) C'est une notion qui fait débat depuis le
Xème siècle
1- Interprétation symbolique : séparation de la sphère privée et publique dans la
doctrine souffiste
2- Interprétation relative aux traditions : protection des cheveux et du visage
contre les vents du désert, la poussière lors des travaux des
champs…(autrefois les hommes aussi portaient le voile)
3- Interprétation historique : le port du voile va se développer dans le monde
urbain pour distinguer les femmes « libres » des femmes « esclaves » c'est
un marqueur social synonyme d'émancipation.
Un autre débat passionne actuellement, c'est celui de la nourriture "hallal"
Au cours de la dernière décennie, les gouvernements français ont cherché
différentes solutions au problème de la construction des mosquées.
 Au vu de la loi de 1905, l'état ne peut financer la construction d'un édifice
religieux.
 Les fidèles n'ont que peu de moyens pour assurer une telle charge.
 Les fonds apportés par des investisseurs privés (Arabie Saoudite) donneraient à
ceux-ci une légitimité pour imposer leur imam.
 L'idée a donc germé de calquer le système "kasher" de la religion juive sur
l'Islam; à savoir lever un "Impôt religieux"sur certains produits présentés comme
incontournables.
Ainsi sont apparus les produits estampillés « hallal »  la viande hallal suivie de
tous les autres aliments qui n'ont le nom de "hallal" que parce qu'une partie de
leur prix est reversée au Conseil du Culte Musulman.
* Le Conseil français du culte musulman (CFCM) est une association destinée à
représenter les musulmans de France. La consultation initiée en 1999 par Jean-
Pierre Chevènement, poursuivie par Daniel Vaillant aboutira en 2003.[1] Cette
association sera officiellement créée avec le soutien de Nicolas Sarkozy, alors
ministre de l'Intérieur, qui dans la foulée crée les conseils régionaux du culte
musulman dont le fonctionnement n’est pas encore effectif.
Le CFCM, censé représenter les plus de 3,5 millions de musulmans en France, voit
en fait sa représentativité contestée. Pour ses détracteurs, le CFCM n'est pas une
instance religieuse, mais politique absolument pas représentative des musulmans de
France à plus de 80% attachés à la laïcité. Quel est son but : Donner une
représentativité de l’islam en France ? Organiser le culte ? Donner une image
policée des musulmans ?
Le CFCM intervient dans les relations avec le pouvoir politique, la construction des
mosquées, le marché de la viande hallal, la formation des imams et le
développement des aumôneries musulmanes en prison et dans l'armée. Il fixe
également les dates du mois du ramadan en France et à travers le Conseil européen
de la fatwa (UOIE), décrète des fatwas.
Quelques notes de J.Pierre F.
Quelques éléments sur les différents statuts de l'islam dans les pays arabes et leur
façon de répondre à la montée de l'islamisme :
Turquie :opposition historique très forte entre l’état laïque crée par Ataturk et
l'islamisme (l'armée"garante autoritaire de la laïcité)
la Tunisie pays le plus"libéral" en matière de religion avec la forte empreinte de
Bourguiba
le Maroc où le roi est aussi commandant des croyants qui fait aussi face à une
montée de l'islamisme
l'Algérie qui a du subir une guerre civile à caractère religieux
 En fait, tous ces pays sont confrontés a de vives tensions entre cette poussée
religieuse qui souvent masque des revendications économiques et des tentations
autoritaires de ces pays qui ne peuvent ou ne veulent laisser s'exprimer les
aspirations démocratiques (aucun pays musulman du Maghreb ou du Moyen Orient
n'est une démocratie au sens où on l'entend en occident;
D'une manière générale la plus grande visibilité de l'islam (voile, pratique religieuse,
comportement alimentaire, ramadan même pour les enfants relève pour une part de
ce qu'on appelle en sociologie "retournement du stigmate" (vous me percevez
comme très différent donc dans une société ou je suis minoritaire je vais accentuer
ma différence et c'es ainsi que j'existerai d'avantage)la religion n'étant qu'une
enveloppe .
mais ça c'est pas tout à fait ce qu'elle a dit c'est mon interprétation un peu brute
Rajouts de Josiane:
LE STATUT DE LA FEMME
Il est différent suivant les pays et les courants religieux . Les textes juridiques sont en lien
avec le code civil et le Coran.
Quand un mariage a été célébré dans un pays du Maghreb, la loi de ce pays s'applique aux
époux même quand ils vivent en France.
En TUNISIE :
 la polygamie est interdite,
 majorité à 18 ans,
 mariage libre,
 pas de répudiation mais divorce civil,
 héritage : une fille reçoit 2 fois moins qu'un garçon.

Au MAROC :
en 2005, réforme du code de la famille( la mondawa)
 majorité à 18 ans,
 pas de répudiation mais divorce, la garde des enfants revenant à la mère, puis au
père, puis à la gd-mère maternelle.
 Polygamie autorisée avec un contrat signé lors du 1er mariage et avis de la 1ère femme.
En ALGERIE :
1984 : retour en arrière!
 les femmes ont un tuteur à vie,
 on peut marier, divorcer une fille sans qu'elle soit présente,
 répudiation: le mari doit assurer le logement aux enfants ( pas à la femme); de fait, la
France accepte la répudiation!
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