La naissance de la philosophie

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Philosophie : Plan
1. Introduction
1.1 Définition de la philosophie
2. La période antique
2.1. La naissance de la philosophie
2.2. Les présocratiques.
-
Thalès de Millet. (-625 à -547)
Héraclite d’Ephèse. (-576 à -480)
Parménide d’Elée. (5ème siècle av J.C)
2.3. Socrate. (-469, -399)
2.4. Platon. (-427,-347)
2.5. Aristote. (-384, - 322)
2.6. Texte : « Platon - Aristote, entre les deux nos têtes balancent encore »
3. La période hellénistique
Texte « les sagesses antiques »
3.1. Introduction
3.2. L’épicurisme ou le bonheur au présent.
3.3. Le cynisme ou le spectacle de la subversion.
3.4. Le stoïcisme ou l’anti-résignation.
3.5. Le scepticisme ou le refus de choisir.
3.6. Tableau récapitulatif
Annexe : la question philosophique + exercices
Cours de philosophie
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1. Introduction
1.1 Définition de la philosophie
C’est un terme qui est né au 5ème siècle avant JC.
Philo ( aimer, rechercher) - Sophie (sagesse)
C’est un terme de modestie, il signifie qu’on est sur le chemin de la sagesse, qu’on la
recherche, mais qu’on ne l’a pas atteinte.
La base de la philosophie est l’étonnement, refuser que le monde soit une évidence ou une
habitude (même réaction de questionnement que les enfants). Les philosophes, sont ceux qui
ne restent pas dans leur confort, qui ne se contente pas de prendre le monde, les choses telle
qu’elle sont. Mais les remettent en doute, se posent des questions.
Le monde de Sophie de Jostein Gaarder : Qui es tu ? D’où vient le monde ?
La philosophie, comme la religion tente de répondre à ces questions mais de manière
différente.
Selon Nietzsche la tâche de la philosophie est de nuire à la bêtise.
2. La période antique.
2.1 La naissance de la philosophie.
Pour ce qui est de son histoire occidentale, la philo est née au 5ème siècle avant JC.
Pourquoi les hommes se sont posés des questions existentielles ? Parce qu’ils vivaient dans un
environnement qui le leur permettait :
-
Situation économique favorable (quand on doit se préoccuper d’assurer sa survie, on a
pas le temps de philosopher)
Situation politique également favorable. Les esclaves se chargeaient des tâches
matérielles et rendaient les citoyens plus disponibles.
L’organisation de la cité (démocratie) permettait aux citoyens d’intervenir dans les
débats.
 La première chose qui caractérise la naissance de la philosophie c’est une rupture avec la
pensée mythique.
Les mythes sont des récits sur les dieux qui cherchent à expliquer des phénomènes naturels et
humains qu’on ne pouvait expliquer de manière scientifique
Cette rupture constitue un véritable bouleversement puisqu’à cette époque, en Grèce, la
mythologie est très développée. Les grecs racontent depuis des générations les aventures des
dieux, ça leur permet d’expliquer de manière imagée et métaphorique des phénomènes
naturels comme par exemple le cycle des saisons (avec le mythe de Perséphone qui s’en va
Cours de philosophie
2
aux enfers 6 mois sur 12 ) ou des phénomènes humains (avec le mythe d’Œdipe qui servira
d’ailleurs de base à la psychanalyse de Freud)
La mythologie est peuplée de héros et de dieux qui sont bien différents des dieux que l’on
rencontre dans les religions monothéistes, ils sont plus « humains », ils ont des vices, des
défauts.
Les aventures de ces dieux et héros vont être écrites par Homère (4ème siècle avt J.C) dans
« l’Iliade et l’Odyssée ». C’est sans doute grâce à cet écrit que les hommes ont su prendre du
recul par rapport à ces histoires et ont essayé d’expliquer les choses autrement, grâce à leur
réflexion.
Le 6ème siècle avt J.C : le siècle de la raison
C’est à cette époque que sont apparu :




La médecine : Avec Hypocrate, il a essayé de trouver des causes scientifiques et des
remèdes à la maladie. La maladie n’est plus une malédiction divine (opposition à la
notion de destin qui est jusque là très encrée dans les croyances des grecques)
Les premiers historiens : Par exemple Hérodote, qui va tenter d’expliquer ce qui s’est
réellement passé plutôt que de faire intervenir les dieux
Les mathématiques : Euclide, Pythagore,…
L’art et l’architecture : Parthénon, statues…
En dehors de la Grèce, Lao Tseu et Bouddha commence leur enseignement à la même époque.
2.2 Les présocratiques.
Aussi appelés les philosophes de la nature puisqu’ils se sont étonnés des phénomènes naturels
et se sont demandé : Qu’il y a-t-il de stable, de permanent, d’immuable dans tout les
changements que l’on observe dans la nature ?
-
Thalès de Millet. (-625 à -547) école Ionienne
Héraclite d’Ephèse. (-576 à -480) école Ionienne
Parménide d’Elée. (5ème siècle av J.C) école Eléatique
-
Thalès de Millet. (-625 à -547)
Thalès était l’un des premiers grands penseurs (le premier à prévoire une éclipse solaire,
calculer la hauteur d’une pyramide.) Il a « touché » à un peu tous les domaines : la
philosophie, les mathématiques, l’astronomie,…
Pour lui l’élément immuable, stable dans la nature c’est l’eau.
Il avait 2 disciples, Anaximandre et Anaximène qui se sont posés les mêmes questions mais
qui y ont répondu différemment. (L’important n’étant pas la réponse mais faire la démarche
de se poser la question )
Cours de philosophie
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 Deuxième caractéristique de la philosophie : La liberté de pensée : on est pas obligé de
penser comme son « maître ».
Avec leurs questions, les présocratiques ont été les précurseurs de la pensée scientifique.
-
Héraclite d’Ephèse. (-576 à -480)
Surnommé l’obscure en raison de sa façon de s’exprimer (pas très claire)
Selon lui, ce qu’il y a de permanent dans le changement, c’est le changement lui-même.
« Le combat est père de toute chose ».
Par combat, il faut entendre contradiction, opposition. On ne peut comprendre, définir
quelque chose qu’à l’aide de son contraire. On ne sait ce qu’est la santé que si on connaît la
maladie…
« On ne se baigne jamais dans le même fleuve »
Les choses évoluent, changent constamment.
Héraclite est le père de l’école ionienne, du courant dialectique basé sur l’opposition, la
contradiction.
La dialectique est une méthode de raisonnement, de questionnement et d'interprétation qui
procède par la mise en parallèle d'une thèse et de son antithèse, et qui tente de dépasser la
contradiction qui en résulte au niveau d'une synthèse finale
-
Parménide d’Elée (5ème siècle av J.C)
Parménide met en avant le principe d’identité en disant qu’il y a un « être », un principe qui
est « un » (unique) et éternel et que la tâche de la philophie est de le connaître.
« Nos sens voient les choses qui se transforment mais il faut utiliser la raison pour voire audelà des apparences et atteindre la véritable connaissance. »
« Nos sens peuvent nous tromper »
Parménide estime que chaque être humain est doté d’une raison qui est selon lui, plus fiable
que ses sens. (Début de pensée rationaliste)
« Le travail de la philo est de mettre en évidence la trahison des sens »
« La raison est la source de toute connaissance du monde »
Il oppose
La science (véritable connaissance) 
la doxa (opinion que l’on a quand on se fie à ses
sens)
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Cette opposition se retrouve dans toute l’histoire de la philosophie, puisqu’elle nous ramène à
la définition de la philo : être en constante remise en question, aller plus ploin, rester critique,
faire fonctionner sa raison
2.3 Socrate. (-469, -399)
Au 5ème siècle avant JC la philosophie prend un nouveau tournant. C’est l’homme (et sa place
dans la société) qui devient l’objet essentiel de la philo et de la pensée.
« L’Homme est la mesure de toute chose »
À l’époque de Socrate Athènes est la capitale de la grande Grèce. On commence à voyager,
on rencontre des gens différents ce qui conduit à s’interroger sur l’autre.
Qu’est ce qui est immuable chez l’homme ?
Qu’est ce qui fait l’unité de l’humanité, (qu’il y a-t-il de commun chez tout les hommes ?)
Socrate est le philosophe par excellence, il n’a rien écrit mais a transmis son savoir oralement.
Il posait des questions aux gens, les mettaient face à leur contradiction pour les pousser à
réfléchir  la maïeutique (l’art d’accoucher des esprits)
Contrairement aux sophistes, il ne donnait pas de cours et ne s’est jamais fait payer. Pour lui,
les cours n’étaient pas la bonne méthode car il pensait que la philosophie n’était pas quelque
chose qu’on impose.
Grâce à lui on entre dans la morale : comment agir en accord avec la morale ?
Pour lui, le mal provient de l’ignorance : quand on sait ce qu’est le bien, on fait le bien !
Socrate fut accusé de corrompre la jeunesse, ne pas reconnaître les dieux de la cité et
condamné à boire la ciguë en -399.
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2.4 Platon. (-427,-347)
C’est un des principaux témoins de la vie de Socrate, il a d’ailleurs développé toute sa pensée
dans ses livres. En -399 la mort de Socrate bouleverse sa vie, il part d’Athènes pour voyager
et à son retour il fonde une école : l’Académie qui existera jusqu’au 5ème siècle.
On y enseignera :
- La philosophie
- Les mathématiques
- La gymnastique.
Le premier travail de Platon a été d’écrire l’Apologie de Socrate. C’est une biographie peu
objective, il y décrit tout ce que Socrate a fait de bien, son œuvre.
Après cela, Socrate intervient dans beaucoup de ses ouvrages à tel point qu’on ne fait plus
trop la différence entre les idées de Platon et celle de Socrate.
Platon a développé beaucoup de « théories » qui lui sont propres. (dans lesquels il utilise
souvent les mythes) Dont l’une des plus connues est l’allégorie de la caverne.
Allégorie = fable, histoire qui a un sens. Manière de raconter les choses en personnifiant.
L’allégorie de la caverne : explication.
Cette allégorie raconte l'histoire d'hommes enchaînés dans une caverne, face aux parois de la
grotte. Derrière eux, au centre de la caverne, se trouve un grand brasier autour duquel passent
différents objets. Les Hommes ne peuvent donc distinguer que les ombres de ces objets
défilant sur la paroi. N'ayant depuis toujours que cette vision du monde, ils pensent que les
ombres sont le monde réel. Cette vision est évidemment imparfaite, mais c'est la seule à
laquelle ils aient accès. Un jour cependant, l'un des hommes parvient à se libérer. Il sort de la
caverne et observe le monde réel. Il est d’abord ébloui puis stupéfait. Il retourne dans la grotte
pour en faire part aux autres hommes mais ceux-ci ne le croient pas, et le mettent à mort.
Le nouveau mode de penser le monde proposé par l'Homme sorti de la caverne (qui
symbolise le philosophe) est rejeté car il remet trop en cause les idées préconçues que les
Hommes ont intégrées.
Platon est un philosophe dualiste : il oppose 2 mondes : le monde sensible (celui que l’on
perçoit) et le monde des idées. Le monde sensible est imparfait, en perpétuel changement.
Mais tout ça n’existe parce qu’il existe un monde des idées (chevalinité) qui lui est immuable,
éternel. (Là il rejoint Parménide qui opposait la « doxa à la véritable connaissance »)
Avec cette opposition on entre dans le pré christianisme : l’idée qu’il existe un monde
meilleur, immatériel et éternel (paradis) qui s’opposerait au monde matériel.
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Platon s’est aussi préoccupé de la politique au sens large.
Comment l’homme peut-il faire pour vivre en société ? Comment organiser la cité ? (Polis
politique)
Selon lui la cité peut être décrite par le même schéma que l’être humain où à chaque qualité
de l’âme correspond une vertu.
Schéma de l’être humain
Schéma de la cité
Le tête  La raison  la sagesse
Le tronc  La volonté  le courage.
Le bas  désir  modération
Le philosophe (magistrat)
Les soldats
Les artisans
C’est une vision très conservatrice. En effet, il n’était franchement pas démocrate mais
considérait que le despotisme éclairé (même si on ne le nommait pas comme cela à l’époque)
était la meilleure façon de gérer la cité. Pour lui, un seul homme devait gérer la cité, un
homme qui serait gouverné par la raison (un philosophe) et qui agirait pour le bien du peuple.
À coté de cela, il avait toute une série d’idées novatrices notamment en ce qui concerne
l’éducation qui selon lui était trop importante pour être laissée à la famille et devait donc être
organisée par l’état. Et également en ce qui concerne la place des femmes dans la société :
« Une cité qui n’éduque ni n’emploie les femmes est comme un homme qui ne se servirait de
son bras droit »
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2.5 Aristote. (-384, - 322)
Disciple de Platon, il est originaire de Macédoine, il suit les cours de Platon à l’Académie
puis fonde sa propre école (le Lycée, ou école Péripatéticienne) et devient le précepteur
d’Alexandre le Grand (qui a étendu la culture grecque à tout le monde connu). Bien qu’il soit
son disciple, il s’est opposé à Platon sur un certain nombre de points et notamment en ce qui
concerne les femmes qu’il ne considère que comme de la matière destinée à la reproduction.
Aristote s’est intéressé à tout les livres, en a écrit plus ou moins 170 et a touché à tous les
domaines de la connaissance (physique, astronomie, éthique, philosophie) beaucoup d’entre
eux ont été perdus.
Il a crée un langage scientifique, il s’intéressé aux hommes mais aussi aux sciences. À la
différence de Platon, il est rigoureux et méthodique.
Platon opposait 2 mondes (dualiste) mais pour Aristote, il n’existe qu’un seul monde : celuici. (Contre-pied radical à ce que dit Platon)
« C’est la nature et elle seule qui est le monde. Rien ne peut exister dans notre esprit sans être
passé dans le monde matériel »
Toute chose est faite de matière et de forme. C’est leur forme et leur matière qui donne leur
identité aux choses.  C’est d’abbord par les sens qu’on acquiert la connaissance.
Sa conception de la politique.
« L’homme est un animal politique »
Les hommes sont faits pour vivre en société il faut donc se soucier de son organisation.
Là aussi il s’est opposé à Platon et son despotisme éclairé. Il voit trois formes d’état
acceptable :
-
La monarchie (dirigé par un seul)
L’aristocratie (dirigée par une élite)
La démocratie (le pouvoir au peuple)
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2.6 Texte : « Platon - Aristote, entre les deux nos têtes balancent encore »
Le parti du ciel et celui de la terre.
Raphaël représente sur sa fresque (L’école
d’Athènes) tous les philosophes connus de
l’antiquité avec au centre Platon et
Aristote. Ils sont cote à cote et pourtant
opposés : Platon (qui pointe le doit vers le
ciel) est le philosophe de l’absolu, du
monde des idées et Aristote (qui tourne la
main vers la terre) lui, est le philosophe du
relatif, du monde matériel
Voie des idées  Voix des choses
Un bon disciple trahi toujours.
Aristote ne s’est pas contenté
« d’achever » le travail de Platon. Tout
comme Platon a contredit Socrate, Aristote
a élaboré des théories qui s’opposaient
Radicalement à celles de Platon. D’où,
choix à faire entre les conceptions aristotéliciennes et les conceptions platoniciennes.
Rejet et réhabilitation du bon sens.
- « la doxa » est pour Platon une nuit à la quelle l’esprit doit s’arracher s’il veut penser.
Pour lui la réalité et la vérité sont au-delà des choses visibles. Pour Aristote, les idées
communes, les mots de la langue courante sont des points de départ utiles.
- Platon utilise souvent le mythe pour faire passer sa pensée alors qu’Aristote utilise un
langage scientifique rigoureux
Haine et compréhension des sophistes
Les sophistes sont des maîtres de rhétorique et de philosophie qui enseignaient, au 5e siècle
av. J.-C., l'art de parler en public et de défendre toutes les thèses, même contradictoires, avec
des arguments subtils. Platon rejette leurs travaux aussi bien que leur méthodes, il les
considère comme des imposteurs, des démagogues. Aristote quant à lui pense que l’art de la
parole ne sert pas seulement à la manipulation mais peut être nécessaire pour articuler,
organiser la pensée.
La science est elle une ou multiple ?
Alors que Platon considère qu’il existe UNE vérité absolue, Aristote constate que tout est
relatif : « entre le oui et le non il y a le peut être, entre le vrai et le faux il y a le probable et
entre l’existence et l’inexistence, il y a le possible. »
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Les formes, pas la forme.
Pour Platon, les choses sensibles doivent leur existence à un « modèle », à une idée, une
forme dont elles dérivent (idée de chevalinité) alors que pour Aristote les formes résultent
simplement d’une formation.
L’unité ou la multiplicité des vertus.
Pour Platon il y a une vertu suprême. On est vertueux ou on ne l’est pas.
Pour Aristote on est jamais tout blanc ou tout noir. Il ne faut pas juger une action selon un
principe morale mais en fonction des conséquences qu’elle peut avoir.
Exemple de l’infidélité de Bill Clinton : Les américains ont jugé cet acte comme une trahison.
Dans ce cas précis, il sont plutôt platoniciens puisque selon eux, c’est un acte contraire à la
Morale. En Europe, il aurait sans doute pas été jugé si sévèrement puisque nous faisons la
distinction entre vie privée et compétences professionnelles, nous somme donc à ce point de
vue plutôt aristotéliciens.
Contre Platon l’utopiste, Aristote vote au .centre
(Utopiste = qui a une vision idéalisée des choses)
En ce qui concerne la politique Platon est antidémocrate et élitiste, il estime que la société doit
être dirigée par une élite intellectuelle (le philosophe). Aristote quant à lui estime qu’il y a
dans les principaux régimes politiques de bonnes et de mauvaises choses.
Fuir ou cultiver l’image.
Pour Platon, l’art est une imitation de la réalité et n’a pas sa place dans la société.
Pour Aristote, l’art est utile, il donne une autre sensibilité, une autre dimension aux choses et
peut avoir une utilité pour la société.
Conclusion.
Platon et Aristote ont des opinions qui sont parfois diamétralement opposée, il ne faut
pas choisir entre une conception platonicienne ou aristotélicienne mais puiser dans les
deux ce qui nous convient le mieux.
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3 La période hellénistique
3.1 Introduction
Grâce entre autre à Alexandre Le Grand, le rayonnement de la culture grecque est vraiment
intense et perdure jusqu’au moyen âge. Mais plus l’empire s’élargit, plus le pouvoir s’éloigne
et l’union entre le citoyen et l’état s’effrite, les débats politiques échappent aux citoyens qui se
sentent de plus en plus impuissants. La philosophie aussi va prendre un nouveau tournant en
se recentrant sur l’individu, sa vie quotidienne et la manière de le rendre heureux.
 Apparition de 4 philosophies ; l’épicurisme, le stoïcisme, le cynisme et le scepticisme qui
ne s’intéressent plus aux grandes théories ni à l’action politique, mais qui tentent de rendre les
gens heureux. Le but de ces sagesses est d’aider les gens à mieux vivre.
Ces 4 courants ont par ailleurs laissé leur marque dans le vocabulaire :
L’épicurien est un hédoniste qui profite des plaisirs de la vie
Le sceptique est quelqu’un qui remet tout en doute
Le cynisme n’a aujourd’hui plus le même sens qu’a l’époque. Aujourd’hui, cynique = sans
compassion
Stoïque : qui ne se laisse pas démonter
Texte « les sagesses antiques »
Aujourd’hui, tout comme à l’époque de la société pré chrétienne dans laquelle sont apparues
ces courants philosophique, les gens éprouvent un certain sentiment d’impuissance, ils se
sentent écrasés par un système (comme les grecques se sentaient écrasés par l’empire).
À l’heure où la religion perd de son influence (les hommes n’ont plus de voies toutes tracées,
de discours tt faits) et où l’on assiste à une recrudescence des sectes et du fanatisme, ces
spiritualités laïc sont une alternative aux dogmes religieux.
Ces philosophes sont proches des gens dans le sens où ils sont clairs et écrivent de manière
compréhensible. Pour eux, penser c’est vivre. « Ils avaient appris à rendre vivante la
philosophie et à rendre philosophique là vie » : il ne suffit pas d’adhérer à de grandes théories
abstraites et obscures mais il faut agir en accord avec ses principes (ex : Diogène), et faire de
la philosophie un « art de vivre ». Le but de ces philosophies est l’amélioration et la
réalisation de soi. Aucune d’elles ne se présente comme étant LA voie à suivre, en effet ce ne
sont pas des chemins tout tracés desquels on ne doit pas s’écarter mais plutôt des sources où
chacun peut puiser ce qui lui convient.
Cours de philosophie
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3.2 L’épicurisme ou le bonheur au présent.
L’épicurien ne doit pas être confondu avec le libertin : pour Epicure, le bonheur ne réside pas
nécessairement dans la satisfaction des plaisirs. L’idéal des épicuriens est l’ataraxie c'est-àdire l’absence de malheurs, de troubles qui pourraient perturber la tranquillité et la sérénité de
l’âme.
Pour acquérir cette tranquilité de l’esprit il faut se débarasser de ce qui nous effraie :
- la crainte des dieux et de la punition divine. Les épicuriens ne nient pas l’existence des
dieux mais prétendent que ceux-ci ne se soucient absolument pas des humains
(autarcie divine)
- La mort. Il faut y penser, ne pas faire comme si nous étions immortels mais
l’envisager de manière sereine : la mort est constitue la déstruction tatale de la matière,
c’est la fin, il n’y a rien après. Et si il n’y a rien a espérer, il n’y a rien à craindre c’est
donc le présent qui compte.
Il faut donc apprivoiser l’idée de la mort et aussi prendre des distances par rapport aux choses
matérielles, ne pas s’y attacher pour ne pas éprouver de souffrances lorsqu’on en est séparé.
Choisir les plaisirs qui sont naturels et raisonnable en écartant tout ce qui pourrait « être un
trouble »
3.3 Le cynisme ou le spectacle de la subversion.
(Les cyniques se donne en spectacle dans le but de provoquer, de subvertir la société et
renverser les valeurs, l’ordre établi)
Le cynisme d’aujourd’hui n’a rien à voire avec la sagesse héritée de Diogène. Au sens
philosophique les cyniques sont ceux qui refusent les conventions, et qui vivent en accord
avec la nature (le modèle des cyniques est le chien car il vit pour satisfaire ses besoins
naturels). Pour les cyniques, tout ce qui est culturel n’est qu’hypocrisie et doit être rejeté.
Leur principe est de ne reconnaître aucune autorité : « ni dieu ni maître ». Ce slogan est aussi
utilisé par les anarchistes, mais contrairement aux anarchistes, les cyniques ne veulent
absolument pas intervenir dans la société (il s’en foutent !). Ils sont profondément
individualistes.
Il est également important de vivre selon ses principes : lorsque Alexandre le Grand vient voir
Diogène pour lui demander ce qu’il peut faire pour lui, Diogène lui répond simplement « ôtestoi de mon soleil » ! La philosophie est une esthétique de l’existence qui permet de donner un
sens à sa vie mais tout seul !
Cours de philosophie
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Les sagesses antiques : tableau récapitulatif.
Fondateur
L’épicurisme
Épicure (- 341,-270)
« Slogan » Carpe diem
Le cynisme
Diogène (-413,-324)
Le stoïcisme
Sénèque (-4 à
65)
Le scepticisme
Pyrrhon (-365,-275)
« ni dieu, ni maître »
Principes
Cours de philosophie
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La question philosophique
Par quoi peut on reconnaître une question philosophique ?
1. Par son contenu : c’est une question
 Existentielle : la question philosophique aborde des thèmes parfois grave et la
réponse qu’on y apporte peut changer la façon de voir la vie. Ex : qu’est ce que la
mort ?
 Universelle : le thème d’une question philosophique concerne toute l’humanité.
 Abstraite.
 Posée par la raison.
2. Par sa formation : c’est une question ouverte : on peut y apporter plusieurs réponses.
Remarque : une question peut être rangée dans plusieurs « tiroirs »
Exemple : Peut on se suicider ?
Ça peut être une question de fait : la réponse est oui
Il y a un aspect, juridique, religieux, elle peut entraîner un développement morale, éthique et
donc philosophique  le prix de la vie ?
Exercices
Les questions suivantes sont elles
-
de fait
juridique
- scientifique
- technique
ou philosophique ?
-
-
1. Pourquoi le mal ? Philosophique car abstraire, universelle et pose la question du
sens.
2. Quel est l’écart moyen entre les salaires H/F ? Technique car on y répond en
effectuant un calcul.
3. Peut-on apprendre à mourir ? Philosophique (abstraite, universelle)
4. Le rap et le Tag peuvent ils être considéré comme étant de l’art ? Philosophique car
la définition même de l’art relève d’une question philosophique.
5. Lors de la formation de l’univers quel a été le mécanisme du Big Bang ?
Scientifique. D’où vient le monde ? aurait été une question philosophique.
6. Comment peut on stocker les déchets nucléaires sans danger pour l’environnement ?
Technique (est-il nécessaire de protéger l’environnement = philosophique)
7. Pourquoi la femme devrait-elle être l’égal de l’homme ? Philosophique
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8. Quel philosophe a dit « l’homme est un roseau pensant » ? Pascal blaise : question
de fait
9. Comment être heureux ? question philosophique (qu’est ce que le bonheur ?)
10. Qui doit être le père de l’enfant qu’une mère a eu avec son amant ? Question
juridique
11. Comment un homme pourrait-il être enceint ? Question scientifique.
12. Les fichiers informatiques sont-ils une menace pour la liberté ? Question
philosophique car fait appel à un concept abstrait (la liberté)
13. Peut on vivre séparément sans être divorcé ? Oui. Question juridique/ de fait
14. Le Christ a-t-il historiquement existé ? Question scientifique
15. Peut on avorter ? Question qui peut être de fait, juridique ou philosophique
16. Qui a fondé l’ecole sceptique ? question de fait.
17. Qui a dit « On ne nait pas femme on le devient. » Simone de Beauvoir question de
fait.
18. Peut on fumer à l’école ? question juridique/ de fait
19. Comment limiter le nombre de voitures en ville ? question technique.
20. un couple homosexuel peut il adopter un enfant ? question juridique qui entraîne un
débat éthique.
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