L`articulation scapulo-humérale

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L’articulation scapulo-humérale
I.
Description anatomique et incidences biomécaniques.
1. l’articulation.
a. Modèle biomécanique.
C’est une énarthrose avec 3 degrés de liberté. Elle a le même principe qu’une balle dans une
soucoupe. Le problème est que la balle est beaucoup plus grosse que la soucoupe : ceci favorise la
mobilité mais provoque des problèmes de stabilité.
Le principe de mobilisation : on mobilise une surface convexe sur une surface concave. On réalise
donc des glissements et des roulements en sens inverse.
Si on ne fait que des roulements, l’articulation va bailler. Pour garder les surfaces en contact, il faut
des glissements. Quand on fait une élévation du membre, on fait un glissement vers le bas.
b. Pièces anatomiques.
Tête humérale :
Elle a la forme des 2/3 d’une sphère, irrégulière ce qui rend le mouvement de roulement irrégulier.
Elle regarde en haut, en dedans et en arrière.
Le col :
L’axe cervico-diaphysaire est de 135°. Il décale le centre géométrique de la tête en dedans. Au
niveau biomécanique, le col augmente le bras de levier pour les actions musculaires.
Exemple : si fracture de la tête, elle tourne différemment et entraîne des problèmes de mobilité
importants.
Si le problème est au niveau du col, l’endurance musculaire sera moins bonne, le muscle travaillera
plus fort (car bras de levier moins important), il fatiguera et pourra produire des tendinites.
Glène :
Elle regarde en dehors, en avant et quasiment verticale.
Epiphyse supérieure :
Elle a deux saillies importantes : le tubercule majeur et le tubercule mineur. Les muscles de la coiffe
des rotateurs s’y insèrent. On a également le passage du long biceps entre les 2.
Exemple : arrachement osseux au niveau du tubercule majeur  problème pour les muscles qui
s’insèrent dessus.
Bourrelet glénoïdien :
La tête humérale est 2 à 3 fois plus étendue que la glène. Pour augmenter la surface de la glène, on
a un bourrelet glénoïdien qui augmente la stabilité.
Exemple : lésion du bourrelet provoque une instabilité avec un risque de luxation de l’épaule.
2. Le maintien de la stabilité articulaire.
La stabilité d’une articulation est dévolue à 2 types d’élément :
-
passifs : capsule, ligament, bourrelet.
Actifs : les muscles.
Dans toute articulation, s’il y a un problème de stabilité passive :
- elle peut être récupérée par une cicatrisation naturelle, par une opération (exemple : atteinte
d’un ligament  instable  laisse cicatrisation  tient à nouveau ?)
- peut-on aider à la stabilité passive en renforçant les muscles ?
- est-ce que la seule force musculaire peut suffire à stabiliser une articulation ? (exemple :
rupture du ligament croisé du genou  on compense par le quadriceps pour les activités
courantes).
La capsule et les ligaments :
Le système capsulo-ligamentaire au niveau de la gléno-humérale est très lâche pour favoriser la
mobilité.
En avant, la capsule est très lâche et elle est renforcée par 3 ligaments gléno-huméraux et le muscle
sub-scapulaire.
Au niveau inférieur, la capsule est très étendue, c’est un recessus (=une poche) qui se tend peu à
peu pendant l’élévation (=plan antéro-latéral).
En arrière, la capsule est lâche.
En haut, elle est lâche mais on se retrouve avec une possibilité de maintien par le ligament coracohuméral et de la CDR.
Au niveau des ligaments :
- les ligaments gléno-huméraux : ils ont une forme de Z. Ils sont tendus en RL et détendus en
RM. Leur rôle est de freiner l’abduction surtout par les faisceaux moyen et inférieur. Quand on
combine une RL et une abduction, leur tension est maximale.
- Le ligament coraco-huméral : il est composé de 2 faisceaux : un trochitérien (va sur le tubercule
majeur) et qui, lors de la flexion se tend et un trochinien (qui va sur le tubercule mineur) et qui
se tend en extension.
Quand on mobilise une épaule, la capsule et les ligaments tendent à se rétracter, à se durcir. Par la
suite, quand on a une amplitude articulaire à récupérer, on va être obligé de modeler à la fois la
capsule et les ligaments par des mobilisations.
Par rapport aux moyens passifs de stabilisation de l’épaule, on peut considérer que la stabilité sera
essentiellement musculaire. Les moyens de fixité passifs, capsulo-ligamentaires sont incapables, à
eux seuls, d’assurer la stabilité de la gléno-humérale.
II.
Le maintien de la stabilité articulaire.
Il y a un problème de stabilité à cause :
- in congruence des surfaces articulaires (glène verticale,…).
- Insuffisance des éléments capsulo-ligamentaires.
1. Lors des mouvements d’élévation du MS.
Les mouvements d’élévation sont aussi bien la flexion que l’abduction.
Les muscles péri-articulaires ont une direction transversale et sont de véritables ligaments actifs de
l’articulation. Leur rôle est d’appliquer la tête humérale dans la cavité glénoïde.
Les muscles de la coiffe des rotateurs (=supra épineux, infra épineux, petit rond  ces 3 muscles
sont RL, le supra épineux étant le plus accessoire, le sub scapulaire  RM). En général, on y associe
le tendon du long biceps (qui a un rôle de coaptation) mais il n’a pas une direction transversale. Ces
muscles de la coiffe des rotateurs vont coapter l’articulation.
2. Lors des mouvements de port de charge.
Toute la musculature longue se contracte et empêche la tête humérale de se luxer sous la glène :
le deltoïde (avec ses 3 faisceaux = antérieur, moyen, postérieur), le long et le court biceps, le coraco
brachial et le faisceau claviculaire du grand pectoral et le long triceps.
Exemple :si un patient a un problème tronculaire au niveau du plexus brachial arrachement au
niveau C5 – C6 : le deltoïde et le biceps sont touchés, le coraco brachial aussi, le grand pectoral
partiellement. La force musculaire n’est plus suffisante pour assurer la coaptation lors du port de
charge mais aussi bras le long du corps. Il y aura alors une subluxation inférieure de la tête humérale.
Traitement : on donne systématiquement une écharpe pour limiter les phénomènes de
subluxation. Quand on récupère en roulement, il ne faut pas faire de glissement car la tête a déjà
trop tendance à glisser.
Quand on fait un port de charge, celui-ci n’est possible que si la scapula est fixée, stabilisée par la
contraction de la musculature rayonnante. Quand on monte l’épaule sur le côté, la scapula bascule
par un mouvement de sonnette.
Quand on veut coapter l’articulation scapulo-humérale, on mettra nécessairement une force de
traction faible pour éviter la contraction réactionnelle des muscles longs.
La luxation de la tête humérale vers le haut est empêchée par la voûte acromio-coracoïdienne,
matelassé par le supra épineux et la bourse sous acromiale (=Sous deltoïdienne) ;
Exemple : un manutentionnaire a souvent une rupture du supra épineux car c’est quelqu’un qui est
amené à souvent porter des charges  la tête humérale remonte, espace diminue, il frotte contre la
voûte et le supra épineux est entre les 2  cisaillement.
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