i. le marche des changes et les determinants du taux de change

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ECONOMIE GENERALE - LES PAIEMENTS INTERNATIONAUX
Le règlement des échanges internationaux oblige à convertir les monnaies entre elles.
Il se pose alors un problème de change : comment et à quel prix les devises s’échangent-elles ?
I.
LE MARCHE DES CHANGES ET LES DETERMINANTS DU TAUX DE CHANGE
A.
Le marché des changes
Les opérations de change sont réalisées par les banques sur le marché des changes qui est le lieu fictif où se
rencontrent l’offre et la demande de devises (monnaies étrangères). C’est un marché mondial interbancaire qui
fonctionne en continu, 24 heures sur 24, 5 jours sur 7. Les transactions s’effectuent par téléphone, par internet ou
par réseaux spécialisés.
La demande de devises peut avoir l’origine suivante :
 Le règlement de transactions sur biens et services entre résidents et non résidents
Exemple :
 Des opérations financières telles que :
 des investissements directs : création, rachat d’une entreprise à l’étranger – prise de participation durable
Exemple :
 des placements de portefeuille : achat/vente de valeurs mobilières à l’étranger
Exemple :
 des placements à court terme pour profiter de la différence de taux d’intérêt entre places financières
Exemple :

Des opérations spéculatives, fonction des prévisions sur l’évolution future du cours des monnaies.
B.
Les déterminants du taux de change
Au jour le jour, le taux de change est fonction de l’offre et de la demande de devises. Mais à plus long terme,
qu’est-ce qui influe sur cette offre et cette demande ? Ces dernières années, les taux de change des différentes
monnaies ont connu des fluctuations très importantes.
1.
Le solde de la balance des transactions courantes et plus généralement de
la balance des paiements
Les mouvements de change ont un lien avec le solde de la balance des paiements.
 Influence des échanges extérieurs :
La monnaie nationale a tendance à s’apprécier par rapport aux devises des pays avec lesquels le commerce
extérieur est excédentaire.
Explications :
A l’inverse, un déficit de la balance commerciale implique une offre de monnaie nationale supérieure à la
demande et donc une dépréciation de la monnaie.
2
 Les mouvements de capitaux :
De plus en plus les mouvements de capitaux sans contrepartie d’un flux de biens et de services influencent les
taux de change. Aux USA, en dépit d’un important déséquilibre commercial, le dollar est une monnaie forte : le
dynamisme de l’économie américaine et l’importance de la place financière de New York attirent en effet les
capitaux étrangers
2.
Les taux d’intérêt
Des taux d’intérêts élevés attirent les capitaux étrangers à la recherche d’un placement rémunérateur. La demande
de monnaie nationale est alors stimulée et cette dernière a tendance à s’apprécier.
A l’inverse une baisse des taux d’intérêt peut provoquer une augmentation de l’offre de monnaie nationale,
certains épargnant arbitrant leur monnaie contre d’autres devises qui offrent des taux plus rémunérateurs ; la
monnaie nationale va avoir tendance à se déprécier.
3.
Les différentiels d’inflation
Un pays qui connaît une inflation élevée voit ses exportations diminuer car elles sont de moins en moins
compétitives et ses importations augmenter car les produits étrangers deviennent moins chers. La monnaie
nationale est moins demandée et se déprécie.
Les taux de change varient donc en fonction de l’écart d’inflation entre pays. Cela a longtemps été le cas pour le F.
par rapport au DM, le taux d’inflation en France étant supérieur au taux d’inflation en Allemagne.
4.
Les comportements spéculatifs
De fortes variations des taux de change à court terme n’ont aucun rapport avec les facteurs précédents. Les
comportements sur les marchés sont souvent irrationnels.
Si les agents économiques anticipent une appréciation de leur monnaie, ils en achètent sur les marchés. Ce faisant,
ils contribuent à son appréciation effective et à la constitution d’une bulle spéculative. La monnaie devient
artificiellement surévaluée et risque ensuite de baisser brutalement quand la bulle « crève » entraînant alors des
difficultés économiques.
Une bulle spéculative est donc un phénomène de hausse ou de baisse de la valeur d’un titre ou d’une devise qui
résulte de l’agrégation des comportements de mimétisme des acteurs sur un marché (marché des changes ou
marché boursier) : la hausse appelle la hausse et la baisse appelle la baisse.
II.
LES REGIMES DE CHANGE
2 régimes ou systèmes de change sont possibles sur les marchés internationaux.
A.
Le régime de changes fixes
Dans ce système, chaque monnaie a un cours officiel, appelé la parité, défini sur la base d’accords internationaux
par rapport à un étalon qui sert de référence.
Selon les époques, cet étalon a pu être l’or, une devise ou une monnaie composite (ex : l’ECU).
Une marge de fluctuation limitée autour de la parité est toujours tolérée : exemple +/-1%
Cours plafond
Cours plancher
Cela oblige les banques centrales à intervenir sur les marchés pour maintenir le taux de change de leur monnaie
autour de la parité fixée.
Explications :
3
Quand les banques centrales ne peuvent plus défendre la parité de leur monnaie, elles peuvent la dévaluer ou
réévaluer c’est-à-dire fixer une nouvelle parité.
 La dévaluation
Elle consiste à baisser la valeur de la monnaie nationale par rapport à l’étalon de référence.
 La réévaluation
Elle consiste à augmenter la valeur de la monnaie nationale par rapport à l’étalon.
B.
Le système des changes flottants (ou flexibles)
Dans ce régime, les autorités monétaires ne sont pas liées par un accord de change ; le taux de change est fixé par le
marché des changes au gré de l’offre et de la demande. Il y a donc appréciation ou dépréciation selon les jours.
Quand la liberté est totale, on parle de flottement pur.
Un tel régime n’a jamais existé car les autorités monétaires sont toujours désireuses d’éviter de trop brusques
variations des taux et interviennent pour atténuer les à-coups. Le flottement est donc un flottement impur.
Remarque : Une dévaluation ou une réévaluation de la monnaie sont des modifications officielles du taux de
change : la décision est prise par les autorités monétaires. Une dépréciation ou une appréciation sont des
mouvements lents de variation des taux de change qui se produisent sur les marchés.
III.
LES POLITIQUES DE CHANGE
La politique de change est un des instruments dont disposent les pouvoirs publics pour parvenir à leurs objectifs
généralement représentés par le carré magique. Elle consiste à réguler le taux de change de la monnaie nationale
selon les objectifs recherchés.
La politique de change est mise en œuvre par la BCE pour l’ensemble de la zone €.
A.
Les moyens de la politique de change
Les instruments utilisables sont les suivants :
 les taux d’intérêt : une hausse attire des capitaux et fait remonter le taux de change. Mais cette hausse risque
de freiner la croissance interne
 l’utilisation des réserves de change : la banque centrale utilise ses réserves de devises ou de monnaie
nationale pour agir sur les taux de change
Exemple :
B.
Les objectifs de la politique de change
Les pouvoirs publics peuvent :
 privilégier une monnaie faible
 ou au contraire rechercher une monnaie forte.
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1.
Dévaluation ou dépréciation - stratégie de la monnaie faible
Une dévaluation (changes fixes) ou une dépréciation (changes flottants) peut être voulue par un pays pour rétablir
le solde de son commerce extérieur ou pour améliorer la position des ses entreprises sur les marchés étrangers.
En effet :
Toutefois, il faut qu’il existe des produits de substitution et des capacités de production disponibles au niveau
interne. Autrement, la hausse du prix des importations alimente l’inflation (on parle d’inflation importée).
2.
Réévaluation ou appréciation - stratégie de la monnaie forte
Une monnaie forte est une monnaie demandée sur le marché des changes et qui s’apprécie par rapport aux autres.
Cette stratégie est associée à un objectif de réduction de l’inflation.
En effet :
Cette politique a toutefois souvent des coûts sociaux importants :
 elle passe par des taux d’intérêt élevés qui freinent la croissance
 elle accélère le déclin des secteurs de main d’œuvre déjà fortement concurrencés par les pays à bas salaires.
C’est la politique adoptée par la France à la fin des années 80.
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