Neurphysiologie Pr. Macron
Cours d’Inès Masmoudi. DCEM1 2010-2011.
LES ACTIVITES MOTRICES
I. Le tonus musculaire
- Le tonus est l’état de tension dans lequel se trouve un muscle au repos, et qui va disparaitre
(pour 90%) lorsqu’on sectionne le N. moteur de ce muscle.
- Les 10% restants sont dues aux propriétés viscoélastiques du muscle.
- La majorité de l’origine du tonus musculaire est donc non pas dans le muscle mais dans le
système nerveux. Des troubles nerveux sont donc à l’origine d’une modification de ce tonus :
o Majoration : hypertonie.
o Diminution : hypotonie.
1. Les circuits nerveux qui sous-tendent le tonus musculaire
- Le reflexe myotatique est un des éléments fondamentaux qui sous-tend le tonus musculaire.
Circuit médullaire segmentaire :
- Un motoneurones α innerve plusieurs fibres musculaires : unité motrice.
- Les fuseaux neuromusculaires envoient des informations par des fibres IA aux motoneurones α
(en passant par la racine postérieure de la moelle épinière).
- Les motoneurones γ permettent de modifier la sensibilité des fuseaux neuromusculaires.
- D’autres informations passent par la racine postérieure :
o Afférences cutanées, articulaires et tendineuses.
o Ces informations passent pas des interneurones (Réseau d’interneurones : RIN).
o Ce RIN est à l’origine de fibres nerveuses qui peuvent être excitatrices ou inhibitrices sur
les motoneurones α et motoneurone γ.
Contrôle par les centres supérieurs :
- Contrôle présent dans les hémisphères cérébraux ou dans le tronc cérébral.
- Faisceau pyramidal :
o Il contrôle l’activité des motoneurones α.
o Il a une activité même en dehors de tout mouvement.
o Il envoie également des informations sur les interneurones.
- Faisceau vestibulo-spinal :
o Agit directement sur des motoneurones α, ou le plus souvent via le RIN (activité
excitatrice ou inhibitrice).
o Vient du tronc cérébral.
- Faisceau réticulo-spinal :
o Agit sur le RIN (activité excitatrice ou inhibitrice).
o Venant du tronc cérébral.
- Faisceau rubro-spinal (venant du noyau rouge).
o Vient du tronc cérébral.
o Agit sur le RIN (activité excitatrice ou inhibitrice).
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2. Lésions
a. Section de la racine postérieure
- Exemple : retrouvé dans une hernie discale.
- Perte du reflexe myotatique.
- Le neurone IA n’est plus actif sur le motoneurone α qui n’exerce donc plus son action.
- Il y a une hypotonie musculaire.
b. Section médullaire
- Exemple : retrouvé dans les accidents de la route.
- On supprime le contrôle de voies descendantes supérieures.
- A la période aigue on observe une hypotonie musculaire majeure (donc la somme des voies
descendantes est plutôt excitatrice).
- Si la section n’est pas complète le patient peut récupérer (avec un syndrome pyramidal : tonus
pathologique).
c. Section des pédoncules cérébraux : décérébration
- Exemple : retrouvé dans les traumatismes crâniens.
- Les muscles ne sont plus qu’en relation avec le tronc cérébral et la moelle épinière.
- Il n’y a plus de contrôle des hémisphères cérébraux.
- Cette décérébration se traduit par une hypertonie musculaire en extension.
- Le tronc cérébral contient la réticulé :
o Projette sur les hémisphères cérébraux. En retour les hémisphères cérébraux projettent
sur la réticulée de manière inhibitrice ( boucle).
o Envoies des fibres dans les faisceaux réticulo-spinaux qui projettent de façon excitatrice
sur les motoneurones γ.
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- L’hypertonie en extension est expliquée :
o Perte de l’inhibition de la réticulée par le cortex qui entraine une hyperactivité
réticulaire.
o Hyperactivité réticulaire entraine une hyperactivité γ.
o Les motoneurones γ vont aller excités les fuseaux neuromusculaires.
o Les fuseaux neuromusculaires par les inférences IA activent les motoneurones α.
o Cette hypertonie touche surtout les muscles extenseurs :
o La répartition des fuseaux neuromusculaires n’est pas la même dans tous les
muscles.
o Les muscles extenseurs, qui permettent de lutter contre la pesanteur,
contiennent plus de fuseaux neuromusculaires que les muscles fléchisseurs.
II. Les activités posturales
- La posture est la fixation de l’ensemble musculo-squelettique dans une attitude donnée, qui peut
être caractéristique de l’espèce.
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- Cette posture doit être en équilibre afin notamment de pouvoir réaliser des actes moteurs
cinétique.
- Le contrôle sensoriel de l’équilibre est réalisé par deux types de mécanismes :
o Un contrôle continu.
o Un contrôle discontinu déclenché par des perturbations rapides qui sont à l’origine
d’ajustements posturaux stéréotypés.
- Les trois types d’informations sensorielles utilisées par le SN pour l’équilibre sont :
o Des informations vestibulaires.
o Des informations visuelles.
o Des informations somesthésiques (principalement toutes les informations
proprioceptives).
- Référence : centre d’équilibre se projette sur le trigone de sustentation.
- Exemple de posture (sigma).
- Réaction posturales phasiques :
o D’une part innée (liée au génome).
o D’autre part acquise par l’expérience.
- Schéma corporel : image du corps qui implique des informations à la fois mécanique et à la fois
métrique.
- Motricité du nouveau né (0 à 30 jours de vie):
o Uniquement des reflexes innés, pas encore de réactions posturales acquises.
o Ces reflexes sont donc plus facilement observable.
1. Réaction d’adaptation statiques
- Certaines réactions d’adaptation statiques :
o Certaines sont localisée (exemple : reflexe myotatique).
o Certaines sont généralisées, on en ditingue deux grands types :
o Selon qu’elles sont déclenchées par les récepteurs vestibulaires.
o Selon qu’elles sont déclenchées par les récepteurs musculaires du cou.
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a. Réaction d’adaptation statique localisée
- Implique simplement une petite partie des muscles (exemple : uniquement les muscles de la
jambe).
- Le processus le plus simple d’adaptation statique localisée est le reflexe myotatique.
- Exemple: reflexe myotatique du muscle surral.
o Flexion de la cheville sous l’effet du poids.
o A l’origine d’un étirement du triceps sural.
o En réponse ce muscle s’étire par un reflexe sural participe au redressement, aide à
tenir debout.
- La réaction de soutien :
o Observable chez le nouveau né, on pose sa voute plantaire sur la table d’examen.
o Petit à petit on allège ce maintient de telle façon que le poids de l’enfant appuie sur la
jambe.
o Ca déclenche la réaction de soutien : le nouveau-né redresse sa jambe.
o En effet il y a une flexion cheville entrainant reflexe myotatique triceps surral et une
flexion hanche entrainant reflexe myotatique quadriceps fémoral.
b. Réaction d’adaptation statique généralisée
D’origine cervical
- Ce sont des actions d’origine cervicale : articulaire, musculaires, etc.
- Il existe beaucoup de récepteurs dans cette région à l’origine d’une information proprioceptive
très importante.
- Chez le chat on a décrit les reflexes de Magnus.
o Posture naturelle du chat sur quatre pattes.
o Une flexion dorsale de la tête du chat (passive) entraine une redistribution du tonus et
modifie la posture du chat (chat assis) :
o Hypertonie des muscles extenseurs du train avant.
o Hypertonie des muscles fléchisseurs du train postérieur.
o Une flexion antérieure de la tête du chat (passive) entraine une redistribution du tonus
et de modifie la posture du chat (chat qui lape son lait) :
o Hypertonie des muscles fléchisseurs du train avant.
o Hypertonie des muscles extenseurs du train postérieur.
- Ces réactions persistent chez un animal à qui on a détruit les deux appareils vestibulaires :
o Montre que ces informations ne sont pas d’origine vestibulaire.
o Confirme que ces réactions sont d’origine proprioceptive à partir des muscles du cou.
- Chez l’homme une étude neurologique a été faite chez des sujets avec les deux appareils
vestibulaires détruits (exemple : otite mastoïdite destruction vestibule) :
o Mouvement passif de la tête : enregistrement du tonus musculaire.
o Flexion dorsale de la tête : renforcement du tonus des muscles extenseurs des membres
supérieurs et inférieurs.
o Flexion ventrale de la tête : renforcement du tonus des muscles fléchisseurs des
membres supérieurs et inférieurs.
o Tourne la tête ou penche la tête vers la droite :
o Renforcement du tonus des muscles extenseurs du côté homolatéral.
o Renforcement du tonus des muscles fléchisseurs du côté controlatéral.
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