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Annuaire Français de Relations Internationales Volume X, 2009
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TEL PERE, TEL FILS
OU L’HISTOIRE D’UNE SUCCESSION SUR MESURE :
BACHAR EL ASSAD ET LES NOUVEAUX DEFIS
DE L’ETAT BAATHISTE
PAR
Ethan CORBIN
Historiquement et aujourd’hui encore, la Syrie détient une position unique dans le
monde arabe. Bien que les Syriens appartiennent majoritairement au courant sunnite de
l’Islam, le pays est dirigé par une minorité alawie, du courant chiite1. La population est une
véritable mosaïque ethnique et religieuse, composée d’Arabes, d’Alawis, de Druzes, de
Kurdes et d’Arméniens, chaque communauté se rattachant à des obédiences musulmanes et
chrétiennes diverses, parlant l’arabe, le kurde, l’arménien, le tcherkesse et l’araméen. Pour
compliquer encore les choses, l’allié régional majeur de la Syrie est l’Iran : Etat non arabe,
chiite et persan, qui semble voué à devenir la puissance dominante du Moyen-Orient après
l’invasion de l’Iraq par les Etats-Unis. Damas accueille également de nombreux groupes
armés non étatiques, qui représentent une menace constante le long des frontières d’Israël.
Au Sud-Ouest, les Hauts du Golan – les hautes terres fertiles que la Syrie a dû céder à
Israël lors de la guerre de 1973 – restent principalement sous contrôle israélien. Seule une
petite force de l’ONU gouverne un no man’s land neutre aux environs d’al Quneitra. A l’Est,
la Syrie est assaillie par un flux constant de réfugiés de la guerre d’Iraq : elle accueille, au
total, entre 1,7 et 1,9 million de réfugiés. L’instabilité politique à la frontière occidentale du
pays, partagée avec le Liban, est souvent mise sur le compte de l’ingérence syrienne. C’est
l’un des principaux motifs des sanctions bilatérales des Etats-Unis contre le pays.
L’année 2008 aura mis la stabilité du régime à rude épreuve. Il reste beaucoup de
questions sans réponse sur l’incident du 6 septembre 2007, où des avions israéliens ont
pénétré l’espace aérien de la Syrie pour détruire ce qu’ils ont qualifié d’équipements
nucléaires au nord du pays : le silence qui entoure l’événement lui garde tout son mystère. En
2008, la Syrie aura connu, en l’espace d’un mois, les attentats terroristes de provenance
intérieure les plus dévastateurs depuis le soulèvement du Hamas en 1982 : le 27 septembre,
une bombe faisait 17 victimes et, le 26 octobre, un raid américain dans le désert oriental
infligeait un camouflet supplémentaire à l’intégrité de l’Etat. La question de la sécurité en
Syrie, récemment attaquée de toutes parts, conduit à s’interroger sur l'étendue du contrôle de
Bachar el Assad sur son propre pays.
Si les analyses de la situation actuelle en Syrie ont un dénominateur commun, c’est celui
de l’absence de consensus véritable dans les motivations des actes du pays. De nombreux
chercheurs annoncent encore l’effondrement de cet Etat très centralisé, isolé
Earhart Fellow en Etudes de sécurité internationale assistant de recherche à l’Institut d’études politiques de
Paris (Sciences-Po, France).
1 La fatwa prononcée par l’imam Musa al-Sadr en 1973 a apaisé les tensions sur la place des Alawis dans la
communauté musulmane, puisqu’il y était dit que les Alawis étaient « Ithna-'Ashariyya », rattachés à l’Islam.
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diplomatiquement et quelque peu excentrique : des prédictions qui s’avèrent peu pertinentes,
étant donné la nature fortement imprévisible de la région et leur propre incapacité à tenir
compte du processus de décision de l’Etat syrien, d’une logique brutale quand il s’agit de
crises potentiellement existentielles. La famille Assad détient le pouvoir depuis plusieurs
décennies et ne montre aucun signe de fin imminente. Bien que Bachar el Assad ait connu
un début de siècle difficile, les retours et les ruptures de fortune caractéristiques de la Syrie se
prononcent nettement en faveur de la survie du régime à présent et, plus encore, d’une
grande durabilité, à l’orée du second mandat du Président.
En dépit de son long isolement politique, la Syrie reste un acteur indispensable du
Moyen-Orient. Cela est particulièrement vrai en ce qui concerne la création d’un
arrangement durable du conflit israélo-palestinien. L’influence syrienne s’étend sur la région,
se manifestant de manière plus indirecte que directe ces derniers temps. Elle joue un rôle
évident dans l’instabilité persistante au Liban, le long des frontières d’Israël, aux quatre coins
de l’Iraq et dans la montée en puissance de l’Iran dans la région.
Nous tenterons, dans cet article, d’exposer brièvement l’histoire de la formation de
l’Etat syrien avant la prise du pouvoir de la famille Assad. Nous examinerons ensuite
comment Hafez el Assad s’est maintenu au pouvoir, tout en renforçant la position du pays
face à ses voisins du Moyen-Orient. L’étude des mécanismes de transmission du pouvoir de
Hafez el Assad à son fils Bachar jusqu’à la mort du premier en 2000 serviront de base pour
comprendre la position actuelle du pays. Alors que Bachar entame sa neuvième année au
pouvoir, nous examinerons l’héritage de la famille Assad dans deux domaines majeurs : la
politique étrangère et la politique économique, principaux moteurs des difficultés présentes
de la Syrie aux niveaux intérieur, régional et mondial.
Il ne peut y avoir de remède facile au martyre largement auto-infligé de paria
international que vit la Syrie. Ses liens politiques et économiques avec Téhéran, son soutien
aux acteurs non étatiques – c’est-à-dire le Hezbollah, le Hamas, et le Djihad islamiste –, qui
continuent à troubler les eaux du conflit israélo-palestinien, maintiennent le pays embourbé
dans son isolement diplomatique et son immobilité économique : les pays occidentaux et
leurs alliés régionaux rejettent, en grande partie, la Syrie. Et c’est précisément cet état de fait
qui renforce ses liens avec l’Iran, devenu l’une des rares soupapes d’une économie qui se
prépare lentement à faire face aux défis du XXIe siècle, sous le couperet d’un effondrement
fiscal. Cependant, malgré ce cercle vicieux, la Syrie est peut-être en train d’accéder à la
libéralisation de son économie et de revenir à une position de premier plan sur l’échiquier
diplomatique du Moyen-Orient.
UN DILEMME MOYEN-ORIENTAL
La Syrie a un point commun avec ses nombreux voisins de la région : la longévité de
son chef d’Etat. Comme l’Egypte, la Jordanie, l’Arabie saoudite, la Tunisie et, jusqu’à ces
dernières années, l’Iraq, la Syrie ne souffre pas d’une instabilité politique excessive, mais
plutôt d’une trop grande stabilité2. Le processus orchestré par l’extérieur de la formation
d’un Etat-nation dans la région au début du XXe siècle explique, en partie, cette déclaration
qui semble contredire les faits.
2 Glenn ROBINSON, « Palestine after Arafat », The Washington Quarterly, n° 23, aut. 2000), p. 77, cité par Daniel
BYMAN, « The implications of leadership change in the Arab world », Political Science Quarterly, vol. CXX, n° 1,
print. 2005, p. 2.
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A des degrés divers, la plupart des Etats du Moyen-Orient possèdent une histoire
semblable sur leurs origines. Les différences existantes n’ont pas été préméditées, mais
résultent d’une division arbitraire des territoires orientaux et méridionaux de l’Empire
ottoman par la France et la Grande-Bretagne, en anticipation de la victoire attendue des
Alliés lors de la Première Guerre mondiale. Ces décisions, souvent capricieuses, expliquent la
distribution irrégulière des ressources naturelles dont chaque Etat allait hériter à son entrée
dans le système international. Ainsi fut créée une région de nantis et de démunis stratégiques.
Les Etats dépourvus de la rente du pétrole ou du gaz se sont retrouvés à chercher des
revenus de-ci de-là, sous forme de rentes stratégiques ou d’exportation de main d’œuvre en
surplus aux Etats du Golfe, riches en pétrole mais pauvres en population.
Dans le cas de la Syrie, la France a redessiné les frontières de l’ancien quartier ottoman
pour accommoder ses propres intérêts dans la région. Grâce à des négociations secrètes, des
arrangements confidentiels avec les magnats du pétrole et l’apaisement dans le cas
d’Alexandrette – aujourd’hui Iskenderun –, la France a déjoué les tentatives arabes de
construire une entité nationale plus vaste, désignée sous le nom de bilad al-sham (« région du
Nord » en arabe), intégrant le concept de Sooriya al-Kubra (Grande Syrie) : le Liban actuel,
Israël, la Jordanie, ainsi que certaines parties de l’Iraq et de la Turquie. Pour les Arabes
syriens, l’Etat tronqué qui en est issu représente un objet de honte, imposé par l’impérialisme
européen, et une arène agitée pour la ribambelle de minorités ethniques et religieuses qui
composent une bonne part de la population.
Cet arrangement malcommode a donné naissance à un Etat fragile, traversé par tant de
forces internes disparates qu’il est devenu un trou noir pour le pouvoir. Pendant une
quinzaine d’années, la Syrie a vu défiler les coups d’Etat, abandonnant sa souveraineté à un
Etat panarabe, s’unissant à Nasser de 1958 à 1961 pour créer la République arabe unie
(RAU) dans l’espoir de retrouver son ancienne gloire supposée de cœur de l’Arabie. Si la
scène politique est restée instable, la courte présence égyptienne aura laissé une organisation
administrative qui faisait jusque-là cruellement défaut à l’Etat syrien.
ASSAD LE SAUVEUR
Cette période de troubles aura permis l’ascension de Hafez el Assad, qui défia la
logique de la brève histoire de la Syrie en la transformant en parangon de stabilité dans la
région. Assad a accompli cette tâche impossible jusqu’alors en installant un système
autoritaire populiste. Il sut jongler avec les tensions contradictoires supra- et sub-étatiques de
la Syrie : le désir d’intégrer un Etat panarabe plus vaste et les tensions internes alimentées par
le vaste spectre des groupes ethniques et religieux qui composent le pays, pour créer un Etat
relativement assuré, jadis inexistant.
Quand Hafez el Assad s’empara du pouvoir en Syrie, il était porté par un héritage
français quelque peu inhabituel, qui avait fait de l’armée un instrument des minorités
syriennes. Assad a eu la chance d’arriver en 1970, à la fin d’une longue période de coups
d’Etat qui ne lui fit rencontrer que très peu de résistance sur son chemin3. C’était le moment
idéal. La Syrie, comme les autres nations arabes, remâchait encore l’humiliation de la guerre
d’Israël en 1967. Assad sut séduire la population syrienne en se présentant comme le héros
3 Philip KHOURY, Syria and the French Mandate : the Politics of Arab Nationalism, 1920-1945, Princeton
University Press, Princeton, 1987.
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arabe tant attendu, prêt à en découdre avec le pion de l’empire dans la région : Israël. Une
fois au pouvoir, Assad divisa les Arabes sunnites en majorité. Par des réformes sur le
territoire, Assad s’attacha la loyauté de la population sunnite rurale, bien qu’aux dépens des
propriétaires terriens sunnites absents et citadins.
Au même moment, le système socialiste unipartiste d’Assad coopta la loyauté des
nouvelles classes, que le parti avait largement contribué à créer par ses nouveaux projets
d’industrialisation dirigés par l’Etat. Les barons de l’industrie qui dirigeaient ces industries en
herbe constituaient une nouvelle classe aisée, prête à détrôner les familles sunnites urbaines
qui avaient si longtemps dominé le commerce et la politique en Syrie. Cette nouvelle
situation, c’est à Assad et au Parti baathiste qu’ils la devaient. En se servant de la tradition de
l’asabiya – ou parenté – et d’un système sophistiqué de gratifications patrimoniales, Assad
obtint le monopole sur le recours à la force en Syrie, se protégeant ainsi des coups d’Etat
militaires éventuels.
Cependant, avec le temps, les structures autoritaires populistes devinrent beaucoup
moins populistes et de plus en plus autoritaires. La performance d’équilibriste que le
dirigeant doit accomplir entre la figure du héros charismatique et celle de l’autorité
intransigeante, tout en tenant compte des besoins de plusieurs sphères de la société relevant
de l’Etat, aboutit à un Etat très personnalisé. Ce sont les qualités du dirigeant plutôt que le
système de gouvernement lui-même qui deviennent essentielles à la survie de l’Etat. La
succession devient alors un défi inhérent. La Syrie n’a pas fait exception.
Après avoir appelé cinq fois son peuple aux urnes au cours des trois premières années
de son règne, Assad ne devait plus le consulter de manière significative, pour légitimer la
direction ou la composition de l’Etat syrien. Il devient obsédé par la politique étrangère. Ses
machinations régionales constantes lui valurent des surnoms tels que « le Sphinx de
Damas »4. Toutefois, alors qu’Assad se consacrait à d’autres problèmes, sa structure étatique
autoritaire et populiste fut confrontée à deux défis : l’immobilisme de la politique
économique et l’Islam politique. Ces deux sources de tensions, bien qu’elles ne soient pas
propres à la structure étatique autoritaire et populiste, semble revêtir ici une importance
particulière. En dépit de tous ses efforts, ces défis allaient le poursuivre pendant les trente
années de son règne.
UNE NATION SANS CHEF DE FAMILLE : LA MORT D’ASSAD PERE
En 2000, le dirigeant autoritaire Hafez el Assad entamait péniblement sa quatrième
décennie au pouvoir, visiblement affaibli par un cancer et une insuffisance cardiaque. Il était
confronté à d’autres défis que les problèmes habituellement rencontrés dans sa gouvernance,
l’une des plus longues au Moyen-Orient, d’un Etat dont la complexité est un trait distinctif5.
Le début du siècle ne s’annonçait pas bien pour la Syrie. La situation de l’Etat était peut-être
un rappel cruel de la synergie entre le dirigeant et son pays au cours du règne d’Assad.
L’économie syrienne sclérosée tentait d’avancer tant bien que mal, incommodée par le
manque de réformes libérales nécessaires pour faire face aux défis de la mondialisation
grandissante6. La politique étrangère, quant à elle, après avoir longtemps été l’objet principal
4 Moshe MA’OZ, Asad : The Sphinx of Damascus, Weidenfeld & Nicolson, New York, 1988.
5 Walid ABU-ZAHR, Al Watan al-‘Arabie, 31 janv. 1997.
6 Volker PERTHES, The Political Economy of Syria Under Asad, I. B. Tauris & Company Ltd./St. Martin's Press,
Londres, 1995.
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des attentions d’Assad, tombait dans l’étau dangereux de l’éventualité d’une retraite
stratégique et d’une marginalisation apathique.
La nation syrienne montrait des signes de crise économique et sociale. Les réserves de
pétrole, dont l’utilisation avait connu un pic au cours de la décennie précédente,
commencèrent à s’épuiser ; or, elles représentaient plus de la moitié des revenus du
gouvernement7. L’agriculture était le seul autre secteur de l’industrie syrienne à apporter des
revenus substantiels, mais elle s’est avérée trop soumise aux aléas du climat moyen-oriental
instable8. Un système gangrené par la corruption des gratifications patrimoniales maintenait
la bourgeoisie sunnite dans l’oisiveté. Ce groupe, tributaire du dirigeant alawi et de sa ligne
dure, était le rappel vivant que l’économie syrienne était entre les mains d’un très petit
nombre de personnes. L’élite dirigeante dans les cercles alawis, sunnites et druzes, enrichie
par les pots-de-vin et endormie par les sinécures, montrait que la loyauté au régime – une
loyauté ténue, au mieux – pesait lourdement sur l’Etat. Cependant, les passions incendiaires
des centres urbains islamistes conservateurs d’Hama et d’Aleppo se firent très peu entendre.
La réplique sanglante d’Assad au mouvement islamiste des années 1980, c’est-à-dire le
massacre de milliers de personnes au cours d’un soulèvement des Frères musulmans, avait
joué le rôle d’un avertissement sans appel contre toute manifestation islamiste violente. Il
n’en restait pas moins que le pays entrait dans un siècle nouveau, où une vague de
réislamisation envahissait le Moyen-Orient : la Syrie n’allait pas faire exception9. En plus de
problèmes sectaires non résolus, Assad savait que son pays était de plus en plus confronté à
la réalité d’une marginalisation régionale et internationale10.
Pour chacun des quatre piliers majeurs de sa politique étrangère (le Liban, Israël, le
Moyen-Orient élargi et les Etats-Unis), Assad devait faire face à de nouveaux défis pour les
mêmes problèmes. Le périlleux numéro d’équilibriste qui maintenait la présence syrienne au
Liban montrait des signes visibles d’usure. Rafiq Hariri, le milliardaire sunnite anti-syrien,
semblait bien parti pour redevenir le Premier ministre du Liban et sa longue défense de
l'indépendance libanaise n’augurait rien de bon pour la Syrie dans le domaine militaire ou
économique. Le Liban ne jouerait plus le rôle de zone-tampon avec Israël ni d’employeur
consentant de la main-d’œuvre syrienne en surplus11. Suite à son soutien constant des
groupes armés non étatiques opérant à l’intérieur de ses frontières ainsi qu’au Sud-Liban et
dans les territoires occupés, l’ancienne position de puissance de la Syrie au Moyen-Orient
était compromise par l’indifférence croissante des Etats-Unis et d’Israël envers le processus
de paix israélo-syrien. Les derniers efforts de négociation de la paix en Israël avaient un
caractère ouvertement moribond. L’épine de Golan devait rester fichée au flanc d’Hafez
el Assad.
Au moment de la passation de pouvoir aux Etats-Unis, Assad ne savait pas quoi
attendre du fils de George H. Bush. Les signes portaient à croire que Washington adopterait
une approche diplomatique plus réservée vis-à-vis de la Syrie12. Le développement du
commerce illicite avec l’Iraq, provenant surtout de la subversion du projet de l’ONU
« Nourriture contre pétrole », représentait à la fois un soutien économique et un handicap
7 Ibid.
8 Flynt LEVERETT, Inheriting Syria, Brookings Institution, Washington, 2005, pp. 32-35.
9 Olivier ROY, Globalized Islam : the Search for a New Ummah, Columbia University Press, New York, 2006.
10 Flynt LEVERETT, op. cit., p. 33 ; Volker PERTHES, « The political economy of the Syrian succession »,
Survival, n° 1, print. 2001.
11 Flynt LEVERETT, op. cit., p. 43.
12 Volker PERTHES, « Syria : difficult inheritance », in Volker PERTHES (dir.), Arab Elites : Negotiating the Politics
of Change, Lynne Rienner Publishers, Londres, 2004, pp. 87-114.
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