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Direction Générale de la Santé - Ministère de la Santé et des Solidarités
Guide de prévention des infections liées aux soins réalisés en chirurgie dentaire et stomatologie
Ministère de la santé et des solidarités, DGS, juillet 2006 5
1. INTRODUCTION
Les questions de santé tendent à occuper une place accrue dans les politiques publiques
comme dans les préoccupations de la population et dans les media.
L’émergence de la notion de sécurité sanitaire a conduit, non seulement dans le système de
soins, mais aussi en matière d’alimentation et plus généralement d’environnement, à une
politique d’amélioration de la qualité ainsi qu’à l’organisation des dispositifs de vigilance et
de contrôle.
Dans le domaine de la santé, l’apparition de nouveaux risques (prions, virus, souches de
bactéries résistantes, populations fragilisées…) et l’écho considérable de certaines crises
sanitaires récentes ont fait de la sécurité des soins une exigence majeure qui répond à une
forte attente sociale et s’impose désormais à tous.
La prévention du risque infectieux vise à tout mettre en œuvre pour assurer la sécurité des
patients et des professionnels de santé. Elle repose sur des obligations légales,
réglementaires1 et déontologiques, et comporte de nombreuses actions (suivi de
l’application de la réglementation, mise en œuvre de recommandations, formation,
évaluation, contrôle…) qui tendent à améliorer la qualité et la sécurité des soins.
Dans les établissements de santé, la gestion du risque infectieux fait partie d’un programme
national de lutte contre les infections nosocomiales et a conduit à la mise en place de
structures, personnels et actions spécifiques impliquant tous les professionnels de ces
établissements.
Cependant le risque de transmission d’agents infectieux à l’occasion des soins n’est pas
limité aux établissements hospitaliers. Ce risque existe aussi dans les cabinets de ville,
même si son importance quantitative est plus difficile à évaluer.
L’activité des chirurgiens-dentistes et des stomatologistes comporte des particularités qui
doivent être prises en compte : elle comprend de très nombreux actes invasifs, elle est
particulièrement exposée au sang ainsi qu’aux produits biologiques et elle utilise des
instruments complexes dans un milieu naturellement septique.
Ce guide présente donc les recommandations qui visent à prévenir la transmission d’agents
pathogènes lors de la réalisation des soins d’odontostomatologie. Il s’inscrit dans la
continuité du « Guide de bonnes pratiques pour la prévention des infections liées aux soins
réalisés en dehors des établissements de santé » publié en 2004 sur le site Internet
(www.sante.gouv.fr ; dossier accès par thème : Maladies / Maladies transmissibles / Infections) du Ministère
chargé de la santé, qui s’adressait indistinctement aux professionnels de santé de toutes les
disciplines.
Il s’applique aux cabinets libéraux, comme aux centres de santé dentaires et aux services
d’odontologie ou de stomatologie hospitaliers.
Ce guide se substitue au guide de prévention de la transmission des maladies infectieuses
en Stomatologie – Odontologie paru sous l’égide du Ministère chargé de la santé en
décembre 1997. En effet, depuis lors, les modifications des pratiques d’hygiène des mains
validées par le Comité Technique des Infections Nosocomiales (CTIN) ont introduit la
pratique de la friction hydroalcoolique.
1 Articles L 3114-6, R 4127-71 et R 4127-204 du Code de la santé publique