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Avril-Mai 2013
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Au cours de l’entorse, l’articulation est soumise à un traumatisme qui la contraint au
maximum de ses possibilités tandis que les surfaces articulaires vont être soumises à des
forces de compression très importantes l’une contre l’autre. L’arrachement des insertions
osseuses du ligament est l’équivalent de sa rupture, il ne s’agit pas d’une complication. Par
contre, on peut retrouver des fractures articulaires par enfoncement qui vont prédominer
dans les zones à plus fortes compression. Pour un mécanisme en inversion, il s’agit du coin
supéro-médial du talus.
Chez Amélie, la radiographie aurait pu retrouver une lésion du dôme du talus au niveau de
son pôle supéro-médial.
6. Prise en charge synthétique
Après une entorse, il existe des douleurs sont plus ou moins importantes, sans qu’il n’y ait de
parallélisme avec les lésions ligamentaires. Les lésions ligamentaires sont plus ou moins
sévères et sont associées à une réaction inflammatoire locale (en grande partie responsable
de la douleur). Après une entorse bénigne, le ligament cicatrise toujours. En cas d’entorse
grave, le ligament peut cicatriser normalement mais aussi avec un excès de longueur ou peut
ne pas cicatriser, notamment s’il est incarcéré dans l’articulation tibio-talienne. Dans ces
derniers cas, la cheville sera moins bien stabilisée et il pourra exister à l’examen physique
une laxité (= mouvements d’amplitude anormale à l’examen physique). Dans tous les cas, il
faudra immobiliser le membre en bonne position pour permettre aux lésions ligamentaires
de cicatriser et pour obtenir l’antalgie. En cas d’impotence à la marche, une mise en
décharge sera associée mais va favoriser l’œdème qui lui-même a été favorisé par l’entorse
(par le biais de la réaction inflammatoire) et la stase veineuse, source potentielle de
thrombose veineuse profonde (TVP). Il faudra donc lutter contre l’œdème par la surélévation
du membre, l’application de glace (cryothérapie) et d’administration d’anti-inflammatoires
non stéroïdiens (AINS) et prévenir les TVP le cas échéant par des anti-coagulants.
Que ce soit une entorse bénigne ou grave, l’immobilisation nécessaire du fait de la douleur et
de l’impotence va être à l’origine d’une amyotrophie mais surtout d’une « dé-
programmation » des systèmes réflexes proprioceptifs. Ces derniers devront être
impérativement « reprogrammés » grâce à une rééducation proprioceptive bien menée.
Dans le cas contraire, il peut persister une instabilité (sensation, c'est-à-dire signe subjectif
d’interrogatoire, de cheville qui lâche ou se dérobe) à la marche, notamment en terrain
accidenté, ou à la course et une appréhension.
Pour Amélie, le traitement initial sera donc : immobilisation par une attelle, antalgique à la
demande, AINS, pas d’anticoagulant, arrêt des activités sportives puis rééducation bien
menée avant une reprise progressive des activités.