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Chapitre 2.7.7. — Laryngotrachéite infectieuse aviaire
986 Manuel terrestre de l’OIE 2005
soniquées dans un faible volume de PBS à pH 7,1. Dans l’autre cas, des cultures cellulaires de foie ou de
rein d’embryon de poulet ou de cellules rénales de poulet, fortement infectées, sont mises en incubation à
37°C jusqu’à l’obtention d’un ECP maximal. Toutes les cellules encore attachées sont grattées et récoltées
dans le milieu de culture. La récolte des cultures peut être concentrée jusqu’à 100 fois par dialyse contre du
polyéthylène glycol (PEG 20 000 ou PEG 30 000). Pour le test la gélose est préparée comme décrit
ci-dessus pour la détection de l’antigène, mais dans ce cas c’est l’antigène de la MCA ou de la culture
cellulaire qui est placé dans le puits central et les sérums à tester dans les puits périphériques. Des
antisérums témoins positif et négatif sont utilisés dans ce test qui est lu après 24 à 48 h d’incubation à la
température du laboratoire ou à 37°C. Les tests d’IDG sont simples, économiques et utiles pour un
dépistage de la LTI dans l’élevage mais sont moins sensibles que les autres méthodes.
c) Épreuve d’immunofluorescence indirecte
Pour les épreuves d’immunofluorescence indirecte, l’antigène est préparé sur plusieurs microcultures
cellulaires infectées par le virus LTI et multipliées sur des lames multispot recouvertes de téflon. Quand
l’ECP apparaît, les cultures sont fixées dans l’acétone pendant 10 min. Les dilutions du sérum à tester sont
préparées dans du PBS et appliquées sur chaque microculture, les lames étant mises par la suite en
incubation pendant 1 h à 37°C. Les lames sont rincées avec du PBS comme décrit ci-dessus, égouttées
puis traitées avec une dilution appropriée d’une solution commerciale d’IgG anti-poulet préparée sur lapin et
marquée par l’ICTF. Après 1 h d’incubation à 37°C, les lames sont lavées de nouveau et des lamelles sont
montées avec un milieu de montage non coloré. Elles sont examinées par épifluorescence à la lumière
ultraviolette et le titre du point limite est donné par la lecture de la plus forte dilution du sérum montrant une
fluorescence spécifique. Cette épreuve est plus sensible que l’IDG mais l’interprétation des résultats peut
être subjective.
d) Méthode immuno-enzymatique
L’antigène pour le test ELISA est obtenu par sonication de cultures cellulaires fortement infectées et
récoltées au moment où l’ECP est maximal, et il est ensuite adsorbé sur les cupules des microplaques.
L’antigène témoin négatif est obtenu à partir de cultures cellulaires non infectées traitées selon la même
technique. Le test consiste essentiellement à ajouter 0,1 ml de dilutions progressives au 1/10 du sérum à
tester dans les cupules sensibilisées par l’antigène positif ou négatif. Après une incubation à 37°C pendant
2 h, les plaques sont lavées 4 fois et un sérum anti-poulet préparé sur lapin et conjugué à une peroxydase
est ajouté à la dilution 1/4 000. Après une incubation à 37°C pendant 1 h, les plaques sont de nouveau
lavées 4 fois. Finalement un substrat contenant de l’acide 5-aminosalicylique est ajouté dans chaque cupule,
suivi d’une solution de peroxyde d’hydrogène à la concentration finale de 0,0005 %, et l’absorbance du
liquide de chaque cupule est lue au spectrophotomètre à 450 nm. Le résultat de chaque sérum est exprimé
par la différence entre l’absorbance moyenne produite entre les antigènes positifs et négatifs. Le seuil limite
positif/négatif est donné par la valeur moyenne de l’absorbance des sérums négatifs plus 3 écart-types. Le
test est très sensible et il est possible qu’il s’agisse du meilleur test pour surveiller les élevages. Une trousse
de diagnostic ELISA pour la recherche des anticorps dirigés contre la laryngotrachéite de la poule est
disponible dans le commerce.
C. SPÉCIFICATIONS APPLICABLES AUX VACCINS ET AUX PRODUITS
BIOLOGIQUES À USAGE DIAGNOSTIQUE
La LTI est habituellement contrôlée à l’aide de vaccins à virus vivants bien que des vaccins à virus inactivés aient
été aussi utilisés pour des raisons de sécurité. La souche de semence du virus vivant est une souche du virus LTI
suffisamment atténuée ou une souche naturellement avirulente. Les vaccins peuvent être administrés par
instillation oculaire, aérosol ou dans l’eau de boisson. Lors d’une administration par aérosol, on peut provoquer la
maladie en utilisant des tailles très petites pour les gouttes produites qui seront alors inhalées. Les jeunes poulets
doivent être vaccinés dans les régions enzootiques, mais ils montrent souvent des réactions post-vaccinales plus
sévères. Des doses répétées sont nécessaires pour obtenir une bonne protection. Le taux de virulence du virus
vaccinal est critique. Les souches de faible virulence peuvent ne pas être efficaces et celles de plus grande
virulence peuvent provoquer une maladie grave. L’administration du vaccin par aérosol nécessite d’être prudent
sur la taille des gouttes dispersées et l’uniformité de l’application. Elle peut être plus efficace avec les souches de
faible virulence mais peut devenir dangereuse avec des souches très virulentes. Actuellement les vaccins
disponibles tentent de faire un compromis entre le manque d’efficacité et une innocuité réduite. En raison de la
persistance d’un virus vaccinal virulent sur le terrain, il peut être difficile d’arrêter la vaccination une fois qu’elle est
commencée. Des infections croisées dues au virus vaccinal et au virus du terrain chez les oiseaux vaccinés
peuvent provoquer, chez les oiseaux non vaccinés en contact avec ces derniers, une maladie grave.
Des recommandations pour la production des vaccins vétérinaires sont fournies dans le Chapitre I.1.7.,
« Principes de fabrication des vaccins à usage vétérinaire ». Les recommandations fournies ici et dans le Chapitre
I.1.7. sont souhaités générales par nature et peuvent être complétées par des recommandations nationales ou
régionales (par ex. réf. 17).