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EPS et activités scientifiques au service de l’éducation à la santé
Alain Tisserond ; Mémoire CAFIPEMF EPS 2005
3• Introduction et débat initial sur la respiration et la circulation
Avant d’entreprendre ce travail, on pourra demander aux élèves de compléter un questionnaire sur leurs
conceptions des liens entre activité physique et acquisitions scientifiques.
Ensuite, les situations vécues en endurance pourront constituer un excellent préalable aux activités de
recherche sur la respiration et la circulation. On fera constater aux élèves les modifications physiologiques
et on leur demandera d’écrire une série de questions qui les interpellent. Voici quelques exemples de
questions recensées par le maître :
• « Pourquoi sommes-nous fatigués ? »
• « Pourquoi est-ce que j’ai un point de côté qui me fait mal ? »
• « Pourquoi devient-on rouge après un effort ? »
• « Pourquoi est-on essoufflé ?»
• « Pourquoi a-t-on chaud ? »
• « Pourquoi on a du mal à respirer ? »
• « Pourquoi respire-t-on vite en courant ? »
• « Pourquoi on transpire ? »
On engagera alors un débat, puis en tenant compte des conceptions des élèves et des difficultés repérées, on
mettra progressivement en place des situations permettant de répondre aux questions qu’ils se posent.
Difficultés prévisibles sur le concept de respiration :
Parmi les conceptions les plus fréquentes recensées sur la respiration, on trouve :
• L’air va dans les poumons mais aussi dans le cœur ou dans le sang.
• Les poumons sont comme des ballons de baudruche.
• C’est l’air qui en entrant fait gonfler les poumons.
• On inspire de l’oxygène.
• L’air expiré est du mauvais air ou du gaz carbonique.
Beaucoup d’enfants de cycle 3 savent que l’air va dans les poumons mais ils imaginent que ces organes sont
comme des ballons de baudruche. En effet, ils n’ont jamais vu de poumons ; ils ont simplement travaillé sur
des dessins qui représentent ces organes sous forme de ballons. Or, les ballons de baudruche se gonflent
quand on y envoie de l’air, car les parois ne laissent pas passer l’air.
Par ailleurs, ils ont pu constater que lors d’un effort physique, le rythme respiratoire s’accélère et qu’il existe
donc un lien entre respirer et courir.
Pour tenir compte de ces deux aspects, les enfants pensent que l’air passe à la fois dans les poumons et dans
le sang.
D’autres savent que le corps retient de l’oxygène lors de la respiration et pensent que l’air inspiré est de
l’oxygène.
On voit donc qu’une des difficultés majeures est que les poumons sont assimilés à des ballons à paroi étanche
interdisant le passage de l’air. La deuxième difficulté est que les élèves du cycle 3 ignorent souvent que l’air
est un mélange gazeux contenant, notamment, de l’oxygène. Enfin, il est difficile pour beaucoup d’entre eux
de concevoir que l’oxygène peut passer à travers une paroi (de l’air vers le sang, au niveau des poumons).
Difficultés prévisibles sur le concept de circulation :
• Le sang n’est pas endigué, le cœur n’est pas indiqué. Le corps est comme un récipient rempli de sang.
(Quand on se fait une plaie, on voit rarement les vaisseaux sanguins et le sang semble sortir du corps)
• Le sang circule dans un circuit ouvert : il passe du cœur dans des tuyaux qui s’achèvent dans les
différentes parties du corps (idée d’irrigation = analogie avec l’irrigation des champs, l’eau est
propulsée dans des tuyaux et se répand dans le sol. Le mot « irrigation » utilisé pour le corps est
ambigu.)