
Communications affichées / Néphrologie & Thérapeutique 8 (2012) 338–373 351
Résultats.– Valeurs médianes : DFG 28, 27 mL/mn (25–52 mL/mn),
25 (OH) D : 15 (10–30) ng/ml, concentration moyenne de PTH
initiale : 199 (150–250) pg/mL, calcium ionisé : 1,21 (1,14–1,28)
mmol/L, changement relatif de PTH 34 pg/mL pour les patients mis
sous calcitriol et 20 pg/mL pour les patients mis sous alfacalcidol.
Relation entre vit D et PTH : Il existe une relation entre la vit D
et la PTH, plus la concentration de vit D est basse plus la PTH est
inversement proportionnelle. (IC 95 %, p= 0, 0034 pour les Targuis
et p= 0,01 pour les non Targuis). Seuil de rupture de pente de la
valeur de PTH est de 18 ng/mL pour les Targuis et 10 ng/mL pour
les non Targuis de la même région. La dose de base de la vit D est
moins importante chez les patients Targuis par rapport aux autres
patients non Targuis. La réponse de la PTH des patients traités au
calcitriol est plus importante que les patients traités au Alfacalcidol.
Discussion.– Dans cette étude cohorte comparant les patients non
Targuis et Targuis atteints de maladies rénales chroniques stades
3 et 4 ; on constate : Le taux basal de Vit D chez les touaregs est
moins important que chez les non touaregs de la même région.
Le taux de PTH s’élève plus rapidement pour une concentration
de vit D comparable. Le calcitriol et AlfaCalcidol sont largement
utilisés pour le traitement de l’hyperparathyroïdie secondaire. La
réponse de la PTH des patients traités au calcitriol est plus impor-
tante que les patients traités au AlfaCalcidol. La réponse de la PTH
à la vit D activée est variable, selon la population étudiée. Nous
avons constaté que la PTH des patients targuis traités par vit D acti-
vée baisse moins rapidement que les patients non TarguisPlus la
concentration d’albumine est basse plus la réponse au traitement
est moins importante.
Conclusion.– Le maintient d’une concentration sérique de 25 (OH)
D au-dessus de 25 ng/L est souhaitable chez les patients atteints de
MRC pour éviter une cause d’aggravation de l’hyperparathyroïdie
secondaire. Le calcitriol par voie orale est couramment utilisé pour
traiter l’hyperparathyroïdie secondaire chez les patients qui ont
une maladie rénale chronique (IRC), mais l’ampleur de la réponse
de la PTH au TRT est très variable.
Pour en savoir plus
Delmez JA, et al. A controlled trial of the early treatment of secondary hyperpara-
thyroidism with calcitriol in hemodialysis patients. Clin Nephrol 2000;54(4):301–8.
Nordal KP, Dahl E. Low dose calcitriol versus placebo in patients with predialysis
chronic renal failure. J Clin Endocrinol Metab 1988;67(5):929–36.
http://dx.doi.org/10.1016/j.nephro.2012.07.131
AN 32
Acide tranexamique et pré-éclampsie : une liaison
dangereuse ?
M. Decambrona, C. Lebasb, A.-S. Ducloyc, M. Jourdaind,
A. Lioneta, C. Lessorea, F. Glowackia, M. Hazzana, C. Noela,
F. Provota
aNéphrologie, dialyse et transplantation, CHRU de Lille, Lille, France
bNéphrologie, hémodialyse, centre hospitalier de Valenciennes,
Valenciennes, France
cAnesthésie et réanimation, CHRU de Lille, Lille, France
dRéanimation polyvalente adulte, CHRU de Lille, Lille, France
Introduction.– L’acide tranexamique (AT) est un anti-fibrinolytique
recommandé dans la prise en charge des hémorragies du post-
partum.
Patients et méthodes.– Nous rapportons six cas d’insuffisance rénale
aiguë (IRA) survenus entre janvier 2011 et mars 2012, chez des
patientes ayant rec¸ u de l’AT dans le cadre de la prise en charge
d’une hémorragie du post-partum immédiat.
Résultats.– L’âge moyen des patientes était de 32 ±4 ans et la
durée de grossesse de 36,5 ±1 SA. L’accouchement était spontané
dans 1 cas mais à cinq reprises il a du être déclenché (en raison
d’une souffrance fœtale dans deux cas ou d’une pré-éclampsie
dans trois cas). Cinq patientes ont présenté une hémorragie de
la délivrance sans choc hémodynamique et la sixième a déve-
loppé un hématome rétro-placentaire. Ces six patientes ont rec¸u
de l’AT avec un bolus (4 g) suivi d’une perfusion continue (1 g/h)
de six à huit heures. Dans les heures suivant l’accouchement
est apparue une IRA oligo-anurique, nécessitant initialement une
séance de dialyse, en réanimation, pour cinq des six patientes.
Il n’y avait pas d’instabilité hémodynamique (pression arté-
rielle en moyenne à 142/97 mmHg). Au moment de la prise en
charge la créatinine était à 612 ±177 mol/L avec une protéi-
nurie à 3,2 ±0,6 g/L. On notait également une thrombopénie à
51 000 ±41 000 plaquettes/mm3associée dans les six cas à des
signes biologiques d’hémolyse de type mécanique régressant spon-
tanément en une semaine en moyenne. Toutes les patientes ont
signalé un flou visuel quelques heures après l’accouchement. Dans
les six cas, le fond d’œil a montré un décollement séreux de la
rétine, sans hémorragie. Une IRM rénale a été effectuée chez cinq
patientes. Elle a montré un aspect compatible avec une nécrose
corticale dans trois cas ou une perfusion inhomogène du cortex
dans deux cas. Une ponction biopsie rénale a été réalisée chez deux
patientes révélant dans un cas des lésions de microangiopathie dif-
fuses, et dans l’autre une nécrose corticale. Une des cinq patientes
initialementdialysées l’est toujours,six mois après l’accouchement.
Les quatre autres ont pu être sevrées d’épuration extrarénale après
52 ±75 jours. Après quatre mois de suivi, la fonction rénale des
cinq patientes non dialysées est définie par une créatininémie à
221 ±97 mol/L, aucune n’a retrouvé une fonction rénale normale.
Discussion et conclusion.– Les données d’essais cliniques (protocole
Exadeli [1]) n’ont pas mis en évidence de néphrotoxicité de l’AT
mais la survenue de ces cas rapprochés évoque une responsabi-
lité potentielle de cette molécule. Après analyse rétrospective des
dossiers obstétricaux, il apparaît que cinq de nos six patientes pré-
sentaient, dans les jours précédents l’accouchement, un tableau de
pré-éclampsie débutante associant hypertension, oedèmes et pro-
téinurie. Nous faisons l’hypothèse que l’AT pourrait alors avoir été
un facteur déclenchant en situation d’activation endothéliale, favo-
risant ainsi la survenue de microthromboses. Cette hypothèse est
renforcée par les lésions rétiniennes de microthromboses obser-
vées, qui ne sont pas décrites dans le cadre de la pré-éclampsie.
Conclusion.– En situation de pré-éclampsie, l’utilisation de l’AT
pourrait comporter un risque d’IRA grave en rapport avec une acu-
tisation des phénomènes microthrombotiques.
Référence
[1] Ducloy AS. Critical Care 2011;15:R117.
http://dx.doi.org/10.1016/j.nephro.2012.07.132
AN 33
Quel bilan étiologique systématique réaliser
devant une GEM dans notre contexte marocain ?
F. Berra , S. Saidi , S. Laaraki , S. Makhdar , S. Elkhyat , M. Zamd ,
G. Madkouri , M. Benghanem , B. Ramdani
Néphrologie, dialyse et transplantation rénale, CHU Ibn Rochd,
Casablanca, Maroc
Introduction.– La glomérulonéphrite extramembraneuse (GNEM),
première cause du syndrome néphrotique chez l’adulte, est répu-
tée secondaire dans 20 % des cas. Un bilan est donc fait de fac¸on
systématique pour étayer les étiologies dominées par le LES, les
hépatites, et les cancers. L’objectif du présent travail est d’évaluer
l’intérêt de ce bilan systématique via l’analyse de son impact sur la
prise en charge thérapeutique et le pronostic de la GNEM (mortalité
et survenue de l’insuffisance rénale chronique terminale).
Patients et méthodes.– Notre étude rétrospective a inclue tous
les patients (n= 208) ayant une glomérulonéphrite extramembra-
neuse prouvée histologiquement durant la période allant de janvier
2000 à décembre 2011. Un bilan étiologique systématique a été
réalisé chez tous ces patients : examen clinique complet, NFS,
bilan hépatique, bilan immunologique (marqueur lupique, complé-
ment), sérologies hépatitique de la syphilis et du VIH, électropho-
rèse des protéines plasmatiques, radiographie du thorax, échogra-
phie cervicale, bilan thyroïdien, fibroscopie œsogastroduodénale.