Histoire du Fonds d'Action Sociale : grandes étapes

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Hommes et Migrations
Les grandes étapes de l'histoire du fonds d'action sociale
Nourredine Elkarati
Résumé
Notre numéro de février dernier était entièrement consacré aux trente ans du Fonds d'Action Sociale pour les travailleurs
immigrés et leurs familles.
A l'occasion de cet anniversaire, Noureddine Elkarati a élaboré une première synthèse de l'histoire du F AS. Ce texte préfigure
une recherche plus importante entreprise dans le cadre du laboratoire d'histoire sociale de l'Ecole Normale Supérieure sous la
direction de Gérard Noiriel.
Citer ce document / Cite this document :
Elkarati Nourredine. Les grandes étapes de l'histoire du fonds d'action sociale. In: Hommes et Migrations, n°1121, avril 1989.
pp. 20-29;
doi : https://doi.org/10.3406/homig.1989.1292
https://www.persee.fr/doc/homig_1142-852x_1989_num_1121_1_1292
Fichier pdf généré le 27/02/2019
LES
GRANDES
ÉTAPES DE
L'HISTOIRE
DU
FONDS
D'ACTION
SOCIALE
par
Noureddine
Elkarati
Notre
numéro
de
février
dernier
était
entièrement
consacré
aux
trente
ans
du
Fonds
d'Action
Sociale
pour
les
travailleurs
immigrés
et
leurs
familles.
A
l'occasion
de
cet
anniversaire,
Noureddine
Elkarati
a
élaboré
une
première
synthèse
de
l'histoire
du
F
AS.
Ce
texte
préfigure
une
recherche
plus
importante
entreprise
dans
le
cadre
du
laboratoire
d'histoire
sociale
de
l'Ecole
Normale
Supérieure
sous
la
direction
de
Gérard
Noiriel.
Le
Fonds
d'Action
Sociale
a
trente
ans.
Cette
occasion
est
propice
à
une
réflexion
sur
les
grandes
étapes
de son
histoire
afin
de
mieux
mesurer
le
FAS
d'aujourd'hui,
l'évolution
de
ses
orientations
et
les
grandes
lignes
de
son
champ
d'intervention
qui
ont
été
tracées
par
les
différents
gouvernements
de
la
Vème
République,
en
liaison
depuis
1973
avec
les partenaires
sociaux
(Syndicats,
Patronat...).
Ce
rôle
de
coordinateur
des
différents
pôles
qui
oeuvrent
à
l'insertion
des
immigrés
dans
la
société
française
a
été
renforcé
par
la
réforme
de
1983
(décret
du
18
janvier
1983),
qui
a responsabilisé
le
Fonds
d'Action
Sociale
et
son
Conseil
d'Administration,
par
rapport
aux
administrations
qui
assurent
sa
tutelle,
et
déconcentré
ou
régionalisé
son
champ
d'intervention
par
la
mise
en
place
des
CRIPI
(Commissions
Régionales
pour
l'Insertion
des
Populations
Immigrées).
Le
Fonds
d'Action
Sociale
apparaît
de
plus
en
plus
comme
un
Etablissement
Public
d'un
nouveau
genre,
aussi
bien
dans
la
composition
de
son
Conseil
d'Administration
qu'à
travers
l'élargissement
de
ses
instances
délibératives,
si
bien
que
le
Fonds
d'Action
Sociale
dont
le
décret
de
1983
a
affirmé
la
compétence
en
faveur
des
travailleurs Immigrés
et
leurs familles
compte
quatre
fois
plus
d'administrateurs
que
de
salariés.
Structure
légère
dont
les
frais
de
gestion
représentent
un
peu
plus
de
2
%
du
budget
total,
le
FAS
s'affirme
de
plus
en
plus
comme
une
institution
sociale
au
service
de
l'insertion
des
immigrés,
et
plus
seulement
un
organisme
financier.
Il
doit
inscrire
encore davantage son
action
sociale
dans
le
dispositif
de
droit
commun
et
si,
dans
le
passé,
ce
souhait
orientait
l'action du
FAS,
il
est
aujourd'hui
un
devoir
et
une
nécessité.
Ce
changement
d'optique
a
été
avant
tout
commandé
par
les
transformations
sociales
et
démographiques
de
la
population
immigrée.
On
indiquera
pour
mémoire
qu'au
recensement
de
1982
le
pourcentage
des
actifs
dans
les
populations
étrangères
était
inférieur
à
celui
de
la
population
française
(42,30
contre
43,40)
;
de
ce
fait,
disparaît
ce
qui
constituait
jusqu'à
présent
l'une
des
caractéristiques
spécifiques
de
la
population
immigrée
:
le
travail
qui
"a
fait
naître11
l'immigré
n'est
plus
la
raison d'être qui
explique
sa
présence
en
France.
Parler
de
l'immigration
est
HOMMES
&
MIGRATIONS
N°
1121
-
AVRIL
1989
aujourd'hui
une
abstraction
et
la
plupart
des
discours
sur
les
étrangers
sont
périmés
parce
qu'ils
s'appliquent
aux
classes
d'âges
qui
arrivent
au
seuil
de
la
vieillesse.
Le
Fonds
d'Action
Sociale
doit
désormais
prendre
en
compte
une
réalité
complexe,
des
publics
différents,
et
la
nationalité
n'est
plus une
donnée
totalement
satisfaisante
pour
justifier
une
intervention
sociale.
Ainsi
une
grande
majorité
des
jeunes
dits
de
"la
deuxième
génération"
sont
des
citoyens
français.
RUPTURE
ET
CONTINUITÉ
A
cette
réalité
complexe
et
diversifiée,
s'ajoute
un
élargissement
du
champ
d'intervention
et
une
très
large
extension
de
la
notion
de
social.
Cette
relative
dispersion
apparaît
principalement
dans
le
secteur
socio-culturel.
Le
développement
de
ce
volet
de
programme
à
partir
de
1976,
en
particulier
de
l'action
culturelle
a
constitué une
étape
significative
dans
l'histoire
du
FAS.
Néanmoins,
la
croissance
de
ce
secteur s'est
surtout traduite
pour
celle
des
organismes
financés
(environ
1
500
en
1987)
beaucoup
plus
qu'en
termes
de
crédits
(moins
de
25
%
du
budget
total)
et
si
la
multiplicité
des
interventions
du
FAS
en
ce
domaine
est
à
la
fois
un
facteur
d'efficacité
et
de
difficulté,
il
est
le
lieu
où
s'exprime
un
secteur
associatif
particulièrement
dynamique.
En
matière
de
continuité,
le
FAS
consacre
une
grande
partie
de
son
budget
au
secteur
du
logement.
En
1989,
ce
secteur
à
lui
seul regroupera
42,3
%
des
dépenses
du
FAS.
Ce
secteur
du
logement
des
travailleurs
en
foyers
a
un
poids
considérable,
et
depuis
plusieurs
années,
les
pouvoirs
publics
et
le
Fonds
d'Action
Sociale
s'interrogent sur
son
fonctionnement
et
son
avenir.
En
mettant
en
parallèle
le
logement
et
le
secteur
socio-culturel,
nous
avons
voulu
mettre
en
relief
les
pesanteurs
du
passé
et
la
force
de
l'avenir,
éléments
qui
caractérisent
toute
institution.
Historiquement,
le
FAS
s'est
constitué
autour
du
problème
de
logement
dans
le
cadre
d'une
immigration
de
travail.
Le
FAS
aujourd'hui
s'inscrit
dans
le
cadre
d'une
politique
d'insertion,
nécessaire
du
fait
de
la
stabilisation en
France
des
immigrés.
Le
financeur
de
l'urgence
(l'aide
à
la
gestion
des
foyers)
est
de
plus
en
plus
amené
à
déterminer
une certaine
planification
sociale
de
son
action
(contractualisation,
conventions
pluriannuelles...).
Le secteur
du
logement
est
défini
surtout
par
des
règles
comptables,
au
demeurant
rigoureuses
;
par
contre,
les
actions
sociales
et
culturelles
sont
encore
trop
souvent
définies
par
défaut
par
rapport
aux
autres
domaines
couverts
par
le
Fonds.
HISTOIRE
D'UNE NAISSANCE
L'investigation historique
note
que
l'ambivalence
de
la
banque
et/ou
de
l'institution
sociale
a
été
un
éléments
déterminant
dans
le
processus
et
les
mécanismes
qui
commandent
la
création
du
Fonds
d'Action
Sociale.
Le
Fonds
d'Action
Sociale
est
plus
le
produit
des
institutions
sociales
de
la
IVème
République
que
d'un
Etat
définissant
une
politique
sociale
en
faveur
des
immigrés
:
en
ce
sens,
sa
création
a
été
paradoxalement
rendue
nécessaire
par
le
désengagement de
l'Etat.
L'ordonnance
de
Décembre
1958
n'a
fait
qu'entériner
une
création
de
fait,
du
reste
sa
dénomination
même
renvoie
aux
conséquences
des
lois
sur
la
Sécurité
Sociale
et
à
la
mise
en
place
après
la
deuxième
guerre
mondiale
d'une
action
sociale
complémentaire
de
la
Caisse
Nationale
de Sécurité
Sociale.
Il
est
dès sa
naissance
un
organisme
financier
au
service
d'une
politique
d'intégration
des
citoyens
musulmans
originaires d'Algérie
dans
la
communauté
française
et
c'est
sur
l'ambiguïté
même
du
statut
des
Algériens
(main-d'oeuvre
ou
main-d'oeuvre
immigrée)
qu'il
sera
étendu
à
partir
de
1964
à
tous les
travailleurs
étrangers.
On
posera
les
grandes
lignes
de
son
histoire
depuis
1959
en
insistant
sur
les
mécanismes
qui
aboutirent
à
sa
création.
HOMMES
&
MIGRATIONS
N°
1121
-
AVRIL
1989
L'ordonnance
du
29
Décembre
1958
et
le
décret
d'application
du
23
Avril
1959
qui
créent
un
Fonds
d'Action
Sociale
pour
les
travailleurs
musulmans
en
métropole
et
pour
leurs
familles
sont
la
conséquence
d'une
longue
réflexion
des
pouvoirs
publics
concernant
la
gestion
sociale
de
l'immigration
algérienne,
marquée
d'une
part
par
la
volonté
de
rompre
avec
la
confusion
entre
"le
social
et
le
policier",
qui
a
caractérisé
l'encadrement
social
de
l'immigration
algérienne
entre
les
deux
guerres,
dénoncé
par
P.
Laroque
dès
1938
et
d'autre
part
de
régler
les
problèmes
juridiques
et
sociaux
qui
se
développèrent
dans
les
années
50
à
la
suite
de
l'extension
des
allocations
familiales
aux salariés
algériens
(Loi
du
18
Septembre
1942)
et
du
statut
organique
de
l'Algérie
(Loi
du
20
Septembre
1947)
qui
affirma
le
droit
à
la
libre
circulation
entre
la
métropole
et
l'Algérie
des
travailleurs
algériens.
DÉVELOPPEMENT
DE
L'IMMIGRATION
ALGÉRIENNE
Au
lendemain
de
la
deuxième
guerre
mondiale,
malgré
la
mise
en
application
du principe
de
la
libre
circulation,
la
fréquence
du renouvellement
des
flux
et
reflux
baissa
considérablement
;
le
mouvement
des
entrées
l'emporta
à
partir
de
1947
de
plus
en
plus
sur
celui
des
sorties,
les
périodes
de
séjour
en
France
s'allongèrent.
L'effectif
total
des
Algériens
passa
de
20
000
en
1946
à
plus
de
300
000
en
1958.
Cette
forte
poussée
de
l'immigration
algérienne
suscita
une
réflexion
de
la
part
des
pouvoirs
publics,
d'autant
plus
que
l'attitude
des
Français
à
l'égard
de
la
communauté
algérienne
s'infléchit
lentement
durant
cette
période
où
l'on
passe
de
l'indifférence
à
l'inquiétude.
UN
PROBLÈME
GRAVE
:
LE
LOGEMENT
DES
ALGÉRIENS
Dans
une
période
où
sévissait une
grave crise du
logement
en
France,
on
assista
entre
1950
et
1955
au
développement
de
bidonvilles
à
la
périphérie
des
grandes
villes
(Lyon,
Saint-Etienne,
Marseille,
Paris).
La
croissance
de
la
population
algérienne
a
été
extrêmement brutale
;
ainsi
à
Nanterre,
on
comptait
un
peu
plus
de
300
Algériens
en
1948,
et
plus
de
5
000
en
1954,
d'où
la
naissance
dans
cette
ville
du
bidonville
du
"Petit
Nanterre"
en
1951,
suivi
du
grand bidonville
qui
regroupait
plus
de
300
habitants
en
1958.
A
cette
date,
plus
de
57
%
de
la
population
algérienne
en
France
était
selon
le
Ministère
de
l'Intérieur
"mal
logés".
Les
médiocres
conditions
de
logement amenèrent
le
développement
de
la
tuberculose,
principale
cause
de
décès
des
immigrés
algériens, (par
exemple,
à
Gennevilliers en
1954,
60
%
des
décès
avaient pour
cause
cette
maladie
dont
la
fréquence
d'apparition
se
situait
après
deux à
trois
années
de
séjour
en
France).
Cette
main-d'oeuvre algérienne
était
en
outre
extrêmement
mobile.
Les
enquêtes
du
Ministère
du
Travail
par
l'intermédiaire
du
service
de
Contrôle
Social de
la
main-d'oeuvre
algérienne
révélèrent
que
cette
instabilité
était
d'autant
plus
incontestée
que
les
effectifs
dans
les
entreprises
étaient
élevés
et
que
la
proportion
de
manoeuvres
était
forte
;
en
outre,
ces
enquêtes
montrèrent
le
rôle
important
des
réalisations
sociales
(cantines,
logements...)
dans
une
politique
d'adaptation
de
la
main-d'oeuvre algérienne
au
travail
industriel.
Or,
le
placement
des
travailleurs
algériens
dont
le
Ministère
du
Travail
avait
fait
un
objectif
essentiel
de
sa
politique d'immigration
butait,
d'une
part,
sur
la
faiblesse
de
la
formation
initiale
des
Algériens
et
d'autre
part,
sur
la
question du
logement.
UNE
NÉCESSITÉ
:
L'ACTION
SANITAIRE
ET
SOCIALE
L'action
sociale
se
justifiait
économiquement
(politique
de
placements
du
Ministère
du
Travail),
politiquement
(contexte
de
la
guerre
d'Algérie)
et
HOMMES
&
MIGRATIONS
N°
1121
-
AVRIL
1989
humainement
;
cette
politique
sociale
qui
était
devenue
une
ardente
nécessité
intéressait
aussi
bien
le
Ministère
des
Affaires
Algériennes
pour
des
raisons
politiques,
que des
oeuvres
sociales
comme
l'AMANA)
proche
du
Ministère
de
la
Santé
publique
et
de
la
Population,
préoccupée
par
le
drame
des
conditions
de
vie
des
Algériens.
UN
MOYEN
:
LA
COORDINATION
ET
L'INSTAURATION
D'UN
FONDS
D'ACTION
SANITAIRE
ET
SOCIAL
A
partir
de
1957,
l'Algérie
est
élevée
au
rang
de
priorité
nationale.
L'Etat
entendait
intervenir
plus
efficacement
dans
sa
politique
algérienne.
Le Décret
du
31
Octobre
1958,
relatif
à
la
mise
en
oeuvre
d'un
plan
de
développement
économique
et
social
en Algérie
(Plan
de
Constantine),
le
transfert
au
Premier
Ministre
de
la
Coordination
de
l'Action
Sociale
en
faveur
des
Algériens qui
incombait
précédemment
au
Secrétariat
Général du
Ministère
de
l'Intérieur
s'est
traduit
par
la
création
le
1
er
Décembre
1958
d'un
comité
interministériel
d'action
sociale
pour
les
Français
Musulmans
d'Algérie
et
d'un
poste
de
délégué
à
l'action
sociale
chargé
auprès
du
Premier
Ministre
d'en
exécuter les
décisions.
La
création du
FAS
par
l'ordonnance
du
28
Décembre
1958
devait
être
un
moyen
supplémentaire
de
coordination
des
différents
partenaires
intéressés
par
une
action
sociale
en
direction
de
la
population
algérienne.
Le
FAS
devait,
en
outre,
s'intégrer
dans
le
cadre
du
plan
de
Constantine
qui
avait
fait
de
la
formation
professionnelle
et
de
l'habitat
des
axes
importants
du
développement
économique
et
social
de
l'Algérie.
Une
lettre
du
Premier
Ministre
au
Ministre
des
Finances
(le
21
Mai
1957)
précisait
que
les
deux
tiers
du
budget
du
FAS
devaient
revenir
au
programme
algérien.
Cette
directive
indiquait
qu'il
fallait
interpréter
largement
l'ordonnance
du
29
Décembre
1958
et
ne
pas
exclure
les
familles
algériennes
qui
résident
en
métropole
des
bénéfices
d'une
action
sociale,
contrairement
au
désir
exprimé
par
le
Ministère
du
Travail,
ce
dernier
désirant
contre
l'avis du
Ministère
de
la
Santé
Publique
et
de
la
Population
limiter
l'action du
FAS
en
direction
des
seuls
travailleurs
isolés.
UNE
SOURCE
DE
FINANCEMENT
:
LES
PRESTATIONS
D'ALLOCATIONS
FAMILIALES
La
création
répondait
au
besoin
d'une
nécessaire
coordination
entre
les
différents
Ministères
mais
la
naissance
du
FAS
a
été
aussi
produite
par
son
propre
financement
et
on
ne saurait
dissocier
l'origine
de son
financement
du
contexte
socio-historique
qui
a
présidé
à
la
gestion
sociale
de
l'immigration
algérienne.
De
ce
fait,
la
question
"FAS,
argent
des
immigrés",
du
strict
point
de
vue
historique,
est
pour
le
moins
fortement
réductrice.
L'histoire
du
FAS
est autant
une
question
de
sociologie
administrative
qu'une
problématique
relevant
de
l'histoire
sociale
de
l'immigration
en
France
et
pour
sortir
de
la
dichotomie
qui
a
caractérisé
ce
débat
financier,
on
ajoutera
que
la
construction
de
la
politique
sociale
de
l'après-guerre
a
fait
l'objet
d'un
large
consensus
politique,
en
particulier
dans
le
domaine
de
la
Sécurité
sociale
qui
a
justement été
à
l'origine
de
la
définition
des
ressources
du
FAS,
dont
on
peut
rappeler
brièvement
les
aspects
:
-
le
versement
des
allocations
familiales est rendu
obligatoire
pour
tous
les
salariés
français
par
la
loi
du
1 1
Mars
1932.
Les
allocations
familiales
apparaissent
désormais
comme
un
élément
de
la
politique
démographique
et
ne sont
plus
seulement
un
"sursalaire".
La
loi
de
1932
exigeait
la
résidence
en
France
des
enfants
de
travailleurs
algériens
en
métropole,
de
fait
elle
tendait
à
exclure
les
Algériens
du
droit
aux
prestations
familiales.
L'administration
en
Algérie
n'était
pas
favorable
à
l'extension
des
allocations
familiales
pour
les
enfants
restés
en Algérie
car
elle
voyait
dans
cet
apport
massif
d'argent
un
moyen
de
détourner
les
familles
du
travail
de
la
terre
et
un
encouragement
à
"une
certaine
paresse".
Du
côté
métropolitain,
on
HOMMES
&
MIGRATIONS
N°
1121
-
AVRIL
1989
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