
Liens entre les choix offerts en matière de rémunération et la fidélisation des salariés
La rémunération se voit aujourd’hui accordée une conception de plus en plus extensi-
ve. Ainsi, Castagnos et Le Berre (2001) préconisent dès lors de parler de «rétribution»
et lui définissent quatre composantes: le salaire direct (salaire brut fixe et variable, salai-
re abondé), le salaire social ou indirect (congés additionnels, acquisition de connais-
sances, systèmes facultatifs de prévoyance), le sursalaire (voiture de fonction, logement,
gratifications,…) et les conditions de travail (horaires variables, syndicalisation, auto-
nomie, transparence verticale et horizontale,…).
L’entreprise peut ainsi élaborer un «mix» de rémunération de manière à combiner
les différents outils disponibles. Les arbitrages peuvent se faire sur les couples fixe-
variable, différé-immédiat, monétaire-non monétaire (Cavagnac et Sire, 1994).
Il est possible de laisser les individus libres de choisir leur propre mode de rémuné-
ration en fonction des arbitrages qui correspondent à leur fonction d’utilité (Taylor,
1968). En effet, il n’est pas certain que les choix de l’entreprise conviennent à tous les
salariés (Cadin et al., 2002). O r, il apparaît que le rapprochement des besoins de l’en-
treprise et du salarié en matière de rémunération est nécessaire: «La néantisation phé -
noménologique «sartrienne» montre que le salarié qui ne reçoit pas l’élément rétributif
attendu est conduit à nier toute autre forme de rétribution » (Castagnos et Le Berre, 2000,
p. 243). De même, le salarié valorisera davantage la composante choisie.
On appelle le fait de pouvoir ainsi choisir son propre «mix» de rémunération en
fonction de ses besoins personnels les «systèmes de rémunération cafétéria » («cafeteria
plans»). Il s’agit de permettre à chaque salarié de choisir les modalités de sa rémunéra-
tion dans le cadre d’une enveloppe (Peretti, 2002 b).
En effet, les entreprises peuvent proposer aux salariés un «mix» de rémunération
qui intègre une rémunération fixe et une rémunération variable payées au comptant,
différentes formules de partage du profit et divers compléments de rémunération tels
que les avantages en nature, les compléments retraite et la prévoyance (Soulié, 1995 et
1997). En France, c’est dans le domaine de la protection sociale complémentaire que
les systèmes «cafétéria» sont le plus développés.
On constate aujourd’hui que les espaces de choix se développent avec une palette
d’options de plus en plus attractive: les innovations se multiplient pour l’ensembles des
périphériques de la rémunération (de Beyssac et Peretti, 2000). Les nouvelles techno-
logies de l’information favorisent l’implication des salariés dans de tels arbitrages. Ainsi,
l’Intranet peut permettre au salarié, dans certaines entreprises, de faire des simulations.
Tremblay, Sire et Pelchat (1998) définissent les plans d’avantages flexibles («flexible
benefits plans») comme une technique permettant aux employés, dans une certaine
mesure, de choisir ou de composer leur propre package d’avantages.
Plusieurs justifications théoriques peuvent être apportées pour expliquer l’intérêt
des plans d’avantages flexibles (Heshizer, 1994).
Tout d’abord, ils peuvent faire apparaître une adéquation entre les avantages reçus
et les besoins individuels des salariés. En effet, les programmes flexibles ont d’abord été
L’ENTREPRISE À LA CARTE 581