
Tous les biens que l’on possède (vêtements, voiture, maison, femme, enfant…), ainsi que nos relations,
connaissances, conduites sont évalués par les autres individus partageant notre culture et permettent
de se situer dans la stratification de la société dans laquelle on vit.
L’accord sur les critères communs d’évaluation est d’autant plus fort que la société est cohésive.
Ex. Au Moyen Âge, les vêtements indiquaient très exactement l’appartenance professionnelle et le
rang social. L’habillement était d’ailleurs codifié et il était interdit à telle ou telle profession ou classe
sociale de porter tel ou tel vêtement ou tissu. De nos jours, l’aspiration à l’égalité tend à estomper les
différences trop voyantes, mais personne ne se trompe sur l’évaluation sociale d’autrui — les grilles
d’évaluation culturelle sont seulement devenues plus raffinées et complexes.
Le système culturel contient aussi une série d’images et de représentations partagées par les membres
du groupe : des stéréotypes : des images schématiques façonnées par le bain culturel et concernant
les différents groupes sociaux de notre culture. On a ainsi des stéréotypes sur les possesseurs d’une
Telsa, d’une Audi ou d’une Mercédès ; sur les médecins ou sur les avocats ; etc.
Le noyau identitaire du groupe
Système culturel d’un groupe : mentalité, ensemble d’acquis communs aux membres d’un groupe ;
une mentalité prote en elle une vision du monde et développe des attitudes.
Ex. jeunes cadres formés dans les grandes écoles : les prémisses de leurs mentalités renvoient à une
idéologie du mangement libéral : agir, faire, créer, innover, se définir comme dynamique et
progressiste, analyser et raisonner (être rationaliste), s’appuyer sur la technique (être scientiste),
savoir commander (être élitiste), s’avoir s’imposer.
Leurs modèles sont les grands commis de l’État, les grands chefs d’entreprise, les hommes politiques
en vue. Leurs identités négatives sont prises dans les foules travailleuses de provinces : les prolétaires,
les petits bureaucrates : ils ont sur eux des stéréotypes forts.
Le noyau identitaire individuel
Système perceptif, affectif, cognitif et comportemental
Ces informations sont de toutes sortes, internes : sensations corporelles, sentiments et émotions
éprouvées, pensées et réflexions ; externes : sensations, perceptions, informations diverses… Une
partie de ce savoir sur l’univers se rapporte à soi-même. C’est ce savoir sur soi-même qui est la source
du sentiment d’identité personnelle.
Ce savoir en action cohérent a été abordé par tous les psychosociologues et on peut le concevoir
aujourd’hui sous la forme d’une structure de la personnalité sous-tendant tous les actes de l’individu.
Il s’agit là d’une conception empiriste, culturaliste et structuraliste de la personnalité qui offre les
avantages de la simplicité, de la cohérence, de l’utilité et sans doute d’une grande part de réalité. Pour
aborder ce système, nous allons examiner successivement sa formation et son fonctionnement.
(in Alex Mucchielli, L’identité en sciences humaines, éd. Vrin, Paris)
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1) Émergence de sentiments d’appartenance durant le Moyen Age : France à la fin de la
guerre de Cent ans ; Espagne à l’époque de la Reconquista ; Bohème lors des guerres
hussites, etc.
2) Naissance de la nation moderne avec les révolutions anglaise, américaine et française :
XVIIe et XVIIIe siècles
3) Développement du sentiment national en réaction à l’invasion napoléonienne
(notamment en Allemagne, Espagne et Russie)
4) Indépendance du Brésil et des colonies espagnoles d’Amérique latine
5) Unifications allemande et italienne
6) Indépendance irlandaise, restitution de la Pologne