Telechargé par Alexandre Gibey

L'échange sur les marchés : prix et décisions économiques

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SYNTHÈSE
La recherche du bien-être maximum de chacun, le souci d’économiser les ressources nécessaires
et les efforts à consentir conduisent les agents à se spécialiser dans les activités pour lesquelles ils
sont relativement les plus productifs.
Cette spécialisation conduit à une division du travail avec une répartition des activités
économiques entre les différents agents.
Pour satisfaire les divers besoins qu’ils ressentent, les agents économiques doivent alors
procéder à des échanges.
• En quoi le marché est-il le lieu privilégié de l’échange économique ?
• Comment les prix assurent-ils l’équilibre des marchés ?
I. L’échange sur les marchés
1 La notion de marché
Un marché est le lieu, plus ou moins concret, de la confrontation et de la conciliation de l’offre et de la
demande d’un bien, où se déterminent les quantités échangées et le prix de cession.
Il y a donc autant de marchés qu’il y a de biens économiques susceptibles de faire l’objet d’échanges.
On peut distinguer :
– les marchés de biens et services ;
– le marché du travail ;
– le marché des capitaux.
On peut également mentionner le marché de l’assurance, qui s’explique par le souci qu’ont les agents
de réduire l’incertitude, par le fait que les individus ont des attitudes différentes par rapport au risque
et par la possibilité de mutualiser les risques des uns et des autres.
On peut distinguer également les marchés selon leur portée géographique, du marché local au marché
mondial. En somme, l’économie de marché est avant tout une économie de marchés.
Les marchés sont plus ou moins matérialisés selon le type de bien : pour beaucoup de biens, les
quantités et les prix sont déterminés en la présence physique des coéchangistes et de la marchandise,
mais pour d’autres biens, quantités et prix sont déterminés au moyen de réseaux d’information et de
communication à distance plus ou moins sophistiqués.
La théorie définit le marché d’un bien donné par la rencontre de la demande collective exprimée pour
ce bien par l’ensemble des consommateurs et de l’offre collective provenant de l’ensemble des
producteurs de ce bien.
La demande collective correspond à l’agrégation des demandes individuelles : chaque consommateur
exprime pour chaque bien une demande qui lui assure globalement la maximisation de sa satisfaction
compte tenu de ses goûts et de la contrainte budgétaire qu’il doit respecter, cette contrainte provenant
elle-même du niveau des prix des biens et du niveau du revenu du consommateur. L’offre collective
correspond quant à elle à l’agrégation des offres individuelles de tous les producteurs qui produisent
ce bien : chaque producteur exprime l’offre qui, compte tenu du prix affiché par le marché et de l’état
de ses coûts de production, lui permet de maximiser son superprofit.
Chapitre 01 - L’échange sur les marchés : prix et décisions économiques
La réalité révèle des situations de marché beaucoup plus diverses.
La théorie privilégie le modèle de la concurrence pure et parfaite qui repose sur plusieurs hypothèses
qui sont très rarement vérifiées dans la réalité. Parmi ces hypothèses figurent en particulier celles de
l’atomicité de l’offre et de la demande, les libres entrée et sortie du marché, l’homogénéité des
produits. En effet, la plupart du temps, on a des marchés où les entreprises sont peu nombreuses, de
tailles très différentes, avec des barrières à l’entrée parce que les entreprises cherchent à se protéger
de l’entrée de concurrents supplémentaires et où les producteurs développent des stratégies de
différenciation de leurs produits pour limiter le degré de « concurrentialité » du marché en réduisant
la substituabilité de leurs produits par rapport à ceux des concurrents. La réalité des marchés est par
conséquent celle d’une concurrence imparfaite. De nombreux économistes se sont attachés à analyser
les situations de concurrence imparfaite. Cela a donné naissance à plusieurs modèles, en particulier
ceux de la concurrence monopolistique et de la concurrence oligopolistique.
Depuis longtemps, s’intercalent souvent entre les producteurs et les consommateurs des intermédiaires
plus ou moins nombreux selon la longueur du canal de distribution, selon qu’interviennent entre le
producteur et les consommateurs un grossiste, une centrale d’achats, un détaillant.
Plus récemment, avec le développement des réseaux informatiques, et plus spécialement d’Internet, et
donc du e-commerce, progressent de nouvelles formes d’échanges et donc de marchés :
– le B2C : « business to consumer » pour les échanges directs entre les entreprises et leurs clients ;
– le B2B : « business to business » pour les échanges entre entreprises ;
– le C2B : « consumer to business » quand les consommateurs participent d’une manière ou d’une
autre aux prestations fournies par les entreprises ;
– le C2C : « consumer to consumer » pour les échanges entre consommateurs, comme c’est le cas sur
les sites de ventes aux enchères.
2 Le marché et ses institutions
Le bon fonctionnement d’un marché, quel qu’il soit, dépend de la confiance qu’ont tous les
participants dans la fiabilité, la loyauté et la sécurité des transactions qu’ils y réalisent, et par
conséquent du respect de règles du jeu que des institutions doivent définir et garantir.
Parmi ces institutions indispensables à l’économie de marché, il y a d’abord les institutions juridiques
mises en place par les pouvoirs publics, avec les différentes branches du droit économique, privé et
public (droit de propriété, droit des contrats, droit des affaires, droit social, droit de la concurrence,
régulation des marchés financiers…), et avec les différentes juridictions pour régler les litiges et
sanctionner les comportements répréhensibles.
Il y a également les institutions financières pour fournir les moyens de paiement et les ressources de
financement, et la Sécurité sociale pour mutualiser certains risques que supportent les individus.
La monnaie constitue une institution à part entière de l’économie de marché. Certes, il peut y avoir
échange sans monnaie, mais l’utilisation de la monnaie donne à l’échange une tout autre dimension,
ce qui participe à l’amélioration du fonctionnement de l’économie de marché, à condition toutefois
que monnaie et finance soient gérées convenablement.
Chapitre 01 - L’échange sur les marchés : prix et décisions économiques
II. Les prix et les décisions économiques
1 Les prix en économie de marché
Le prix est le vecteur de la régulation spontanée du marché ; il égalise l’offre des vendeurs et la
demande des acheteurs, ce qui permet de satisfaire au mieux des agents à objectifs contradictoires
(l’offre est une fonction croissante des prix et la demande est au contraire une fonction décroissante
des prix). Par l’intermédiaire de la loi de l’offre et de la demande et des comportements d’arbitrage, la
concurrence aboutit à la détermination d’un prix d’équilibre, unique selon la théorie.
La loi de l’offre et de la demande résulte de la conjonction de la loi de la demande par rapport au prix
et de la loi de l’offre par rapport au prix, lois qui jouent en sens opposé puisque les intérêts des
consommateurs et des producteurs sont divergents (les consommateurs préfèrent payer le moins cher
possible tandis que les producteurs souhaitent vendre le plus cher possible). La loi de la demande par
rapport au prix consiste à dire que, généralement, la demande d’un bien est une fonction décroissante
du prix de ce bien.
Cette loi s’explique, au niveau individuel, par le jeu combiné de l’effet de substitution (quand le prix
d’un bien augmente par exemple, ceteris paribus, ce bien apparaît moins intéressant par rapport aux
biens qui répondent au même type de besoin, d’où l’augmentation de la demande de ces biens au
détriment de celle du bien considéré) et de l’effet de revenu (toute augmentation de prix emporte la
diminution du revenu réel, autrement dit du pouvoir d’achat, d’où une réduction de la demande).
Cette loi de la demande par rapport au prix souffre quelques exceptions connues sous les noms d’effet
Giffen et d’effet Veblen. La loi de l’offre par rapport au prix consiste à dire que, généralement, dans
le cadre de la maximisation de leur superprofit, les producteurs sont d’autant plus incités à offrir des
quantités importantes d’un bien que le prix de ce bien augmente.
La loi de l’offre et de la demande caractérise le modèle de la concurrence pure et parfaite, dans
lequel les agents consommateurs et producteurs sont « preneurs de prix » - « price takers »- en ce
sens que le prix d’équilibre, qui se détermine de manière itérative (« le tâtonnement » du commissaire
priseur walrassien), s’impose à tous ; aucun d’entre eux n’a une taille suffisante pour avoir la
possibilité d’agir sur les conditions du marché. C’est ce qui résulte de la première grande hypothèse
du modèle de la CPP : l’atomicité de l’offre et de la demande qui suppose en effet non seulement que
les nombres d’offreurs et de demandeurs soient très grands mais aussi que les uns et les autres soient
de même petite taille. Cela résulte aussi du fait que tous les agents disposent sur le marché de la même
information, gratuitement et immédiatement : ils peuvent ainsi prendre leurs décisions de manière
absolument rationnelle. De plus, pour assurer une concurrence maximale entre les participants au
marché, il est supposé une liberté totale d’entrée et de sortie du marché : qu’ils soient consommateurs
ou producteurs, les agents peuvent à tout instant être confrontés à de nouveaux concurrents dans la
demande ou dans l’offre qu’ils font du bien considéré (théorie des marchés contestables). Enfin, pour
la théorie économique, un marché n’est pas semblable au marché de village qui rassemble des
marchands proposant différents biens : à chaque bien son marché. Il convient donc qu’il y ait
homogénéité du produit. C’est de cela que résulte la loi du prix unique.
Le prix d’équilibre sépare les demandeurs qui peuvent et qui veulent bien le payer (la demande
solvable) de ceux qui ne le peuvent ou ne le veulent. Mais parmi ceux qui le payent, certains auraient
peut-être accepté de payer davantage : ils réalisent par conséquent un gain psychologique, que l’on
appelle la « rente du consommateur ». Symétriquement, le prix d’équilibre sépare les offreurs qui
acceptent d’offrir à ce prix et ceux qui décident de ne pas produire ce bien à ce prix : parmi les
Chapitre 01 - L’échange sur les marchés : prix et décisions économiques
premiers, il y en a qui auraient peut-être accepté de vendre le bien même à un prix inférieur au prix
d’équilibre fixé : ils réalisent ainsi un gain psychologique, que l’on appelle la « rente du producteur ».
En réalité, un bien donné peut avoir plusieurs prix, en particulier parce qu’il peut être offert selon
différentes qualités, avec des coûts de transport variables, des circuits de distribution plus ou moins
longs, des structures de marchés plus ou moins favorables aux consommateurs…
2 Les prix et les comportements des agents économiques : une influence
réciproque
Dans une économie de marché, le prix agit sur les comportements des agents économiques en
remplissant plusieurs fonctions.
Chapitre 01 - L’échange sur les marchés : prix et décisions économiques
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