1
Gilles Delisle
LES TROUBLES DE LA PERSONNALITÉ
Perspective gestaltiste
3e édition - 1993
EDR
Les Editions du Reflet
2
Table des matières
Préface
4
Introduction
5
PREMIÈRE PARTIE : LA PSYCHOPATHOLOGIE CONTEMPORAINE
7
Chapitre 1: La fonction diagnostic
8
Chapitre 2 : La perspective gestaltiste de la psychopathologie
10
DEUXIÈME PARTIE : UN SURVOL DES CONCEPTS UTILISÉS ET DES DONNÉES EMPIRIQUES
12
Chapitre 3 : Quelques concepts de base de la perspective gestaltiste
13
Chapitre 4 : Les autres ressources théoriques
25
Chapitre 5 : Quelques données empiriques
27
TROISIÈME PARTIE : LES TROUBLES DE LA PERSONNALITÉ DU DSM III-R
29
Chapitre 6 : Aperçu général
30
Chapitre 7 : Le groupe A : Les personnalités bizarres ou excentriques
1- Le trouble de la personnalité schizoïde. 2- Le trouble de la personnalité paranoïaque. 3- Le trouble de la personnalité
schizotypique.
34
Chapitre 8 : Le groupe B : Les personnalités dramatiques ou erratiques
1- Le trouble de la personnalité narcissique. 2- Le trouble de la personnalité borderline. 3- Le trouble de la personnalité
Antisociale. 4- Le trouble de la personnalité histrionique.
49
Chapitre 9 : Le groupe C : Les personnalités craintives et anxieuses
1- Le trouble de la personnalité obsessionnelle-compulsive. 2- Le trouble de la personnalité passive-agressive. 3- Le
trouble de la personnalité évitante. 4- Le trouble de la personnalité dépendante
67
QUATRIÈME PARTIE : DE LA CONNAISSANCE À LA COMPÉTENCE...
87
Chapitre 10 : La personnalité et le continuum santé-pathologie
88
Chapitre 11 : L'observation phénoménologique de type gestaltiste
91
Chapitre 12 : Un protocole d'entrevues initiales
Avant et pendant la première entrevue. - Entre la première et la deuxième entrevue.
93
Chapitre 13 : Le trouble de la personnalité axe pivot de la psychopathologie contemporaine
100
Chapitre 14 : La psychothérapie des troubles de la personnalité
Relation thérapeutique et efficacité en psychothérapie. - Les axes de développement de la relation
109
Chapitre 15 : Et la personnalité du thérapeute ?...
116
Conclusion
120
Bibliographie
121
3
LISTE DES TABLEAUX ET FIGURES
Tableaux
1. Le cycle d'expérience : aspects microscopiques et macroscopiques
16
2. Transaction saine transaction malsaine
22
3. Le modèle polythétique et le diagnostic
31
4. Le continuum trouble-style
89
5. Un protocole d'entrevues de diagnostic
97
6. Niveau de fonctionnement de la personnalité et syndrome clinique
102
7. Objectifs thérapeutiques et durée de la démarche
103
8. Les considérations liées aux variables urgence-conscience
105
9. Le continuum introjection-assimilation et l'intervention thérapeutique
106
10. Une comparaison des dynamiques thérapeutiques à court et à long terme
112
11. Les trois niveaux de la relation thérapeutique et les enjeux de la psychothérapie
113
Figures
1. Le cycle de l'expérience organismique
13
2. Le triangle de la transaction phénoménologique
21
3. La fonction médiatrice de la personnalité par rapport au stress
100
4. Interaction urgence-conscience
103
.
4
Préface à la troisième édition
Depuis sa première version manuscrite, datant de 1989, ce texte n'a cessé d'évoluer. La première édition,
datant de 1991, a été traduite et publiée en italien (1992) et en anglais (1993) et les idées qu'il met de l'avant ont
été présentées à plusieurs groupes de professionnels du Québec et de l'étranger, que ce soit dans le cadre de
conférences ou d'activités de formation. L'approche qu'il privilégie a ainsi pu être commentée par des praticiens
venus de plusieurs horizons. Par ailleurs, comme il a été largement distribué en France parmi les cercles
gestaltistes, il a aussi fait l'objet de critiques précieuses de la part de nos collègues d'outre-Atlantique1. Certains
y ont vu une « oeuvre claire et bien construite proposant aux cliniciens gestaltistes des pistes d'intervention
cohérentes et efficaces » (Boutrolle, 1991). D'autres lui ont reproché de ne pas être de la Gestalt et de n'être
qu'un ramassis de recettes pour « les débutants et ceux qui n'aiment pas penser », tout en évoquant ce que
devrait être un ouvrage sérieux et définitif sur la question (Robine, 1991).
Ces échanges de même que l'éclairage issu de ma propre pratique clinique, m'ont amené à préciser
certains éléments de son contenu. C'est pourquoi le chapitre 10 a été remanié. On y trouvera désormais une
discussion des rapports entre la santé et la pathologie de la personnalité. Le titre de ce chapitre a été changé pour
devenir : La personnalité et le continuum santé-pathologie.
Enfin au chapitre 13, j'ai développé davantage la présentation de la fonction médiatrice de la
personnalité dans le maintien de la santé psychologique. Un tableau représentant visuellement les rapports entre
la personnalité, les facteurs de stress psychosociaux et la santé psychologique devrait aider à clarifier la nature
de cette équation à trois termes.
Le point de vue central qui anime toute la réflexion contenue dans ces pages, est celui de la fonction
psycho-immuno-métabolique de la personnalité. C'est en approchant la situation clinique sous cet éclairage que
mon travail de psychothérapeute gestaltiste se trouve le mieux balisé. Aussi je mets le lecteur en garde contre
une lecture précipitée des chapitres portant sur les troubles eux-mêmes. Les idées qui y sont développées
perdent leur signification quand elles ne sont pas d'abord éclairées par les première et deuxième parties du
livre, puis mises en perspective par sa quatrième partie. Une lecture qui se limiterait aux descriptions des
troubles perdrait sa valeur heuristique et priverait le lecteur d'une compréhension plus nuancée de la
pathologie de la personnalité et des limites inhérentes à la classification du DSM.
Gilles DELISLE Février 1993
1 Revue des livres. Gestalt. SFG. No. 2. Automne 1991.
5
Introduction
Ce n'est pas sans une certaine appréhension qu'un psychothérapeute gestaltiste aborde la question de la
classification psychopathologique. Historiquement, la gestalt et l'ensemble du courant existentiel-humaniste ont
contesté l'idée même du diagnostic comme étant dé personnalisante, antithérapeutique et politiquement
répressive.
«Le courant existentiel bien qu'il ail considérablement influencé la littérature contemporaine et la pensée
sociale, en étendant au champ thérapeutique les fondements de la philosophie existentielle, a exercé
relativement peu d'impact sur la recherche et la pratique clinique. De plus, plusieurs approches récentes en
psychothérapie (telles la Gestalt, la psychologie humaniste et l'analyse transactionnelle) se sont présentées
comme des antithèses du «modèle médical» et ont adopté des attitudes d'opposition plus ou moins farouches à
l'idée même de diagnostic et de classification.» (Klerman, p. 8. Contemporary directions in psychopathology)
Ceux qui ont animé les premières années du mouvement humaniste l'ont fait en réaction au modèle
médical qui jusque là, enfermait la question de la souffrance psychologique dans les paramètres étroits de la
pathologie. Ce furent les années de la contestation : contestation sociale, contestation politique. Dans
l'effervescence de ce climat, des thérapies nouvelles purent éclore et s'épanouir.
Ces façons de faire, mises en avant par des personnages attachant; et souvent hauts en couleurs puisaient
une bonne part de leur énergie dans le rejet non seulement des fondements théoriques de la psychanalyse et du
behaviorisme mais encore des positions relationnelles que ces approches sous-tendaient. On estimait que le
rapport professionnel-client (il ne s'agissait plus bien sûr de patients!...), véhiculait la perpétuation d'une culture
oppressive, culture qui, au premier chef, se trouvait mise en accusation comme principal facteur pathogène.
Les fondements théoriques du courant existentiel-humaniste se trouvaient assortis de jugements de
valeurs, de critiques sociales et d'idéaux généreux.1 Cari Rogers, parlant de son approche, utilisa le terme
«centrée sur l'expérience du client», par opposition à «centrée sur l'expérience du thérapeute». Bien que toutes
les approches du courant humaniste ne se soient pas explicitement définies de cette façon, on peut certes dire
que la plupart d'entre elles, y inclus la gestalt, se sont reconnues dans la saveur relationnelle que la formule
évoquait.
Toutefois, quelques décennies et quelques deux cents formes de thérapie plus tard, il y a lieu de se
demander si toutes ces approches sont aussi centrées sur le client qu'elles veulent bien le laisser croire. Nous
refusant à classifier et à «étiqueter» les problématiques des personnes qui nous consultent, nous avons
collectivement créé plus de catégories thérapeutiques qu'il n'y aurait eu de catégories pathologiques!
On ne peut nier que les distinctions entre les particularités des clients qui nous consultent soient
importantes et, en même temps, affirmer qu'il est essentiel de bien différencier telle méthode thérapeutique de
ses variantes plus ou moins originales. Il suffit de lire certains articles de revues spécialisées pour constater que
les débats d'école, bien que de moins en moins virulents, occupent encore une bonne partie de la scène. Pour les
gestaltistes, ce sont des réflexions comme celles entourant le débat côte est contre côte ouest. Ou encore : la
déflexion existe-t-elle vraiment ou ne serait-elle pas un sous processus de la rétroflexion? Le post-contact est-il
la même chose que le retrait?
Ces questions sont importantes car elles permettent l'affinage d'une théorie. Sans ce type de réflexion, il
est à craindre que les concepts de départ ne se fossilisent.
Toutefois, un système thérapeutique qui consacrerait l'essentiel de ses énergies à ce genre d'opérations
intellectuelles sans accorder une place équivalente à l'examen de l'objet principal de toute entreprise
thérapeutique, soit le client, risquerait de se caricaturer au point de devenir simple littérature. En maintenant
implicitement que la réflexion diagnostique est dépersonnalisante, nous avons peut-être oublié qu'il est tout
aussi dépersonnalisant, antithérapeutique et répressif de nier l'existence de différences réelles entre les individus
que de proclamer des différences inexistantes.
C'est peut-être ce qui explique en partie l'intérêt de bon nombre de psychothérapeutes humanistes pour
les orientations psychanalytiques récentes, où l'on n'a pas peur des mots et où l'on se permet de parler ouver-
tement, et en termes cliniques, des personnes qui nous consultent en tant que spécialistes de la psychothérapie.
Quoi qu'il en soit, il serait dommage que les transformations introduites dans la mentalité des psychothérapeutes
par la psychologie existentielle humaniste en général et par la gestalt en particulier, soient oubliées dans ce
«retour aux sources».
1 II ne faut pas croire que la psychanalyse et le behaviorisme soient exempts de jugements de valeurs. Loin de là. Toutefois leurs propositions sont
formulées de façon moins explicitement évaluative...
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