SAMU SMUR Organisation: Système d'Urgences Médicales Préhospitalières en France

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SAMU
SMUR
Organisation
Dr C. Télion,
Pr P. Carli
La prise en charge des urgences médicales
préhospitalières, en France, bénéficie d’une
organisation spécifique basée sur la médicali-
sation. Cette médicalisation est présente dès
la réception de l’appel au niveau du SAMU
(service d’aide médicale urgente) et se pour-
suit sur le terrain par l’envoi d’une équipe
SMUR (service mobile d'urgence et de réani-
mation) en cas de détresse vitale.
1. Le SAMU
1.1. Les missions
Les missions des SAMU sont définies dans
l’article 3 du décret n° 87-1005 du
16 décembre 1987 : « Assurer une écoute
médicale permanente ; déterminer et déclen-
cher, dans le délai le plus rapide, la réponse
la mieux adaptée à la nature des appels ;
s’assurer de la disponibilité des moyens d’hos-
pitalisation publics ou privés adaptés à l’état
du patient, compte tenu du respect du libre
choix, et faire préparer son accueil ; orga-
niser, le cas échéant, le transport dans un
établissement public ou privé en faisant
appel à un service public ou à une entreprise
privée de transports sanitaires ; veiller à l’ad-
mission du patient. »
1.2. Un numéro d’appel : le 15
•Il existe généralement un SAMU par dépar-
tement, qui siège dans un centre hospitalier. Il
dispose d’un centre de réception et de régula-
tion des appels médicaux (CRRA) doté du
numéro 15.
•Ce numéro unique peut être composé par
les médecins praticiens, la police, les secou-
ristes, les pompiers, la Croix-Rouge ou la
Protection civile, le personnel paramédical ou
enfin par n'importe quel particulier. Cet appel
est analysé et la meilleure réponse au
problème médical est recherchée. Comme tout
acte médical, cet appel est soumis à des règles
strictes permettant une confidentialité en
accord avec la déontologie.
1.3. Les permanenciers auxiliaires
de régulation médicale (PARM)
Les PARM constituent la première ligne de la
réponse téléphonique à l’urgence médicale. Ils
assurent la réception et l’orientation des
appels au SAMU sous la responsabilité des
médecins régulateurs. Ils sont chargés d'as-
surer une première évaluation de l'appel
permettant d'analyser sommairement le degré
d'urgence et la nature de la demande. Ils sont
aussi en charge d’identifier l’appelant et de
faire préciser la localisation géographique
exacte de la demande. Ces renseignements,
essentiels à l’envoi rapide de secours efficaces,
doivent être recueillis avec calme et circons-
pection. L'appel analysé par le PARM est
ensuite transmis au médecin régulateur du
SAMU ou à un médecin régulateur de méde-
cine générale.
1.4. Le médecin régulateur
•Le médecin régulateur du SAMU se doit
d’analyser la situation et l'origine de l'appel
et de déterminer très rapidement la réponse la
plus adaptée à la demande. C'est donc ce
médecin et lui seul qui décide au téléphone de
l'urgence de la situation et des moyens qu'il
doit engager pour y répondre. Ce travail est
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difficile car l'interprétation téléphonique de
l'urgence n’est pas toujours simple.
•Le médecin régulateur dispose de plusieurs
types de réponse. Ainsi, il peut donner un
simple conseil médical, mais il peut aussi
envoyer au chevet de la victime un médecin
généraliste ou une association d’urgence
faisant partie du tour de garde, une ambu-
lance simple (ambulance agrée sans médecin),
une équipe de secouristes ou, dans les cas les
plus graves, c'est-à-dire lorsqu'il existe une
détresse vitale patente ou suspectée, une
équipe de réanimation préhospitalière d'un
SMUR. Cette “équipe SMUR” correspond au
moyen le plus lourd à la disposition du
médecin régulateur.
•Le rôle du médecin régulateur ne se limite
pas à ce choix initial. Quand des moyens
médicaux ou paramédicaux ont été
engagés, et plus particulièrement lorsque le
médecin régulateur a décidé d'envoyer une
équipe SMUR, la régulation médicale
comprend aussi le devenir du patient. Ainsi,
le médecin de l’équipe SMUR transmet par
radio ou par téléphone un bilan sur l’état
du patient au médecin régulateur. De ce
fait, le patient pris en charge par l'unité
SMUR, après accord du médecin respon-
sable, peut être admis directement dans un
service spécialisé ou dans un service d’ac-
cueil des urgences.
1.5. Autres missions du SAMU
•En dehors de la réception des appels d'ur-
gence, le SAMU exerce au niveau de son
département de nombreuses actions médi-
cales ou d'organisation des secours.
•La mise en œuvre des plans ORSEC et des
plans d'urgence, en particulier le Plan Rouge
et le Plan Blanc départemental et zonal, fait
intervenir les SAMU départementaux ou leur
coordination interdépartementale. Dans le
cadre de l’organisation des zones de défense,
certains SAMU sont dotés, en plus de leur
matériel habituel, d'un poste sanitaire mobile
(PSM II). Cette dotation en matériel n'est
utilisée qu'en cas de sinistre grave. Elle
permet l'envoi de matériel complémentaire
sur le terrain ou même le renfort transitoire
d'hôpitaux.
•Lors de grands rassemblements ou d'événe-
ments exceptionnels, le SAMU peut être,
suivant les modalités définies par les autorités
de police concernées, associé ou responsable
de la couverture médicale.
•Le SAMU participe à l'éducation sanitaire
de la population et aux actions de prévention
et de recherche qui s'y rapportent.
•Enfin, le SAMU est associé aux formations
médicales, paramédicales, universitaires ou
postuniversitaires se rapportant à l'urgence.
Cette activité est particulièrement importante
dans les SAMU qui sont rattachés à un CHU et
qui participent ainsi à la formation d'étu-
diants hospitaliers aux urgences.
2. Le SMUR
•Les SMUR constituent le moyen opéra-
tionnel le plus lourd du SAMU sur le terrain.
Les conditions techniques de fonctionnement
des SMUR sont définies par le décret n° 97-
620 du 30 mai 1997.
•Le SMUR est un service hospitalier dont le
but est de déplacer les moyens médicaux de
l'hôpital au contact des malades ou des
blessés présentant une détresse vitale à l'ex-
térieur de l'hôpital. Le SMUR a donc pour
mission d'intervenir auprès de tous les
patients présentant une pathologie grave, de
commencer la thérapeutique et d'évaluer la
gravité sur le terrain, enfin d'assurer le trans-
port de ce patient vers l'unité hospitalière la
plus adaptée à son état, après “régulation”
par le SAMU. Dans chaque département fran-
çais il peut exister plusieurs SMUR, répartis
sur le territoire, mais qui dépendent d'un
même SAMU. La prise en charge par un
SMUR conduit à une proportion élevée d’hos-
pitalisations, notamment en service spécia-
lisé, témoignant de l’efficacité de la régula-
tion. L’article D 712-71 précise la composition
des équipes SMUR : « Cette équipe comprend
au moins deux personnes, dont le responsable
médical de l’intervention. Pour les interven-
tions qui requièrent l’utilisation de techniques
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de réanimation, cette équipe comporte trois
personnes, dont le responsable médical de l’in-
tervention et un infirmier. » Le financement des
SMUR correspond à celui d'un service hospi-
talier. Il est basé sur le remboursement des
soins dispensés par l’assurance maladie. En
général, l’intervention est facturée sur la base
d’un tarif horaire départemental et est
remboursée comme une hospitalisation.
3. Le médecin généraliste
et le SAMU
•La diversification des motifs d’appels au
niveau des SAMU ainsi que la modification de
l’offre de soins a conduit à la création, dans de
nombreux départements, de Centre 15. Ce
SAMU-Centre 15 permet au médecin généra-
liste de maintenir une permanence des soins
en assurant des conseils téléphoniques ou en
envoyant un autre médecin généraliste. Le
médecin généraliste est donc aussi un effec-
teur du SAMU-Centre 15, avec lequel il
travaille en étroite collaboration.
•De même, lors de son exercice quotidien,
tout médecin généraliste peut être amené à
appeler le SAMU pour la prise en charge d’un
de ses patients, que celui-ci soit au cabinet ou
à son domicile. Une équipe du SMUR sera
donc dépêchée à la demande d’un médecin
traitant au chevet du patient afin :
– de prendre en charge une détresse vitale,
– de participer à une thérapeutique qui
permettra au patient de rester à son domicile.
•L’appel au SAMU peut aussi permettre au
médecin généraliste d’obtenir un conseil
thérapeutique ou organisationnel, en particu-
lier en cas d’épidémie ou d’événement à carac-
tère exceptionnel. I
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