
Dewey et Makiguchi ont tous deux reconnu que la vie quotidienne sert de forum au dialogue, le
dialogue servant alors à favoriser un fort sentiment de camaraderie mutuellement enrichissante entre
les apprenants. Grâce aux progrès technologiques dans des domaines tels que l’internet en particulier,
les forums de dialogue sont devenus encore plus libres et ouverts, toujours plus divers.
Le discours qui se déroule dans ces forums, que ce soit au sein de la communauté locale ou lors
d’échanges entre pays ou peuples, se prête à une réaffirmation plus profonde de l’esprit de dialogue, tout
en permettant aux participants de partager et d’apprendre de la diversité et des différences les uns des
autres. Ceci, à son tour, devrait nous fournir l’opportunité de tisser encore plus finement le merveilleux
tissu de notre union créative.
Croire que le dialogue mène à l’apprentissage, c’est croire en l’universalité et la nature
inhérente de la bonté humaine ainsi qu’au potentiel inestimable de chaque être humain. Ayant moi-même
adopté cette croyance depuis longtemps, je me suis efforcé d’élargir une communauté aussi joyeuse et de
servir dans la construction d’une houle pour la paix, en étant fidèle à ce passage d’une écriture
bouddhiste : « A la fois soi-même et les autres ensemble prendront de la joie dans leur possession de
sagesse et de compassion. »
La troisième réponse que je voudrais proposer est de définir ce qu’une philosophie du bonheur
devrait être pour les citoyens du monde qui agissent avec résilience.
Je me suis beaucoup inspiré de cette conviction de Dewey :
On peut trouver le bonheur au milieu des contrariétés ; être satisfait et joyeux en dépit d’une
succession d’expériences désagréables, si l’on a le courage et la sérénité de l’âme.
Ayant vécu des temps remplis d’incertitudes et de complications. Dewey conclurait : « Ma
philosophie de vie est basée essentiellement sur le mot patience.
Un jour, j’ai demandé à l’historien britannique Arnold Toynbee quel conseil il offrirait aux
jeunes à l’avenir : son avis était identique à celui de Dewey—la patience.
C’est la philosophie du bonheur que je souhaite confier aux jeunes citoyens du monde, ceux qui
ont un immense rôle à jouer pour façonner les résultats de ce siècle si troublé, une philosophie fondée
sur la patience, mais qui inspire la joie et le courage.
Pour conclure, permettez-moi d’exprimer ma ferme détermination à œuvrer avec les personnes
éminentes réunies ici, afin de faire émerger la capacité indomptable des citoyens du monde à créer de la
valeur en toutes circonstances.