Techniques de régénération cacaoyère : Cas réussi de vulgarisation agricole promue par AVSF en Haïti Samuel JOSEPH8 Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (AVSF) [email protected] Résumé La régénération des SAF-cacaoyers représente aujourd’hui une stratégie d’amélioration durable de la productivité et de la résilience de la filière cacao en Haïti. Dans les deux principaux bassins de production du pays (le Nord et la Grand’Anse), les plantations sont âgées de plus de 60 ans et présentent des rendements très inférieurs à la moyenne régionale, en raison du vieillissement, de la faible densité de plantation et de l’insuffisance de pratiques d’entretien agronomique. La technique repose sur une compréhension approfondie de la physiologie du cacaoyer et sur l’application intégrée de pratiques de gestion en systèmes agroforestiers, notamment la régulation de l’ombre, la gestion de la canopée et différents types de tailles. Ces interventions visent à restaurer l’architecture fonctionnelle des arbres, stimuler la floraison et optimiser l’allocation des ressources physiologiques, contribuant ainsi à l’amélioration de la productivité et de la durabilité des parcelles cacaoyères. La méthodologie repose sur un diagnostic participatif des parcelles, la planification concertée de la régénération, la formation technique des producteurs et l’implication des coopératives dans la mise en œuvre et le suivi des interventions. Les résultats observés indiquent une amélioration significative des performances productives, illustrée notamment par l’augmentation des rendements dans le Nord qui passent de 222,46 kg/ha en 2021 à 385,68 kg/ha en 2024. Ces résultats confirment la pertinence de la régénération comme levier technique pour la revitalisation durable de la filière cacao haïtienne. I. Mise en contexte Le cacao est l’une des principales cultures d’exportation en Haïti. Les deux grands bassins de production sont le Nord et la Grand’Anse avec de petites poches de cacaoyers d’ancêtres 8 Samuel JOSEPH est Ingénieur agronome diplômé de la Faculté d’Agronomie et de Médecine Vétérinaire (option Génie rural) avec une spécialisation en suivi-évaluation. Depuis 2018, il a occupé plusieurs fonctions dans le développement de la filière cacao en Haïti, notamment chef d’équipes au projet RESEPAG-II, responsable production-transformation et coordonnateur technique chez AYITIKA.SA. Il contribue également à la conception d’outils de diagnostic pour la filière café-cacao pour le projet PITAG et dirige actuellement le projet PROCACAO pour AVSF dans les départements du Nord et de la Grand’Anse. 94 criollo très rare dans le Sud-Est. Il y a aussi une poche de production qui se développe au niveau du Département du Sud. Aujourd’hui, la production nationale tourne autour de 7.500 TM (MARNDR, 2012) et concerne plus de 20.000 familles paysannes (AVSF, 2009) pour lesquelles le cacao représente 60% du revenu total de l’exploitation (BID, 2005). Malgré toute cette potentialité, le cacao haïtien fait face à de nombreux problèmes qui entravent son développement et son émancipation. Les parcelles vieillissent, âgées pour la plupart de plus de 60 ans, les cacaoyers dépassent leur pic de productivité qui s’étend de 30 à 40 ans et deviennent aussi vulnérables aux maladies et aux attaques des ravageurs. Le rendement moyen des parcelles du Nord est d’environ 230kg/ha et pour la Grand’Anse 60kg/ha, pourtant la moyenne de la région est entre 500 et 600kg/ha pour les parcelles traditionnelles (PITAG, 2021). Ajouté à tous ces facteurs, l’absence de technique appropriée dû à un manque de formation et de renforcement de capacité laisse un avenir sombre pour cette filière si prometteuse. C’est dans un contexte pareil qu’AVSF a intégré la régénération dans les appuis apportés aux cacaoculteurs (trices) via les coopératives agricoles. Cette activité soutenue par le Conseil Départemental des Haut-de-Seines (CD92) et les fonds solidaires de Valrhona a permis de régénérer 343 ha de parcelles cacaoyères, toucher 1035 producteurs et productrices, travailler avec 14 coopératives dont 8 dans le Nord et 6 dans la Grand’Anse, de faire passer le rendement moyen dans le Nord de 222.46kg/ha en 2021 à 385.68kg/ha en 2024 et d’augmenter le volume de cacao collecté par les coopératives cacaoyères du Nord. Aujourd’hui, la régénération qui, au début, était difficile à implémenter à cause de la réticence des producteurs, devient une activité sollicitée régulièrement par les coopératives à cause des résultats observés. Des initiatives pour favoriser l’appropriation de l’activité par les coopératives et les producteurs ont été aussi initiées dans le Nord et la Grand’Anse. II. Objectifs 2.1. Objectif général Globalement, la régénération des parcelles cacaoyères a pour but d’augmenter la performance technique et économique de ces dernières pour l’amélioration des conditions de vie des familles productrices. 2.2. Objectifs spécifiques Spécifiquement, la régénération des SAF-cacaoyers vise à : Rajeunir et densifier les plantations cacaoyères ; Diversifier les sources de revenus au sein de la parcelle ; Assurer une production homogène sur toute la parcelle ; Maintenir et augmenter la biodiversité végétale ; Augmenter le niveau de productivité de chaque arbre ; Intégrer l’entretien de la parcelle dans la routine et le quotidien du cacaoculteur haïtien ; Permettre aux coopératives cacaoyères de s’approprier de la régénération pour en faire un service supplémentaire offert à leurs membres. 95 III. Logique d’intervention de la régénération La logique d’intervention de la régénération se base sur les différents problèmes identifiés au niveau des parcelles cacaoyères en Haïti. Malgré l’énorme potentialité de la qualité du cacao haïtien, le système fait face à de nombreux problèmes qui affectent son développement, sa valorisation et sa gouvernance. Les différents problèmes qui ont été identifiés dans le Nord et la Grand’Anse lors du diagnostic approfondi de la composante recherche du programme PITAG sont les suivants : Les producteurs enregistrent un revenu plus faible que la moyenne de la région au niveau de leurs parcelles cacaoyères. Cette situation provoque des découragements chez la plupart qui manifeste le désire de se tourner vers d’autres cultures ou d’autres activités extra-agricoles ; Par manque d’encadrement technique, il n’y avait presque pas d’activités d’entretien au niveau des parcelles. Pas de taille, pas d’amendement organique pour la gestion de la fertilité, pas de contrôle de gourmand etc. ; Les parcelles sont très âgées, ce qui les rend plus vulnérables aux attaques de ravageurs et à des infestations surtout par les maladies fongiques telles la pourriture brune (phytophtora), la pourriture racinaire, la mort subite et le balai de sorcière ; La densité de plantation pose aussi un problème. Non seulement le vieillissement impacte négativement la productivité, il y a aussi la densité de plantation très faible constaté au niveau des parcelles cacaoyère ; Le rendement moyen du cacao dans le Nord est autour de 230kg/ha et celui des parcelles de la Grand’Anse est d’environ 60kg/ha (PITAG, 2021) ; De manière globale, la régénération permet d’aborder cinq (5) des huit (8) problèmes 96 identifiés au niveau des parcelles cacaoyères dans les deux bassins de production de cacao du pays. C’est cette situation qui explique l’efficacité de cette innovation mise en place par AVSF dans l’accompagnement technique des coopératives cacaoyères pour le développement de cette filière d’importance capitale pour le secteur agricole. IV. Approches physiologiques de la régénération La régénération est une intervention faite directement sur le cacaoyer. Elle implique donc une très bonne compréhension de l’arbre pour pouvoir optimiser ses caractéristiques physiologiques afin de pouvoir améliorer les réponses agronomiques de chaque arbre. 4.1. La cauliflorie Ces cette capacité qu’ont les plantes sciaphiles (plantes sous ombre) de porter les fleurs et les fruits sur le tronc et les ramifications primaires. Un cacaoyer qui n’est pas bien entretenu déplace sa production vers les branches secondaires, tertiaires et quaternaires de la canopée, ce qui entraine souvent moins de cabosses et des cabosses plus petites. Ainsi la régénération va contribuer à ramener la production vers le tronc et les branches émanant de la couronne. Figure 1 : Cauliflorie 4.2. Deux types de croissance alternés Au début de son développement, le jeune cacaoyer possède une croissance orthotrope qui lui permet d’accélérer sa croissance (normalement sous de bonnes conditions pédoclimatiques) à travers la constante activation du méristème apical. Au bout de 12 à 18 mois, cette croissance apicale va s’arrêter pour céder la place à la couronne. Cette structurer qui vient d’émerger donne souvent naissance à 3, 4 ou 5 branches partant d’un même point. Toutes branches possèdent un autre type de croissance qui est la croissance plagiotropes. Ce changement de comportement est un facteur déclencheur de la floraison et de la fructification. Un cacaoyer qui ne se ramifie pas (qui ne met pas de couronne) sera difficile d’entrer en floraison. Cet arrêt de la croissance apicale qui donne naissance à la couronne va réveiller tous les Figure 2 : Identification des bourgeons qui étaient en dormance sur le tronc de gourmands sur le cacaoyer l’arbre. Ainsi, d’autres branches à croissance orthotrope va se développer à la base du collet, à l’aisselle de la couronne, sur le tronc et sur le premier tronçon des branches primaires. Ce sont elles qui portent le nom de « gourmands » ou « branches loup-garou ». Ces branches, tel que leur nom l’indique, consomment beaucoup de réserves tel un arbre développé sur un autre arbre par le parasitisme. Avec leur présence, le cacaoyer ralentit sa production pour pouvoir les nourrir. De plus, par un processus d’autorégulation, le cacaoyer élimine les couronnes précédentes 97 lors que le gourmand devient lui-même un arbre. Ce qui va entrainer d’autres conséquences qui vont impacter la productivité de chaque arbre. Figure 4 : Processus d'autorégulation du cacaoyer et conséquences immédiates Figure 4 : Le développement des gourmands après la formation de la couronne C’est ainsi que la régénération opte pour que le cacaoyer ait un seul tronc dans la majorité des cas. Et, c’est ce tronc qui va réguler le processus de production. 4.3. Régulation de l’ombre La régénération ne s’arrête uniquement avec la réparation de l’arbre. Elle s’intéresse aussi à la régulation et au maintien des conditions écologiques nécessaire pour le développement et l’optimisation de la productivité du cacaoyer. Il faut noter qu’au début de la phase de croissance végétative du cacaoyer, il a besoin entre 50 et 70% d’ombre pour un développement normal. Tandis qu’au moment de la production l’ombre nécessaire doit être maintenue entre 25 et 50%. La régulation de l’ombre fait donc partie des activités nécessaires lors de la régénération des parcelles cacaoyère, ce qui permet au cacaoyer d’optimiser la lumière, de maximiser sa floraison ainsi que sa productivité. 98 Figure 5 : Bonne régulation de l'ombre dans un SAF-cacaoyer 4.5. Une intervention adaptée aux conditions des arbres Selon l’état des arbres au niveau de la parcelle, plusieurs types d’intervention sont à envisager au moment de la régénération. C’est pourquoi il est nécessaire de faire un diagnostic de la parcelle pour pouvoir mieux planifier la régénération. Figure 7 : Les tiges fléchées sont ceux qui doivent être éliminés lors de la régénération Les différentes interventions qui s’imposent vont être développées dans les sections qui concernent la description détaillée de la régénération des parcelles. V. Différents types de tailles Les tailles sur le cacaoyer ont plusieurs objectifs. Selon les objectifs poursuivis on distingue : 5.1. Élagage L’élagage est une taille réalisée sur les cacaoyers greffés en plein champs afin de favoriser la ramification de la jeune plantule et construit son Figure 6 : Élagage d'un cacaoyer architecture. Il faut noter que les cacaoyers greffés ne greffé 99 mettent pas de couronne et souvent, la première phase de croissance végétative est caractérisée par le développement du greffon en une branche plagiotrope. Lorsque ce constat est fait, il faut couper le bourgeon terminal de cette branche pour provoquer la ramification. L’élagage est une pratique courante dans les jardins clonaux et les banques génétiques où tous les cacaoyers sont greffés. Il permet de recherche l’équilibre, la forme de la coupe et optimiser la production chez les arbres greffés. Cette opération se réalise lorsque le greffon mesure entre 70cm et 1.00m de hauteur. Elle consiste à couper la tige principale à environ 20cm de l’extrémité apicale afin de stimuler la formation de branches secondaires. 5.2. Taille de formation Très courante chez les cacaoyers issus de semence. Souvent il y a un déséquilibre qui se crée au niveau de la couronne. Elle se réalise aussi chez les cacaoyers greffés et fait suite à l’élagage dans ce cas. Elle consiste à conserver 3 ou 4 branches équidistant sur l’arbre pour maintenir un très bon équilibre et une hauteur de 4m. Cette opération permet de conserver un seul tronc et une seule couronne traduisant la forme exacte d’une coupe. Elle se réalise en 12 et 18 mois après l’installation d’une parcelle hybride et 6 mois après l’installation d’une parcelle greffée. Figure 9 : Taille de formation sur le cacaoyer et la forme de la coupe Le nombre de branches à conserver lors de la taille de formation dépend de la densité de plantation de la parcelle. Dans une parcelle à forte densité (2.5X2.5m ou 3X3m) il est préférable de conserver entre 3 et 4 branches équidistantes. Dans les parcelles à faible densité (4X4m et plus), davantage de branche peuvent être conservées afin d’obtenir un arbre plus vigoureux. Figure 8 : Résultats d'un cacaoyer après une taille de formation 100 Il est important de noter que des visites trimestrielles doivent être réalisées au niveau de la parcelle pour détecter la formation de nouvelles branches à supprimer pour pouvoir conserver la forme du cacaoyer et maintenir une architecture adéquate. 5.3. Taille de maintenance C’est l’une des tailles les plus importantes pour le cacaoyer. C’est cette taille qui vise à établir l’équilibre entre la croissance végétative et la production de cabosses. Elle se réalise 2 fois par an à intervalle régulier entre les deux périodes de récolte. Elle favorise le renouvellement du feuillage, stimule la demande en photoassimilats pour les stocker au niveau des fleurs et des fruits, le maintien de la canopée sur un rayon de 1.5m si la densité de plantation est de 3mX3m ou sur un rayon de 2.0m si la densité de plantation est de 4mX4m. Au niveau des jardin clonaux et des banques génétiques, la taille de maintenance a pour but de provoquer la production de baguettes qui seront utilisées pour le greffage des plantules en pépinière ou en plein champs ou encore d’autres cacaoyers de la parcelle qui ne contribuent pas à la production de fruits. Selon la nécessité qui s’impose, cette taille permet de répondre à plusieurs types de questions : i. Tuteurage : Tuteurer les branches principales du cacaoyer lorsqu’elles sont jeunes afin de favoriser une croissance verticale dès le départ. ii. Suppression du porte-greffe : Lorsque le bourgeon du greffon est suffisamment développé, supprimer la partie supérieure de la tige du porte-greffe. iii. Taille du porte-greffe : Si le cacaoyer greffé est très jeune, il a encore besoin du soutien des feuilles du porte-greffe qui réalise la photosynthèse. Par conséquent, il ne faut éliminer qu’une partie de la tige du porte-greffe, en conservant quelques feuilles. Cette action favorise le développement du greffon. iv. Suppression des gourmands : Supprimer les gourmands (pousses orthotropes se développant à partir du porte-greffe ou sur le tronc ou sur les branches primaires partant de la couronne) dès leur apparition, car ils privent le cacaoyer de ressources et d’énergie. v. Suppression des branches principales : Plus de 6 branches principales sur le cacaoyer greffé ou partant de la couronne d’un cacaoyer hybride est considéré comme excessif et peut entraîner des problèmes phytosanitaires dus à une mauvaise ventilation. Il est donc nécessaire de supprimer les branches principales lorsqu'il y en a plus de 6. L'idéal est d'en conserver 3 à 4 branches principales par cacaoyer. vi. Éclaircissage : Il s'agit de couper les branches intérieures de la canopée, celles qui s'entrecroisent et forment une canopée trop dense. L'objectif est de favoriser la pénétration de la lumière et la ventilation au sein de la canopée. vii. Réduction de la canopée : Cette opération s'applique à toutes les branches des arbres de plus de trois mètres de hauteur, hauteur maximale idéale pour les cacaoyers. viii. Suppression des branches latérales : Cette opération s'applique aux branches proches des branches latérales des arbres voisins ou qui s'entrecroisent déjà avec elles. ix. Fermeture de la canopée : Lorsque la canopée est trop ouverte, on pince quelques branches latérales afin de favoriser la croissance de branches vers l'intérieur et ainsi fermer la canopée. On peut également renforcer cette structure en attachant les branches ensemble. x. Équilibrage de la canopée : Il arrive que les plantes n’aient de branches principales que d’un seul côté (canopée déséquilibrée). Il faut alors pincer ces branches pour favoriser la croissance de l’autre côté et équilibrer la canopée. 101 xi. xii. Suppression des branches basses : Lorsque des branches basses poussent horizontalement ou pendent vers le sol, il convient de les supprimer afin d’améliorer la ventilation, de prévenir la propagation de pourriture brune (Phytophthora sp.) par les éclaboussures d’eau et de terre, et aussi pour faciliter le déplacement des ouvriers agricoles dans l’exploitation. Reconstruction de la canopée : Lorsqu’un arbre a été gravement endommagé (par exemple, par des branches d’autres arbres qui chutent, des fruits qui tombent), il faut favoriser la croissance des pousses nécessaires à sa reconstruction. Avant Figure 9 : Réduction de la canopée Après 5.4. Taille sanitaire Cette taille a pour but d’éliminer les fruits malades ou tout autre partie de la plante affectée par les ravageurs et les maladies. Dès leurs détections, les organes et parties malades doivent être éliminés tout en respectant les protocoles de manipulation des organes malades de la plante. C’est une taille qui se réalise avant la phase de sporulation des champignons afin d’éviter la stimulation de leur propagation au sein de la parcelle ou d’autres parcelles voisines. Avant la réalisation de cette taille, il faut préparer une solution d’eau de chaux ou de cendres pour pulvériser sur les fruits et organes malades. La récolte sanitaire fait aussi partie intégrante de ce type de taille. Elle se réalise tous les 8 jours au moment de la période de production et tous les 15 jours entre les deux périodes de production du cacaoyer. 5.5. Taille de réhabilitation ou de régénération C’est la taille qui fait revivre la plantation. Elle est recommandée pour les parcelles très âgées et non productives. Elle consiste à sélectionner des gourmands (branches orthotropes) sur des arbres à forts système racinaire pour reconstituer un nouvel arbre plus jeune, plus vigoureux, plus sain et plus productif. Dans ce cas, différentes options sont à considérer selon l’état de chaque cacaoyer de la parcelle. 5.5.1. Taille modérée Elle est applicable lorsqu’on souhaite réguler la hauteur du cacaoyer, éliminer les anciennes branches qui présentent des symptômes de vieillissement, de maladies ou d’assèchement pour favoriser l’apparition de nouvelles branches et ramener le cacaoyer à sa forme et sa hauteur idéale. 5.5.2. Taille sévère 102 Elle consiste à une taille complète du tronc à moins e 60cm du sol pour favoriser l’apparition de nouveaux rejets (gourmands). Il faut sélectionner par la suite un rejet vigoureux ou imposant qui permettra d’avoir un arbre plus jeune pouvant être greffés ou croitre pour atteindre la production. 5.5.3. Taille de production de baguettes Dans les jardins clonaux, les banques génétiques et sur les cacaoyers élites, une forme de taille de maintenance spécifique s’applique. Elle consiste à éliminer la majeure partie du feuillage et à conserver les branches primaires. C’est donc une taille semi-sévère et c’est pourquoi l’arbre qui va subir cette taille doit être en santé. C’est une taille indispensable lorsqu’il est nécessaire de développer la multiplication végétative pour la conservation des caractéristiques génétiques des arbres élites ayant été sélectionnés. A cause de son objectif, cette taille s’accompagne souvent d’un amendement organique important. VI. Description de la régénération Nous venons de présenter une vue globale sur les activités de taille sur le cacaoyer ou au niveau des parcelles cacaoyères. Maintenant nous allons nous concentrer sur la régénération des SAF-cacaoyers, pratique innovante mise en place par AVSF dans le Nord et la Grand’Anse. 6.1. Décisions clés à prendre Selon l’état de la parcelle ou les résultats du diagnostic, quatre (4) décisions majeures s’imposent : Contrôle de la hauteur : Il consiste à ramener la hauteur du cacaoyer à 4 mètres, limiter la canopée sur un rayon de 3 mètres pour les parcelles à densité forte 3mX3m afin de faciliter la circulation du producteur au sein de la parcelle et éviter qu’il doive grimper le cacaoyer pour récolter les cabosses ; Contrôle des branches : Ce contrôle permet d’éliminer les branches entrelacées, de stabiliser la couronne avec 3 ou 4 branches principales. Dans le cas d’une couronne à plusieurs branches primaires endommagées ou asséchées, il faut coupe le tronc à au moins 1m du sol, favoriser l’émergence d’un gourmand qui mettra sa propre couronne et retrouver l’équilibre du cacaoyer ; Séparation des troncs : Dans le cas des cacaoyers qui sont touffus avec beaucoup de rejets basals, il est conseillé d’éliminer ces rejets en ne conservant qu’un seul pour reconstruire un nouvel arbre avec un seul tronc. A la suite de cette opération, le contrôle de la hauteur et des branches peut être une nécessité ; Recépage ou taille sévère : Il est réservé aux cacaoyers très âgés et incapables de produire, aux cacaoyers avec de nombreuses branches malades et sèches, aux cacaoyers ayant une forte inclinaison etc. Dans ce cas, il faut couper le tronc proche du collet, prioriser un gourmand qui se développent proche du sol et susceptible de développer ses propres racines pour former un nouvel arbre. Cette opération s’accompagne souvent du buttage afin de stimuler le développement des racines chez le gourmand qui va être considéré. 103 Figure 12 : Contrôle des branches et de la hauteur Figure 11 : Séparation des troncs et recépage 6.2. Opérations fondamentales Au sein de la parcelle, les opérations se coordonnent. Chaque opération facilite l’exécution de l’opération qui vient juste après. Les principales opérations à réaliser au moment du déroulement de la régénération sont les suivantes : i. Nettoyage de la parcelle, c’est sous la responsabilité du producteur ; ii. Eliminer l’extrémité des branches qui dépassent la hauteur de 4 mètres ; iii. Éliminer les branches entrelacées avec des branches de cacaoyers voisins ; iv. Éliminer les branches qui s’entrelacent à l’intérieure de la canopée du cacaoyer concerné ; v. Éliminer les branches trop basses, celles qui sont horizontales, qui se dirigent vers le sol ou qui touchent déjà le sol. Elles sont généralement de vecteur de la pourriture brune et de la mort subite ; vi. Éliminer les branches touffues pour mieux favorise l’optimisation de la lumière, 104 vii. viii. ix. stimuler la floraison et maintenir le maximum de cabosses au niveau du tronc ; Éliminer les branches malades, sèches, les cabosses sèches ainsi que celles qui sont infectées ; Appliquer une solution cicatrisante pour éviter que des champignons se développent au niveau des blessures. Dans les cas des parcelles où les cacaoyers sont très âgés et qui demande une taille sévère sur toute son étendue, il est conseillé de diviser la parcelle en bloc et de procédé par la régénération d’un bloc chaque année. Selon la superficie, la parcelle peut être divisée en deux blocs, trois blocs ou 4 blocs et le nombre d’années d’intervention est fonction du nombre de blocs. Figure 14 : Opérations fondamentales (image 1) 105 Figure 15 : Opérations fondamentales (image 2) 106 Figure 12 : Séparation de la parcelle en blocs 6.3. Matériels et équipements nécessaires Les matériels et équipement nécessaires pour les opérations de la régénération sont les suivants : Tableau 1 : Matériels et équipements nécessaires Matériels/Équipeme Catégori Rôles nts es Petits sécateurs Manuel Couper les petites branches, feuillage, préparation de greffons 107 nettoyer les Gros sécateurs Manuel Machettes Manuel Scies courbées Manuel Escabeaux Manuel Limes Manuel Tronçonneuses courtes Tronçonneuses perches Casque – bottes blouses Mécaniqu e à Mécaniqu e Protection Couper les branches moyennes et qui sont un peu plus haut Couper les branches plus imposantes, nettoyage des feuillages Pour scier les branches fendues, éviter les blessures profondes que la machette peut provoquer Pour réaliser la régulation de l’ombre ou éliminer des branches très hautes sur le cacaoyer Pour aiguiser les scies, les machettes et les tronçonneuses Pour couper le tronc des cacaoyers est des forestiers qu’il faut éliminer Pour éliminer les branches en hauteur, aérer l’espace entre le niveau inférieur de la canopée des arbres de couverture et le niveau supérieur de la canopée des cacaoyers Équipement de protection des brigadiers et ouvriers Figure 13 : Outils et équipements nécessaires 108 Figure 14 : Équipe de brigadiers en formation 6.4. Gestion de l’ombre Il n’y a pas de taille, ni de régénération sans le contrôle de l’ombre. Il faut se rappeler que le cacaoyer est une plante qui tolère l’ombre en partie. Bien que dans certaines régions, le cacaoyer soit cultivé en monoculture bien entendu au prix exorbitant d’intrants chimiques. Le contrôle et la régulation de l’ombre passe par les étapes suivantes : Évaluation de la distribution de l’ombre sur toute la parcelle : L’équipe doit regarder comment l’ombre est répartie au sein de la parcelle. Elle permet de mettre en place le dispositif nécessaire pour renforcer l’ombre là où le besoin se fait sentir (plantation de manioc, de papaye, de pois Congo etc.). L’autre facette c’est si l’ombre est trop dense sur une partie de la parcelle, il est conseillé de tailler les arbres de couverture permanente afin de réguler l’ombre ; o Tailler les ligneuses pour mieux répartir l’ombre ; o Éliminer certains arbres de couverture si la nécessité se fait sentir ; o Dégarnir les bananiers et redistribuer les drageons autour de la parcelle ; o Réduire le niveau d’ombre autour de 30 et 40% ; o Distribuer les branchages au sein de la parcelle pour la décomposition 6.5. Intensification et diversification Le dispositif mis en place pour l’intensification et la diversification comprend d’autres opérationnalisation. 6.5.1. Choix d’espace pour la pépinière Le choix de l’espace pour la pépinière requiert : Un terrain plat en dehors des zones inondables ; Il faut un point d’eau de proximité pour assurer l’arrosage des plantules ; L’espace doit être accessible pour faciliter le transport et la distribution ; L’espace doit être à découvert pour pouvoir contrôler l’ensoleillement à l’aide d’ombrière ; 109 L’espace doit être sécurisé pour éviter l’accès aux animaux 6.5.2. Mise en place de la pépinière Une fois l’espace est accepté, il faut procéder à l’installation de la pépinière. À ce niveau, une équipe est employée par la coopérative pour assurer la gestion de la pépinière. Cette étape comprend ; La préparation du médium ou substrat ; Le remplissage des sachets ; Choix des semences de cacaoyer ; Semis ; Entretien Une partie importante dans la mise en place de la pépinière est la production de plantes de couverture temporaire et permanente pour la régulation de l’ombre. 6.5.3. Greffage des plantules Le greffage est important ni au niveau de la pépinière, ni au niveau des bourgeons sélectionnés dans la parcelle. C’est en effet un raccourci pour aider à récupérer la perte de rendement immédiat occasionnée par la régénération. Une fois greffées, les plantules et les bourgeons greffés ne vont pas tarder à entre en production. Il nécessaire de considérer les arbres élites ayant été sélectionnés lors du diagnostic des parcelles ou d’autres cacaoyers élites sélectionnés dans le cadre d’autres programmes de caractérisation des cacaoyers. Afin de mieux opérationnaliser cette phase, des maitres greffeurs sont formés et équipés. Ces agents greffeurs sont choisis par les coopératives afin que la régénération dans son ensemble garde son approche participative et inclusive. 6.6. Fertilisation de la parcelle Les cacaoyers taillés auront besoin de plus de nutriments pour se récupérer après l’opération. C’est pourquoi il est toujours nécessaire de faire un plan de fertilisation pour les parcelles régénérées. Ce plan passe par la production de composte dans les zones où la régénération a été réalisée. Ce sont les producteurs qui sont mobilisés pour collecter les matières organiques nécessaires à la production de ce composte. VII. Démarches méthodologiques La régénération se réalise au niveau de parcelles des producteurs qui n’avaient pas eu cette pratique auparavant. Il a fallu une démarche méthodologique favorisant une meilleure sensibilisation des concernés. 7.1. Sensibilisation et mobilisation Elle se fait à deux niveaux. Il faut d’abord sensibiliser les responsables des coopératives et des Assemblées Locales (ASL) avant d’avoir l’opportunité de sensibiliser les producteurs. Au cours de cette phase, des rencontres sont réalisées avec les dirigeants des coopératives et l’assemblée des délégués pour pouvoir expliquer la technique et les convaincre d’emboiter le pas. 7.2 Identification des ASL et zones à intervenir C’est en quelques sortes un premier niveau de diagnostic (diagnostic préliminaire) où les zones qui ont plus de parcelles âgées sont identifiées. Les informations nécessaires pour 110 cette identification sont collectées lors des rencontres avec les producteurs, des visites exploratoires et le témoignage des dirigeants de coopératives et des ASL. 7.3. Diagnostic participatif des parcelles C’est au cours de cette étape que les informations essentielles sur la parcelle sont collectées telles : les informations sur le propriétaire, la date d’installation de la parcelle, les coordonnées GPS, les différentes cultures qui se trouvent à l’intérieur de la parcelle, l’identification des cacaoyers âgés, malades, l’évaluation du niveau de l’ombre etc. Pour chaque type d’intervention à faire, les cacaoyers sont marqués différemment. Cette phase doit se réaliser en présence du producteur et a la fin du diagnostic, il faut le consentement de ce dernier pour savoir si cette parcelle peut être ajoutée à la liste des parcelles à régénérer. 7.4. Co-élaboration du plan de régénération De concert avec les responsables de la coopérative et des ASL concernées, le plan de régénération est élaboré. Ce plan intègre la liste des producteurs cibles, la superficie de chaque parcelle et la superficie totale à régénérer, le calendrier de formation des producteurs et des brigadiers, le budget de la régénération, l’identification des sites pour la production de plantules pour la re densification et de composte pour la gestion de la fertilité des parcelles. C’est au cours de cette étapes que la coopérative fait choix de ses potentiels brigadiers, ces derniers seront formés et évalués, seuls ceux qui réussissent l’évaluation feront partie de l’équipe pour la campagne en cours. 7.5. Engagement de la coopérative avec les producteurs Un contrat formel doit être signé entre la coopérative et les producteurs propriétaires des parcelles qui seront régénérées. Pour une approche plus participative, c’est la coopérative qui coordonne l’activité de la régénération avec l’appui technique des conseillers techniques agricoles (CTA). C’est pourquoi la coopérative doit gérer le contrat avec les producteurs. 7.6. Renforcement de capacités Le renforcement de la capacité se fait à plusieurs niveaux. D’abord, il y a la formation des dirigeants des coopératives afin qu’ils comprennent très bien l’activité. Les brigadiers sont ensuite formés et évalués et enfin, les producteurs sont formés et resensibilisés. L’acquisition de matériels et équipements se fait avant le renforcement de capacité afin que les brigadiers puissent assister à des séances pratiques dans des parcelles pilotes. 7.7. Opération de régénération Une fois que toutes les mises en place ont été faites. Les opérations actives de la régénération sont lancées. Les équipes de brigadiers sont équipées, mobilisées et déployées sur le terrain. Cette opération nécessite une mobilisation de 5 personnes par ha pour un durée de 3 jours soit 15 hommes-jours. L’ensemble des activités qui constituent l’essentiel des opérations de régénération se trouve dans le grand point 6. 7.8. Suivi des parcelles régénérées Après toutes les opérations liées à la régénération, les parcelles concernées doivent être suivies. Au cours de ce suivi, les données relatives à la reprise des greffons, le développement des gourmands à conserver, le taux de reprise des plantules transplantées, le suivi du développement des canopées qui se reconstruisent, jusqu’au prochain récolte de la parcelle. 111 À la récolte, le volume récolté est comparé au volume obtenu à la dernière récolte précédant la régénération. Il faut noter que le rendement va évoluer suivant un axe ascendant de la première récolte qui fait suite à la régénération aux prochaines récoltes de la parcelle. NB : Les producteurs de leurs côtés réalisent le contrôle de bourgeons. Figure 15 : Démarches méthodologiques VIII. Ressources nécessaires Cette section concerne les ressources humaines et financières pour réaliser la régénération. Pour un ha de parcelles régénérées, un total de 15 HJ est nécessaire pour les opérations de régénération et 16 HJ pour les activités qui font suite aux opérations. Tableau 2 : Main-d’œuvre nécessaire Catégories Description Nombre de personnes Nombre dejours MOnécessaireenHJ Opérateur de tronçonneuse courte (Brigadier) 1 3 3 Opérateur de tronçonneuse à perche (Brigadier) 1 3 3 Opération directe de régénération Nettoyeur de branchage (machette — 15 gros sécateur —petit sécateur) —(Brigadier) 2 3 6 Appliquant de pâte cicatrisante (Ouvrier) 1 3 3 Suivi des tail es réalisées 1 5 5 Suivi post-régénération Plantation 4 2 8 16 Application de fertilisants 3 1 3 Maind'œuvre totale nécessaire 31 31 La dernière actualisation des données relatives au coût total d’un ha de parcelles régénérées s’élève à 967 USD soit 126'367.56 HTG. 112 Tableau 3 : Coût estimatif Description Diagnostic et Plan de réhabilitation Formation (taille, PAE) Outils et matériels Main d'œuvre Brigadiers Main d'œuvre Ouvriers Plantules d'arbre Semences et boutures cultures à cycle court Fertilisants organiques TOTAL Coût (USD 38 138 167 192 69 100 213 50 967 IX. Difficultés rencontrées A la genèse de la vulgarisation de cette pratique innovante, Beaucoup de difficultés ont été rencontrées tant au niveau des producteurs qu’au niveau des coopératives agricoles. Le tableau suivant donne une idée des principales difficultés rencontrées au début. Tableau 4 : Difficultés rencontrées au début de la vulgarisation Difficultés et contraintes Moyens utilisés pour contourner Réticence des producteurs au Formation des producteurs par ASL sur la départ : La technique ne fait pas technique de régénération partie des pratiques culturales Opter pour une approche par ASL afin d'avoir existant Difficulté d'accepter la une ASL pilote et modèle pour démonstration. période de soudure entre la taille et Réaliser des visites d'échange entre les ASL, une la prochaine récolte Pas de ASL qui a été touchée en un temps tl, reçoit une parcelles modèles à proximité nouvelle ASL en t2 pouvant illustrer la technique Pour un producteur volontaire, choisir une partie de ses parcelles comme modèle Les dirigeants des coopératives ont Impliquer les producteurs dans la démarche rencontré des difficultés à comme brigadiers et ouvriers comprendre le processus et Former les dirigeants et des brigadiers l'itinéraire technique qui va avec. Utilisation de la co-construction du plan de régénération comme outil participatif Pas de données disponibles à la Utilisation du cahier de producteur pour aider les base pour la capitalisation producteurs à mieux apprécier les résultats X. Facteurs influençant l’adoption de la technique Plusieurs facteurs sont à considérer pour mieux permettre l’adoption et l’appropriation du paquet. Tableau 5 : Facteurs qui influencent l'adoption et l'appropriation Description Type de facteur Action de mitigation 113 Disponibilité de matériels Souvent et équipements défavorable Centre de production de Favorable matériels végétaux Personnels formés Favorable Appropriation par les Facteur limitant coops pour en faire un service fourni aux producteurs Mise en place de magasins de matériels et équipements dans les zones au niveau des coops. Installation de centre de production au niveau des coops Formation continue pour les brigadiers et les producteurs Les coops peuvent s’appuyer sur les unités de production, les unités de compostage et les magasins. Les coops peuvent affecter un coût indirect pour financer l’activité XI. Conclusion La régénération permet d’améliorer la productivité sans avoir à attendre qu’une nouvelle parcelle soit installée et commence à porter ses fruits au bout de 4 à 5 ans. Cette technique permet de retrouver la productivité perdue entre une à deux années. Les différentes opérations qui y font partie permettent d’homogénéiser la production sur toute la parcelle à l’aide du greffage. Les précédentes expériences ont montré que : Plus de 343ha de parcelles cacaoyères ont été régénérées au niveau des départements du Nord et de la Grand’Anse ; Environ 1035 producteurs avec une forte implication des femmes sont touchés ; Le rendement moyen des parcelles du Nord passe de 222.46kg/ha en 2021 à 385.68kg/ha en 2024 ; Pour un cacaoyer régénéré, le nombre de cabosses peut déjà doubler la première année et tripler la deuxième année ; Elle s’impose comme une innovation technique pertinente et adaptée aux contraintes structurelles de la filière cacao en Haïti. Face au vieillissement généralisé des plantations, à la faiblesse des rendements et au déficit d’encadrement technique, cette approche offre une alternative efficace permettant d’améliorer rapidement la productivité sans recourir à une replantation complète, souvent coûteuse et longue à rentabiliser. Les résultats observés démontrent clairement l’impact positif de cette technique, tant sur l’augmentation des rendements que sur l’amélioration des conditions de production et des revenus des exploitants. Au-delà des gains agronomiques, la régénération favorise également une meilleure structuration des pratiques culturales, le renforcement des capacités des producteurs et l’implication accrue des coopératives dans l’accompagnement technique. Par ailleurs, l’approche méthodologique adoptée, basée sur la participation active des producteurs, le diagnostic des parcelles et la co-construction des plans de régénération, constitue un levier essentiel pour garantir l’appropriation et la durabilité de l’innovation. Toutefois, la pérennisation de cette pratique reste conditionnée par la disponibilité des ressources, la formation continue des acteurs et le renforcement des dispositifs institutionnels au niveau local. La régénération peut donc faire partie des pratiques culturales et l’itinéraire technique de la gestion des SAF cacaoyer en Haïti. Cette pratique contribuera à augmenter le rendement, 114 ainsi que le revenu tiré des SAF-cacaoyers ce qui améliore les conditions de vie des familles productrices. Bibliographie 1. AVSF (2020 – 2025). Documents de projets PROCACAO ; 2. AVSF (2021). Document de capitalisation du projet ATEP1 ; 3. AVSF (2022). Rapport technique ATEP-1 ; 4. AVSF (2023 – 2025). Rapport chantier Suivi des Effets du projet PROCACAO ; 5. AVSF (2023). Gid Teknik pou Rejenerasyon ak Reyabilitasyon nan jaden kakao ; 6. AVSF (2024). Rapport technique ATEP-2 ; 7. BID (2005). Identification de créneaux potentiels dans les filières rurales haïtiennes, filière cacao ; 8. CATIE (2021). Manual práctico de podas de los cacaotales ; 9. FAO (2005). Organic cacao production. A guide for farmer field schools in Sierra Leone. 10. MARNDR (2012). Statistique de production agricole. 115