Cours sur la bronchite aiguë - Collège de Pneumologie Burkina Faso

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Collège des Enseignants de Pneumologie du Burkina Faso
Année universitaire : 2024-2025
Pr Martial OUEDRAOGO
Pr Gisèle OUEDRAOGO/BADOUM
Pr Georges OUEDRAOGO
Pr Kadiatou NIKIEMA/BONCOUNGOU
Dr Abdoul Risgou OUEDRAOGO (MCA)
Dr Emile Birba
Dr Adama SOURABIE
Dr Guy OUEDRAOGO
BRONCHITE AIGUË
Pré-requis :
1- Connaissance en anatomie de l’appareil respiratoire,
2- Connaissance en histologie de l’appareil respiratoire,
3- Connaissance en physiologie respiratoire,
4- Connaissance en sémiologie médicale
5- Connaissance en sémiologie radiologique
6- Connaissance en bactériologie et virologie
7- Connaissance en pharmacologie générale.
Objectifs :
A la fin de ce cours l’étudiant doit être capable de :
1-Définir la bronchite aiguë
2- Décrire les signes cliniques de la bronchite aiguë
4- Décrire les signes paracliniques de la bronchite aiguë
5- Traiter la bronchite aiguë
1. GENERALITES
1.1. Définition
La bronchite aiguë est définie comme un état inflammatoire aigu de la muqueuse bronchique.
Elle est le plus souvent de cause infectieuse : bactérienne ou virale, parfois de cause irritative
par inhalation d’une substance toxique.
1.2. Intérêts
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- Épidémiologique : fréquente et d’évolution généralement bénigne. Elle peut survenir sur un
mode épidémique de façon saisonnière.
- Diagnostique : difficulté de la mise en évidence de l’agent infectieux. Les virus sont le plus
souvent impliqués.
-Thérapeutique : urgence thérapeutique majeure dans leur forme dyspnéisante. Le
traitement est le plus souvent symptomatique.
- Pronostique : peut être grave sur des terrains particuliers, mettant en jeu le pronostic vital.
1.3. Etiopathogénie
1.3.1. Les causes
Infectieuses
Les virus (90%) : myxovirus (influenzae: A1, A2, A 3, B, C et para influenzae (4 types),
adénovirus (38 types), virus respiratoire syncitial (VRS), coronavirus, rhinovirus,
coxsacki virus ...
Les bactéries : Chlamydiae pneumoniae, Mycoplasma pneumoniae, Bordella pertussis,
Streptococcus pneumoniae, Haemophilus influenzae ...
Les parasites : anguillulose ...
Les mycoses : aspergillus...
Non infectieuses : Irritation causée par divers agents (poussières minérales et végétales,
polluants, solvants organiques volatiles, fumées...)
1.3.2. Les terrains à haut risque
L’insuffisant respiratoire chronique
L’insuffisant cardiaque
Le sujet tabagique
Le sujet asthmatique
Les sujets âgés, enfant
1.3.3. Les voies de pénétration
L’infection se fait le plus souvent par inhalation de sécrétions infectieuses provenant des
voies aériennes et plus rarement par voie hématogène.
1.3.4. Lésions anatomiques
Elles peuvent entrainer une desquamation massive de l’épithélium bronchique avec
obstruction des petites voies aériennes. L’arbre bronchique est inflammatoire et œdémateux,
avec une augmentation des sécrétions bronchiques, une altération de la clairance
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mucocilliaire et une infiltration cellulaire faite de polynucléaires neutrophiles, des
lymphocytes ...
2. DIAGNOSTIC POSITIF
2.1. TDD : la bronchite aiguë virale typique de l’adulte jeune (forme habituelle)
2.1 .1. Circonstances de découverte
Infection virale « descendante », à partir des voies respiratoires supérieures : pharyngite
avec ou sans amygdalite et dysphagie haute ; laryngite avec éventuelle dysphonie,
trachéite puis trachéo-bronchite.
Signes fonctionnels et généraux : syndrome grippal, toux, douleurs thoraciques...
2.1.2. Signes cliniques
L’atteinte bronchique évolue en deux phases : humide et sèche.
La phase sèche comporte :
une fièvre modérée autour de 38°C ;
une toux sèche, quinteuse, douloureuse, s’accompagnant de brûlures rétrosternales ;
des céphalées ;
des courbatures sont possibles ;
à ce stade l’auscultation pulmonaire est normale.
La phase humide : elle survient 3 à 4 jours plus tard et comporte :
une diminution de la douleur rétrosternale,
une toux productive, moins pénible,
une expectoration séromuqueuse,
des ronchi et sibilants à l’auscultation.
N.B : Il n’y a aucun signe en foyer faisant suspecter une atteinte parenchymateuse. Au
moindre doute, un cliché thoracique est pratiqué mais celui-ci ne doit pas être systématique.
N.B : L’interrogatoire précisera la notion épidémique (viroses), un tabagisme éventuel,
l’éventuelle inhalation de toxiques, les conditions climatiques (empoussiérage). L’examen
physique appréciera l’état bucco dentaire, la gorge, les oreilles.
2.1.3. Signes para cliniques
La RT : non systématique. Elle élimine une pneumopathie et montre parfois un
épaississement des parois bronchiques.
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Il n’y a pas d’indication à un bilan infectieux.
La bacilloscopie des crachats est négative
L’écouvillonnage des secrétions nasopharyngés pour recherche de virus
La fibroscopie bronchique, si elle est réalisée, montre une réaction inflammatoire diffuse
ou localisée.
2.1.4. Evolution
Evolution immédiate
L’évolution est habituellement favorable (bronchite aiguë virale de l’adulte) en 10 à 15
jours, cependant :
la toux peut persister plusieurs semaines ;
une surinfection bronchique est fréquente (pneumocoque, Haemophilus influenzae) ;
l’expectoration devient alors muco-purulente ;
L’évolution peut être grave :
en cas de bronchiolite aiguë du petit enfant, avec insuffisance respiratoire aiguë par
obstruction des petites voies aériennes pouvant menacer le pronostic vital.
chez l’insuffisant respiratoire chronique, la bronchite aiguë peut provoquer une
décompensation aiguë ;
chez l’asthmatique, la bronchite aiguë peut déstabiliser l’asthme et être à l’origine
d’un asthme aigu grave.
Evolution à distance
Les bronchites aigues de l’enfance, surtout lorsqu’elles sont récidivantes, peuvent être à
l’origine de bronchectasies (DDB) ou d’emphysème pulmonaire.
2.2. Formes cliniques
Elles sont beaucoup plus rares, mais méritent d’être connues vu leur incidence pronostique.
2.2.1. Les bronchiolites aiguës
Elles touchent presque exclusivement le jeune enfant et surtout le nourrisson ;
Elles sont responsables d’une insuffisance respiratoire aiguë par obstruction des petites voies
aériennes pouvant menacer le pronostic vital.
Les signes infectieux sont sévères (fièvre à 39° - 40°C), parfois accompagnés de signes
neurologiques.
Il existe une polypnée, à chiffrer, responsable de cyanose dans les formes les plus sévères.
La toux est quinteuse, permanente, épuisante.
L’auscultation thoracique retrouve des signes de bronchospasme diffus.
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N.B : C’est la présence du syndrome infectieux, l’absence de notion d’atopie familiale, chez
le nourrisson qui oriente plus vers l’infection virale que vers l’asthme.
En cas de doute, éviter toute médication allergisante et les antitussifs codéinés.
Le cliché thoracique objective en règle générale une hyper clarté pulmonaire diffuse avec
distension. L’existence de foyers broncho pneumoniques traduit l’extension parenchymateuse
de cette virose (VRS).
La gravité de certaines de ces formes impose l’hospitalisation éventuellement en réanimation.
2.2.2. Les surinfections aiguës des bronchopathies chroniques
Deux caractères les originalisent :
très fréquemment, les signes évocateurs de virose sont absents ; l’expectoration est
d’emblée muco-purulente et l’origine parait donc bactérienne primitive ;
ces poussées de surinfection constituent le premier facteur de décompensation de
l’insuffisance respiratoire éventuelle de ces bronchopathies chroniques (cf. cours sur
l’insuffisance respiratoire aiguë et chronique).
2.2.3. Les formes compliquées
Formes hémorragiques
Les hémoptysies surviennent surtout à la phase « sèche », quinteuse, au maximum de
l’irritation bronchique. Il peut s’agir de crachats hémoptoïques mêlés au pus à la phase
« humide ». Ce saignement impose un cliché thoracique et une fibroscopie pour éliminer un
cancer, surtout si le patient est un grand fumeur.
Formes récidivantes
Elles font rechercher une affection chronique expliquant ces rechutes :
bilan ORL et stomatologique,
cliché thoracique,
bilan immunitaire.
Ces formes sont de pronostic plus réservé car pouvant se compliquer de dilatations des
bronches ou d’état d’hypersensibilité bronchique, exposant à la maladie asthmatique.
3. DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL
Il se fait notamment avec :
Asthme
Pneumopathie virale, bactérienne
Si besoin, demander des examens complémentaires.
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