ENCG-Fès LES MARCHÉS DE CAPITAUX Abdelhamid EL BOUHADI Année universitaire : 2024-2025 Cours de marchés de capitaux et instruments financiers Semestre 6 CHAPITRE 2: LE MARCHÉ FINANCIER Pr Abdelhamid EL BOUHADI Département Finance, Contrôle et Audit, ENCGF Pr. Abdelhamid EL BOUHADI 2 Les marchés de capitaux désignent tous les marchés de financement en faveur des entreprises mais aussi en faveur des pouvoirs publics (Etat central à travers le Trésor, les collectivités territoriales et les organismes de sécurité sociale). Les particuliers peuvent y intervenir en tant qu’investisseurs et non en tant qu’émetteurs. Deux grands types de marchés peuvent être énumérés: *Le marché monétaire ou le marché des titres monétaires; *Les marchés boursiers ou financiers proprement dits. A partir de ces deux types de marchés (qu’on appelle les marchés de sousjacents) dérivent les marchés de produits dérivés. Il existe un troisième marché qui se situe entre ces deux premiers: Le marché hypothécaire. Lorsqu’un particulier ou une entreprise emprunte auprès d’une institution financière, il est fréquent, notamment dans le domaine immobilier, qu’il ou elle doive en retour hypothéquer le bien en cours d’acquisition. De leur côté, les banques ne disposent plus des capitaux prêtés, et ont besoin de se refinancer. Le marché hypothécaire est un marché financier, qui leur permet d’émettre des billets à ordre garantis par ces hypothèques. Ces billets hypothécaires sont négociés auprès d’établissements spécialisés, et peuvent être échangés contre des financements immédiats. Les hypothèques peuvent également être titrisées et proposées sur les marchés dérivés. Le marché hypothécaire : Définition et rôle Le marché hypothécaire est une composante du système financier où se négocient et se financent les prêts garantis par des hypothèques sur des biens immobiliers. En d’autres termes, il concerne les crédits immobiliers accordés aux particuliers ou aux entreprises et les mécanismes de financement de ces prêts par les institutions financières. Il se divise en deux segments principaux : Le marché hypothécaire primaire : où les banques et institutions financières accordent des prêts immobiliers aux emprunteurs (ménages, entreprises, promoteurs immobiliers). Le marché hypothécaire secondaire : où ces prêts sont regroupés, titrisés et revendus sous forme de titres financiers aux investisseurs. Ce processus permet aux banques de récupérer des liquidités pour octroyer de nouveaux crédits. Place du marché hypothécaire dans les marchés financiers Le marché hypothécaire est une sous-catégorie du marché du crédit et fait partie intégrante des marchés financiers. Il se situe principalement dans le marché des taux d’intérêt, aux côtés des marchés obligataires et monétaires. Il est lié au marché des capitaux car les prêts hypothécaires sont souvent refinancés via l’émission d’obligations sécurisées (covered bonds) ou de titres adossés à des créances hypothécaires (MBS – MortgageBacked Securities=Titres adossés à des créances hypothécaires). Il interagit également avec le marché monétaire, car les banques utilisent des financements à court terme pour refinancer une partie de leurs crédits hypothécaires. Ainsi, le marché hypothécaire joue un rôle clé dans la stabilité du système financier et influence directement les taux d’intérêt et la politique monétaire. Introduction : 1. Bref historique de la Bourse « La bourse est un marché officiel ou se négocient des valeurs mobilières : actions ; obligations ; produits dérivés, etc.… » Au Moyen Age ; à Bruges ; un marché des changes se tenait dans l’hôtel ou auberge Ter Buerse de la famille Van der Buerse (ou Van der Beurse ou encore Van den Burse). Ci-dessous, le bâtiment « H UIS T ER B UERSE », de la famille Van der Buerse , construit en 1246 est considéré comme la toute première bourse (à taille humaine) à Vlamingstraat, Bruges, Belgique. C’est probablement de là que dérive le terme « Bourse ». . La Bourse d’Amsterdam est la plus ancienne vraie bourse du monde, créée en 1602. Il s’agit actuellement d'un indice d'actions de premier plan au sein d'Euronext Amsterdam, qui comprend plus de 20 sociétés néerlandaises parmi les plus actives, telles que Unilever, ING Group, Philips et Royal Dutch Shell. La bourse a connu d'importants changements en termes de propriété et de gouvernance et est désormais connue sous le nom d'Euronext Amsterdam, le plus grand marché d'actions au comptant d'Europe. En 1719, en France, à Paris, la 1ère Bourse fut construite par J. Law, économiste, financier et homme d’affaires écossais. Le marché n’était alors soumis à aucun règlement et les fluctuations des actions étaient assez importantes. En 1929: Au Maroc, la bourse de Casablanca (Office de compensation des valeurs mobilières) a été instituée en 1929 par le colonisateur français et sur son parquet les commis de change négociaient, à la criée des prix des titres des sociétés publiques et privées. En 1948: L’Office a connu une transformation de sa dénomination pour devenir l’office de Cotation des Valeurs Mobilières. En 1967: une nouvelle modification de la dénomination de cette institution a eu lieu, prenant pour la première fois le terme de « Bourse des Valeurs » de Casablanca. En 1971: Arrêté du secrétaire d'Etat aux finances n° 42970 du 13/10/1971 (13 octobre 1971) relatif au regroupement et à l'échange des actions des sociétés cotées devant regrouper leurs actions et des sociétés non cotées autorisées à ce faire. En 1993, une réforme majeure du marché boursier a été engagée pour compléter et renforcer les acquis avec la promulgation de trois textes fondateurs : *** le dahir portant loi n°1-93-211 relatif à la Bourse des Valeurs ; le dahir portant loi n°1-93-212 relatif au Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières et aux informations exigées des personnes morales faisant appel public à l'épargne ; le dahir portant loi n°1-93-213 relatif aux Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières. L’objectif de cette réforme était de moderniser, de manière substantielle, le marché accroître son efficience, l’obligation de la publication des états comptables et financiers des sociétés cotées est entrée en vigueur en 1993. Le refus de certaines sociétés de se conformer à ces nouvelles dispositions a engendré la radiation de 10 sociétés de la cote. De même, il y a eu la création de la Société de Bourse des Valeurs de Casablanca « SBVC », société privée gestionnaire de la Bourse des Valeurs, dont le capital est détenu à parts égales par les sociétés de bourse agréées. En janvier 1997, l’organisation du marché boursier s’est améliorée avec la promulgation de la loi n°34-96 modifiant et complétant le dahir portant loi n°1-93-211 relatif à la Bourse des Valeurs et la mise en place en octobre 1998 du dépositaire central, Maroclear, institué par la promulgation de la loi n°35-96. Depuis cette date, la Bourse de Casablanca vit une seconde jeunesse. En 2000, la Société de la Bourse des Valeurs de Casablanca « SBVC » a changé de dénomination pour devenir Bourse de Casablanca, Société Anonyme à Directoire et Conseil de Surveillance. En janvier 2007, la Bourse de Casablanca a procédé au relooking de son identité visuelle dans le souci d’accompagner son changement de dimension. Au niveau de l’organisation du marché, plusieurs mesures ont été instaurées, notamment : ** le démarrage du Système de Cotation Electronique, en mars 1997 ; ** le remplacement du Marché Officiel et du Marché des Cessions Directes par le Marché Central et le Marché de Blocs en novembre 1998; ** la délocalisation de la négociation électronique dans les locaux des sociétés de bourse, en janvier 2001 ; ** la réduction du délai de dénouement théorique des opérations de J+5 à J+3, en mai 2001 ; ** le lancement des nouveaux indices Masi® et Madex®, les indices sectoriels, les indices de rentabilité et les indices en devises en janvier 2002, avant d'adopter la capitalisation flottante[1]dans leur mode de calcul en décembre 2004; [1]: C’est-à-dire le nombre de titres d’une entreprise, d’un secteur ou d’une place mis en circulation, multipliée par leurs cours respectifs. Celle-ci permet de donner un aperçu sur la liquidité d’une valeur, d’un secteur ou d’une place boursière. Depuis décembre 2004, c’est la capitalisation boursière flottante qui est prise en considération dans le calcul des indices MASI® Flottant et MADEX® Flottant ainsi que des indices sectoriels flottants des 21 secteurs d’activité représentés à la Bourse de Casablanca. Le flottant, pour capital flottant, d'une société cotée en bourse correspond à la partie des actions effectivement susceptible d’être échangée en bourse. Il peut être exprimé en pourcentage de la capitalisation. Toute chose égale par ailleurs, plus le flottant d'une société est important, meilleure sera la liquidité de ses actions et plus faibles seront les amplitudes de cours de son action. ** l’adoption du système de garantie de bonne fin des opérations et la suppression du marché des pièces d’or cotées en bourse, en mars 2002 ; ** l’entrée en vigueur de la loi 52-01 amendant le dahir n°1-93-211 du 21 septembre 1993 relatif à la Bourse des Valeurs, simplifiant ainsi, les conditions d'introduction en bourse et mettant en place 5 marchés de cotation : trois Marchés Actions, le Marché des Obligations et le Marché des Fonds, en avril 2004 ; ** l’application des nouveaux critères de séjour à la cote en janvier 2005 ; En mai 2007, la Promulgation des nouvelles lois relative au dahirs portant loi n°1-93-211 relative à la Bourse des Valeurs, la loi n°1-93-212 relative au Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières et aux informations exigées des personnes morales faisant appel public à l’épargne et la loi 26-03 relative aux offres publiques, à savoir : :: la loi n°45-06 relative à l’inscription des titres de capital d’une personne morale cotée sur le marché marocain et hors du Maroc ; :: la loi 44-06 relative à l’élaboration des comptes consolidés pour les personnes morales faisant appel public à l’épargne par émission obligataire ou autres titres de créance ; :: la loi 46-06 relative à l’obligation de dépôt d’une offre publique de retrait en cas de radiation ; :: 14 février 2006 (et 19 février 2015 ): Dahir n° 1-06-13 du 15 moharrem 1427 (14 février 2006) portant promulgation de la loi n° 41-05 relative aux organismes de placement en capital-risque, modifié et complété par le Dahir n°1-15-07 du 29 rabii II 1436 (19 février 2015) portant promulgation de la loi n°18-14 modifiant et complétant la loi n°41-05 relative aux organismes de placement en capital- risque :: la promulgation de l’arrêté du Ministre de l’Economie et des Finances n° 1137-07 ayant modifié l’article 3.7.8 du Règlement Général de la Bourse des Valeurs, en juin 2007 ; :: la publication de l’arrêté du Ministre de l’Economie et des Finances n° 1268-08 ayant approuvé le Règlement Général de la Bourse des Valeurs, en août 2008. La mise en place de la version 900 du nouveau système de cotation, en mars 2008. En décembre 2008, création d’un comité de suivi de la Bourse de Casablanca émanant du Conseil de Surveillance pour la refonte des statuts de l'entreprise et le passage d'un modèle de gouvernance duale avec Directoire et Conseil de Surveillance vers un modèle avec conseil d'Administration et Direction Générale. 20 octobre 2008: dahir n° 1-08-95 du 20 chaoual 1429 (20 octobre 2008) portant promulgation de la loi n° 3306 relative a la titrisation des actifs (modifié par la loi 119.12 et par la loi n° 05-14). En avril 2009, passage effectif de la Bourse de Casablanca au mode gouvernance avec Conseil d'Administration et Direction Générale. En octobre 2010, la Bourse de Casablanca adhère à la World Federation of Exchanges (WFE) et devient ainsi, son 52ème membre, la 4ème bourse arabe et la 4ème bourse africaine à en faire partie. En janvier 2011, la Bourse de Casablanca met en place, en partenariat avec FTSE Group, une nouvelle série d’indices qui se compose de deux indices : le FTSE CSE Morocco 15 Index et FTSE CSE Morocco All-Liquid Index. En avril 2011, la Bourse de Casablanca participe à la création de l’Association des Bourses Francophone d’Afrique (ABFA) avec pour objectif principal de favoriser une meilleure intégration des marchés boursiers de l’Afrique francophone. La présidence de l'association a été confiée à M. Karim Hajji. En juillet 2011, la Bourse de Casablanca met en place une offre financière au profit des PME pour les inciter à s’inscrire à la cote. Cette offre, valable du 1er juillet au 31 décembre 2012, consiste à octroyer un chèque de 500 000 MAD aux entreprises qui remplissent des critères définies. Ce même mois, la Bourse de Casablanca est certifiée ISO 9001- Version 2008 pour une période allant de 2011 à 2014. En octobre 2011, publication dans le Bulletin officiel n° 5984 du 06 octobre 2011 de l’amendement du Dahir portant loi n°1-93-211 relatif à la Bourse des Valeurs. Cet amendement a visé l’actionnariat de la société gestionnaire de la Bourse des Valeurs de Casablanca. Ainsi, Ses statuts doivent mentionner les dénominations des sociétés actionnaires et le pourcentage du capital social détenu par chacune d’elles qui ne doit pas excéder un seuil fixé par arrêté du ministre chargé des finances. Tout changement dans l’actionnariat de la société gestionnaire, est soumis à l’approbation préalable du ministre chargé des finances et que ses actions ne sont souscrites ou rachetées qu’à un prix fixé par le AMMC. En 28 décembre 2012: l’adoption de la nouvelle loi 4512, relative au prêt de titres. 13 mars 2013: promulgation du dahir portant Loi n° 53.08 relatif à l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux (AMMC). Le Gendarme devient parfaitement autonome aussi bien sur le plan financier que sur le plan du pouvoir de décision. 20 mai 2014: Dahir n°1-14-96 du 20 rejeb 1435 (20 mai 2014) portant promulgation de la loi n°42-12 relative au marché à terme d'instruments financiers, complété par le Décret n°2-18-827 du 3 ramadan 1440 (9 mai 2019) fixant la composition et les modalités de fonctionnement de l'instance de coordination du marché à terme. 26 mai 2016: Décret n°2-16-411 du 19 chaabane 1437 (26 mai 2016) autorisant la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), le Crédit immobilier et hôtelier(CIH) et le Crédit agricole du Maroc (C: M) à prendre une participation dans le capital de la Bourse de Casablanca. En juin 2014: Dans le cadre du partenariat stratégique et technologique conclu avec le London Stock Exchange Group, la Bourse de Casablanca a fait l'acquisition de deux solutions très performantes auprès de Millennium IT Software, filiale à 100% de LSE Group : • Millennium Exchange : comprend une plateforme de Trading Multi-asset ainsi qu'un outil de négociation. • Millennium Surveillance : un outil qui permet de doter le marché d’une solution de surveillance en temps réel aux standards internationaux. L’implémentation de ces solutions se déroulera sur une période d’au moins 18 mois. 25 août 2016: Dahir n°1-16-151 du 21 kaada 1437 (25 août 2016) portant promulgation de la loi n°1914 relative à la Bourse des valeurs, aux sociétés de bourse et aux conseillers en investissement financier. 25 août 2016: Dahir n°1-16-130 du 21 kaada 1437 (25 août 2016) portant promulgation de la loi n°7014 relative aux Organismes de placement collectif immobilier. 19 octobre 2017: Arrêté du ministre de l'économie et des finances n°1705-17 du 28 moharrem 1439 (19 octobre 2017) fixant la composition et les modalités de fonctionnement du "Comité du marché des capitaux". 6 décembre 2017: Arrêté du ministre de l'économie et des finances n°3299-17 du 17 rabii I 1439 () fixant la composition et les modalités de fonctionnement de la " commission de suivi de la concession de la bourse". 17 mai 2018: Arrêté du ministre de l'économie et des finances n°1530-18 du 1er Ramadan 1439 (17 mai 2018) fixant le seuil maximum de la commission d'enregistrement perçue par la société gestionnaire de la Bourse des valeurs. 31 janvier 2018: Arrêté du ministre de l'économie et des finances n°2959-17 du 13 joumada I 1439 (31 janvier 2018) approuvant les statuts de l'Association professionnelle des sociétés de Bourse. La bourse moderne : 4 tendances principales peuvent être dégagées dans l’évolution des marchés : - Les marchés s’internationalisent : d’une part, il y a internationalisation des portefeuilles ; notamment par les INVESTISSEURS INSTITUTIONNELS (zinzins) qui recherchent une diversification géographique de leur portefeuille pour diminuer le risque. - Les institutionnels occupent une place importante sur les marchés. - Les marchés se modifient : les transactions sont effectuées à partir de terminaux reliés à un système central, informatisé, d’aide à la Cotation, appelé système CAC (cotation assistée en contenu) les moyens de transmission comme les télécommunications, le développement de réseaux et de l’Internet permettent notamment de communiquer très rapidement les informations sur les cours, de transmettre et d’exécuter les ordres. On assiste de plus à un développement des programmes d’aide à la décision (SAD). - Les produits financiers se développent : on parle des innovations financières. 2. Les marchés financiers marocains Trois périodes différentes caractérisent l’activité de la bourse de Casablanca : - la période de l’avant-privatisations (avant 1991): la prédominance d’une catégorie d’investisseurs formée exclusivement de sociétés d’assurance, de banquiers et de l’État par le biais de l’émission publique (obligations d’entreprises publiques); - la période des privatisations (entre 1991 et 1997 et entre 2004 et 2005); - la période de l’après-privatisations, qui se caractérise à la fois par le manque du dynamisme dans l’activité boursière et par l’animation systématique du marché par une forte émission publique des entreprises publiques et du secteur bancaire. A la différence de la première, cette période se veut innovante. 1. Architecture du marché boursier marocain et formation des prix Le marché financier marocain est composé de trois grands compartiments: Le marché des actions, lui-même composé de 2 compartiments: marché principal et Marché alternatif (= marché développement et marché croissance); Le marché obligataire; Le marché des fonds, sur lequel sont émis et négociés les titres et parts des Organismes de Placement en Capital Risque (OPCR), Fonds de Placements Collectifs en Titrisation (FPCT) et parts des Organismes de Placement Collectif en Immobilier (OPCI). 1. Architecture du marché boursier marocain et formation des prix 1.1. Typologies et organisation des marchés boursiers marocains - Le marché primaire (neuf) ; - Le marché secondaire (occasion). Entre les deux, il existe un marché dit: marché gris: Le marché gris constitue le trait d’union entre le marché primaire et le marché secondaire. Il apparait en même temps que le marché primaire et est obligatoirement terminé dès que s’ouvre le marché secondaire, c’est-à-dire dès que les 1ères cotations officielles en bourse sont effectives. Il peut se définir comme une sorte de marché secondaire, uniquement de gré-àgré, entre professionnels et pour de gros montants, durant la période du marché primaire. Il permet aux professionnels d’échanger entre eux des titres en instance de cotation, ce qui fait apparaître un pseudo-cours pouvant différer du prix d’émission mais aucune transaction ne pourra être concrètement dénouée avant l’introduction ou l’émission effective. C’est un marché temporaire qui permet de disposer d’une cotation informelle avant les cotations officielles. C’est une sorte de marché parallèle. * le marché central; * le marché de blocs. 1. Architecture du marché boursier marocain et formation des prix N.B. Il existe, en outre, sur plusieurs places financières internationales, un vrai marché parallèle qu’on nomme communément « DARK POOL ». . Fonctionnement des dark pools: *Absence de transparence pré-négociation Contrairement aux marchés traditionnels, les ordres placés dans un dark pool ne sont pas affichés publiquement avant leur exécution. Cela permet aux investisseurs de passer de gros ordres sans impacter le prix du titre sur le marché. *Exécution des transactions Les dark pools utilisent des algorithmes de matching pour apparier automatiquement les ordres d’achat et de vente. L’exécution se fait généralement au prix moyen pondéré par le volume (VWAP) ou au prix médian des transactions en bourse. *Absence de carnet d’ordres public Contrairement aux marchés boursiers traditionnels : • Les ordres ne sont pas visibles avant leur exécution. • Les transactions sont effectuées de gré à gré grâce à des algorithmes d’appariement. • Les prix sont souvent alignés sur ceux des marchés réglementés (prix médian ou prix moyen pondéré par le volume VWAP). Divulgation post-négociation Une fois une transaction exécutée, elle est généralement rapportée aux régulateurs et aux systèmes de surveillance financière, mais parfois avec un léger retard. Cela empêche une influence immédiate sur le prix du titre. Avantages des dark pools *Réduction de l’impact du marché : Permet aux investisseurs institutionnels de négocier de gros blocs d’actions sans provoquer une variation brutale des prix. *Moins de glissement (slippage) : En l'absence de carnets d’ordres visibles, les traders à haute fréquence (HFT) ne peuvent pas exploiter les mouvements de prix liés à de gros ordres. *Exécution plus efficace : Meilleures conditions de prix pour des transactions de grande taille. Inconvénients et critiques *Manque de transparence : Le fait que les ordres soient invisibles peut créer des déséquilibres dans le marché global. *Risque d’asymétrie d’information : Certains traders sophistiqués utilisent des algorithmes pour détecter et exploiter les flux d’ordres des dark pools. *Fragmentation du marché : La multiplication des dark pools peut réduire la liquidité des marchés boursiers traditionnels. Régulation et encadrement Face aux risques liés au manque de transparence, les régulateurs (SEC aux États-Unis, ESMA en Europe) ont mis en place des règles limitant l’usage des dark pools et imposant des exigences de reporting pour garantir un minimum de transparence post-trade. En somme, les dark pools sont des outils essentiels pour les grands investisseurs, mais ils posent des défis en matière de transparence et d'équité sur les marchés financiers. Mécanisme d’exécution des ordres « Crossing Networks » (années 1980-1990) : Les ordres d’achat et de vente étaient appariés à des moments précis de la journée, en prenant le prix des marchés réglementés. Dark pools modernes (années 2000 à aujourd’hui) : L’exécution se fait en continu grâce à des algorithmes sophistiqués qui recherchent des contreparties au meilleur prix. Anonymat et protection contre l’impact de marché Les investisseurs évitent : *La dégradation du prix : sur un marché public, un gros ordre d'achat peut faire monter les prix et un gros ordre de vente peut les faire chuter. *L’exploitation par les traders haute fréquence (HFT), qui peuvent anticiper et tirer profit des gros ordres visibles sur les marchés classiques. Évolution et montée en puissance • Années 1980-1990 : Création des premiers dark pools par des institutions financières pour faciliter l’échange de blocs d’actions. • Années 2000 : Apparition des dark pools modernes aux États-Unis, suivie par l’Europe et l’Asie. • Depuis 2010 : Explosion de leur part de marché : o 2010 : 10 % des transactions aux États-Unis et 2 % en Europe. o 2015 : 18 % aux États-Unis et 10 % en Europe. Aujourd’hui, certaines estimations indiquent qu’environ 40 % du volume total des transactions aux États-Unis provient de plateformes alternatives comme les dark pools et autres formes de trading hors marché. 3. Régulation et enjeux Face aux risques de manipulation et au manque de transparence, les régulateurs imposent des contraintes : • Autorisation des régulateurs : En France, l'AMF, et en Grande-Bretagne, la FCA, doivent valider ces plateformes. • Obligation de transparence post-négociation : Les transactions doivent être rapportées aux autorités. • MiFID II (Europe, 2018) : Limite la part du marché pouvant être traitée dans les dark pools pour éviter une trop grande fragmentation des échanges. 4. Débats et controverses • Avantages : Moins de volatilité, meilleures conditions de trading pour les gros investisseurs. • Inconvénients : Moins de transparence, asymétrie d’information entre traders, fragmentation des marchés. Il existe trois types de dark pools : *Les dark pools des entreprises indépendantes: Ils sont créés pour offrir une base unique et différenciée de négociation. Ce sont des dark pools proposés par des opérateurs indépendants comme Getco et Knight, qui opèrent en tant que mandants pour leur propre compte. *Les dark pools appartenant à un courtier: Ces dark pools sont mis en place par de grands courtiers pour leurs clients, et peuvent également inclure leurs propres traders propriétaires. Ces dark pools tirent leurs propres prix du flux de commandes. Des exemples de ces dark pools incluent le CrossFinder du Credit Suisse , le Sigma X de Goldman Sachs , le Citi-Match de Citigroup Inc et le MS Pool de Morgan Stanley. *Les dark pools des courtiers d’agences et des places boursières: Ces dark pools mettent leurs clients en contact en obéissant aux règles d'anonymat et de non-affichage des commandes. Des exemples de dark pools de courtiers d'agence incluent Instinet, Liquidnet et ITG Posit, tandis que les dark pools détenus en bourse incluent ceux proposés par BATS Trading et Euronext. Les principaux dark pools dans le monde: .1. Dark Pools Gérés par des Banques et Courtiers • Blink : lancé en 2009 par Chevreux, courtier en actions européennes du Groupe Crédit Agricole, et détenu à 100% par Calyon, la Banque de Financement et d'Investissement du Groupe. • Turquoise : lancé en septembre 2008 par un groupe de neuf banques BNP Paribas, Société générale, Citigroup, Crédit suisse, Deutsche Bank, Goldman Sachs, Merrill Lynch, Morgan Stanley et UBS. Il a été racheté à 60 % en 2010 par la Bourse de Londres. • Chi-Delta : Fondé en 2009 par Chi-X, un marché boursier alternatif européen lancée en mars 2007 par Instinet (appartient à Nomura Holdings). • Sigma X : Lancé en 2011 par Goldman Sachs, une banque d'investissement. Elle a été fermée en avril 2012. • SuperX de Deutsche Bank : Permet aux investisseurs d’accéder à la liquidité de manière anonyme. • CrossFinder de Credit Suisse: fermé en 2017 après des amendes pour manque de transparence. Était l'un des plus grands dark pools au monde avant sa fermeture. 2. Dark Pools Indépendants et Électroniques Certains dark pools sont exploités par des plateformes électroniques et non par des banques : • Liquidnet : Spécialiste des transactions sur blocs pour les institutions. Présent en Amérique du Nord, en Europe et en Asie. • ITG Posit : (racheté par Virtu Financial). Permettait aux investisseurs de trouver des contreparties pour exécuter des ordres de grande taille à des prix compétitifs. • Instinet CBX : Plateforme de dark pool exploitée par Instinet, une filiale de Nomura. • Neuro Dark : lancé par la Nasdaq OMX en mai 2009. • Smart Pool : fondé en février 2009 par la NYSE Euronext. • Baikal : fondé par la London Stock Exchange en 2009. • BATS Europe Dark Pool : fondé par la BATS Holdings Inc., une entreprise financière américaine qui gère un système multilatéral de négociation (SMN), c’est-à-dire un marché boursier alternatif, organisant la confrontation entre acheteurs et vendeurs de titres. • JapanCross (Japon). 3. Dark Pools Gérés par des Bourses Certaines bourses ont lancé leurs propres dark pools pour capter une partie de ce marché : • BATS Global Markets - BATS Dark Pool Intégré dans l'un des plus grands opérateurs de marché boursier. • NYSE - NYSE Arca Dark Pool Opéré par la Bourse de New York, il permet aux investisseurs d'exécuter des ordres sans impact sur le marché ouvert. • Nasdaq - Nasdaq Private Markets (NPM) Plateforme permettant des transactions discrètes sur des actions peu liquides ou pré-IPO. Les avantages de l’utilisation des dark pools Parmi les avantages des dark pools, il y a : *La diminution de l’impact sur le sentiment de marché : en évitant d’affecter violemment le cours d’une action par un achat ou une vente massive sur une place boursière *L’amélioration du prix : du fait qu’il n’est pas possible de voir les ordres d’achat ou de vente, ni les montants tant qu’ils ne sont pas exécutés. La mise en correspondance des ordres se fait souvent en fonction de la moyenne des meilleurs prix d'achat et de vente disponibles. Dans de tels cas, à la fois l'acheteur et le vendeur obtiennent un trade plus favorable qu'ils ne le pourraient sur un marché ouvert (l'acheteur obtient ce qu'il veut pour moins, et le vendeur vend plus haut) *L’absence de glissement : puisque la plupart des négociations en dark pool se font via des transactions en bloc à des prix prédéterminés, les traders peuvent être sûrs qu'ils seront en mesure d'exécuter l'ensemble de leur transaction au prix prévu. Les inconvénients de l’utilisation des dark pools Au rang des inconvénients des dark pools, on mentionne : Les conflits d'intérêts : le manque de visibilité de carnet d'ordres ne garantit pas que les transactions aient été exécutées au meilleur prix possible. Une institution peut occulter les prix réels du marché dans le cas où il y aurait un conflit d’intérêts Les effets préjudiciables sur le marché : la majeure partie des investissements et des échanges sur les places boursières reposent sur la libre circulation des informations, un principe contraire aux dark pools. Ainsi, si une grande partie des transactions se produisent sur le dark pool, les prix sur les bourses publiques peuvent ne pas refléter le marché réel La vulnérabilité face aux hedge funds : les dark pools peuvent très rapidement devenir un terrain de jeu idéal pour les pratiques de prédateurs des traders à haute fréquence, qui peuvent exécuter de grandes commandes en avance et tirer profit de traders sans méfiance. Grâce à un algorithme, les hedge funds peuvent détecter très tôt un ordre « Iceberg » (ordre algorithmique d’achat ou de vente limite de montant important dont seulement une fraction est visible sur un carnet d’ordre) par exemple, et pratiquer le « Front running » (opération qui consiste à placer très tôt des ordres à l’achat ou à la vente, dès que l’on a conscience de l’existence d’un ordre Iceberg, pour profiter de la hausse ou de la baisse que ce dernier devrait provoquer sur le marché). Pour éviter cette situation, le Nasdaq a mis en place un logiciel de surveillance du trading sur les dark pools appelé « SMARTS Trade Surveillance », pour automatiquement détecter certaines manipulations de cours ou des comportements abusifs tels que le « Front running ». Les dark pools occasionnent aussi «le pinging», une pratique qui consiste à l'envoi d'un grand nombre d'ordres de petite taille pour tracer un grand ordre caché. La réduction de la taille moyenne des échanges : on constate une forte réduction de la taille moyenne des échanges au sein des dark pools depuis leur apparition dans les années 1980. Une indication que les institutions financières qui négocient de grandes quantités ne sont plus les seules à utiliser des dark pools. Conclusion Le manque total de transparence dans les dark pools a été l’objet de controverses depuis leur création. L’opacité des dark pools ne veut pas dire illégalité, car ceux-ci sont soumis aux réglementations, tout comme les bourses, aussi bien aux États-Unis qu’en Europe. Si cette opacité va à l’encontre de la réglementation européenne MIFID II mise en application en janvier 2018 en Europe, qui impose une transparence de plus en plus grande sur l’exécution des ordres, la MIFID II a introduit un plafond pour les dark pools. Le Double Volume Cap (DVC) impose que seulement 4 % du volume d’une action peut être négocié sur un dark pool et un maximum de 8 % sur tous les dark pools confondus. 1.2. Procédures d’échange et formation des prix: - La fixation des prix par une criée; - Le passage à la cotation informatisée: *Le fixing; *Le continu Il existe trois systèmes d’échange de titres sur les marchés financiers et de capitaux en général dans le monde : - Système gouvernés par les ordres en rassemblant des ordres dans un carnet d’ordres ou feuille de marché (détermination de prix d’équilibre se fait par les enchères multilatérales) ; - Système gouverné par les prix (les prix sont cotés par les teneurs de marchés (market-Makers) à l’achat (Bid ou prix offert) et à la vente (Ask ou prix demandé)) ; - Système mixte: c’est une combinaison des deux systèmes (NYSE). 1. Systèmes gouvernés par les ordres Les ordres d’achat et de vente se rencontrent dans un carnet d’ordres central ; le prix résulte directement de la confrontation de l’offre et de la demande. Priorité prix-temps : les meilleurs prix, puis les ordres les plus anciens, sont exécutés en premier. Transparence élevée : profondeur de marché et liquidité visibles dans le carnet. Efficace quand le flux d’ordres est dense ; plus fragile quand la liquidité est faible. Mécanisme clé Carnet d’ordres électronique Atout Formation de prix compétitive Exemples Euronext, Xetra, Casablanca, nombreuses plateformes électroniques C’est le système le plus utilisé au monde. 2. Systèmes gouvernés par les prix avec market-makers Ici, la liquidité est fournie par des teneurs de marché qui affichent en continu un prix acheteur et un prix vendeur. Le market-maker s’engage à coter un spread bid/ask et absorbe une partie du déséquilibre des ordres. Le marché reste négociable même avec peu d’ordres naturels grâce à cette intermédiation. Mécanisme clé Cotations fermes bid / ask Atout Liquidité continue Le coût implicite pour l’investisseur est souvent le spread, en échange d’une meilleure continuité de cotation. Exemples NASDAQ historique, marchés OTC, certaines obligations et dérivés 3. Système mixte avec Specialist (modèle NYSE historique) et Designated Market Makers (DMMs) à l’heure actuelle Le Specialist (ou DMM depuis la crise de 2008) combine carnet d’ordres et intervention humaine : il organise les échanges et soutient l’équilibre du marché lorsque c’est nécessaire. Les ordres se confrontent entre eux comme dans un marché dirigé par les ordres. Mécanisme clé Carnet + intervention du specialist Le specialist intervient à son compte pour réduire les déséquilibres et assurer une certaine continuité. Atout Réduction des ruptures de liquidité Le modèle cherche un compromis entre transparence du carnet et stabilité apportée par un intermédiaire dédié. Exemple NYSE traditionnel (avant l’électronisation avancée) Synthèse : 1. ordre = prix issu du carnet ; 2. Market-Maker = prix cotés ; 3. Specialist ou DMM = combinaison des deux. N.B. Le DMM (Designated Market Maker) prolonge le Specialist, mais avec un rôle moins centré sur la gestion directe des ordres et davantage orienté vers la liquidité, les enchères (auctions) et la stabilité du marché. Différence entre Specialist et DMM sur le NYSE Le Specialist historique était l’acteur central du parquet : il gérait un livre d’ordres plus directement, participait au rapprochement de certains ordres et intervenait pour maintenir la continuité des échanges. Avec la réforme du New Market Model en 2008, le NYSE a remplacé ce statut par celui de Designated Market Maker (DMM), car dans le marché hybride la fonction de matching (Appariement des ordres) et d’exécution des ordres est désormais largement assurée par les systèmes électroniques. Le DMM conserve toutefois une mission essentielle de liquidité et de fair and orderly market, mais son rôle est aujourd’hui plus ciblé : il intervient surtout dans la gestion des déséquilibres d’ordres, des phases de volatilité, ainsi que dans les enchères d’ouverture et de clôture, où il joue encore un rôle décisif dans la détermination d’un prix ordonné. Les documents du NYSE précisent notamment que certaines ouvertures peuvent être réalisées algorithmiquement, tandis que d’autres doivent être gérées manuellement par le DMM selon l’ampleur de l’écart au prix de référence. Idée générale : le Specialist était un intermédiaire de parquet plus central dans la microstructure quotidienne des ordres ; le DMM est son successeur modernisé, davantage orienté vers la stabilité du marché, la fourniture de liquidité et la supervision des enchères (auctions) dans un environnement électronique. Différence entre Specialist et DMM sur le NYSE Évolution d’un intermédiaire central de parquet vers un teneur de marché désigné dans un marché hybride et largement électronique Specialist historique • Acteur central du parquet, avec une fonction plus directe dans la gestion du livre d’ordres et dans le traitement de certains flux d’ordres. • Intervenait pour assurer la continuité du marché et limiter les désordres de cotation. • Modèle adapté à un NYSE fortement fondé sur l’intermédiation humaine sur le floor. • Rôle historiquement plus central dans la microstructure quotidienne des échanges. Designated Market Maker (DMM) • Successeur du specialist depuis la réforme du New Market Model : le matching et l’exécution courante sont désormais largement électroniques. • Reste chargé du maintien d’un fair and orderly market, avec obligations de liquidité sur les titres attribués. • Intervient surtout lors des déséquilibres d’ordres, épisodes de volatilité et phases sensibles de formation du prix. • Joue un rôle décisif dans les enchères d’ouverture et de clôture, ainsi que dans certaines réouvertures. Idée clé : le specialist était un intermédiaire de parquet plus central dans la gestion directe des ordres ; le DMM est son successeur modernisé, davantage orienté vers la liquidité, les auctions et la stabilité du marché. 2. Les caractéristiques du marché marocain des actions 2.1. Les éléments influençant l’efficacité informationnelle du marché: - Le contrôle et la réglementation du marché; - La diffusion de l’information; - Les coûts de transaction: *La composante explicite des coûts de transaction; *La composante implicite des coûts de transaction 2.2. L’influence des changements techniques sur l’efficacité de la structure boursière casablancaise - Les éléments influençant la microstructure de la bourse de Casablanca: *Les introductions en bourse et les raisons de leur faiblesse; *Rôle hégémonique des sociétés de bourse sur le marché casablancais; - Efficacité de la structure boursière du marché casablancais: *Les avantages indiscutables du système gouverné par les ordres; *Quelle structure d’échange efficace pour la bourse de Casablanca Première Partie: Les actions ; les obligations et les autres titres assimilables Chapitre 1 : Les actions Les actions sont « des titres représentatifs d’une prise de participation » dans une société. Les actions composent le k social des sociétés. Leur valeur est directement liée aux résultats de l’entreprise et à l’évolution des actifs de la société. 1. Les droits des actionnaires : Les principaux droits des actionnaires : Droits à caractère, pécuniaire Droits à caractère extra- patrimoniaux -Droit aux dividendes - Droit à l’information - Droit aux actions gratuites - Droit préférentiel de souscription - Droit de vote - Droit aux augmentations de K - Droit au remboursement de l’apport - Participation indirecte à la gestion et au boni de liquidation 2. Les différentes actions et titres à revenu variable Les différentes catégories d’actions - Les actions du K; - Les actions d’apport; - Les actions de propriété ou actions privilégiées (Les actions de propriété et les actions privilégiées ont 2 droits d’antériorité sur les bénéficies et/ou en cas de liquidation ; elles se voient attribuer un pourcentage plus important de bénéfices. Elles peuvent également jouir d’une majoration de dividende par rapport aux actions ordinaires); - Les actions à dividende prioritaire (ADP: Les actions à dividende prioritaire reçoivent un dividende prioritaire sur le bénéfice distribué, prélevé avant la constitution de réserves autres que la réserve légale); - Les actions à bons de souscription d’action (ABSA : elles sont assorties d’un ou de plusieurs bons qui permettent à leur détenteur de souscrire ultérieurement, dans un délai de 6 à 7 ans généralement ; à d’autres actions à un prix convenu à l’avance); - Les actions de jouissance ou actions amorties (sont des actions dont le montant a été entièrement remboursé au moyen d’un prélèvement sur les bénéfices ou sur les réserves); - Les actions à double droit de vote: Elles sont des actions devant être entièrement libérées et nominatives, depuis deux ans au moins au nom du même actionnaire. Les actions à double droit de vote sont des actions qui accordent à leur détenteur deux voix au lieu d’une lors des assemblées générales des actionnaires. Ce mécanisme est utilisé pour renforcer le contrôle des actionnaires historiques ou de référence, tout en leur permettant de lever des capitaux sans perdre leur influence sur la gouvernance de l’entreprise. 1. Fonctionnement des actions à double droit de vote • Attribution : En général, ces actions sont attribuées aux actionnaires qui détiennent leurs titres depuis une certaine durée (exemple : 2 ans en France selon la loi Florange). • Droit de vote renforcé : Au lieu d’avoir une voix par action, un actionnaire concerné bénéficie de deux voix par action. • Maintien du contrôle : Cela permet aux actionnaires fondateurs ou de long terme de préserver leur influence, même si la société ouvre son capital à de nouveaux investisseurs. ________________________________________ 2. Objectifs et avantages • Protection contre les OPA hostiles : Un actionnaire majoritaire avec des actions à double droit de vote conserve un pouvoir décisionnel fort, même avec une participation minoritaire en capital. • Encouragement de l’actionnariat long terme : Ce système incite les investisseurs à conserver leurs actions sur une longue période. • Stabilité de la gouvernance : Il évite les changements trop fréquents de direction sous l’influence des marchés financiers. 3. Réglementation et exemples • France : La loi Florange de 2014 a instauré le double droit de vote par défaut pour les sociétés cotées, sauf si une clause statutaire l’interdit. • États-Unis : Utilisé dans certaines entreprises technologiques (ex. Meta, Google, Snap), où les fondateurs détiennent des actions avec plusieurs droits de vote (parfois jusqu’à 10 voix par action). • Europe et autres pays : La pratique varie, mais elle est souvent perçue comme un moyen de protéger les entreprises locales contre une prise de contrôle étrangère. 4. Inconvénients et critiques • Déséquilibre entre actionnaires : Les petits actionnaires peuvent se retrouver avec moins de pouvoir par rapport aux actionnaires historiques. • Moindre attractivité pour certains investisseurs : Certains fonds institutionnels préfèrent éviter les entreprises où le pouvoir est concentré. • Risque d’abus : Une direction peut résister à des changements nécessaires en s’accrochant au pouvoir grâce au double droit de vote. 5. Exemples de grandes entreprises utilisant ce système • LVMH (France) : La famille Arnault conserve un contrôle fort sur le groupe de luxe. • Airbus (Europe) : Utilisation du double droit de vote pour stabiliser la gouvernance. • Meta (ex-Facebook), Google (Alphabet), Snapchat (Snap Inc.) (États-Unis) : Les fondateurs ont des actions avec des droits de vote supérieurs. - Les actions de jouissance ou actions amorties (sont des actions dont le montant a été entièrement remboursé au moyen d’un prélèvement sur les bénéfices ou sur les réserves); - Les actions des sociétés holdings ou société de portefeuille (sont des sociétés détentrices d’actions d’autres sociétés. Les décotes des holdings sont relativement importantes, elles sont en moyenne de 30%). Les autres titres à revenu variable : Ces titres ont été crées plus récemment. Ce sont : - Les certificats d’investissement: titres représentant une fraction du capital d’une entreprise à l’image des actions ordinaires. Ils donnent droit aux dividendes mais leurs détenteurs ne peuvent pas participer aux assemblées générales ni au vote. Ce type de titres a d’abord été crée en France pour renforcer les fonds propres des entreprises nationalisées en 1983. Ils peuvent maintenant être émis par toutes les sociétés. Ils confèrent aux sociétés la possibilité d’obtenir des fonds propres sans pour autant perdre le contrôle. Au Maroc, les certificats d’investissements ordinaires (CIO) ont été créés en 1988. Il existe aussi des certificats d’investissement privilégiés (CIP) donnant droit à dividende prioritaire. - Les titres participatifs: Ils sont intermédiaires entre les actions et les obligations. Ces titres ne sont, en principe, pas remboursables ; donc les sociétés peuvent les considérer comme des fonds propres. La rémunération de ces titres est particulière ; une partie de celle-ci est fixe, l’autre partie est variable et est indexée soit sur le chiffre d’affaires, soit sur le cash-flow ou encore sur les bénéfices. Leur rémunération est, en outre, assortie d’un minimum et d’un maximum qui peuvent à leur tour être fixes ou variables. - Les OBSA (ou warrants # ABSA): Les OBSA donnent à leurs détenteurs le droit mais non l’obligation de souscrire, à un prix fixé d’avance et jusqu’à une certaine échéance, à des actions devront être émises par la société émettrice ou sa maison mère (si celle-ci possède la moitié du capital). Un ou plusieurs bons de souscription sont attachés aux OBSA : ils sont cotés séparément de l’obligation. Les droits de souscription et les droits d’attribution : - Les droits de souscription: Lorsque une société désire augmenter son capital en donnant la possibilité aux anciens actionnaires de souscrire des actions nouvelles au prorata de leur actionnariat dans la société, elle émet des droits de souscription à un prix intéressant. L’actionnaire a la possibilité de vendre ses droits de souscription à un autre souscripteur. - Les droits d’attribution Lorsqu’il y a augmentation de capital par attribution d’actions gratuites, les actionnaires anciens reçoivent des droits d’attribution négociables. Autrement dit, il s’agit d’un droit négociable attaché à chaque action ancienne lors d’une distribution gratuite d’actions, donnant à son titulaire le droit de recevoir gratuitement des actions nouvelles. Les actionnaires peuvent utiliser ces droits pour acheter de nouvelles actions ou ils peuvent les vendre sur le marché. La forme juridique des titres : - L’actionnaire ou le créancier est libre de choisir la forme juridique de ses titres lors de la création de la société ou au moment de l’introduction en bourse et/ou augmentation de son capital ; - Les titres sont tous dématérialisés. Ils doivent obligatoirement faire l’objet d’une inscription en compte titres. Le transfert des titres, le dénouement et la compensation (clearing) se font d’une manière dématérialisée. A la bourse de Casablanca, Maroclear a été créé en 1998 à cet effet ; il permet ainsi la compensation des valeurs mobilières ; - Les actions peuvent être nominatives ou au porteur. Les actions nominatives Actions inscrites en compte chez l’émetteur et se transmettant par virement de compte à compte[1]. L’ordre de virement donne lieu à l’édition d’un bordereau de références nominatives en trois exemplaires. La mise au nominatif est, en principe, obligatoire pour les actions des sociétés non cotées ainsi que dans les cas suivants : actions à droit de vote double, actions de numéraire, les actions non libérées, actions dont la cession à un tiers est soumise à l’agrément de la société, actions échangées contre des obligations, actions rachetées par la société et non annulées, actions de certaines sociétés exerçant une activité réglementée (certaines banques et sociétés d’assurances n’émettant que des titres nominatifs), actions essentiellement nominatives en vertu des statuts, les titres étrangers immatriculés au nom Maroclear (Société de compensation des valeurs mobilières). [1] Le nom du propriétaire figure sur un registre tenu par la société émettrice. Le transfert des titres s’opère alors en inscrivant sur le registre le nom du nouveau propriétaire. Les actions au porteur Les actions au porteur sont tenues par un intermédiaire habilité. Les droits des titulaires résultent d’une inscription en compte. La transmission des titres s’effectue par vivement de compte à compte. La cession des titres nécessite un ordre donné à l’organisme qui tient le compte. Ceci évite le risque de perte ou du vol pour l’actionnaire et simplifie la gestion des titres. A côté des actions, se sont développés un certain nombre de produits comme les bons de souscription, les obligations à bons de souscription d’actions, les actions à bons de souscription d’actions, les obligations convertibles, etc. Ils permettent d’obtenir des actions et qui sont cotés sur le marché pendant une certaine durée. Ils sont généralement émis à l’occasion d’une augmentation du capital. Chapitre 2 : Les Obligations Les obligations sont des titres représentatifs d’une créance à LT. Le taux d’intérêt annuel est généralement fixe ; c’est pourquoi on a appelé les obligations titres à revenu fixe, mais ce taux peut être aujourd’hui variable. Définition : « Une obligation = titre de créance qu’une société s’engage à rembourser à une échéance déterminée et rémunérée par un intérêt annuel ». N.B : À la différence de l’actionnaire, qui est un associé de l’entreprise, l’obligataire est un créancier. L’obligataire prête ses fonds. 1. Les droits des obligataires : Ces droits sont des droits à caractère pécuniaire : Droit au coupon (intérêt fixe ou variable) ; Droit au remboursement de l’obligation. Le coupon : « Le coupon est l’intérêt correspondant au revenu annuel. Son montant est indiqué lors de l’émission. Il est versé à date fixe ». Le remboursement de l’obligation : Le remboursement de l’obligation doit être effectué à la fin de la durée de l’obligation ou selon une méthode d’amortissement différente indiquée au moment de l’émission. Exemple d’une obligation de 1000 DH d’une durée de 5 ans portant intérêt de 9% remboursable in fine : Flux 90 90 90 90 1090 Années 1 2 3 4 5 L’achat d’obligation de 1000 DH donne le droit au souscripteur d’encaisser cinq flux (90 DH d’intérêts chaque année et le remboursement du principal de 1000 DH la 5e année). 2. Les types d’obligations : 2.1. Les conditions d’émission des emprunts obligataires L’emprunt obligataire figure au passif du bilan de l’entreprise parmi les dettes financières à long terme. Les intérêts servis aux obligataires constituent des frais financiers pour l’entreprise. Les émissions d’emprunts obligataires sont réservées à l’Etat, aux entreprises publiques ou semi-publiques autorisées ou garanties par l’Etat et, au niveau des entreprises privées, aux sociétés anonymes privées ayant deux années d’existence et un capital entièrement libéré. Le marché obligataire marocain est animé essentiellement par les émissions des entreprises du secteur public et semipublic. Les souscriptions d’obligations du Trésor à moyen et long terme par les ANF ont diminué sensiblement et ce, depuis que le Trésor a commencé à utiliser le marché des adjudications. Toutefois, on peut, par extension, considérer que les émissions qui s’effectuent dans le cadre des emprunts nationaux font partie du marché obligataire. Certaines émissions obligataires peuvent être cotées en bourse à condition qu’elles portent sur un montant minimum de 15 millions de dirhams et qu’elles émanent d’une personne morale dont les comptes annuels des deux derniers exercices sont certifiés par un commissaire aux comptes (pour les SA) ou par un expert-comptable (pour les sociétés en commandite par actions). Sont cependant inscrits d’office à la cote de la bourse les titres émis ou garantis par l’Etat et ceux qui sont émis par les collectivités locales. Le marché obligataire durant les dix dernières années affiche une quasi-stagnation, le volume des fonds levés variant en moyenne annuelle entre 2 et 10 milliards de MAD, ce qui représente 2 à 3% de la capitalisation boursière du marché des actions casablancais. Malgré les efforts accomplis ces dernières années en matière d’assouplissement des règles et procédures d’émission ainsi que de la gestion obligataire, le marché obligataire marocain est peu prisé par les entreprises, contribuant par là d’une façon modeste au financement de l’économie. 2.2. Les types d’obligations 2.2.1. Les obligations à taux fixe Une obligation de 1000 DH à taux de 9% (taux d’intérêt nominal) rapportera à son détenteur 90 DH chaque année (coupon), et ceci quel que soit le cours de l’obligation sur le marché. Les obligations sont cotées sur le marché et leurs cours fluctuent en fonction de l’évolution des taux d’intérêt et de la durée de vie de ces obligations. 2.2.2. Les obligations à taux variable ou flottant Lorsque le coupon n’est calculé que quelques semaines avant son échéance, on parle d’obligations à taux variable (ou flottant). Ce sont des obligations émises à un taux qui varie selon un indice de référence. Un taux minimal est généralement garanti. Les indices de référence sont : Les références aux taux du marché monétaire : *TMM, taux moyen mensuel du marché monétaire, est la moyenne arithmétique des taux journaliers ; *TAM, taux annuel monétaire, correspond au taux de rendement d’un placement mensuel renouvelé chaque mois pendant 1 an selon le principe des intérêts composés. Les références aux taux obligataires. Ce sont généralement : *Le TMO, taux mensuel obligataire, est le taux de rendent moyen des emprunts obligataires d’État (i.e. bons de trésor) à taux fixe d’une durée de vie supérieure à 7 ans (à défaut de 5 ans); *Le TME, taux mensuel d’emprunts d’État (i.e. bons de trésor), correspond au taux de rendent des emprunts d’État à long terme sur le marché secondaire. 2.4.3. Les obligations à taux révisables Les taux de ces obligations sont révisés tous les ans ou tous les trois ans sur la base du taux moyen obligataire relevé le mois précédant le versement du coupon. Elles sont amortissables à la fin de l’emprunt. 3.4.4. Les obligations « À F E NÊ TR E S » D’une durée assez longue, ces obligations peuvent être remboursables avant l’échéance. Elles donnent à des dates fixées (après 5 ou 10 ans après l’émission) la possibilité de sortir : soit à la demande du souscripteur, et il y a alors une pénalité ; soit à la demande de l’émetteur, et il y a alors une indemnité aux porteurs. 2.4.5. Les obligations participantes et les obligations indexées * Les obligations participantes sont des obligations dont l’intérêt ou le capital varie en fonction des bénéfices réalisés par la société émettrice. * Les obligations indexées sont des obligations dont le coupon et/ou le remboursement du capital sont complètement ou partiellement indexés sur une valeur de référence indépendante des taux d’intérêt obligataires (exemple : chiffre d’affaire ou résultats d’une entreprise, prix de l’or, taux d’inflation, parité d’une devise, …). 3 . 4 . 6 . L e s ti tre s s u bo rdonné s à d u r é e i nd é t e r mi née ( T S DI ) Ces titres portent intérêt comme les obligations, mais sont remboursables qu’en cas de liquidation de la société émettrice. Ce sont surtout les banques qui émettent ce genre de titres. 3 . 4 . 7 . L e s o bl i gations c o nve rt ibl e s e n a c t i ons ( O C A ) Elles permettent à l’obligataire, s’il le désire, de devenir actionnaire de l’entreprise emprunteuse. Chaque conversion induit une augmentation du capital de la société émettrice. Pour rendre la convertibilité opérationnelle et permanente, la loi sur les SA a résolu le problème relatif au DPS augmentations du capital. Elle stipule que l’AGE des actionnaires qui autorise l’émission, doit mentionner aussi la renonciation expresse des actionnaires à leur DPS, quitte à leur accorder un droit de priorité pour la souscription des obligations convertibles. L’exemple d’OCA qui a connu un vif succès depuis sa création est celui des bons de privatisations (BDP). Les BDP, créées en 1996, sont convertibles en actions de toute entreprise privatisable par Offre Publique de Vente (OPV) à la bourse de Casablanca. Les détenteurs des BDP ont la priorité absolue sur la souscription d’actions faisant l’objet d’OPV de privatisation. Sans coupon, une OCA donne droit à un intérêt annuel au moment de sa conversion en actions ou en cas de remboursement à l’échéance. Le rendement de l’OCA est souvent deux fois plus élevé que celui de l’action. Plusieurs paramètres définissent une OCA : La parité de conversion : elle indique le nombre d’actions pouvant être obtenu avec une ou plusieurs obligations; Le prix d’émission : il est supérieur au cours des actions de la société, sinon un arbitrage assécherait le marché des actions; La prime de conversion : elle est calculée de la manière suivante : Co 1 100 (Avec : Co = cours de l’obligation et Ca = cours de l’action). Ca 3.4.8. Les obligations remboursables en actions ou en CI (Certificats d’Investissement) Ces obligations sont obligatoirement remboursables à leur échéance en actions ou en CI de la société émettrice. L’émission d’une ORA est une augmentation de capital différée permettant de lever des fonds à un taux d’intérêt inférieur au marché obligataire. 3.4.9. Les obligations à bons de souscription Elles se présentent comme des obligations classiques auxquelles sont attachés, à l’émission, des bons de souscription ou warrants, donnant à son titulaire la possibilité d’acheter un nombre donné d’actions ou d’obligations. On distingue : *Les obligations à bons de souscription d’action (OBSA) : c’est le rattachement de bons de souscrire à un prix déterminé. Elles permettent à l’obligataire de devenir également actionnaire ; *Les obligations à bons de souscription d’obligation (OBSO) : à chaque obligation est attaché un bon donnant à son titulaire la possibilité de souscrire durant une période et à un prix convenu d’avance, à un titre de même nature et de même durée. Le taux d’intérêt est inférieur à celui du marché. Warrant ou bon de souscription est un bon attaché à une action ou à une obligation, donnant droit à son titulaire de souscrire à une action ou à une obligation, à un prix fixé d’avance et jusqu’à une date déterminée. L’émission de bons de souscription peut être liée à la création d’actions nouvelles (à la différence des bons d’option) ou être autonome. Il convient de souligner que les bons de souscription sont cotés séparément dès l’émission. 2.4.10. Les obligations à bon de souscription d’actions remboursables en action Les OBSARA sont des obligations à taux fixe remboursables en actions et assorties d’un bon de souscription d’actions. Le bon et l’obligation sont négociables séparément. 2.4.11. Les obligations subordonnées Une obligation subordonnée est un type d’obligation dont le remboursement en cas de faillite ou de liquidation de l’émetteur est prioritaire après les autres dettes mais avant les actionnaires. Cela signifie que si l’entreprise rencontre des difficultés financières, les détenteurs d’obligations subordonnées ne seront remboursés qu’après que toutes les autres créances (comme les obligations classiques et les dettes bancaires) aient été réglées. Caractéristiques principales : • Risque plus élevé : Étant donné qu’elles sont remboursées en dernier parmi les créanciers, elles sont plus risquées que les obligations classiques. • Taux d’intérêt plus attractif : Pour compenser ce risque, elles offrent généralement un rendement supérieur aux obligations non subordonnées. • Durée plus longue : Elles sont souvent émises avec une échéance plus longue, voire parfois perpétuelles (sans date de remboursement fixe). • Utilisées par les banques et les grandes entreprises : Les institutions financières et certaines entreprises utilisent ces obligations pour renforcer leurs fonds propres sans diluer leurs actionnaires. Exemple : Si une banque émet à la fois des obligations classiques et des obligations subordonnées et qu’elle fait faillite : • Les déposants et les créanciers privilégiés sont payés en premier. • Ensuite, les détenteurs d’obligations classiques sont remboursés. • Enfin, si des fonds restent disponibles, les détenteurs d’obligations subordonnées sont payés avant les actionnaires. C’est donc un investissement qui peut être intéressant pour obtenir un rendement élevé, mais avec un risque accru. 3. Les caractéristiques des obligations : Les emprunts obligataires indiquent : - Le nom de l’émetteur ; - Le montant de l’emprunt et la valeur nominale de l’obligation; - La valeur nominale : Le montant de la VN ne peut être inférieur à 50 MAD. A la différence des actions, aucune disposition légale n’interdit d’émettre des obligations à un prix inférieur à la VN. Elle est normalement pour le Maroc de 1000 MAD, le nombre de titres étant fonction des besoins de financement de l’émetteur et des capacités d’absorption du marché. Cette VN sert de base pour le calcul des intérêts ou coupon. Le montant du coupon = VN x taux d’intérêt nominal x durée d’une période (trimestre, semestre ou année). - Le prix d’émission: Il est le prix à payer par le souscripteur pour obtenir une obligation sur le marché primaire. (Le prix d’émission est égal ou inférieur à la valeur nominale). Si une obligation dont la valeur nominale est de 1000 DH est émise au prix de 1000 DH, l’obligation est dite « au pair ». Contrairement aux actions, l’émission de l’obligation peut se réaliser audessous du pair. Dans ce cas, le prix d’émission est inférieur à la valeur nominale, ce qui correspond à une prime d’émission négative pour l’émetteur. L’émission est dite au-dessus du pair si la valeur nominale est supérieure au montant demandé lors de la souscription. Il y a une prime d’émission si la valeur nominale est de 1000 DH alors que la valeur de souscription est de 950 DH, la prime d’émission est égale à 50 DH). Si par exemple la valeur nominale est de 1000 DH et la valeur de souscription est de 950 DH, la prime d’émission est égale à 1000 - 950 DH = 50 DH. L’émission est dite au pair lorsque la valeur nominale de l’obligation est égale à la somme demandée au moment de la souscription. Si la valeur nominale d’une obligation est de 1000 DH et son prix d’émission est de 1000 DH, l’obligation est dite au pair. L’émission est dite au-dessus du pair si la valeur nominale est supérieure au montant demandé lors de la souscription. Il y a une prime d’émission. - La durée de l’emprunt (5, 10, 15, 20 ans ou plus) ; - La maturité résiduelle: la période restant à courir jusqu’à l’échéance de l’obligation; - La méthode d’action ou d’amortissement de l’emprunt. L’entreprise ou l’organisme émetteur peut : * soit rembourser la totalité de l’emprunt à la fin de la durée de l’emprunt. L’amortissement de l’emprunt est fait en une seule fois. L’amortissement est dit « in fine ».[1] [1] In fine (du latin « à la fin ») veut dire en une seule fois à la fin de la période. * soit procéder en un remboursement en tranches annuelles égales. Ainsi ; si l’emprunt a une durée de 15 ans, l’emprunteur remboursera 1/15 du montant nominal de l’emprunt chaque année. L’amortissement est fait par tirage au sort annuel. Les obligations remboursables sont alors désignées par tirage au sort un à trois mois avant la date prévue pour le remboursement ; * Soit par annuités constantes : Le capital est amorti en plusieurs fois de telle sorte que la somme des intérêts et du capital remboursé à chaque période, soit une annuité constante ; * soit racheter des titres en bourse ; en plus de l’amortissement prévu s’il est prévu dans le contrat d’obligation une clause de rachat. Ceci rend la durée de vie de l’obligation plus incertaine. - La date de jouissance de l’emprunt : date à partir de laquelle les intérêts sont calculés. Si elle est antérieure à la date de règlement, le souscripteur verse un coupon couru (fraction du premier coupon correspondant à l’intérêt entre ces deux dates ; - La valeur de remboursement : Elle est le montant en principal récupéré par l’investisseur ; généralement le remboursement est fait au pair (prix de remboursement = valeur nominale), mais il peut être supérieur ; la différence entre la valeur de remboursement et la valeur nominale est appelée prime de remboursement. Comme la prime à l’émission, la prime de remboursement constitue une incitation à la souscription. - Le taux d’intérêt. Lorsque l’obligation est à taux fixe, le taux d’intérêt indiqué est le taux nominal, par exemple 10%. Le taux de rendement actuariel [1] est aussi indiqué. Lorsque l’obligation est à taux variable ; sont indiqués : * le taux de référence ou le taux de base ; * La période de référence ; * La marge faciale, qui consiste à ajouter une certaine valeur au taux de base ; * Les limites de la rémunération : il est généralement prévu un taux minimum ou un taux maximum. [1] Le taux de rendement actuariel est le taux permettant de connaître le véritable rapport annuel d’un placement obligataire grâce à la méthode des intérêts composés. Il est calculé sur la durée totale de l’emprunt, en tenant compte des intérêts payés, des commissions éventuelles, des primes d’émission et de remboursement ainsi que des modalités de paiement et des dates d’échéance. Contrairement au taux de rendement actuariel net, le taux de rendement actuariel brut ne prend pas en compte le prélèvement fiscal. - La date de règlement : date à laquelle l’emprunt est liquidé. - La nature de la garantie, éventuellement. Certains emprunts de sociétés publiques reçoivent la garantie de l’État. Le risque dans le cas des obligations n’est pas très important relativement à celui des actions. Néanmoins, la seule incertitude qui subsiste est que le débiteur rompe le contrat : on dit qu’il fait défaut. Le risque associé est appelé risque de défaut ou encore le risque de signature car il dépend de l’émetteur[1]. [1] Dans la réalité, les choses sont plus complexes, car en cas de faillite de l’entreprise certaines dettes seront prioritairement remboursées. Ce risque peut rarement être négligé pour les obligations émises par les entreprises. Il est très important pour certains États. Dans ce qui suit nous considérons des obligations dont le risque de défaut peut être considéré comme nul [1]. [1]: C’est le cas d’ailleurs des obligations émises par les États des pays les plus riches… A une date donnée, de nombreuses obligations émises à des dates diverses sont échangeables sur les marchés. Pour comparer les obligations, la notion de taux actuariel est souvent utilisé dans la pratique (toute nouvelle émission d’obligations fait apparaître, dans la description du produit, son taux actuariel). Définition 1: Soit une obligation du prix p qui rapporte une suite de versements positifs a(t), t = 1, …,T. On appelle taux actuariel de cette obligation l’unique taux r qui est égal à p la valeur actuelle des versements : T a (t ) p . t t 1 (1 r ) 3. L’évaluation et la cotation des obligations : Les obligations se cotent en pourcentage de leur valeur nominale et au « pied du coupon » (sans le « coupon couru », donc comme si le dernier coupon venait d’être distribué), ce qui facilite la comparaison d’obligations de caractéristiques différentes. Exemple : Une obligation de valeur nominale 10 DH cotant [1] 117 a une valeur du marché de soit 11,7 DH. [1] 117% ; autrement dit, la cotation se fait en pourcentage de la valeur d’émission. La notion du « coupon couru » signifie qu’entre deux dates de tombée du coupon, l’acheteur doit racheter au vendeur la fraction courue des intérêts. Celle-ci est égale au produit du coupon multiplié par le nombre de jours courus depuis le coupon précédent. L’obligataire acquiert donc le titre en versant la « valeur coupon attaché » ou « plein du coupon », soit la totalité coupon couru plus pied du coupon. Exemple : Une obligation émise à 1000 DH le 8 mai 2004 est remboursée in fine au « pair ». Échéance de cette obligation sera dans 5 ans et 28 jours, soit le 5 juin 2009. Le taux nominal est de 6% et le taux actuariel du moment est de 7%. Prix au « pied du coupon » : Actualisation des flux (coupon de 60 DH pendant 5 ans et remboursement du nominal de 1000 DH à l’échéance) au taux du moment : 60 60 60 60 60 1004,6 959 2 3 4 5 1853/365 (1 0,07) (1 0,07) (1 0,07) (1 0,07) (1 0,07) (1 0,07) Soit encore 95,9%. Le coupon couru : La détention de l’obligation pendant une année entière rapporte (coupon annuel). S’il reste 28 jours jusqu’au versement du coupon suivant, cela signifie que la durée du portage de l’obligation depuis le versement du dernier coupon est de 28 jours ; le coupon couru est donc de : 28 60 4, 60 DH 365 EXERCICE: Supposons qu’en juillet 2006 vous achetiez une obligation du gouvernement marocain dont la valeur nominale est de 1000 DH, le coupon est à un taux annuel de 13,75% et l’échéance sur 5 ans est en 2011. 1- Calculez la série des flux reçus? 2- Calculez le prix de cette obligation sachant que le taux actuariel du moment est de 7,6? 2ème partie : les marchés fermes de titres Chapitre 3 : L’introduction, les OPA et les OPE à la bourse Casablanca L’accès des entreprises [1] sur les marchés est soumis à une réglementation très stricte. Il en va de même pour les offres publiques d’achat et les offres publiques d’échange, qui permettent de prendre le contrôle de sociétés déjà cotées sur le marché. [1]: Les collectivités locales et l’Etat peuvent, en théorie et sous certaines conditions très strictes, émettre des obligations sur le marché obligataire en Bourse. Autrefois réservée aux grandes entreprises, l’entrée en bourse est aujourd’hui une opportunité stratégique offerte aux petites et moyennes entreprises [1]. En terme de communication, par exemple, l’introduction donne à l’entreprise une image de réussite. En termes financiers, elle lui permet de bénéficier d’un formidable levier de croissance. [1]: La création du second et de troisième marchés (aujourd’hui fusionnés sous l’appellation du marché alternatif) a permis aux petites et moyennes entreprises de lever des fonds directement sur le marché. 1. Les introductions en bourse et les participants au marché Trois types d’intervenant participent au marché ; il s’agit des émetteurs de titres, des investisseurs et des intermédiaires. Les participants au marché Emetteur de titres Intermédiaires en Investisseurs bourse - entreprises - société de bourse - Particuliers - institutions financières - banques -Investisseurs - Etat - société de gestion de portefeuil es institutionnels - Services publics - Entreprises - Sociétés étrangères - Etrangers Les motivations à une introduction en bourse S’introduire en bourse est un événement exceptionnel dans la vie d’une entreprise. C’est la raison pour laquelle la bourse de Casablanca mène, depuis quelques années, au plan national et avec l’aide des sociétés de bourse, une politique de sensibilisation et d’information des chefs d’entreprises sur l’intérêt d’une cotation en bourse. Les motivations les plus fréquemment avancées à une introduction en bourse sont : la succession, la notoriété, le financement de la croissance, la liquidité du patrimoine et les plusvalues créées de la vente des titres par les actionnaires d’origine. La motivation principale, selon les dirigeants de certaines entreprises marocaines, récemment introduites, reste la croissance externe, la liquidité de leur capital et donc de leur patrimoine. Nous savons aujourd’hui que la plupart des entreprises de petite et moyenne tailles connaissent des difficultés relatives au financement de leur croissance. Une source des plus importantes reste le financement direct, via la bourse des valeurs. Ainsi, pour faciliter l’accès à la bourse des entreprises de tailles diverses, la SBVC gère trois marchés réglementés correspondants à une offre bien différenciée : - le premier compartiment s’adresse aux grandes sociétés marocaines ; - le second compartiment, crée en 1996, s’adresse aux entreprises de taille moyenne, souvent familiales, présentant un bon niveau de rentabilité et de bonnes perspectives de croissance et dont les dirigeants cherchent une consécration de leur réussite par le marché ; - le troisième compartiment crée en 2000 (à l’image de nouveau marché en France [1]) et qui s’adresse aux sociétés, jeunes, innovantes et à fort potentiel de croissance et qui ont besoin de capitaux importants pour financer leur plan de développement. [1]: Marché de valeurs technologiques. Ce marché est ouvert aux « start-up ». Il concerne le même type d’entreprises cotées sur le NASDAQ américain. Les conditions d’admission en France, sur ce marché, sont volontairement souples. Ainsi, il n’est pas obligatoire de fournir des états financiers certifiés sur une période de deux ans. En tant qu’émetteur d’actions, l’entreprise introduite bénéficie de la possibilité de lever des capitaux, suivant ses besoins, à des conditions de marché souvent avantageuses, afin de financer sa croissance par des fonds propres plutôt que par l’endettement. En effet, elle élargit le cercle de ses actionnaires au moment de son introduction et au moment de ses augmentations du capital. Elle se permet ainsi d’avoir des fonds de financement accompagnés de frais financiers moins élevés, avec une sécurisation de sa croissance à long terme et avec une marge d’indépendance financière très importante [1]. Ceci s’inscrit dans le cadre d’une croissance externe saine, car la cotation de l’entreprise lui facilite l’élargissement par les propositions de rachat ou de rapprochement divers. [1] Le financement direct par le biais de crédit bancaire reste relativement cher, hypothéqué par une garantie qui dépasse les 100% et dont la contrainte plonge l’entreprise dans une dépendance financière vis-à-vis de ses bailleurs de fonds. En général, la cotation en bourse permet d’obtenir les éléments suivants : - elle permet plus facilement d’échanger des titres cotés contre des actifs. Les actionnaires peuvent facilement se retirer du capital de l’entreprise sans subir des pertes ; - elle rend possible des acquisitions et des investissements [1] d’un montant plus élevé ; - elle permet des opérations qui pèsent moins sur la trésorerie de l’entreprise ; - elle facilite l’intégration des dirigeants à la réussite de l’association nouvelle. [1]: En termes d’immobilisations corporelles, incorporelles et financières. Généralement, la bourse apporte les avantages suivants : - elle permet la réalisation et la diversification d’une partie du patrimoine des actionnaires d’origine ; - le marché fixe, chaque jour, le prix de l’action qui tient compte des résultats et des perspectives de l’entreprise et non seulement de la valeur comptable ; - la cotation valorise en permanence la part du capital non diffusée dans le public ; - la cotation permet aussi l’entrée et la sortie d’actionnaires temporaires (industriels, financiers) dont l’entreprise peut avoir besoin à un stade de son développement ; - l’introduction en bourse favorise la mobilité du capital. Bien préparé sur le plan psychologique, juridique et fiscal, une introduction en bourse peut favoriser la solution à des problèmes souvent rencontrés par les dirigeants de sociétés (en particulier familiales) et offre de réelles opportunités pour les actionnaires. En effet, en raison des conflits et des désaccords entre les héritiers et les actionnaires et l’arrivée de nouveaux investisseurs, la cotation en bourse est un facteur de pérennité des entreprises : - il est plus facile de partager des actions cotées que des actifs industriels. Le prix de l’action est connu, incontesté, opposable aux tiers (et au fisc notamment) ; - le dédommagement des héritiers ne travaillant pas dans l’entreprise est facilité ; - le paiement des droits de succession ou de donation peut être pris en charge par la vente partielle sur le marché des titres alloués ; - le contrôle majoritaire peut être protégé par des pactes d’actionnaires et une ouverture limitée du capital sur le marché ; - une meilleure relation entre le capital et la gestion du patrimoine de l’entreprise, au quotidien, est ainsi organisée et très bien définie ; - la bourse préserve l’identité et l’avenir des entreprises familiales car l’ouverture du capital peut être limitée. Ceci dit, les entreprises ne peuvent pas être, toutes, cotées car un certain nombre d’exigences en matière d’introduction doivent être remplies. Les exigences en matière d’introduction en bourse L’une des exigences, les plus importantes en matière d’introduction, est de se conformer légalement aux critères d’admission définis par la société gestionnaire et renforcés par l’AMMC (avec notamment une certaine souplesse suivant la nouvelle structure à deux grands marchés: Marché principal et Marché alternatif). Ces critères sont relatifs aux capitaux propres, au flottant, au CA, à la convention d’animation et à la certification des états financiers. Dans le cadre de la structure à trois marchés (Principal, Développement et Croissance), le tableau suivant les résume de la façon suivante : En suivant la nouvelle configuration du marché actions en deux grands compartiments (Principal et Alternatif) et en tenant compte de la taille des entreprises candidates à l’IPO, nous avons la répartition suivante : - Marché Principal : destiné aux entreprises plus importantes, avec des compartiments internes pour les titres de capital, notamment A et B, et, selon la structuration introduite après la réforme, un Principal F pour des entreprises intermédiaires. - Marché Alternatif : destiné aux PME, avec des règles plus adaptées et allégées. Les documents de la Bourse parlent explicitement d’un « nouveau marché alternatif dédié aux PME ». Bourse de Casablanca – structure actuelle du marché actions Aujourd’hui, la structuration se lit surtout en 2 marchés : Marché Principal et Marché Alternatif ; les anciens marchés Développement et Croissance ne sont plus présentés comme marchés actions séparés. Ancienne Architecture Architecture actuelle Grandes entreprises ↓ Marché Principal Entreprises moyennes ↓ Marché Développement Petites entreprises ↓ Marché Croissance Marché Principal Marché Alternatif • Accueille les sociétés les plus établies • Peut comprendre plusieurs compartiments internes • Vocation : entreprises de plus grande taille ou intermédiaires • Dédié aux PME • Conditions d’accès et obligations plus adaptées • Voie d’introduction pour les entreprises en croissance Bourse de Casablanca - Mise à jour des exigences d’admission Critères Marché Principal Capital social Capital social entièrement libéré. Capital social entièrement libéré. États financiers / comptes certifiés États de synthèse certifiés des 2 derniers exercices précédant le dépôt. 1 seul exercice certifié. Taille minimale de Exigence de diffusion au public ; l’opération / diffusion seuils précis selon le compartiment au public visé du Marché Principal. Lecture d’ensemble Marché Alternatif (PME) À partir de 5 MMAD ; conditions allégées pour faciliter l’accès des PME. Cadre plus exigeant, adapté aux Cadre allégé, explicitement conçu sociétés de taille plus importante ou pour les PME souhaitant accéder au intermédiaire. marché boursier. Point pédagogique clé : le nouveau cadre met davantage l’accent sur la certification des comptes, le capital entièrement libéré et la taille minimale diffusée, plutôt que sur l’ancienne logique en trois marchés distincts. En plus de ces exigences (mentionnées ci-dessus), un dossier est présenté par le conseiller de l’émetteur dont le contenu est le suivant : - une lettre par laquelle la société demande l’admission de ses titres sur l’un des trois compartiments de la bourse de Casablanca et s’engage à respecter les dispositions réglementaires arrêtées au niveau du Règlement Général[1] ; - un procès-verbal de l’instance de décision ayant décidé l’introduction des titres en bourse et leur émission ; - un projet de note d’information établi conformément aux règles et circulaires du l’AMMC. [1] Selon le dahir portant loi n°1-93-211 du 21 septembre 1993, modifié et complété par les lois n° 34-96 et 29-00, les engagements en matière de cotation au troisième compartiment sont très stricts. En effet, selon l’article 14 ter, l’entreprise inscrite au troisième compartiment doit s’engager au moment de son introduction en bourse à présenter une convention établie selon le modèle fixé par l’AMMC, conclue avec une société de bourse pour une période de 5 ans, prévoyant notamment les obligations relatives aux conditions de préparation des documents d’information destinés au public et d’animation du marché de ses titres par la société de bourse. En outre, les actionnaires dirigeants s’engagent à conserver pendant une période de 5 ans, à compter de la date de la première cotation, 60% des actions détenues par eux. Cette période peut être réduite par arrêté du ministère chargé des finances après avis du l’AMMC. Les actions concernées doivent être inscrites en compte bloqué pendant cette période auprès de la société de bourse visée cidessus ou d’un établissement affilié désigné par les soins de ladite société. En effet, l’entreprise cotée se trouve dans l’obligation de fournir des informations avant et après la réalisation de l’introduction. Six éléments essentiels caractérisent la politique d’information de l’entreprise cotée avant son introduction effective : - la publication obligatoire d’une note d’information et des comptes ; - la diffusion du dossier d’introduction à l’ensemble des investisseurs et des prescripteurs ; - le lancement éventuel d’une campagne de publicité financière ; - l’organisation d’une réunion d’information financière ouverte aux analystes, aux investisseurs et à la presse ; -la présentation éventuelle de la société à l’étranger (road show) ; - l’information du personnel. Après l’introduction, la société cotée a l’obligation de procéder, tout au long de l’année, à une information régulière et sincère concernant les éléments qui doivent faire l’objet d’une publication officielle : - le chiffre d’affaires des trois derniers semestres ; - les bilans semestriels provisoires. Bref résumé pour s’introduire à la Bourse de Casablanca - mise à jour Cadre actuel : Marché Principal ou Marché Alternatif Idée directrice : la logique actuelle ne repose plus sur l’ancienne segmentation Principal / Développement / Croissance, mais sur une admission au Marché Principal ou au Marché Alternatif, selon le profil de l’émetteur et le montage de l’opération. 1. Préparation Choix du marché visé, désignation des conseils, audits juridiques et financiers, structuration de l’opération (cession, augmentation de capital ou mixte). 4. Souscription / placement Ouverture de la période de souscription ou d’acquisition ; centralisation des ordres par les intermédiaires habilités selon la procédure retenue. 2. Prospectus et visa Élaboration du prospectus (note d’opération + document de référence ou informations équivalentes) puis obtention du visa / enregistrement auprès de l’AMMC. 5. Allocation et 1re cotation Clôture de l’offre, traitement et allocation des ordres, publication des résultats, inscription à la cote et démarrage de la première séance de cotation. 3. Admission et calendrier Transmission du dossier à la Bourse de Casablanca, émission de l’avis d’approbation, fixation des paramètres de l’offre et publication du calendrier. 6. Obligations post-introduction Respect des obligations d’information financière périodique et permanente, gouvernance, communication marché et suivi de la liquidité du titre. NB : la chronologie exacte et les documents exigés varient selon le type d’opération, le compartiment visé et les prescriptions de l’AMMC et de la Bourse de Casablanca. Rôle et missions de l’introducteur L’introducteur se charge de l’évaluation de l’entreprise ; il est l’élément essentiel de la réussite de l’introduction de l’entreprise en bourse. En collaboration avec l’entreprise, l’introducteur (syndicat de placement formé d’une ou plusieurs sociétés de bourse qui se chargent de l’étude financière et un certain nombre de banques qui garantissent le placement) fixe le prix de l’émission des titres afin de les placer sur le marché. Pour diriger l’opération d’introduction et de placement, l’introducteur doit obligatoirement posséder le statut d’établissement de crédit. En collaboration avec une agence de communication, le syndicat-introducteur, chef de file de placement conseille à l’entreprise voulant être cotée de clarifier sa structure juridique et organisationnelle et son positionnement vis-à-vis des futurs investisseurs. L’introducteur se charge également de timing de l’introduction, de la gestion des relations avec les instances de contrôle tels que l’AMMC ou la société gestionnaire mais aussi et surtout de l’entretien et de l’assurance de la liquidité du titre après la première cotation. Toute entreprise voulant être cotée sur l’un des marchés de la bourse de Casablanca doit, avant de s’adresser au syndicat-introducteur, chef de file de placement, faire appel à un introducteur-conseil qui lui permet de faire le bon choix concernant les intermédiaires (la banque ou les banques de placement, la société de bourse et l’agence de communication), concernant l’évaluation de l’activité de l’entreprise et sa croissance future (business plan), concernant aussi les relais que doit entretenir l’entreprise avec les instances boursières et de contrôle et dans l’aide à la rédaction de prospectus d’introduction visé par l’AMMC. La valorisation de l’entreprise et prix de l’émission Le chois du prix de l’introduction ou de l’émission est un compromis entre la vision de l’entreprise et celle des investisseurs. Il est considéré comme l’élément le plus sensible dans le processus de l’introduction ; il doit faire l’unanimité parmi les acteurs participant à cette opération et satisfaire aux exigences relevant de plusieurs facteurs : la conjoncture, l’épargne disponible, les conditions de levée des fonds sur les marchés financiers et sur d’autres marchés en matières de taux, de garanties, de sécurité, de risques,… Les procédures d’introduction à la bourse de Casablanca Les procédures d’introduction en bourse répondent à deux objectifs : diffuser les titres dans le public et assurer la première cotation des titres. Il existe deux types de procédures d’introduction. Le premier type englobe les procédures dites « du marché », centralisées par la bourse de Casablanca et qui permettent de réaliser simultanément les deux objectifs ci-dessus. Elles sont au nombre de trois : - l’Offre à Prix Ferme (OPF) ou offre publique de vente (OPV) : avec la procédure d’offre publique de vente, le prix est fixé à l’avance. Le public connaît à l’avance le prix de l’action. Cela évite ainsi des prix trop élevés lors de l’introduction. Il y a ensuite une réduction des offres d’achat. Cette procédure semble la plus utilisée dans les introductions des entreprises marocaines à la bourse de Casablanca. - l’Offre à Prix Minimum (OPM) ; - la procédure ordinaire de cotation : La société remet à des intermédiaires financiers un montant déterminé de titres. Ces intermédiaires se chargeront de l’introduction en Bourse. Les titres seront offerts à un prix minimal fixé à l’avance. Si la demande est très élevée, cette procédure peut être abandonnée au profit de la procédure d’offre publique de vente (OPV). Cotation ordinaire Offre à prix minimum Offre à prix ferme Pré-placement Fourchette de prix annoncée lors de pré-marketing ; Prix d’offre Annonce Délai d’annonce (jours de bourse) Ordres Minimum Le prix définitif est fixé soit au début, soit à la clôture du placement Avis de la bourse de Casablanca décrivant les modalités de l’opération 5 Minimum Prix ferme et définitif 10 Ordres à cours Ordres à cours limité ; ordres au limité uniquement mieux acceptés 10 Lors de prémarketing Ordres à prix d’offre Technique du « book building » Centralisation des ordres Bourse de Casablanca Attribution Taux de service identique pour tous les donneurs d’ordres, des titres appartenant à une même catégorie, réduction proportionnelle Taux de 5% sur 5% dans la 5% de l’ensemble service l’ensemble des fourchette de prix des ordres minimum* ordres cours servie coté Société de bourse Taux de service discrétionnaire Non applicable Les coûts d’introduction et de cotation L’introduction à la bourse de Casablanca, comme toute introduction sur n’importe quel marché du monde, est passible d’un coût supporté par l’entreprise désirant être cotée. La structure des coûts sur le marché casablancais peut être appréhendée sur un calendrier de trois périodes : Travaux dirigés: I- Exercice Une obligation émise par une banque à 2000 DH au début de l’année 2004 est remboursée in fine au « pair ». Échéance de cette obligation sera dans 10 ans. Le taux nominal est de 10% et le taux actuariel du moment est de 12%. 1. Calculer le Prix au « pied du coupon » de cette obligation ? 2. Calculer le coupon couru de cette obligation ? 3. Quel est le prix net de l’obligation à acquitter ? 4. Nous savons que le cours de l’obligation augmente lorsque le taux d’intérêt diminue ; expliquez pourquoi ? II- Répondez par vrai ou faux 1. La bourse est un marché non officiel où se négocient des valeurs mobilières : actions ; obligations; 2. Les investisseurs institutionnels occupent une place très secondaire sur les marchés aujourd’hui; 3. Les titres sont tous dématérialisés. Ils doivent obligatoirement faire l’objet d’une inscription en compte titres; 4. À la différence de l’actionnaire, qui est un associé de l’entreprise, l’obligataire est un débiteur face à l’entreprise; 5. Les droits des obligataires sont des droits à caractère pécuniaire et non pécuniaires; 6. L’émission est dite au dessus du pair si la valeur nominale est inférieur au montant demandé lors de la souscription; 7. Le risque dans le cas des obligations est inexistant. Chapitre 4 : Les marchés fermes de titres Il existe plusieurs marchés : - Les marchés fermes sur lesquels les opérations traitées sont fermes dès l’achat ou dès la vente. Ces marchés regroupent, sur le marché parisien, le marché au comptant et le marché à règlement mensuel. Au Maroc, il s’agit tout simplement du marché au comptant. - Les marchés conditionnels ; - Les marchés d’instruments financiers qui permettent la couverture des opérations contre le risque. 1. Le marché primaire et le marché secondaire Création de titres Vendeurs de titres Acheteurs de titres Intérêt du marché MARCHE PRIMAIRE MARCHE SECONDAIRE Oui Non Entreprises, Etat, collectivités Investisseurs locales Investisseurs Investisseurs Placement de l’épargne, Placement de l’épargne en liquidité des titres,… Bourse 2. Les différents marchés de cotation : - Le marché au comptant (France + Maroc) ; - Le marché à règlement mensuel (France); - Le second marché ou deuxième compartiment (marché développement au Maroc) (France + Maroc); - Le troisième marché (marché croissance) au Maroc, nouveau marché en France, marché des valeurs technologiques aux E-U; - Le hors cote (France) ou marché des cessions directes (Maroc) ou Over-The-Counter (OTC) (E-U, R-U). N.B1. Ces 4 types de marchés sont des marchés fermes (inconditionnels) N.B1. marché développement et marché croissance constituent aujourd’hui un seul compartiment au Maroc. Ce marché est dénommé marché alternatif Le marché au comptant L’acheteur sur ce marché doit payer comptant. Le vendeur doit posséder les titres qu’il livrera. Les titres du second marché, du hors cote ainsi que les obligations sont également négociés sur ce marché. Le marché à règlement mensuel : Sur ce marché figurent les sociétés les plus importantes. Ce sont ces sociétés qui font l’objet des plus grosses transactions. Le marché à règlement mensuel ne permet d’exécuter les engagements de règlement ou de livraison des titres qu’au jour de la liquidation mensuelle, d’où son appellation. Le second marché : Appelé aussi le deuxième marché qui est réservé aux valeurs moyennes à la bourse de Casablanca et à la bourse de Paris. Le marché hors cote ou marché de gré à gré ou encore le marché des cessions directes : Sur ce marché, la demande de cotation peut être prise par la société elle-même par les actionnaires. Sont cotées au hors cote : * certaines sociétés qui envisagent de demander ensuite leur inscription au second marché ; * des Sociétés qui préfèrent être négociées sans contrainte ; * des sociétés dont les actionnaires veulent se défaire des titres sans ou contre l’avis de la société ; * des sociétés qui ont fait l’objet d’OPA ou d’OPE et sur lesquelles les transactions sont devenues irrégulières, etc. 2.1. La structure de la Bourse 2.2.1 Le marché central ou Carnet d’ordre central (Normal Order Book) Mis en place en 1998, il remplace le marché officiel. C’est un marché sur lequel sont négociés et traités les ordres de bourse (de ventes et d’achats ordinaires) portant sur des quantités de titres sans condition de taille. Normalement, c’est un marché de détails où sont transmis les ordres portant sur de petites quantités de titres. Titres négociés au comptant: seul mode de transactions à règlement immédiat (pas de transactions à terme ou à règlement différé). Deux techniques de cotation des titres: Cotation en continu pour les titres les plus liquides, Cotation au fixing pour les titres moins liquides. Le marché de blocs A cause de fait que les transactions sur le marché de gré à gré sont réalisées hors cote, c’est-à-dire en dehors de la bourse dans le cadre d’une cession directe, les autorités boursières à Paris et Casablanca ont jugés nécessaires de centraliser les transactions à l’intérieur de la bourse dans le cadre de ce qu’on appelle le marché de blocs. La transaction quelque soit sa quantité doit passer sur le marché central en lui appliquant les mêmes conditions du prix que celles appliquées sur le marché central avant de la transférer sur le marché de blocs pour être exécutée. 2.2.2 Le marché de bloc ou carnet d’ordres de bloc Instauré vers la fin de 1998 en vue de mettre fin à la fonction du marché des cessions directes (marché de gré à gré). C’est un marché de gros sur lequel sont exécutés les ordres des opérateurs institutionnels dont le volume est important. Les vendeurs et les acheteurs des ordres s’entendent sur le nombre de titres à échanger. Quant au prix, il ne doit pas s’écarter beaucoup du prix du même titre échangé sur le marché central. Les opérations sur ce marché doivent : Porter sur un nombre de titres au moins égal à la taille minimum de bloc (TMB), définie par la bourse de Casablanca pour chaque valeur par référence à la fois au volume de transactions historiques et à la liquidité du titre échangé ; Être conclues à un cours inclus dans la fourchette moyenne pondérée (FMP) des prix issus de la feuille de marché. La FMP de chaque valeur est calculée automatiquement en temps réel pour les valeurs cotées en continu tout au long de la séance, et pour celles cotées au fixing à l’ouverture. Taille Minimum de Bloc (TMB) La TMB est déterminée pour chaque valeur, pendant les trois mois précédents, en fonction des critères suivants : Trois fois la moyenne quotidienne des titres échangés sur le marché central ; Le cours moyen constaté sur le marché de blocs et sur le marché central ; Le volume minimum calculé par la société gestionnaire sur la base de la moyenne des transactions de la valeur sur le marché de blocs et révisé trimestriellement. Si le volume correspondant à cinq fois la quantité moyenne des titres échangés sur le marché central au cours des trois derniers mois est supérieur au volume moyen du marché de blocs, la TMB retenue est égale à cinq fois la moyenne quotidienne des titres échangés sur le marché central. Dans le cas contraire, la TMB est la quantité obtenue en divisant le volume moyen du marché de blocs, par le cours moyen du marché de blocs durant les trois derniers mois. 2.2.2 Le marché de bloc ou carnet d’ordres de bloc Pour les valeurs nouvellement inscrites, la Taille Minimum de Blocs est déterminée selon des critères suivants : Capitalisation flottante à l’introduction de l’émetteur ; Capitalisation flottante = (ND*CB)/NC Avec : ND=Nombre de titres diffusés dans le public par la société CB : Capitalisation boursière à l’introduction de l’émetteur NC : Nombre de titres correspondant au capital de la société - TMB moyenne des valeurs comparables, composant la tranche Ti à laquelle appartient la valeur à introduire, déterminée en fonction de la capitalisation boursière. Les tranches retenues sont: T1 < 1 milliard MAD 1 milliard MAD < T2 < 5 milliards MAD 5 milliards MAD < T3 < 10 milliards MAD T2 > 10 milliards MAD La TMB moyenne pour la tranche Ti est calculée comme suit : TMB moy Ti = (TMBv1 + TMBv2+ …. + TMBvK)/N 2.2.2 Le marché de bloc ou carnet d’ordres de bloc Pour les valeurs nouvellement inscrites, la TMB retenue est la plus élevée des volumes V1 et V2 [max (V1 ; V2)] : V1 = X% * Capitalisation flottante. Avec: X = 2 pour T1; 1,5 pour T2; 1 pour T3 et 0,5 pour T4. Si le volume V1 est supérieur au volume V2, la TMB retenue est la quantité obtenue en divisant V1 par le cours d’introduction. Dans le cas contraire, la TMB retenue est la TMB moyenne. La TMB retenue est appliquée durant les trois premiers mois suivant l’introduction de la valeur. La TMB d’une valeur est arrondi au multiple de 100 le plus proche de la TMB calculée. La TMB d’une valeur ne peut être inférieure au plus petit des seuils suivants : 100 titres, pour les titres de créances; et 10.000 titres, pour les titres de capital ayant une valeur nominale de 100 dirhams, ou une quantité équivalente en fonction de leur valeur nominale ; 2,5% du nombre de titres constituant le capital social de la société. Fourchette Moyenne Pondérée (FMP) La fourchette de prix est définie soit par rapport au cours de clôture de la veille soit par rapport au dernier cours traité. Valeurs cotées en continu Pour ces valeurs, les transactions de blocs s’effectuent à un cours figurant entre les deux bornes de la FMP, bornes incluses, définie à partir du Marché Central. Valeurs cotées au fixing Pour ces valeurs, les négociations de blocs s'effectuent à des prix compris dans une fourchette, bornes incluses, déterminée sur la base du dernier cours traité, diminué ou augmenté d’une marge de variation maximale. Blocs stratégiques Les transactions de blocs portant sur au moins 5% des titres composant le capital social d’une société cotée, ou sur une quantité représentant au moins 10 fois la TMB, sans toutefois que cette quantité ne soit inférieure à 2,5% des titres composant son capital social, peuvent être réalisées à un prix compris dans une fourchette de 10% de part et d’autre de la FMP pour les valeurs cotées en continu. Dans le cas des valeurs cotées au fixing, ces transactions sont effectuées au dernier cours coté diminué ou augmenté de 10%. NB: Les marges de variation maximale sont définies et publiées par la société gestionnaire par valeur ou groupe de valeur. 2.2.3 Carnet d’ordres d’enchères C’est un carnet d’ordres pouvant être utilisé occasionnellement pour réaliser des opérations d'enchères en dehors du carnet d'ordres central. Il peut notamment être utilisé pour la réalisation des ventes aux enchères des titres saisis. 2.2.4 Carnet d’ordres d’affichage C’est un carnet d’ordres qui permet d’afficher des prix indicatifs à l’achat et à la vente. Il peut être utilisé pour la cotation des titres non cotés sur le marché réglementé (Bons de Trésor par exemple). La négociation et l’exécution des ordres sont réalisées en dehors du marché et les transactions sont déclarées par la suite à la Bourse. Le nouveau marché ou troisième compartiment : Le nouveau marché ou troisième compartiment ou encore le marché des valeurs technologiques est un marché dont l’objectif est d’inciter les petites entreprises à faire appel public à l’épargne. Ce marché offre des avantages compétitifs importants comparativement aux autres types de marchés boursiers. 3. Les opérations sur le marché au comptant La procédure ordinaire sur le marché au comptant - Les transactions peuvent porter sur un seul titre ; - Les opérations d’achat et de vente sont réglées immédiatement et dénouées le jour même. Les opérations de contrepartie sur actions En France depuis 1989 et au Maroc depuis 2004, les sociétés de Bourse (les commis de bourse), les banques et autres intermédiaires agréés pour agir en tant que contrepartistes peuvent agir directement avec leurs clients mais en relation avec le marché central. La contrepartie ordinaire : La contrepartie ordinaire peut porter sur toutes les valeurs. - Soit pendant la séance et être effectuée sous forme d’une application achat-vente à un prix inclus dans la fourchette du marché existant au moment de son exécution ; - Soit hors séance, et être alors effectuée sous forme d’une application à un prix inclus dans la fourchette du marché existant à la clôture précédente (+ ou – 1%). b) la contrepartie sur blocs de titres : Depuis 1994 en France et depuis 1998 au Maroc des marchés de blocs ont respectivement été créés : - pour les blocs de « taille normale », le prix de la transaction se fait à l’intérieur d’une fourchette moyenne pondérée, qui exprime le prix moyen acheteur et vendeur calculés en permanence à partir de l’investissement des ordres d’achat et de vente présents dans le système central ; - Pour les blocs « structurants », c'est-à-dire ceux qui représentent + de 10 % du capital, on applique à plus ou moins 10% la meilleure fourchette du marché central[1]. [1] Cette réforme au sein du marché parisien est une réponse à la concurrence du SEAQ (Stock Exchange Automated Quotation System), marché londonien. Au Maroc, elle est un moyen de faire face à une concurrence du marché parallèle. 4. Les opérations sur le marché à règlement mensuel (l’équivalent au Maroc prochainement le marché à terme) Ces opérations peuvent être à but spéculatif : Ex1: Spéculation à la baisse M. X anticipe une baisse des titres Centrale Laitière. Il peut vendre à terme à découvert 100 titres à 725 DH. Si le titre a effectivement baissé le jour de la liquidation et est coté à 680 DH, il rachètera le titre moins cher et encaissera ainsi un profit égal à : 72500 DH – 68000 DH = 4500 DH M. X liquide sa position vendeur. Ex2: Spéculation à la hausse M. Y anticipe une hausse des titres Centrale Laitière. Il peut acheter à terme à découvert 100 titres à 7250 DH qu’il ne paiera évidemment qu’au jour de la liquidation. Si au jour de la liquidation, le titre Central Laitière a augmenté et est coté à 7500 DH, le spéculateur paiera sa dette, soit 725000 DH et revendra ses titres 750000 DH. Il encaissera ainsi un profit égal à : 750000 DH – 725000 DH= 25000 DH. M. Y liquide ainsi sa position acheteur. Chapitre 5 Les ordres de Bourse et la cotation des titres sur les marchés fermes: 1. La transmission des ordres de Bourse : La transmission peut se faire par différents moyens : téléphone, fax, lettre et internet. 2. Les différents ordres: Les ordres à cours limité « Un ordre à cours limité C ne peut être exécuté au dessus de ce cours s'il s'agit d'un ordre d'achat. Il ne peut être exécuté au dessous s'il s'agit d'un ordre de vente ». Par exemple, l'ordre d'achat: « 25 Actions DARI à 400 DH » : veut dire que les actions ne doivent être achetées que si le cours de l’action est inférieur ou égal à 400 DH. L'ordre de vente: « 50 CDM Coppée à 420 F » : veut dire que les actions ne doivent être vendues que si le cours de l’action est supérieur ou égal à 420 DH. Les ordres au prix du marché « Un ordre au prix du marché ne comprend pas d'indication de prix. Il est exécuté quel que soit le cours ». Les ordres au prix du marché introduits pendant la séance pour les valeurs cotées en continu sont transformés en ordres à cours limité au cours de la demande la plus élevée en attente sur le marché lorsqu'il s'agit d'un ordre de vente et au cours de l’offre la plus basse s'il s'agit d'un ordre d'achat. Selon l'offre de titres disponible, l'ordre peut n'être exécuté que partiellement. Les ordres à révocation: « Si l'on veut que l'ordre ne soit valable que pendant une certaine période, il faut donner un ordre spécifiant la date de révocation ». Les ordres « soignants » Ces ordres ne sont généralement passés que par des investisseurs qui veulent acquérir ou vendre des quantités importantes de titres et font confiance à la Société de Bourse pour réaliser l'opération dans les meilleures conditions. Ces ordres sont laissés à l'initiative de « l'intermédiaire ». Les ordres échelonnés Les opérateurs fixent une série de paliers pour leurs opérations ; par exemple : Acheter 100 actions Conté à 40 100 actions Conté à 42 100 actions Conté à 45 100 actions Conté à 47 Ou acheter 400 sur quatre Bourses. Ceci peut être intéressant lorsque le marché du titre est étroit, de façon à éviter de faire monter trop les cours si on achète, ou inversement de le faire trop baisser si on vend. Les ordres particuliers : les ordres liés et les ordres d’arbitrage « Un ordre lié est un ordre prévoyant l'achat de certains titres et la vente d'autres titres à condition que les 2 opérations puissent être effectuées dans la même Bourse ». Exemple : « achat de 20 Centrale Laitière Conté à 6000 et vente de 100 AGMA Coppée à 3000 ». « Un ordre d'arbitrage est un ordre dans lequel deux opérations doivent être effectuées, subordonnées, l'une à l'autre. Ces deux opérations peuvent être réalisées sur plusieurs séances de Bourse ». 7. Ordre au seuil de déclenchement Cet ordre permet de fixer un seuil à partir duquel l’ordre devient actif. Une fois le seuil atteint, l’ordre est déclenché et part au marché pour être exécuté. Il sert souvent à protéger une position ou à entrer sur une valeur lorsqu’un niveau de prix est franchi. 8. Ordre à plage de déclenchement Il fonctionne aussi avec un prix déclencheur, mais il ajoute une deuxième limite de prix. Cela signifie qu’une fois l’ordre déclenché, il ne s’exécutera que dans une plage acceptable fixée à l’avance. L’AMMC précise que cette deuxième limite fixe le maximum à ne pas dépasser en cas d’achat et le minimum à ne pas dépasser en cas de vente. Cet ordre protège donc mieux contre un prix d’exécution trop défavorable. Bourse de Casablanca : quatre modes de placement d’ordres Résumé opérationnel avec un exemple simple pour chaque cas 1. Ordre au prix du marché 2. Ordre à cours limité • Ordre sans prix indiqué : priorité à l’exécution immédiate. • • Le prix final dépend des meilleures offres disponibles au moment de l’exécution. • L’investisseur fixe un prix maximal à l’achat ou minimal à la vente. • • Priorité à la maîtrise du prix ; l’ordre peut rester non exécuté. Exemple : achat de 100 actions ; 40 sont offertes à 500 DH et 60 à 503 DH. L’ordre sera exécuté à 500 puis à 503 DH. Exemple : achat limité à 510 DH. Exécution possible à 508 ou 510 DH ; aucune exécution si le marché reste à 515 DH. 3. Ordre au seuil de déclenchement 4. Ordre à plage de déclenchement • L’ordre devient actif lorsque le cours atteint un seuil déterminé. • • Il sert souvent à protéger une position ou à entrer sur franchissement. • Même logique qu’un ordre à seuil, mais avec une limite de prix supplémentaire. • • Il protège contre une exécution à un prix trop défavorable. Exemple : action détenue à 320 DH ; seuil de vente fixé à 300 DH. Dès que 300 DH est touché, l’ordre est envoyé au marché. Exemple : seuil de vente 300 DH, limite basse 295 DH. L’ordre se déclenche à 300 DH mais ne s’exécute pas en dessous de 295 DH. Idée clé : prix du marché = rapidité ; cours limité = maîtrise du prix ; seuil = activation automatique ; plage = activation + limite de protection. 3. Les mécanismes de cotation Le cours d'une action est déterminé par la loi de l'offre et de la demande. Si pour 1 prix donné, l'offre est inférieure à la demande, le cours augmentera. Si au contraire, la demande de titres est inférieure à l'offre, le cours baissera. La méthode traditionnelle de détermination de cours Seules quelques valeurs françaises (une quinzaine) et les valeurs étrangères sont cotées à la criée. Au Maroc, la cotation à la criée est très rarement utilisée. Sur les marchés internationaux seuls les marchés de produits dérivés utilisent la méthode de la criée (le MONEP[1], le MATIF[2], LIFFE[3]. [1] Marché des Options NEgociables de Paris. [2] MArché à Terme International de France. [3] London International Financial Futures (contrats à terme financiers) and Options. Ordres de vente 50 titres 100 titres 200 titres 280 titres 340 titres 380 titres 400 titres 500 titres Limites de cours au mieux offert 1600 1610 1620 1630 1640 1650 Au mieux demandé Ordres d'achat 400 titres 340 titres 320 titres 400 titres 250 titres 120 titres 100 titres 100 titres Pour déterminer le cours, on cumule les offres et les demandes de la façon suivante: Ordres de vente cumulés 50 titres 150 titres (100+50) 350 titres (200+150) 630 titres (280+350) 970 titres (340+630) 1440 titres (1160+280) 1840 titres (1440+400) 2340 titres (1840+500) Limites de cours au mieux offert 1600 1610 1620 1630 1640 1650 1660 Au mieux demandé Ordres d'achat cumulés 2030 titres (1630+400) 1630 titres (1290+340) 1290 titres (970+320) 970 titres (570+400) 570 titres (320+250 320 titres (200+120) 200 titres (100+100) 100 titres « Le cours coté est celui qui permet le plus grand nombre de transaction » Ce cours est appelé cours d'équilibre. C’est le cours qui sera coté. A Ce cours seront exécutés : - Les ordres d'achat et de vente « au mieux » (ou au prix du marché) ; - Les ordres de vente à cours limité à : 1600, 1610, 1620 et 1630 ; - Les ordres d'achat à cours limité à : 1630, 1640, 1650,1660. La cotation en continue « La cotation assistée en continu (CAC) enregistre une succession de cours pour les titres cotés pendant toute la journée ». Tout ordre est horodaté dès sa réception à la société de bourse. La détermination des cours est essentiellement assurée par ordinateur. La cotation en continu se traduit par la confrontation de tous les ordres au fur et à mesure de leur enregistrement par la société gestionnaire, et le cas échéant, par la détermination d’un cours instantané pour chaque valeur. Le système de cotation électronique nourrit automatiquement un système de diffusion. Les rediffuseurs reçoivent en temps réel un ensemble de données du marché (heure, cours, nombre et volume de chaque titre échangé, etc.) telles qu’elles figurent sur les écrans des négociateurs. Ainsi, sur les marchés informatisés, le rapprochement des ordres à l’achat et à la vente en fonction de leurs caractéristiques de prix et de quantité, s’établit sur la base d’un système informatique et le prix d’équilibre se fixe au fur et à mesure des cotations pendant la journée. En effet, le volume des ordres se trouve élargi via l’installation des réseaux informatiques décentralisés. Désormais, les sociétés[1] de bourse par l’intermédiaire des périphériques peuvent passer un nombre important d’ordres en temps réel. [1] Seules les sociétés de bourse disposent des moyens pour placer des ordres par les terminaux informatiques. Les banques, par exemple, le font par fax et l’exécution des ordres n’est pas effective en temps réel. Sous le régime d’un système continu, la cotation et les transactions s’effectuent en temps réel. Les agents peuvent transmettre des ordres à tout moment. Un ordre est exécuté chaque fois qu’il trouve une contrepartie. Les transactions sont bilatérales contrairement au système de fixing où les transactions sont multilatérales. Sur le marché casablancais, le système de cotation adopté est en fait une combinaison de deux principes : le principe de fixing déterminant le cours d’ouverture de la séance et celui de la cotation continue durant le reste de la journée. En effet, le système de négociation électronique est géré par la société de la bourse de Casablanca (SBVC) de façon à adapter la cotation des titres à la réalité boursière marocaine et à la liquidité du marché. Ainsi, les valeurs cotées sont classées par catégories suivant le mode de cotation retenu. La répartition des titres par catégorie est effectuée par la société gestionnaire en fonction des critères de la liquidité des valeurs. Le tableau 7 ci-dessous montre le nombre de groupes de cotation et les horaires de cotation correspondant à chaque groupe après leur modification[1] sur décision du conseil de surveillance de la bourse de Casablanca : [1] Avis n° 10/01 du 30 janvier 2001 relatif à la modification des horaires de cotation. Ces nouveaux horaires sont entrés en vigueur le 6 février 2001. Une nouvelle modification des horaires de cotation est entrée en vigueur en 2005 allongeant la plage horaire de cotation jusqu’à 16 heure après midi. Phases/Groupes Groupe 01 Phase de pré-négociation (PON) Début 08h10 08h10 08h10 Fin 09h00 09h00 09h00 Début 09h00 - - Fin 09h30 + T0* - - Début Fin du FO - - Fin 15h20 - - Début 15h20 09h00 09h00 Fin 15h30 + T1* 14h30 + T2* 15h00 + T3* Fin FC Fin FC Fin FC Fin Fin FC + 1 min Fin FC + 1 min Fin FC + 1 min Début Fin CPC - - Fin Fin CPC + 9 min - - Début Fin NCC Fin NCC Fin Fin NCC + 15 min Fin NCC + 15 min Phase de Fixing d'Ouverture (FO) Phase de Négociation en Continu (NEC) Phase de Fixing de Clôture (FC) Phase de Calcul & Publication du Cours de clôture (CPC) Début Phase de Négociation au Cours de clôture (NCC) Phase de post négociation (PON) Groupes 03, 04, 06 & 07 Groupe 05 Fin NCC Fin NCC + 15 min *T0, T1, T2 et T3 sont des durées aléatoires ≤ à 60 secondes. Elles sont déterminées, par valeur, d’une manière automatique par le système. Groupe Désignation 01 Actions cotées en Continu 03 Actions cotées au fixing 04 Lignes secondaires, rattachées aux valeurs du groupe 01, cotées selon un Fixing par séance de bourse 05 Lignes secondaires, rattachées aux valeurs du groupe 03, cotées selon un Fixing par séance de bourse 06 Obligations cotées en pourcentage selon un seul fixing par séance de bourse 07 Obligations cotées en Dirhams selon un seul fixing par séance de bourse 4. Le coût d’une transaction en Bourse: Le coût d’une transaction doit tenir compte: des frais de courtage ; des commissions bancaires, si l’ordre est passé par une banque ; de l’impôt de Bourse ; de la TVA. Les coûts supportés lors d’une opération boursière d’achat ou de vente, se décomposent en une partie explicite – les frais ordinaires de transactions[1] – et implicite, qui dépend de la fourchette de prix[2] et de l’impact éventuel de la taille de l’ordre (market impact) sur les prix affichés. [1] Frais de courtage, impôts. [2] Les coûts relatifs à la fourchette moyenne pondérée (FMP) sont des coûts liés à la différence existant, à un moment donné, entre le prix d’achat et le prix de vente d’un même actif. Sur les marchés fonctionnant avec un carnet d’ordres telle que la bourse de Casa, le coût de la fourchette est lié à la différence entre la meilleure limite supérieure et la meilleure limite inférieure existant dans le carnet d’ordres générée par les placements d’ordres à cours limité. La composante explicite des coûts de transaction Les taux des commissions pratiqués par la bourse de Casa et les sociétés de bourse sont réglementés par le ministre des finances, qui fixe ainsi des plafonds. En plus de ces commissions boursières qui touchent les opérations d’achat et de vente, il faut en ajouter les prélèvements fiscaux[1] portant sur les dividendes potentiels et sur les plus values de cession de valeurs mobilières. [1] A la bourse de Tunis, les dividendes et les plus values sur cession sont exonérés d’impôt pour les personnes physiques. D’autre part, les provisions pour dépréciation des actions cotées à la bourse de Tunis sont déductibles de l’impôt sur les sociétés et ce, dans la limite de 30% du bénéfice imposable. Les coûts de transaction portent aussi sur les frais relatifs à la recherche de l’information engagée par l’investisseur. Aussi bien pour l’acheteur que pour le vendeur de titres, toute opération avant qu’elle ne soit réalisable, est susceptible d’un coût lié à la recherche de l’information pertinente. Toutes ces considérations relèvent de la microstructure et essentiellement de la composante implicite des coûts de transaction qui pèse sur la performance globale de la bourse. La composante implicite des coûts de transaction Il existe essentiellement trois types de fourchettes : la fourchette affichée – déjà évoquée ci-dessus –, puis la fourchette réalisée qui est appliquée en se référant à la fourchette affichée et enfin la fourchette pondérée. Sur un marché gouverné par les ordres, la fourchette réalisée ne coïncide pas forcément avec la fourchette initialement affichée, sauf dans le cas d’une opération simultanée d’achat et de revente de la même quantité de titres. Sur un marché gouverné par les prix, le teneur de marché affiche une fourchette majorée différente de la fourchette affichée. Ce comportement est une réaction de défense contre l’agent informé. Le troisième type de fourchette est celui relatif à la fourchette moyenne pondérée (FMP) appliquée à la bourse de Casablanca. Son calcul intervient dans le cadre d’une transaction de bloc. La FMP illustre bien la reproduction sur le marché de blocs des conditions d’exécution de la taille minimum de bloc (TMB), soit le coût à l’achat et à la vente que paierait un investisseur pour acquérir une TMB en passant par le marché central. Pour les valeurs cotées en continu, les transactions de blocs s’effectuent à un cours figurant entre les deux bornes de la fourchette moyenne pondérée, définie à partir du prix affiché sur le marché central, et ce dans la limite d’une marge de variation fixée par rapport à ce prix par la société gestionnaire. La fourchette moyenne pondérée s’entend donc des prix moyens résultant, après pondération des prix par les quantités des ordres d’achat et de vente affichés sur le marché central. La quantité cumulée des titres issue des ordres d’achat et de vente prise en considération doit être au moins égale à la taille minimum du bloc de la valeur concernée. Dans le cas où, faute d’ordres suffisants en carnet, la FMP ne pourrait être calculée à l’achat ou à la vente, le prix retenu sera, selon le côté manquant, la première limite majorée d’une marge de variation maximale de 5%. En l’absence d’ordres en carnet, les transactions hors marché central sont interdites. Pour les valeurs cotées au fixing, les négociations de blocs s’effectuent au prix coté lors de la séance de bourse du jour, diminué ou augmenté d’une marge de variation maximale de 1%. En l’absence de cotation d’un cours, les transactions hors marché sont interdites. Les marges susvisées sont des maximums et pourront être fixées à des seuils inférieurs par la société gestionnaire en fonction de la transparence et de la liquidité du marché. Comme il a été mentionné ci-dessus, à un moment donné, un échange peut manquer une contrepartie du côté opposé du marché. Ce manque de liquidité instantanée peut être résolu si des agents passifs[1] offrent l’immédiateté (immediacy) des titres. [1] Cette classification en agents actifs et passifs est due à Hasbrouck et Schwartz [1988]. Les investisseurs qui inscrivent des ordres à cours limité en carnet sont donc considérés comme des agents patients. Les acheteurs (respectivement vendeurs) sont rémunérés pour ce service en diminuant (augmentant) leur prix d’achat (de vente) par rapport au vrai prix de l’actif. En bref, les coûts implicites ne peuvent être réduits que par l’amélioration du niveau de la transparence du marché. Il est admis aujourd’hui que le niveau de transparence peut être substantiellement augmenté par le recours à la nouvelle technologie informatique de cotation. Sujets de travaux personnels : Les services offerts par les sociétés de bourse ; Le contrôle du AMMC ; L’efficience informationnelle des marchés boursiers ; Les coûts de transaction en bourse ; Les introductions en bourse ; La gestion intermédiée ; L’évaluation des sociétés cotées à la bourse de Casablanca ; L’analyse fondamentale et l’analyse graphique ; Les crises financières ou krachs boursiers ; La spéculation en bourse ; Les marchés de produits dérivés et la couverture contre le risque ; L’assurance de portefeuille ; La microstructure des marchés boursiers émergents.