années 1960, entendent se faire une place dans ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui le
"Nouvel Hollywood". La volonté de se frotter au système établi tout en apportant une réelle
indépendance d’esprit est l’un des points communs de cette génération comptant en son
sein des artistes brillants, reconnus depuis comme des "auteurs classiques" tels que
Francis Ford Coppola, Brian De Palma, Martin Scorsese et Steven Spielberg.
Tous ces cinéastes se sont croisés à un moment ou à un autre dès la fin des années 1960 ou
le début des années 1970 et, malgré un style et une carrière individuelle respectifs assez
différents, possèdent un véritable esprit de corps. Il peut paraître étonnant de parler de
cinéma indépendant à propos de Star Wars, considérant les budgets de ces films et ce que
leur succès considérable au box office a induit dans la façon de produire à Hollywood. C’est
pourtant bien le cas. Cette indépendance est due en premier lieu à la personnalité même de
Lucas, jeune rebelle à l’imagination fertile, personnage solitaire, casse-cou, et nourri de
culture populaire dès son plus jeune âge. L’image du nabab embourgeoisé, régnant
confortablement à l’intérieur de son Skywalker Ranch, qu’il projette depuis maintenant bien
des années, donne une image faussée du jeune artiste multitâche qui s’apprêtait à
révolutionner le cinéma américain dans bien des domaines.
George Lucas, né dans la petite ville de Modesto en 1944,
est un Californien pur jus élevé dans la classe moyenne. Il
grandit dans un ranch familial, le lieu idéal pour
entretenir sa solitude. Car le jeune Lucas était un
adolescent plutôt introverti, dont l’esprit était bien plus
attiré par les bandes dessinées comme Buck Rogers et
Flash Gordon que par les études. Une seule véritable
passion l’animait à cette époque : les voitures. Et plus
spécialement les courses automobiles. Lucas était fasciné par la vitesse et ambitionnait de
devenir pilote professionnel. Mais ce rêve se fracassa contre le mur d’une réalité terrible. En
effet, en juin 1962, à peine quelques jours avant la remise de son diplôme du second degré,
George Lucas frôla la mort lors d’un accident de voiture à bord de sa Fiat qui faisait sa fierté