Introduction à l’archéomagnétisme
provenant des éruptions volcaniques, des turbidites, etc ...). Sur des échelles de temps
plus longues, les mesures des isotopes stables sont utilisées comme marqueurs. Cette
stratigraphie interne au sein d’une étude peut alors être utilisée comme base pour une
chronologie absolue (Constable and McElhinny, 1985).
La datation des échantillons utilisés en archéomagnétisme est une étape primordiale
pour la reconstitution du champ magnétique passé tant pour la construction des courbes
de variations séculaires que pour le développement de modèle géomagnétiques globaux
ou régionaux.
2.1.3 La reconstitution du champ magnétique passé
A partir de l’ensemble de ces données, il est possible de reconstruire l’évolution du
champ magnétique terrestre au cours des dix derniers millénaires, sur une échelle ré-
gionale ou globale. Dans un premier temps il est possible de construire des courbes
de variations séculaires régionales par un lissage simple des données, préalablement re-
localisées en un site donné pour s’affranchir de la dépendance latitudinale du champ
magnétique. Ces courbes sont généralement construites par moyenne glissante en utili-
sant la statistique bayésienne (Lanos et al., 2005), qui a l’avantage de tenir compte des
erreurs de datation des structures. Plusieurs courbes de ce genre ont été construites pour
différentes régions, par exemple pour la Bulgarie (Kovacheva et al., 2009) ou encore pour
les Balkans (Tema and Kondopoulou, 2011). Cependant, les reconstitutions à l’échelle
globale du champ passé restent primordiales pour comprendre son évolution et donc les
mouvements de matière à la surface du noyau liquide.
Les modèles globaux doivent d’une part rendre compte de la géométrie du champ
magnétique à la surface du globe (en tenant compte des composantes non dipolaires
notamment) mais aussi reconstituer son évolution temporelle. Dans cet exercice, la dé-
composition du champ magnétique en harmonique sphérique est un outil mathématique
important (cf. eq. 1.7). Il permet de prendre en compte les termes de bas degré capables
de rendre compte des anomalies régionales. L’évolution temporelle des modèles globaux
repose des fonctions splines, utilisées en premier lieu par Bloxham and Jackson (1992)
pour reconstruire le champ historique. Le nombre et la distribution spatiale et temporelle
des données de l’holocène, combinés aux incertitudes d’âge importantes, limitent actuelle-
ment la résolution du champ passé et de son évolution à un degré d’harmonique sphérique
maximal de 4 ou 5 dans l’espace et à quelques décennies dans le temps. Cependant, si
le développement en harmoniques sphériques est tronqué à ces degrés relativement bas
et si la variabilité temporelle est limitée à cette valeur, une partie de l’information pour-
rait être perdue si la fréquence du signal est plus élevée ou si la longueur d’onde est plus
courte. Pour remédier à ce problème et pourvoir décrire les variations temporelles rapides
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