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3. Le modèle de Stackelberg
Le modèle de Stackelberg étudie les interactions stratégiques entre des firmes à taille
asymétrique dont les plus grandes cherchent à dominer les firmes de petite taille. Donc,
contrairement au modèle de Cournot qui suppose que les firmes oligopolistiques sont de taille
symétrique dont aucune n’a intérêt à dominer l’autre, et que toutes les firmes prennent leurs
décisions sur la base des anticipations, le modèle de Stackerbelrg suppose que les entreprises
constituant l’oligopole se distinguent en terme de leur position sur le marché. Il existe ainsi
des firmes dominantes qui font la loi du marché et des firmes dominées qui subissent aux
décisions du leader. Ce dernier (firme dominante) a l’initiative de déterminer sa quantité de
production qui maximise son profit et occupe les parts de marché les plus rentables, alors que
la firme dominée se comporte comme une firme suiveuse qui prend sa décision de production
après avoir constaté le niveau de production réalisé par la firme leader.
Les décisions des deux firmes seront ainsi séquentielles où la firme dominante choisit son
niveau de production avant la firme dominée. Les firmes dominantes disposent généralement
des capacités de production et de financement plus importantes ainsi qu’un marché plus
étendu que les petites firmes, leurs permettent d’être les leaders du marché.
Les firmes dominées, dépourvues des moyens pour faire face à la concurrence des leaders,
adaptent une stratégie de satellite qui orbite au tour des grandes firmes pour pouvoir survire et
maintenir leur position sur le marché. Elles acceptent ainsi d’occuper une position élémentaire
sur le marché et adoptent une stratégie de défense gagnante au lieu d’une stratégie offensive
perdante.
Considérons le cas d’un duopole formé par une firme dominante (leader) et une autre firme
suiveuse (dominée). Le comportement de la firme suiveuse consiste à maximiser son profit en
considérant que la production de la firme dominante est une donnée. Cette firme n’est pas
ainsi capable ni en terme de taille, ni en terme de compétitivité d’emmener le leader à
modifier son niveau d’output.
Si la firme 2 est une firme suiveuse et la firme 1 est dominante, la première maximise son
profit en tenant compte de la production de la firme dominante qu’elle va la considérer
comme une donnée et la seconde maximise son profit en tenant compte de la réaction de la
firme dominée :
Max 2= Y2 P(Y) – CT2(Y2) tel que Y1=
,
Avec P(Y) est la fonction de la demande inverse du marché, Y= Y1 + Y 2
2 est Max
0)()(
)(
022
2
2
2
2
YCmYP
YYP
Y
Y
Rm2(Y2) = Cm2(Y2)
A partir de cette condition d’équilibre de la firme 2, on peut dégager sa fonction de réaction :
Y2 = F2(Y1).
Pour chaque niveau d’output observé de la firme 1, la firme 2 va déterminer son niveau
d’output optimal selon cette fonction de réaction.
L’entreprise dominante est au courant du fait que ses décisions influencent la production de la
firme dominée, dés lors, elle prend sa décision de production en maximisant ses profits mais
en tenant compte de la réaction de la firme suiveuse :
Max 1= Y1 P(Y) – CT1(Y1) tel que Y2 =F2(Y1).
Graphiquement, l’équilibre de Stackelberg est représenté par le point de tangence entre la
courbe de réaction de la firme 2 et la courbe d’isoprofit de la firme 1.
Cette courbe d’isoprofit illustre les combinaisons d’output Y1 et Y2 permettant à la firme 1
d’avoir un niveau donné de profit.
On suppose que la fonction de demande inverse s’exprime linéairement de la manière
suivante : P(Y) = α – β (Y1+Y2)