1. Introduction
Citation : « Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ;
si je cherche à l’expliquer à celui qui m’interroge, je ne le sais plus. Cependant, j’affirme
avec assurance qu’il n’y aurait point de temps passé, si rien ne passait ; qu’il n’y aurait
point de temps à venir, si rien ne devait succéder à ce qui passe, et qu’il n’y aurait
point de temps présent si rien n’existait. Or le temps, le passé et l’avenir, comment
sont-ils, puisque le passé n’est plus, et que l’avenir n’est pas encore ? Pour le présent,
s’il était toujours présent sans voler au passé, il ne serait plus temps ; il serait éternité.
Si donc le présent, pour être temps, doit s’en aller en passé, comment pouvons-nous
dire qu’une chose soit, qui ne peut être qu’à la condition de n’être plus ? Et peut-on
dire, en vérité, que le temps soit, sinon parce qu’il tend à n’être pas ? (Saint-Augustin,
1998, Livre XI, XIV. 17.2) »
Cette réflexion trouve un écho direct dans le domaine de l’accompagnement des
personnes en situation de handicap psychique, qui repose sur une double obligation :
✓ Pour le professionnel, il s’agit de mettre en place un accompagnement structuré
et adapté, dans le cadre de ses valeurs, de son choix professionnel et des
contraintes institutionnelles ou réglementaires (EANM, EAM, etc.).
✓ Pour la personne accompagnée, l’accompagnement est vécu comme une
succession d’expériences, souvent orienté par les décisions des institutions
(MDA, établissements médico-sociaux), qui peuvent être subies ou acceptées
selon la situation.
L’accompagnement fait intervenir différents acteurs, il est donc nécessaire de
questionner la notion de coopération, de coordination et de temporalité pour étudier la
réponse aux besoins de situations de handicap.