CHAPITRE I : ANALYSE DU PROCESSUS DE DRIVE TEST ACTUEL
1.1 Introduction
Le réseau mobile n’est jamais figé il respire au rythme des déplacements humains, des saisons,
des feuilles qui poussent dans la forêt ou des bâtiments qui surgissent en ville. Chaque nouvelle
imperfection ; un trou de couverture, une chute de débit, un appel qui coupe devient une plainte,
un churn annoncé, une pénalité réglementaire. L’opérateur doit donc garantir une bonne
expérience d’utilisateur. Dans cette optique, il est primordial d’effectuer le drive test autrement
prélever les mesures d’un site ou plusieurs sites, le long d’une route, d’un sentier ou d’un
couloir indoor, pour capter ce que ressent réellement l’abonné.
Ce chapitre traite sur cette méthode éprouvée mais contrainte. Il dresse l’inventaire des
indicateurs clés, détaille la chaîne matérielle et logicielle, quantifie les coûts et surtout met en
lumière les ruptures de terrain qui rendent aujourd’hui le drive test classique incomplet.
1.2 Définition
Le drive test est l’opération consistant à parcourir un itinéraire donné avec un équipement de
mesure embarqué afin d’enregistrer, en chaque point géographique, les paramètres radio que
l’abonné expérimente. Contrairement aux statistiques réseau issues des counters eNodeB, le
drive test fournit les données concrètes du point de vue utilisateur.
1.3 Objectif du drive test
Il reflète la perception réelle du terminal, antennes comprises, obstacles environnants et effets
de mobilité inclus. Sa finalité première est triple : vérifier la conformité aux obligations
réglementaires de couverture, identifier les zones de dégradation avant que l’usager ne s’en
plaigne, et alimenter les algorithmes d’optimisation (tilt, azimut, paramètres de handover) par
des données terrain fiables.
1.4 Types de drive test
Connaissant le besoin de prélèvement de mesure, il convient de subdiviser les test en deux
grandes classes respectivement : le test indoor et le test outdoor.
1.4.1 Test indoor
Cette classe comprend tous les tests effectués à l’intérieur d’un local, d’une maison ou des
bureaux. Les tests indoor dépendent totalement de l’endroit à effectuer qui sont dans la plupart
des cas influencés par des murs, des meubles, des immeubles dans la direction de l’utilisateur
qui demande à ce que ce test soit effectuer dans local.
La demande de couverture indoor représente aujourd’hui 80 % des plaintes data. Le walk test
remplace alors le véhicule par l’ingénieur à pied, équipé d’un sac à dos contenant une batterie
externe, un mini-PC et deux téléphones. Le parcours est défini plan par plan, couloir par
couloir, avec un pas de 3 m ; la vitesse humaine (1 m/s). Les mesures sont complétées par des
photos pour repérer les obstacles (cloison métallique, ascenseur, verrières Low-E). Les
logiciels utilisent le capteur barométrique du smartphone pour estimer l’altitude et différencier
RDC de niveau +1. Bien que n’utilisant pas de drone, le walk test est présenté ici car il subit
les mêmes limitations d’accès : zones sécurisées, escaliers en désaccord avec les consignes de
sécurité, sous-sols sans réseau GPS.
En fournissant des informations détaillées sur le comportement du réseau, les tests indoor
améliorent la fiabilité et l'efficacité des réseaux sans fil grâce à :
Evaluation de la couverture
Évaluation de la force du signal
Amélioration de la qualité de service (QoS)
La figure 1.1 photographie le dispositif complet utilisé en walk test indoor : batterie externe,
mini-PC, téléphones, antenne patch et centrale inertielle.
Figure1.1 : walk test- mesure de couverture radio mobile (Indoor)
1.4.2 Test outdoor
Les tests outdoor, se déroulent en extérieur et visent à mesurer la performance du réseau
sur des zones géographiques plus étendues. Les méthodes les plus utilisées sont le drive
test, réalisé depuis un véhicule parcourant des routes et des zones ciblées, et le walk test,
effectué à pied pour des mesures plus locales et détaillées dans les zones piétonnes ou
difficiles d’accès.
Les tests outdoor permettent d’évaluer la couverture globale, la puissance du signal, la
qualité des appels, la continuité du service et les débits de données dans différents
environnements : urbain dense, périurbain, zones rurales ou montagneuses. Ils sont
indispensables pour identifier les points noirs du réseau, optimiser le placement des
antennes et ajuster les paramètres radio pour améliorer l’expérience utilisateur.
Si les tests indoor se concentrent sur l’expérience utilisateur dans les bâtiments, les tests
outdoor analysent la performance globale du réseau sur le terrain.
Figure 1.2 : drive test- mesure de couverture radio mobile (Outdoor)
1.4.3 test cross
Le test cross est un test réalisé sur un seul site pour vérifier si chaque secteur couvre
correctement dans la direction son antenne est orientée. Comme chaque antenne d’un
site est pointée selon un azimut précis, ce test permet de confirmer que la zone réellement
couverte correspond bien à ce qui est prévu lors de la planification.
Pour effectuer ce test, nous utilisons un terminal mobile sur lequel nous activons un service.
Cela peut être un SMS, un appel, un téléchargement ou un envoi de fichier via FTP. Dans
ce cas, le terminal travaille en mode dié parce qu’il sollicite volontairement un service
du réseau afin d’observer la puissance, la qualité et la stabilité du signal dans chaque
secteur. Lorsque le test est réalisé sans activer un service particulier, c’est-à-dire lorsque le
terminal se limite à écouter les signaux des cellules autour de lui, nous sommes en mode
idle. Ce mode permet de voir comment le terminal se connecte naturellement aux cellules
en fonction de leur puissance et de leur priorité.
Le test cross nous aide donc à identifier si les secteurs couvrent bien dans la bonne direction,
s’il existe des zones mal desservies ou si certains paramètres comme l’azimut ou le tilt de
l’antenne doivent être ajustés. C’est une étape importante pour vérifier le bon
fonctionnement d’un site avant de passer à d’autres tests ou ajustements. Comme le montre
la figure 13.
Figure 1.3: illustration des secteurs d’un site et les trajets réalisés pour le test cross.
La classe qui nous intéresse dans ce travail comprend tous les tests effectués à l’extérieur
dont le plus courant :
a) Le test SSV (Single-Site Verification, SSV)
Après l’allumage d’un eNodeB, l’ingénieur doit prouver que le site remplit son cahier des
charges : le site respecte le rayon de couverture, tilt mécanique, azimut, absence
d’overshoot ou de pilot pollution.
Le parcours est dessiné en étoile autour du mat ; il comprend typiquement huit axes radiaux,
chaque axe étant parcouru sur 2 km à 30 km /h. Un terminal Cat-12 enregistre RSRP, SINR
et CQI toutes les 100 ms ; un second terminal effectue des appels voix longue durée (20
min) pour vérifier la continuité. La mission dure entre deux et quatre heures selon la
topographie. Les données brutes sont immédiatement confrontées au plan de fréquence et
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