Son chemin s’est inspiré de l’exemple de grandes figures de compassion, telles que Mère
Teresa, puis de la lumière de l’advaita — notamment Ramana Maharshi et Ramesh
Balsekar. Sa rencontre avec Adyashanti a constitué un tournant
: reconnaissant en elle
une profonde clarté, celui-ci l’a invitée à enseigner dans sa lignée, à la croisée du zen et
de l’advaita. De là est née une approche directe, dépouillée, mais intensément humaine.
Dans ses écrits comme dans ses partages, elle nous rappelle sans relâche cette vérité
simple
: la fin de la recherche n’est pas un accomplissement, mais la découverte
émerveillée que ce que nous cherchons est déjà là — silencieux, vibrant, et infiniment
vivant au cœur de chaque expérience.
***
Le mental égoïque s’imagine que vivre éveillé, c’est vivre dans un état de connaissance
absolue – en sachant toujours quoi dire, où aller, quoi faire, comment répondre, ou quelle
devrait être la prochaine affaire. En réalité, vivre éveillé, c’est vivre sans carte. On n’a pas
de plan sur dix ans, ni même pour les dix minutes ou les dix secondes à venir, ce qui ne
veut pas dire qu'on ne fait jamais de plans. Simplement, on comprend juste que le plan
d’aujourd’hui ne sera peut-être pas la réalité de demain. On apprend à vivre dans
l’inconnaissance, ce qui a toujours été le cas, naturellement, si on veut être honnête, mais
on s’imaginait contrôler et disposer d’une carte mentale pour vivre. Nous avons peut-être
passé des années à chercher la « bonne » carte indiquant comment évoluer dans la vie
et dans nos relations.
Maintenant, il n’y a pas de mal à avoir une boussole morale, des valeurs basées sur des
modes de comportement aimables et compatissants dans la vie, des moyens utiles de
penser à soi ou d'interagir avec les autres, mais vivre éveillé ne signifie pas savoir à
l'avance ce qui sera nécessaire à un moment donné ou à quoi ressemblera la
compassion. On vit vraiment sans carte, sans objectif.
Pour l’esprit occidental, vivre sans aucun but, sans aucune carte, n’avoir nulle part où aller
et rien à faire ressemble à de la folie pure et paraîtra ennuyeux au mieux, paresseux,
irresponsable et au pire, comme une invitation au chaos. Mais rien ne pourrait être plus