Sujet 2021 Maths II MP Concours Mines-Télécom

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A2021 – MATH II MP
ÉCOLE DES PONTS PARISTECH,
ISAE-SUPAERO, ENSTA PARIS,
TÉLÉCOM PARIS, MINES PARIS,
MINES SAINT-ÉTIENNE, MINES NANCY,
IMT ATLANTIQUE, ENSAE PARIS,
CHIMIE PARISTECH - PSL.
Concours Mines-Télécom,
Concours Centrale-Supélec (Cycle International).
CONCOURS 2021
DEUXIÈME ÉPREUVE DE MATHÉMATIQUES
Durée de l’épreuve : 4 heures
L’usage de la calculatrice et de tout dispositif électronique est interdit.
Les candidats sont priés de mentionner de façon apparente
sur la première page de la copie :
MATHÉMATIQUES II - MP
L’énoncé de cette épreuve comporte 5 pages de texte.
Si, au cours de l’épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d’énoncé, il le
signale sur sa copie et poursuit sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu’il est
amené à prendre.
Les sujets sont la propriété du GIP CCMP. Ils sont publiés sous les termes de la licence
Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 France.
Tout autre usage est soumis à une autorisation préalable du Concours commun Mines Ponts.
Fonctions de matrices symétriques, continuité et convexité
Dans ce problème, on propose de définir la notion d’image d’une matrice réelle symétrique
par une fonction d’une variable réelle, puis d’étudier quelques propriétés de cette notion
(en particulier, relativement à la continuité et à la convexité). Ces notions présentent un
intérêt en sciences physiques (statistique ou quantique).
Notations
Dans tout le problème :
ndésigne un entier naturel non nul ;
si pet qsont des entiers naturels, l’ensemble des entiers ktels que pkqest
noté Jp, qK;
si iet jsont des entiers naturels, alors δi,j = 1 si i=jet δi,j = 0 sinon ;
Bndésigne l’ensemble des bijections de J1, nKdans lui-même ;
Iest un intervalle de Rqui n’est ni vide ni réduit à un singleton ;
C0(I, R)désigne l’ensemble des fonctions continues de Idans R;
une fonction ϕde Idans Rest dite polynomiale s’il existe Pun polynôme réel tel
que, pour tout xI,ϕ(x) = P(x);
Mn(R)(respectivement Dn(R), resp. Sn(R), resp. On(R)), désigne l’ensemble des
matrices carrées (resp. diagonales, resp. symétriques, resp. orthogonales) d’ordre n
à coefficients réels, et on confond un élément de M1(R)avec son unique coefficient ;
on note Tr l’application trace définie sur Mn(R);
si M∈ Mn(R), on note tMsa transposée, on note Sp(M)son spectre réel, et si
(i, j)J1, nK2,[M]i,j est le coefficient de Msitué à la i-ème ligne et j-ème colonne ;
on munit Mn(R)de sa norme infinie, notée || · || et définie par :
M∈ Mn(R),||M|| = max {|[M]i,j |,1i, j n};
Sn(I)désigne l’ensemble des matrices de Sn(R)dont le spectre réel est inclus
dans I;
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si u= (ui)1inRn, on dit que ce n-uplet est croissant si pour tout (i, j)
J1, nK2,
(ij) =(uiuj) ;
si i0J1, nK, on appelle nombre d’occurrences de ui0dans ule cardinal de l’en-
semble {iJ1, nK;ui=ui0};
enfin Diag(ui)1indésigne l’élément Dde Dn(R)tel que :
iJ1, nK,[D]i,i =ui
on pourra noter cet élément en extension D=Diag(u1, . . . , un).
Matrices de permutations
Le but de cette partie est d’étudier l’action sur les matrices diagonales de la conjugai-
son par des matrices de permutations. On considère l’application ωde Bndans Mn(R)
définie par :
σBn,(i, j)J1, nK2,[ω(σ)]i,j =δi,σ(j).
1Démontrer que pour tout (σ, σ0)B2
n,ω(σσ0) = ω(σ)ω(σ0).
2Démontrer que ω(Bn)On(R).
3Soit σBnet (di)1inRn. Vérifier que :
Diag(di)1inω(σ) = ω(σ)Diag(dσ(i))1in.
4En déduire l’équivalence suivante concernant deux éléments Det D0de Dn(R),
i) Det D0ont le même ensemble de coefficients diagonaux, chacun ayant le
même nombre d’occurrences dans Det D0.
ii) il existe Mω(Bn)telle que D0=tMDM.
Fonctions de matrices symétriques
Cette partie a pour objectif de définir une correspondance entre l’espace des fonctions
de Idans Ret l’espace des fonctions de Sn(I)dans Sn(R), puis d’en démontrer quelques
propriétés. Dans cette partie, fest une fonction de Idans R.
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5Soit SSn(I). Justifier l’existence de On(R)et de (si)1inIntels que :
S=tDiag(si)1in.
6Pour tout (si)1inIn, justifier l’existence d’un élément Pde R[X]tel que :
iJ1, nK, P (si) = f(si).
Soit SSn(I). On suppose que l’on dispose des deux écritures :
S=tDiag(si)1inet S=t0Diag(s0
i)1in0,
avec ,0On(R)et (si)1in,(s0
i)1inIn.
7Montrer que l’on a alors :
t0Diagf(s0
i)1in0=tDiagf(si)1in,
puis que tDiagf(si)1inSn(R).
Dans la suite du problème, on note ul’application qui, à toute fonction ϕde Idans
R, associe u(ϕ)la fonction de Sn(I)dans Sn(R)définie par :
SSn(I), u(ϕ)(S) = tDiagϕ(si)1in,
S=tDiag(si)1in, avec On(R)et (si)1inIn.
Cette fonction est bien définie puisque, d’après la question précédente, u(ϕ)(S)ne
dépend pas du choix des matrices On(R)et D=Diag(si)1inavec (si)1in
In, tel que S=tD.
Enfin, on désigne par vl’application Tr u.
8Vérifier que uet vsont linéaires, puis calculer, pour toute fonction ϕde Idans R
et pour tout xI,u(ϕ)(xIn).
9Étudier l’injectivité et la surjectivité de u.
10 On suppose que fest polynomiale ; montrer qu’il existe PR[X]tel que pour
tout SSn(I),u(f)(S) = P(S).
Réciproquement, est-il vrai que, s’il existe PR[X]tel que pour tout SSn(I),
u(f)(S) = P(S), alors fest polynomiale ?
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11 Démontrer que, si (ϕk)kNest une suite de fonctions de Idans Rqui converge
simplement sur Ivers une fonction ϕ, alors les suites u(ϕk)kNet v(ϕk)kN
convergent simplement sur Sn(I).
Y a-t-il convergence uniforme sur Sn(I)si l’on suppose que (ϕk)kNconverge
uniformément sur I?
Norme et convexité
L’objectif de cette partie est de munir Sn(R)d’une nouvelle norme qui permettra de
compléter l’étude des fonctions de matrices symétriques.
12 On note Σ = nX∈ Mn,1(R) ; tX X = 1o. Démontrer que si SSn(R)on a :
min Sp(S)= min tX S X ;XΣet max Sp(S)= max tX S X ;XΣ.
13 Montrer finalement que Sn(I)est une partie convexe de Sn(R)et que l’application
ρ, de Sn(R)dans R, qui à toute matrice MSn(R)associe
max |λ|;λSp(M),
est une norme sur Sn(R).
Continuité des fonctions de matrices symétriques
Dans cette partie, à l’aide de la norme précédemment introduite, on démontre quelques
résultats relatifs à la continuité des fonctions de matrices symétriques. On suppose dé-
sormais Sn(R)muni de la norme ρet on appelle χl’application de Sn(R)dans R[X]
qui, à tout élément de Sn(R), associe son polynôme caractéristique.
On définit aussi l’application, notée Sp, qui à toute matrice SSn(R), associe son
spectre croissant (c’est-à-dire le n-uplet croissant des valeurs propres de Sdans lequel le
nombre d’occurrences de chaque valeur propre coïncide avec son ordre de multiplicité).
14 Démontrer que χest continue.
On souhaite maintenant prouver que Spest continue. À cet effet, on introduit un
élément Mde Sn(R)et une suite (Mk)kNà valeurs dans Sn(R)qui converge vers M.
Si kN, on note Λk=Sp(Mk).
15 Démontrer que la suite k)kNadmet une valeur d’adhérence croissante.
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