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Avertissement
La première édition du « Guide à l’attention des maîtres d’ouvrage publics pour la
négociation des rémunérations de maîtrise d’œuvre », en juin 1994, était consécutive à
l’entrée en application du décret no 93-1268 de la loi MOP.
Ce guide, destiné à faciliter la transition entre un système administré et la libre
négociation imposée par l’ordonnance sur les prix de 1986, codifi ée par l’ordonnance
no 2000-912 du 18 septembre 2000 relative à la partie législative du code de commerce,
et que la publication des décrets MOP rendait effective, a rencontré un vif succès dans
les milieux professionnels de la maîtrise d’ouvrage publique et de la maîtrise d’œuvre.
Il répondait à une forte demande après la suppression des barèmes de 1973 et prenait
en compte les nouveaux contenus de missions. Même si une méthodologie de négo-
ciation est préconisée à travers l’appréciation d’« éléments de complexité » à débattre
entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre, le principe général de ce guide ne s’est
pas écarté d’une relation entre le coût des travaux et le montant des honoraires.
À l’occasion de la réédition de ce guide, la MIQCP souhaite apporter quelques
précisions :
• la méthode ne concerne que les opérations de construction neuve et pour lesquelles
est envisagée une mission sans plans d’exécution : mission de base avec VISA pour
le domaine bâtiment et mission équivalente pour le domaine des infrastructures ;
• les tableaux des « taux indicatifs de référence » se rapportent aux opérations dont
les coûts de travaux seront estimés supérieurs à 736 000 euros pour le domaine du
bâtiment et 783 000 euros pour le domaine des infrastructures (valeurs HT 2010).
Cette restriction est volontaire, car il a été jugé qu’au-dessous de ces montants les
honoraires doivent être établis à partir des devis élaborés, leur relation directe avec
le montant des travaux perdant beaucoup de son sens. Il est en outre utile de rappe-
ler que la loi MOP n’a pas institué de seuil fi nancier d’application ;
• la même démarche devra être adoptée pour l’évaluation des honoraires liés aux
opérations de réhabilitation, lesquelles sont toutes singulières, ainsi qu’aux études
d’exécution et autres missions complémentaires.
La maîtrise d’ouvrage, face à ces cas de plus en plus fréquents, devra demander à
la maîtrise d’œuvre d’établir, à partir du programme, de l’enveloppe fi nancière prévi-
sionnelle et des paramètres de la future mission, une proposition de forfait dont les
composants essentiels seront le temps à passer, les moyens à consacrer et le prix de
vente de ceux-ci.
Certes cet exercice est diffi cile, particulièrement en ce qui concerne les premières
phases de la mission, mais la négociation, alors fondée sur des « chiffres vrais », s’en
trouvera enrichie. Par ailleurs, la prestation intellectuelle que représente la conception
architecturale ou urbaine sera sans doute mieux reconnue, parce qu’explicitée.
Enfi n, il faut évoquer la phase de négociation, qui est une étape incontournable en
vue des futurs rapports de confi ance que devront entretenir maîtrise d’ouvrage et maî-
trise d’œuvre.