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pendant qu’un circuit parallèle de racket fonctionne avec la
complicité de quelques employés-es de cette institution, l’incapacité
de l’Archive Nationale et des Bureaux d’État Civil à identifier
systématiquement les citoyens et citoyennes autant d’expressions,
parmi tant d’autres, d’un déficit croissant des dynamiques collectives
en Haïti en termes de services à la population. Soulignons que, dans
certains cas, la médiocrité qui caractérise les services offerts par les
dynamiques organisationnelles et institutionnelles en Haïti n’est pas
due à une incapacité, mais plutôt à un choix. C’est le cas des
banques commerciales qui, face aux longues files d’attente des
clients-es chaque jour, ne se soucient pas d’engager suffisamment
d’agents pour faire fonctionner les guichets fermés, dans leur grande
majorité, pourtant destinés à servir la clientèle. Pendant que les
dynamiques institutionnelles en Haïti sont déficitaires en termes de
services à la population notamment aux secteurs majoritaires et
populaires, elles se révèlent responsables, de par la nature
néocoloniale et antipopulaire de l’État dont elles sont constitutives2,
dans la défense des intérêts stratégiques du capitalisme international
et de la bourgeoisie boutiquière locale.
2. Dans cet article, nous parlons d’institutions privées et publiques et nous
les considérons comme constitutives de l’État. En effet, le caractère privé
d’une institution n’empêche pas qu’elle fasse partie des Appareils d’État.
D’ailleurs, les Appareils Idéologiques d’État, qui fonctionnent avant tout à
l’idéologie, relèvent surtout du domaine privé (Louis Althusser, 1970 : 21-23).