
marquent une mutation idéologique du baasisme, les branches syrienne
et irakienne évoluent séparément et se disputent la représentation de la
nation arabe. En Syrie, le Baas s’impose durablement dès 1963,
instaurant un régime autoritaire où l’armée et le parti monopolisent le
pouvoir. En Irak, le Baas est d’abord écarté avant de revenir en 68,
ouvrant la voie au régime de Saddam Hussein. Ces régimes se
présentent comme modernisateurs (réformes sociales, nationalisations),
mais verrouillent totalement la vie politique et s’appuient sur la répression.
- Par ailleurs, la répression n’est pas qu’arabe. Comme en Egypte avec
Nasser ou l’Irak et la Syrie Baasiste, l’Iran sous le Shah illustre un
autoritarisme modernisateur où réformes sociales et centralisation du
pouvoir vont de pair avec la répression de toute opposition. Bien que
monarchique et allié fidèle du bloc occidental, l’Iran relève des
autoritarismes modernisateurs. La Révolution blanche (1960) est un
programme de développement centré sur une réforme agraire. Ce régime
autoritaire montre comment un pouvoir peut moderniser la société sans
pour autant devenir démocratique, à l’image de Nasser. La réforme
permet en 1963 le vote des femmes + modernisation de l’éducation, de
réelles avancées. Toutefois, le Parlement n’est pas consulté, dissous en
1961 à cause de son opposition à la réforme. Il n’y a ni contre pouvoir ni
véritable opposition, car religieux et gauche sont réprimés. Le Front
national et le Mouvement pour la liberté, héritiers de Mossadegh,
dénoncent la suppression des droits parlementaires, sans réponse.
Malgré un plébiscite avec 90 % de votes favorables, celui-ci n’est pas libre
et vise surtout à consolider le pouvoir royal. Ce dernier atteint son apogée
en 1967 avec le couronnement de Mohammad Rezâ et Farah Diba,
première impératrice en Iran, renforçant l’autorité du Shah. Khomeyni, qui
condamne la Révolution blanche et le plébiscite, est arrêté en juin 1963
puis exilé en 1964 en Turquie. Son arrestation provoque de violentes
manifestations, auxquelles le régime répond par une répression brutale
(manifestants tués et emprisonnés), illustrant un autoritarisme
monarchique modernisateur. Bien qu’exilé, Khomeyni arrive dans un
régime lui aussi autoritaire modernisateur.
- Bien que solidement ancrée dans le bloc occidental dès son adhésion à
l’OTAN en 52, la Turquie se rapproche par son fonctionnement interne des
autoritarismes modernisateurs de la région. Après 1945, la Turquie
connaît la fin de l’État kémaliste dans sa forme initiale, et le début d’une
nouvelle ère politique avec l'introduction du multipartisme dès 1946. Le
Parti démocrate (PD) porté par Adnan Menderes, remporte toutes les
élections de 1950 à 1960, incarnant une transition vers une démocratie
élective, mais sans rupture avec l’héritage kémaliste. Le PD libéralise
l’économie et donne plus de place à la religion dans l’espace public (ex :
appel à la prière en arabe) sans remettre en cause la laïcité. Cependant,
le régime reste autoritaire : malgré les promesses de pluralisme, le PD
restreint la liberté de la presse, harcèle l’opposition et effectue des purges