Cours d'Assainissement: Caractéristiques et Systèmes des Eaux Usées

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Semestre 6
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Cours d’assainissement.
Chapitre 1: Caractéristiques générales des eaux à évacuer
1. Généralité :
Les eaux de surfaces constituent un écosystème règne une communauté d'êtres vivants qui
établissent des relations et interactions entre eux et leur milieu. Dans ce fragile équilibre, un
seul facteur de l'écosystème est modifié, et c'est l'équilibre qui est perturbé.
C'est ainsi que la présence ou la surabondance d'un élément dans un écosystème dont il est
normalement absent constitue une pollution. Nos eaux usées contiennent de nombreux
éléments polluants. Ces polluants s'ils se retrouvent directement dans les milieux naturels,
perturbent les écosystèmes.
Les eaux usées nécessitent d'être traitées avant leur évacuation dans le milieu récepteur, la
protection de l'environnement en dépend.
2. Types des eaux usées
La classification des eaux usées s'appuie sur leurs origines :
1. les eaux usées domestiques.
2. les eaux usées industrielles.
3. les eaux de pluie et de ruissellement dans la ville.
4. les eaux de ruissellement dans les zones agricoles.
3. Origine des eaux usées
Les eaux usées résultent de la pollution tant physico-chimique que bactériologique des eaux de
consommation de bonne qualité, du fait des activités humaines, qu'elles soient domestiques,
industrielles ou agricoles (Richard, 1996). Ces eaux proviennent de quarte sources principales :
3.1. Les eaux usées domestiques
Elles proviennent des différents usages domestiques de l'eau. Elles sont essentiellement
porteuses de pollutions organiques. Elles se répartissent en eau ménagère qui a pour origine les
salles de bain et les cuisines, elles sont généralement chargées de détergents, de graisses, de
solvants, et de débris organiques. Il s'agit aussi des rejets des toilettes, chargées de diverses
matières organiques azotées et de germes fécaux.
La pollution journalière produite par une personne utilisant de 150 à 200 litres d'eau est évaluée
à :
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· de 70 à 90 grammes de matières en suspension.
· de 60 à 70 grammes de matières organiques.
· de 15 à 17 grammes de matières azotées.
· 4 grammes de phosphore.
· plusieurs milliards de germes pour 100 ml.
3.2. Les eaux usées industrielles
Elles sont très différentes des eaux usées domestiques. Leurs caractéristiques varient d'une
industrie à l'autre. En plus des matières organiques azotées ou phosphorées, elles contiennent
également des produits toxiques, des solvants, des métaux lourds, des micropolluants
organiques, des hydrocarbures.
3.3. Les eaux usées pluviales
Normalement les eaux pluviales ne sont pas forcément polluées. Elles ne sont considérées
comme des eaux usées que si elles sont mélangées avec des effluents urbains au niveau des
égouts de type unitaire. Elles sont de même nature que les rejets domestiques et peuvent
contenir en plus des éléments toxiques (Hamdani, 2002).
3.4. Les eaux usées de ruissellement agricole
Il s'agit de rejets liquides agricoles issus du ruissellement d'eau d'irrigation qui entraîne des
engrais, des pesticides, des herbicides ou des rejets organiques dus à un élevage important.
4. Caractérisation des eaux usées
La composition des eaux usées est extrêmement variable en fonction de leur origine
(industrielle, domestique, etc.). Elles peuvent contenir de nombreuses substances, sous forme
solide ou dissoute, ainsi que de nombreux micro-organismes. En fonction de leurs
caractéristiques physiques, chimiques, biologiques et du danger sanitaire qu'elles représentent,
ces substances peuvent être classées en quatre groupes : les micro-organismes, les matières en
suspension, les éléments traces minéraux ou organiques, et les substances nutritives.
4.1. Paramètres physicochimiques
4.1.1. La température :
Il est primordial de connaître la température d'une eau. En effet, elle joue un rôle très important
dans la solubilité des sels et surtout des gaz, et la détermination du pH .Donc cette grandeur
physique permet de déceler les conditions extrêmes préjudiciables au bon fonctionnement du
processus biologique.
4.1.2. Le pH :
Le pH est la mesure du caractère acide (1 < pH < 7) ou basique (7 < pH < 14) des eaux usées.
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En général, l'activité biologique se situe entre 6.5 et 8 unités de pH. En dehors de cet intervalle,
le pH affecte la vie aquatique et par conséquent influence l'autoépuration du milieu naturel.
4.1.3. Matières en suspension (MES) :
C'est la quantité de pollution organique et minérale non dissoute dans l'eau (Gomella et
Guerree, 1978). Les MES sont responsable d'ensablement et de baisse de pénétration de la
lumière dans l'eau, ce qui entraîne une diminution l'activité photosynthétique et une chute de la
productivité du phytoplancton.
4.1.4. Demande biochimique en oxygène (DBO) :
Les phénomènes d'autoépuration dans les eaux superficielles résultent de la dégradation des
charges organiques polluantes par les micro-organismes. La demande biologique en oxygène
est, par définition, la quantité d'oxygène nécessaire aux microorganismes vivants pour assurer
l'oxydation et la stabilisation des matières organiques présentes dans l'eau usée. C'est un
paramètre qui permet d'évaluer la fraction de la pollution organique biodégradable .Par
convention, la DBO5 est la valeur obtenue après cinq jours d'incubation (Eckenfelder, 1982).
La gamme de la DBO5 des eaux usées urbaines au Maroc est 200-400mg/L (Foutlane, 2005).
4.1.5. La demande chimique en oxygène (DCO) :
DCO est la quantité d'oxygène nécessaire pour oxyder les matières organiques y compris les
matières biodégradables et non biodégradables par voie chimique. Vu la simplicité de mesure
de DCO et sa précision, il s'est avéré nécessaire de développer des corrélations entre la DBO5
et la DCO ainsi le rapport DCO/ DBO5 des eaux usées urbaines est proche de 2 (Gomella et
Guerree, 1978), le rapport DCO/ DBO5des effluents domestiques est de 1,9 à 2,5. (Hamdani et
al, 2002).
4.1.6. Les matières azotées :
Les formes de l'azote dans les eaux usées sont l'azote total (NTK), les nitrates (NO3-) et les
nitrites (NO2 -). En plus de la toxicité de la forme ammoniacale et nitrique l'azote intervient
dans le phénomène de l'eutrophisation. Donc, sa caractérisation et sa quantification sont
primordiales pour les rejets liquides dans le milieu naturel (Deronzier et al., 2001).
4.1.7. Matières phosphatées :
C'est la quantité de phosphore total contenu dans l'eau sous diverses formes : plyphosphates,
organophosphates et orthophosphates. Le phosphore est aussi responsable de l'eutrophisation
du milieu aquatique, d'où l'obligation de sa détermination (Martin, 1987).
5. Paramètres microbiologiques
Les eaux résiduaires urbaines contiennent de nombreux germes (champignons, amibes,
protozoaires, bactéries, virus) dont certains sont pathogènes. La présence de coliformes et de
streptocoques témoigne d'une contamination fécale de ces eaux qu'il est impératif de les épurer
pour préserver le milieu naturel (Olivier et Christelle, 2004).
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5.1. Protozoaires :
Ils sont présents dans les eaux usées à l'état de kystes. La principale forme pathogène pour
l'homme est Entamoeba histolytica, agent responsable de la dysenterie amibienne (Bouhoum et
al, 1997)
5.2. Helminthes :
Les helminthes sont rencontrés dans les eaux usées sous forme d'oeufs et proviennent des
excréta des personnes ou d'animaux infectés et peuvent constituer une source de réinfection par
voie orale, respiratoire ou par voie cutanée (Lamghari et Assobhei, 2005).
5.3. Virus :
Les virus se trouvent dans les eaux résiduaires à des concentrations de l'ordre de milliers
d'unités infectieuses par millilitre d'eau. Parmi les infections virales d'origine hydrique, on
trouve la poliomyélite, également on peut citer l'hépatite A.
5.4. Les coliformes totaux et fécaux :
C'est un groupe de bactéries utilisé comme indicateur de contamination fécale. Ils appartiennent
à la classe des Enterobacteriaceaes. Ce sont des bacilles à gram négatif, asporogénes, oxydase
négative, aérobies ou anaérobie facultatifs, capables de se multiplier et de fermenter le lactose
et produisent de gaz, d'acide et d'aldéhyde (Guedira, 2001). On les considère comme bons
indicateurs de contamination fécale, ils se cultivent à 44°C.
Les coliformes totaux se developpent a 37°C. Ces derniers peuvent avoir une origine non
strictement fecale : Le sol, les insectes et les plantes peuvent les heberger. Les coliformes
totaux sont inclus dans les germes temoins de contamination fecale de deuxieme ordre. (Imziln,
1990).
5.5. Les streptocoques fécaux :
Ces bactéries appartiennent a la famille des streptococcaceae, sont des cocci généralement
disposées en diplocoques ou en courte chaine, a gram négatif, asporulantes, immobiles,
aérobies facultatifs et possédant un métabolisme fermentatif. Ces germes colonisent l'intestin
de l'homme et des animaux a sang chaud. Leur présence dans le milieu hydrique prouve une
pollution d'origine fécale de l'eau. Cependant, on peut trouver aussi des streptocoques fécaux
dans le sol, les plantes et les insectes (Papadakis, 1982).
2. - les systèmes de collecte et d’évacuation
L’établissement d’un réseau d’assainissement d’une agglomération doit répondre a
deux préoccupations, a savoir :
- assurer une évacuation correcte des eaux pluviales de manière à empêcher la submersion des
zones urbanisées,
- assurer l’élimination des eaux usées ménagères et des eaux vannes.
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