531 Neurologies - Décembre 2003 - Vol. 6
INTERSPÉCIALITÉ
abord à un tableau psychiatrique évo-
quant en particulier un syndrome psy-
chotique. D’où la nécessité d’expliquer
au patient et à son entourage la nature
et l’étiologie de son trouble, ainsi que les
perspectives de rééducation.
•• CCoorrrrééllaatt aannaattoommiiqquuee eett ééttiioollooggiiee
Sur le plan anatomique, il s’agit de lésions
occipitales bilatérales détruisant les
berges des deux scissures calcarines et
la substance blanche sous-jacente.
La cécité corticale peut n’être que paroxys-
tique lorsqu’il s’agit d’une manifesta-
tion épileptique ou migraineuse. Dans
ce cas, elle n’est observée que pendant
la durée de la crise migraineuse ou épi-
leptique et disparaît sans laisser de
séquelles lorsque la crise s’achève. Les
tableaux durables de cécité corticale
s’observent plus fréquemment à la suite
d’accidents vasculaires, d’anoxies ou
d’intoxications oxycarbonnées. Les étio-
logies tumorales et traumatiques peu-
vent également être retrouvées mais de
manière moins fréquente.
Chez l’enfant, la cécité corticale serait moins
rare qu’on ne l’a prétendu, l’anoxie céré-
brale, quelle que soit l’affection primaire
en cause, pouvant être responsable de
son apparition.
■
L’hémianopsie latérale
homonyme (HLH)
Parmi les troubles visuels d’origine cen-
trale, c’est certainement le plus fréquent.
A la suite d’une lésion occipitale unila-
térale, le patient souffre d’une amputa-
tion de son champ visuel controlatéral
à la lésion cérébrale. Une lésion occipi-
tale droite entraîne une hémianopsie
latérale homonyme gauche (HLH G) et
vice-versa.
L’hémianopsie peut être totale (pas-
sant par le méridien vertical), on parle
alors d’HLH sans épargne maculaire,
ou être incomplète, épargnant la par-
tie centrale, on parle alors d’HLH avec
épargne maculaire. La présence d’une
épargne maculaire permet entre autres
une quasi-préservation des capacités
de lecture.
L’hémianopsie latérale homonyme peut
s’installer spontanément après une lésion
occipitale unilatérale ou être une étape
antérieure ou ultérieure d’une cécité
corticale suivant que cette dernière est
en voie d’installation (comme dans le cas
d’une atteinte tumorale) ou de récupé-
ration (comme dans le cas des séquelles
d’anoxie cérébrale).
■
La quadranopsie
Il s’agit de l’amputation d’un quart du
champ visuel controlatéral à la lésion du
cortex visuel primaire. Le quadrant supé-
rieur est amputé si la lésion touche la par-
tie inférieure du cortex visuel primaire
et vice-versa.
La quadranopsie peut apparaître spon-
tanément, être une étape de récupéra-
tion d’une HLH ou évoluer en HLH en cas
de maladie dégénérative.
■
La vision tubulaire et la vision
périphérique
•LLaa vviissiioonn ttuubbuullaaiirree(ou scotomes péri-
phériques ou double hémianopsie épar-
gnant le champ central) est due à une lésion
bilatérale rostrale du cortex calacrin qui
entraîne la disparition de la vision péri-
phérique, c’est-à-dire des champs visuels
temporaux (champ visuel gauche de l’œil
gauche et droit de l’œil droit).
• LLaa vviissiioonn ppéérriipphhéérriiqquuee(ou scotome cen-
tral) est l’opposé de la vision tubulaire.
Une lésion bilatérale du pôle occipital
entraîne une amputation de la vision
centrale, c’est-à-dire des champs visuels
nasaux (champ visuel droit de l’œil
gauche et gauche de l’œil droit).
■
Les scotomes
Du fait de l’organisation rétinotopique
des voies visuelles, une lésion focale de
V1 va entraîner une amputation dans la
partie correspondante du champ visuel
que l’on appelle scotome.
Le scotome est observé dans le cadre
des migraines, des maladies évolutives,
ou en récupération d’une quadranopsie
ou d’une hémianopsie.
LES TROUBLES DE
L
’EXPLORATION VISUELLE
■
Le syndrome de Balint
•• SSéémmiioollooggiiee
En 1909, Balint (2) décrit, sous le nom
de “paralysie psychique du regard”, un
syndrome où sont associés un trouble
de l’exploration visuelle volontaire, une
ataxie optique et un trouble de l’atten-
tion visuelle.
Avant de décrire ces différents troubles,
notons que s’il peut exister de façon
concomitante une amputation du champ
visuel de type hémianopsie latérale
homonyme, le syndrome de Balint peut
exister sans aucun trouble du champ
visuel.
•• LLaa ppaarraallyyssiiee ppssyycchhiiqquuee dduu rreeggaarrddest
caractérisée par l’impossibilité dans
laquelle se trouve le malade d’orienter
volontairement son regard vers un point
situé dans le champ visuel périphé-
rique, tandis que l’orientation auto-
matique du regard reste possible.
On note une grande pauvreté des mou-
vements oculaires spontanés, avec en
alternance, une errance et une fixité du
regard. L’exploration d’une scène visuelle
complexe est de ce fait toujours altérée,
anarchique et mal programmée.
• LL’’aattaaxxiiee ooppttiiqquueeest caractérisée par
l’impossibilité de diriger des actes volon-
taires et coordonnés sous le contrôle de
la vision. Plus généralement, on désigne
sous le terme “d’ataxie visuo-motrice”
l’impossibilité d’effectuer avec préci-
sion une saisie manuelle sous contrôle
visuel.
• LLeess ttrroouubblleess ddee ll’’aatttteennttiioonn vviissuueellllee,, que
l’on désigne également sous le terme de
“simultagnosie”, peuvent se définir
comme un rétrécissement concentrique
du champ visuel fonctionnel: le patient
est incapable de traiter visuellement deux
objets simultanément, chaque objet
pouvant être vu de manière isolée.
La simultagnosie entraîne des difficultés