Pterygion Diagnostic différentiel complet

Telechargé par Joseph Viarly SIGNON
Diagnostic Diérentiel du Ptérygion : Aspects Cliniques,
Histopathologiques et Évolutifs
I. Introduction
Le ptérygion, dont le nom dérive du grec pterygos signiant "aile", constitue une
lésion courante de la surface oculaire. Il se manifeste par une croissance
brovasculaire triangulaire qui prend naissance dans la conjonctive limbique, au sein
de la fente palpébrale, et s'étend progressivement sur la cornée.1 Cee lésion est
observée plus fréquemment au limbe nasal et présente une morphologie
caractéristique en forme d'aile.1
Bien que le diagnostic clinique du ptérygion soit souvent clair lors de l'examen à la
lampe à fente 1, de nombreuses autres aections peuvent présenter des
caractéristiques similaires, rendant un diagnostic diérentiel rigoureux impératif pour
une prise en charge précise et pour éviter des erreurs diagnostiques potentiellement
lourdes de conséquences.4 Ce rapport se propose d'explorer en détail les aspects
cliniques, histopathologiques et évolutifs du ptérygion et de ses principaux
diagnostics diérentiels. L'analyse s'appuiera exclusivement sur les ressources de
l'American Academy of Ophthalmology (AAO) et d'EyeWiki, avec une citation
méticuleuse de toutes les informations et l'intégration d'images réelles de haute
qualité, accompagnées de leurs liens de téléchargement et de leurs sources.
II. Rappel sur le Ptérygion
A. Caractéristiques Cliniques
Le ptérygion se présente typiquement comme une croissance de tissu charnu, de
couleur rose, de forme triangulaire, qui envahit la cornée, le plus souvent à partir du
limbe nasal.1 Sa conguration en "aile" est un signe distinctif majeur.1 Les patients
rapportent fréquemment des symptômes tels qu'une rougeur oculaire persistante,
une inammation, une sensation de corps étranger, un larmoiement, une sécheresse
oculaire et des démangeaisons.2
Dans les stades avancés, la croissance du ptérygion peut avoir un impact signicatif
sur la vision. Elle peut obscurcir l'axe optique ou induire un astigmatisme cornéen,
altérant ainsi l'acuité visuelle.2 Au-delà des implications fonctionnelles, l'aspect
cosmétique de la lésion est également une source de préoccupation fréquente pour
les patients.2 Un signe clinique notable est la ligne de Stocker, un dépôt de fer de
couleur brunâtre qui peut être observé à proximité de la tête du ptérygion. La
localisation de cee ligne peut fournir des indications sur le modèle de croissance de
la lésion.2
Le diagnostic du ptérygion est principalement clinique et est établi par un examen à la
lampe à fente, qui permet de visualiser la croissance en forme d'aile à son
emplacement caractéristique dans la fente palpébrale.1
Image Clinique :
Description : "Pterygium" (Cee image montre une croissance en forme de coin
de conjonctive vascularisée s'étendant sur la cornée. Le signe initial d'un
ptérygion peut être une conjonctivite chronique localisée.)
Source : American Academy of Ophthalmology.9
URL de téléchargement/visualisation : url458.9 (L'accès complet à l'image peut
nécessiter une connexion au site de l'AAO.)
B. Histopathologie
Sur le plan histologique, les ptérygions sont caractérisés par une accumulation de
tissu sous-épithélial dégénéré. Ce tissu présente une basophilie et une apparence
gris ardoise à la coloration à l'hématoxyline et à l'éosine (H&E).1 Une caractéristique
histologique distinctive est la dégénérescence élastotique vermiforme, qui décrit
l'aspect ondulé et vermiforme des bres de collagène.1 L'ingrowth brovasculaire,
c'est-à-dire la croissance de tissu breux et de vaisseaux sanguins, ainsi que la
destruction de la couche de Bowman, sont des éléments typiques de l'histopathologie
du ptérygion.1 L'épithélium recouvrant la lésion est généralement d'apparence
normale, mais il peut parfois présenter des altérations telles que l'acanthose
(épaississement de la couche épineuse), l'hyperkératose (épaississement de la
couche cornée), ou même une dysplasie. Des zones d'hyperplasie des cellules
caliciformes sont également fréquemment observées.1
Image Histopathologique :
Description : L'Atlas de Pathologie de l'American Academy of Ophthalmology
contient des images de microscopie virtuelle de prélèvements tissulaires de
ptérygion, notamment "Pterygium – 1" et "Pterygium – 2", ainsi qu'une image
intitulée "Pterygium histopathology. H&E stain exhibiting elastotic degeneration."
Source : EyeWiki (mentionne l'Atlas de Pathologie de l'AAO).1
URL de téléchargement/visualisation : Les liens directs pour ces images
virtuelles ne sont pas fournis dans les documents de recherche, mais elles sont
accessibles via l'Atlas de Pathologie de l'AAO
(hps://www.aao.org/resident-course/pathology-atlas).1
C. Évolution et Facteurs de Risque
Le ptérygion est une lésion dont la croissance est généralement lente mais
progressive.2 Il est rare qu'il aeigne une taille telle qu'il recouvre la pupille et altère
directement la vision.2 Les facteurs de risque les plus signicatifs sont étroitement liés
à l'exposition aux rayons ultraviolets (UV).1 Une incidence plus élevée est observée
dans les régions proches de l'équateur et chez les individus ayant des antécédents
d'exposition prolongée aux UV, comme ceux qui travaillent en extérieur.1 Les climats
secs et un mode de vie en plein air sont également des facteurs contributifs.1
Les complications du ptérygion incluent la récidive après une excision chirurgicale, qui
peut survenir dans environ la moitié des cas.2 Des complications moins fréquentes
mais potentiellement graves comprennent la cicatrisation cornéenne, la perforation
cornéenne, le strabisme (désalignement des yeux), les défauts épithéliaux persistants
(particulièrement en cas d'utilisation de mitomycine C) et la fonte sclérale (également
associée à la mitomycine C).1
L'observation répétée de l'exposition aux UV comme principal facteur étiologique du
ptérygion 1 est une constatation importante. En eet, les rayons UV sont également
identiés comme des facteurs de risque pour d'autres diagnostics diérentiels, tels
que la pinguecula 4, la néoplasie squameuse de la surface oculaire (OSSN) 13, les
nævus conjonctivaux 15 et le mélanome conjonctival.18 Cee récurrence des UV
comme facteur de risque majeur pour un large éventail de lésions de la surface
oculaire suggère un continuum de dommages induits par les UV. Cela met en évidence
l'importance capitale de la prévention primaire, notamment le port de lunees de
soleil protectrices contre les UV et de chapeaux à large bord. Cee mesure ne se
limite pas à la prévention du ptérygion, mais contribue à la santé globale de la surface
oculaire, réduisant potentiellement l'incidence de diverses conditions, qu'elles soient
bénignes ou malignes.
III. Diagnostic Diérentiel Détaillé du Ptérygion
A. Pinguecula
1. Aspects Cliniques
La pinguecula est une dégénérescence bénigne et fréquente de la conjonctive.4 Elle
se présente comme une masse gris-blanc-jaune, surélevée et arrondie, localisée sur
la conjonctive bulbaire.4 Sa localisation typique est la conjonctive interpalpébrale,
dans la zone paralimbique, souvent à 3h ou 9h, avec une prédilection marquée pour le
té nasal.4
La distinction fondamentale avec le ptérygion réside dans le fait que la pinguecula ne
s'étend jamais sur la cornée ; elle reste strictement connée à la conjonctive.2 Bien
qu'elle soit généralement asymptomatique, elle peut occasionner des préoccupations
esthétiques, une sensation de corps étranger, des démangeaisons, une sensation de
brûlure ou une sécheresse oculaire. Ces symptômes résultent de l'interférence de la
masse avec la répartition normale du lm lacrymal.4 Lorsque la pinguecula devient
enammée, elle est désignée sous le terme de pingueculite et se caractérise par une
rougeur et un gonement.4
Image Clinique :
Description : "Pinguecula" (Illustration d'une croissance jaunâtre, surélevée sur la
conjonctive, souvent du côté nasal de l'œil).
Source : American Academy of Ophthalmology.8
URL de téléchargement/visualisation : url33 ou url40.8
2. Histopathologie
Histologiquement, les pingueculae sont des lésions nodulaires généralement bien
délimitées.4 L'épithélium qui les recouvre peut être normal, aminci, hyperkératosique
ou hyperplasique.4 Chez les patients à peau foncée, une mélanose raciale épithéliale
peut être présente.4
La substantia propria, la couche de tissu conjonctif située sous l'épithélium, présente
une coloration basophile due à une dégénérescence élastotique, qui se manifeste
sous forme nodulaire dans la pinguecula.4 Ce matériel dégénéré, bien qu'il se colore
comme l'élastine, n'est pas dégradé par l'élastase.4 Des dépôts de graisse ou des
globules calciés peuvent être associés à cee dégénérescence.4 Bien que la
pinguecula partage des similitudes histologiques avec le ptérygion en termes de
dégénérescence, elle s'en distingue par l'absence de vascularisation signicative et
d'aeinte cornéenne.4 Des études ont également révélé la présence de produits de
glycation avancée (AGE) dans les dépôts amorphes sous-épithéliaux des pingueculae,
ce qui pourrait être un indicateur de la sévérité de l'exposition aux ultraviolets ou
d'une diminution des niveaux d'antioxydants.4
3. Évolution et Complications
La pinguecula est généralement une lésion asymptomatique et bénigne, dont le
pronostic est favorable. Elle constitue principalement une préoccupation esthétique.4
Elle peut lentement augmenter de taille au l du temps.12 Cependant, la relation entre
la pinguecula et le ptérygion, et la progression de la première vers le second, demeure
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