
Le soutien à la scolarité dans les interventions socio-éducatives 171
l’accord des parents n’est alors pas nécessaire, mais du point de vue des
intervenants, sans l’accord des parents, le travail est difficile à accom-
plir. C’est pourquoi l’accord des parents est recherché dans tous les cas.
Quelle que soit la voie de décision de la mesure, c’est l’ASE qui finance
les mesures d’accueil de jour au titre de la prévention et de la protection
des enfants 2 .
En ce qui concerne les PRE, les enseignants suggèrent aux parents de
s’adresser par eux-mêmes aux professionnels référents du dispositif. Ils
peuvent également être orientés par d’autres intervenants institutionnels
et associatifs (orthophoniste, services municipaux, Clubs de préven-
tions…). Dans deux villes, les parents viennent de plus en plus souvent
spontanément, ayant eu connaissance du dispositif par le bouche-à-
oreille. Le suivi proposé dans le cadre du PRE dépend de la situation de
l’enfant et de sa famille. Les référents font appel à un réseau de services
publics ou associatifs existant localement et susceptible de contribuer à
améliorer la situation.
Difficultés diagnostiquées par les intervenants et les parents
Les interviews menées dans les deux recherches font ressortir les
mêmes types d’inquiétudes concernant les enfants, que l’on interroge
leurs parents ou les intervenants.
Pour les parents ayant accepté la mesure d’assistance éducative au
SAJE, une préoccupation justifie principalement leur décision : les pro-
blèmes de scolarité de leur enfant. Qu’il s’agisse du comportement, des
résultats scolaires, ou de conflits avec les enseignants, les neuf parents
interrogés partagent ces inquiétudes et l’espoir que la situation scolaire
de leur enfant s’améliore. D’après les informations renseignées dans les
dossiers du service, les parents sont également en demande de soutien
pour des questions éducatives et administratives, et souhaitent une amé-
lioration des relations intrafamiliales.
Les parents dont les enfants sont suivis dans le cadre des PRE sou-
lignent les mauvais résultats scolaires, les problèmes de comportement
à l’école, mais aussi les tensions dans les relations entre eux et leurs
enfants, générées par les mauvaises notes et réactualisées quotidienne-
ment au moment de faire les devoirs à la maison : « La première fois
que les profs ont fait des remarques, je me suis demandée ce que j’allais
faire. Elle s’est fait engueuler. On était tout le temps derrière elle à sur-
veiller, ça l’a gavée plus qu’autre chose, ça sert à rien. »
2. Conformément à l’article L. 221 du Code de l’action sociale et des familles : « Le service de
l’aide sociale à l’enfance est un service non personnalisé du département chargé des missions
suivantes : apporter un soutien matériel, éducatif et psychologique tant aux mineurs et à leur
famille ou à tout détenteur de l’autorité parentale, confrontés à des difficultés risquant de mettre
en danger la santé, la sécurité, la moralité de ces mineurs ou de compromettre gravement leur
éducation ou leur développement physique, affectif, intellectuel et social. »
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