Climat des affaires et PME à Kamina : Analyse d'impact

Telechargé par MADIKA VANNERO
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INTRODUCTION
1. Contexte et justification du sujet
La ville de Kamina, située dans la province du Haut-Lomami, n’échappe pas à cette
réalité. Son tissu Le climat des affaires constitue un facteur déterminant du développement
économique d’un pays. Il englobe l’ensemble des conditions politiques, économiques,
juridiques et institutionnelles qui influencent les activités des entreprises.
En République Démocratique du Congo (RDC), malgré les réformes engagées ces
dernières années pour améliorer l’environnement des affaires, le pays continue de faire face à
de nombreux défis : insécurité juridique, instabilité fiscale, lourdeur administrative, corruption
et infrastructures insuffisantes. Ces difficultés freinent non seulement l’investissement, mais
affectent aussi le bon fonctionnement des entreprises, notamment les petites et moyennes
entreprises (PME), qui constituent économique, majoritairement composé de PME, est
particulièrement vulnérable aux effets de la détérioration du climat des affaires.
La complexité des démarches administratives, l’accès limité au crédit, la pression
fiscale et l'instabilité du cadre réglementaire rendent difficile la pérennité et la croissance des
entreprises locales. Dans un tel contexte, il est essentiel d’analyser les répercussions de cet
environnement favorable sur les PME de Kamina afin d’identifier les principaux défis
auxquels elles sont confrontées et d’envisager des pistes d’amélioration.
Cette étude se justifie par le rôle crucial que jouent les PME dans le développement
économique et social de la RDC. En tant que principaux pourvoyeurs d’emplois et vecteurs
d’innovation, leur dynamisme est un enjeu majeur pour la croissance du pays. Cependant, dans
un climat des affaires en détérioration, leur capacité à prospérer est mise à rude épreuve. Une
meilleure compréhension des obstacles spécifiques rencontrés à Kamina permettrait d’apporter
des recommandations adaptées aux réalités locales et de contribuer aux débats sur les réformes
nécessaires pour améliorer l’environnement économique des PME en RDC.
Ceci dit, nous avons ju bon d’aborder pour ce mémoire un sujet intitulé : « la
détérioration du climat des affaires et son impact sur les activités des petites et moyennes
entreprises : cas de la ville de Kamina »
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1.1. Importance des PME dans l’économie congolaise
Les Petites et Moyennes Entreprises (PME) jouent un rôle central dans l’économie de
la République Démocratique du Congo (RDC). Elles constituent l’épine dorsale du tissu
économique en contribuant à la création d’emplois, à l’innovation et à la diversification de
l’économie nationale. Selon la Banque mondiale (Banque Mondiale, 2021), les PME
représentent environ 80 % des entreprises en RDC et assurent près de 60 % des emplois formels
et informels dans le pays. Elles sont actives dans divers secteurs, notamment le commerce,
l’agriculture, l’industrie manufacturière et les services, et participent ainsi à la réduction de la
pauvreté et à la stabilisation sociale.
Toutefois, malgré leur importance, les PME congolaises évoluent dans un
environnement contraignant. L'absence d’un cadre réglementaire favorable, l’accès limité aux
financements, les charges fiscales élevées et l’instabilité politique entravent leur développement
(Mukeba & Ilunga , 2020). De plus, la corruption et la lourdeur administrative freinent
l’émergence de nouvelles entreprises et réduisent la compétitivité de celles existantes (Kakule,
2019).
Dans des villes comme Kamina, les infrastructures économiques sont limitées et
les opportunités d’investissement moindres, les PME rencontrent encore plus de difficultés à
prospérer. L’instabilité du climat des affaires aggrave leur vulnérabilité et met en péril leur
pérennité. Une étude approfondie de ces contraintes permettra donc de mieux comprendre
l’impact de la détérioration du climat des affaires sur ces entreprises et d’identifier des stratégies
adaptées pour améliorer leur résilience et leur compétitivité.
1.2.Rôle du climat des affaires dans le développement économique
Le climat des affaires est un facteur déterminant du développement économique, car
il influence directement l’investissement, la croissance des entreprises et la création d’emplois.
Il englobe un ensemble d’éléments institutionnels, juridiques, fiscaux et infrastructurels qui
affectent la manière dont les entreprises opèrent et prospèrent dans un pays (Banque Mondiale,
2020). Un environnement des affaires favorable stimule l’entrepreneuriat, encourage
l’investissement national et étranger, et favorise la compétitivité des entreprises locales sur les
marchés régionaux et internationaux (Porter, 2008).
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À l’inverse, un climat des affaires favorable, caractérisé par l’instabilité juridique,
la lourdeur administrative, la corruption et l’accès difficile aux financements, constitue un frein
au développement économique (Acemoglu & Robinson , 2012). En RDC, plusieurs études ont
souligné que la complexité des démarches administratives, l’inefficacité du système judiciaire
et l’instabilité réglementaire limitent l’essor des entreprises et découragent les investisseurs
(Banque Mondiale, 2021).
Dans un contexte comme celui de Kamina, les infrastructures économiques sont
encore en développement, la détérioration du climat des affaires impacte particulièrement les
Petites et Moyennes Entreprises (PME). Ces dernières, qui jouent un rôle cdans la création
d’emplois et la diversification de l’économie locale, sont confrontées à des défis majeurs tels
que la fiscalité excessive, la corruption et le manque d’accès aux crédits bancaires. Une
amélioration du climat des affaires serait donc essentielle pour garantir leur pérennité et leur
expansion, contribuant ainsi au développement économique de la région et du pays dans son
ensemble.
2. ÉTAT DE LA QUESTION
L’étude du climat des affaires et de son impact sur les entreprises a suscité l’intérêt de
nombreux chercheurs et institutions à travers le monde. Dans le contexte de la république
démocratique du Congo, plusieurs travaux ont mis en exergue les difficultés structurelles et
conjoncturelles affectant l’environnement entrepreneurial, en particulier pour les petites et
moyennes entreprises(PME) notre recherche s’inscrit dans cette dynamique, en mettant un
accent particulier sur la ville de Kamina, les défis liés à la détérioration du climat des affaires
sont exercés.
Romain CIZA, la fiscalité dans le secteur des télécoms et la croissance du mobile en
RDC, Genève du 1-2 sept. 2011, ARPTC (Romain, 2011), dans cet article, l'auteur se propose
d'analyser les effets de la fiscalité dans le secteur de la télécommunication et ses impacts sur la
croissance du mobile en RDC. A cet effet, il récence le type de la fiscalité directe dont il
énumère : contribution redevances annuelles concessions : 2% du chiffre d'affaires (CA) ;
redevance sur fréquences : #177; 2,4% du CA; redevance des numérotations : #177; 2% du
CA ; impôt sur les bénéfices : 35% ; et récence d'autre part le type de la fiscalité indirecte
(parafiscalité) à savoir : droits d'accises et de consommation : 10% prélevé sur toutes les
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consommations cellulaires en RDC ; la taxe de régulation : 0,05% ; la TVA : 16% ; les charges
fixes prélevées sur le CA des opérateurs : 6%.
Avec cette illustration, l'auteur montre dans son article que les taxes directes sur le
chiffre d'affaires affectent la capacité des opérateurs à affecter la part prévue pour le
réinvestissement dans le déploiement du réseau cellulaire et les taxes indirectes affectent le
niveau de consommation des abonnés qui in fine affecte le revenu des opérateurs économiques
dans ce secteur en limitant leur capacité à contribuer à la croissance. L'auteur montre en outre,
les incidences, facteurs défavorables voire aggravants, les difficultés d'adaptation de l'économie
dans une optique de quête de la croissance et de la compétitivité. Il montre comment à court
terme, une augmentation des taxes et impôts peut générer des recettes publiques significatives
mais pourrait y résulter en de pertes d'opportunités du revenu fiscal à moyen et en long terme.
Une taxe d'entrée très élevée sur les terminaux (matériels informatiques) poursuit-il, risque
d'éloigner les importateurs officiellement établis et de favoriser le développement d'un marché
informel utilisant des circuits parallèles difficilement contrôlables par le service fiscal.
Pour clore son article, l'auteur montre que la fiscalité mal pensée (très forte pression
fiscale) peut affecter la croissance par le ralentissement d'implantation des entreprises, ce qui
en long terme peut réduire la contribution des opérateurs économiques au PIB du pays, en
d'autres termes, l'arrêt ou le ralentissement des investissements. En plus, conclut-il, qu'une
fiscalité élevée affecte l'accessibilité des prix des produits et services pour les populations
notamment les plus pauvres.
Nous reprenons cette analyse en l'appliquant au secteur des PME à Kamina, en mettant
en évidence les contraintes fiscales auxquelles elles font face et leur impact sur leur
compétitivité et leur capacité d'investissement.
N'GOTTA K. Celaine, dans son étude intitulée "Climat des affaires et performance des firmes
en Côte d'Ivoire" (N'gotta, 2012) examine le lien entre le climat des affaires et la performance
des entreprises ivoiriennes. Il se pose plusieurs questions essentielles :
- Dans quelle mesure les diverses composantes du climat des affaires affectent-elles la
performance des entreprises ivoiriennes ?
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- Quel est l'impact de la réglementation des affaires et des barrières administratives sur la
productivité totale des facteurs, le volume des ventes et le taux de croissance de l'emploi
?
- À quel degré la gouvernance, la fiscalité et l'accès au crédit contribuent-ils à
l'amélioration des performances des entreprises ?
- Quelle est la part des infrastructures dans l'explication de la performance des entreprises
?
Les résultats de son étude montrent que l'insécurité influence négativement la
productivité totale des facteurs et le volume des ventes des entreprises. En revanche, l'obtention
de licences et l'accès au crédit ont un impact positif sur leur compétitivité. De plus, des variables
telles que l'âge de l'entreprise, l'expérience du gestionnaire et la proportion de femmes salariées
influencent positivement la performance des entreprises.
Notre étude se distingue en se focalisant sur le contexte spécifique de Kamina, une
ville où les PME doivent non seulement faire face à ces contraintes, mais aussi à des
particularités locales telles que l'isolement géographique, la faiblesse des infrastructures et la
précarité des services publics essentiels.
Alsy Wamono- Kuyela, L'assainissement du climat des affaires en RDC (Alsy, 2012),
L'auteur cherche à démontrer tout au long de son travail, l'intérêt qu'a la RDC à assainir son
climat des affaires. Dans le vif de son travail, il montre que la RDC a besoin des investissements
pour son développement socio-économique et pour trouver des investissements, les pouvoirs
publics doivent attirer massivement les investisseurs étrangers à apporter leurs capitaux en
République Démocratique du Congo et pour que cela soit possible, la RDC doit chercher en
premier lieu à assainir son environnement macro- économique lequel reste peu rassurant et
malsain. Ensuite dit-il, les autorités politiques doivent instaurer la paix en mettant un terme à la
crise qui ronge le climat politique et menace la stabilité politique, économique et celle des
institutions du pays.
Pour terminer, l'auteur recommande à la RDC d'assurer la sécurité juridique aux
investisseurs étranges en présentant un code des investissements cohérent et convaincant pour
ces partenaires en créant notamment des zones franches dans lesquelles les entreprises ne paient
pas l'impôt et payent aux employés les salaires qui leur donnent satisfaction.
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