
Classification: Public
Déclaration de liens d’intérêts
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
Remerciements
Remerciements à Jacqueline Faure, psychologue et infirmière de formation initiale, pour sa contribution dans
la rédaction des situations cliniques décrites.
Note
1
Plusieurs universités proposent des diplômes universitaires sur la drépanocytose. Le centre de la
drépanocytose de l’hôpital Tenon (AP-HP, Paris, 20
e
) organise chaque année, en mars, une journée
paramédicale de formation gratuite dédiée à la drépanocytose.
Pour en savoir plus
Dzierynski N, Stankovic K, Georgin-Lavialle S, Lionnet F. Enjeux et difficultés de la relation entre soignants
et patients drépanocytaires au cours de la crise douloureuse aiguë. Rev Med Interne 2016;37(2):111-6.
Habibi A, Arlet JB, Stankovic K, et al. Recommandations françaises de prise en charge de la drépanocytose
de l’adulte : actualisation 2015. Rev Med Interne 2015;36(5 Suppl 1):5S3-84.
Haute Autorité de santé. Guide – Affection de longue durée. Syndromes drépanocytaires majeurs de l’adulte.
Protocole national de diagnostic et de soins pour une maladie rare. Janvier 2010. www.has-
sante.fr/upload/docs/application/pdf/2010-04/ald_10_guide_drepano_adulte_web.pdf.
Encadré 1. Crise vaso-occlusive et soins infirmiers
Alors que M. B., âgé de 35 ans, est au travail, une crise douloureuse au niveau de son bassin se déclenche.
Ce patient est atteint d’une forme sévère de drépanocytose, il a déjà fait un séjour en réanimation par le
passé. Il connaît bien sa pathologie et la conduite à tenir. Malgré les antalgiques de palier 2 (paracétamol
codéiné en alternance avec le néfopam), la douleur est si intense qu’il doit être transporté par les pompiers
aux urgences de l’hôpital.
TEG1 À son arrivée, bien qu’anxieux et algique, M. B. est rassuré d’être accueilli par une infirmière qu’il
connaît bien. Alors qu’il est réputé “difficile à piquer”, l’infirmière trouve tout de suite la bonne veine pour
le bilan sanguin spécifique à la drépanocytose et la pose d’une voie veineuse pour l’hydratation. Elle instaure
l’oxygénothérapie (la crise vaso-occlusive provoque le plus souvent un infarctus osseux, ici au bassin) et
surveille régulièrement la pression artérielle, la fréquence cardiaque et respiratoire, la saturation de
l’hémoglobine en oxygène et la température.
TEG1 Lors de la précédente crise, il y a trois semaines, la prise en charge aux urgences avait suffi et
M. B. était rentré à son domicile quelques heures plus tard. Cette fois, la douleur ne cesse pas et nécessite
l’administration de morphine (antalgique de palier 3) par voie veineuse, selon un protocole précis suivi par
l’infirmière : association de titrations et de bolus par analgésie autocontrôlée (patient controlled analgesia),
surveillance de l’efficacité en mesurant l’intensité douloureuse et de la tolérance (niveau d’éveil sur l’échelle
de sédation et fréquence respiratoire).
TEG1 Le patient est hospitalisé dans le service de référence, la surveillance des différents paramètres se
poursuit. M. B. présente alors une douleur thoracique et des difficultés respiratoires, signes qui évoquent un
syndrome thoracique aigu. Il craint d’être à nouveau transféré en réanimation. Une spirométrie incitative est
prescrite ainsi que de la kinésithérapie respiratoire. La situation clinique s’améliore.
TEG1 Après dix jours d’hospitalisation, le patient quitte l’établissement avec un arrêt maladie d’une
semaine.
Encadré 2. Échanges transfusionnels et soins infirmiers
Mme T., âgée de 25 ans, est atteinte d’une forme sévère de drépanocytose. Il y a deux ans, à la suite d’une
récidive de syndrome thoracique aigu avec séjour en réanimation, des échanges transfusionnels mensuels lui
ont été prescrits en hôpital de jour (HDJ).
TEG1 Ce jour-là, à son arrivée en HDJ, Mme T., bien connue du personnel soignant, est installée pour la
prise de ses paramètres vitaux. Comme de nombreux patients drépanocytaires, elle a subi régulièrement et
depuis des années des prises de sang, des poses de perfusion, etc. Son capital veineux s’en trouve fragilisé.