Ch . BIALÈS Page 6
croissante du salaire (réel) parce qu’elle résulte de l’arbitrage travail-loisir que font les individus!; si
chômage il y a, celui-ci est nécessairement volontaire. Autant dire que l’équilibre macroéconomique
classique est forcément un équilibre de plein emploi. En ce qui concerne la demande de travail, les
producteurs embauchent jusqu’à ce qu’il y ait égalisation entre productivité marginale du travail et le coût
marginal du travail, c’est-à-dire son prix, le taux de salaire réel.
En termes mathématiques, on peut écrire, en notant W/P le taux de salaire réel!:
Pour l’offre de travail!:LO = LO(W/P) avec LO’(W/P) > 0
Pour la demande de travail!:LD = LD(W/P) avec LD’(W/P) < 0
• Le schéma central inférieur concerne le marché des biens et services. Il décrit la fonction de production
macroéconomique. On constate que celle-ci ne prend en considération que le facteur travail. Cela s’explique
par le fait que l’on raisonne en courte période et que le stock de capital est supposé donné et fixe (de plus,
on suppose stables l’état des techniques et les comportements des agents). La forme retenue pour la
fonction de production montre qu’est admise l’hypothèse de rendements marginaux décroissants.
En termes mathématiques, la fonction macroéconomique de production peut s’écrire de la manière suivante :
Y = Y (K0 , L) où K0 représente un stock de capital donné.
• Le schéma du sud-ouest est a priori un graphique de passage mais il exprime aussi l’égalité que l’on a à
l’équilibre entre offre et demande globales, entre produit et revenu national.
• Le schéma du nord-ouest décrit en premier lieu l’équilibre du marché des capitaux. Sur ce marché se
détermine le taux d’intérêt (réel) par confrontation entre offre et demande de capitaux, autrement dit entre
épargne et investissement. L’offre de capitaux - l’épargne - est une fonction croissante du taux d’intérêt!:
les individus font un arbitrage intertemporel entre consommation immédiate et consommation différée et le
taux d’intérêt apparaît comme étant le prix de la renonciation à la préférence pour le présent.
Consommation immédiate
Chez les Classiques, le taux d’intérêt est la variable d’arbitrage entre consommation et
Revenu épargne!; il est le prix de la renonciation à la préférence pour le présent!; c’est le coût
d’opportunité du temps.
Épargne (forcément placée!car la thésaurisation ne peut être rationnelle)
La demande de capitaux - l’investissement - est une fonction décroissante du taux d’intérêt!: le producteur
n’emprunte pour investir qu’après une comparaison entre le taux d’intérêt et la productivité marginale du
capital!; plus le taux d’intérêt est élevé, plus l’opportunité de l’investissement se retreint.
Remarque!: ce schéma décrit par conséquent l’équilibre d’un marché que l’on peut appeler aussi bien
marché des capitaux que marché des titres!; on peut l’appeler aussi marché des fonds prêtables.
Ce schéma montre en second lieu comment le produit national d’équilibre (Y*) se partage en consommation
et investissement (et épargne), en se fondant sur l’une ou l’autre de ces deux relations : Y = C + I et
Y = C + S.
En termes mathématiques, on peut écrire!:
I = I(r) avec I’(r) < 0
S = S (r) avec S’(r) > 0.
• Ces quatre schémas de gauche correspondent à la sphère réelle de l’économie et on constate que tous les
éléments importants de l’équilibre sont déterminés, en particulier la grille des prix relatifs des biens et
services, le taux de salaire réel et le taux d’intérêt réel. Par contre, les deux schémas de droite concernent la
sphère monétaire. Cette présentation schématique intègre par conséquent un principe très important dans la
pensée classique, celui de l’analyse dichotomique qui veut que la monnaie soit un voile. Les classiques
estiment en effet que la monnaie n’est qu’un instrument facilitant les échanges et qu’on doit en faire en
quelque sorte abstraction pour dégager les relations fondamentales de l’équilibre (cela correspond à l’un des
énoncés de la loi de J.-B. Say!: «!les produits s’échangent contre les produits!»). Dans la sphère monétaire
ne se fixe que la valeur nominale des différentes variables, et cela en fonction du volume de la masse
monétaire mise en circulation.
Le schéma du sud-est décrit en effet la théorie quantitative de la monnaie qui considère que le niveau des
prix est directement lié à la quantité de monnaie en circulation. La théorie quantitative de la monnaie consiste
à donner un sens de causalité à l’équation des échanges en privilégiant la lecture de celle-ci de gauche à
droite!:M . V = P. Y (d’où P = (M . V) / Y) . Non seulement une évolution de P est supposée ne
pouvoir provenir que d’une variation de M (l’augmentation de la masse monétaire est la cause motrice de la
hausse des prix, l’inflation est forcément d’essence monétaire), mais de surcroît la monnaie est supposée ne
pas pouvoir agir sur Y, d’où le principe dit de neutralité de la monnaie.