Guide de pisciculture: Choix du site et gestion de l'eau

Telechargé par kouandahojoseph
1. PISCICULTURE GENERALE
1.1. PROSPECTION
1.1.1. CHOIX DU SITE
Le choix d'un bon site est primordial en pisciculture : il conditionne la réussite de l'exploitation. De
ce choix dépendront non seulement la réussite mais aussi les coûts d'aménagement, la dimension
de l'exploitation, les facilités d'entretien, etc …
Les meilleurs sites pour la construction des
étangs se trouvent :
- à proximité d'un cours d'eau permanent assurant
un débit d'eau suffisant pour pouvoir remplir les
étangs tout au long de l'année (5–10 l/s/ha) ;
- sur un sol imperméable qui retient bien l'eau (sol
argileux par exemple) ;
- sur un terrain légèrement en pente (2–8%), il faut
éviter les terrains dont la pente est trop forte et
les terrains dont la pente est presque nulle. Avec
des pentes trop fortes, le coût des travaux est
très élevé et les étangs sont petits. Au contraire,
sur les terrains plats, les risques d'inondation sont
très importants et la maîtrise de l'eau très difficile
;
- à mi-pente, pour pouvoir vidanger facilement les
étangs et éviter les risques d'inondation ;
- sur des parcelles bien ensoleillées, la lumière et
la chaleur distribuées par le soleil sont les
premières sources d'énergie de la production de
l'étang ;
- proche de l'habitation du pisciculteur pour
faciliter la surveillance et l'entretien des étangs et
des poissons ;
- sur des parcelles assez importantes avec des
possibilités d'extension :
- proche d'un marché pour écouler les productions
et acheter les intrants (fumier, engrais…)
A Madagascar, il est souvent possible de
transformer des rizières en étangs. Pour cette
transformation, les rizières à mi-pente sont les
plus favorables car :
- elles ne sont pas trop petites comme celles en
amont;
- elles ne sont pas inondables comme celles en
aval.
Important: un étang piscicole peut être utilisé
comme rizière, mais une rizière ne peut pas être
utilisée comme étang.
1.1.2. EAU (1)
La qualité et la quantité de l'eau disponible dans une vallée sont des éléments de premiêre
importance pour sélectionner un site à vocation piscicole.
Toute l'eau douce disponible vient, au départ, des
précipitations qui varient selon l'emplacement
géographique et le climat :
- une partie de cette eau ruisselle en surface et se
rassemble en ruisseau puis en rivière, puis en
fleuve jusqu'à la mer ou l'océan ;
- une autre partie s'infiltre dans le sol et vient
grossir les nappes d'eau souterraine (nappes
phréatiques) prisonnières des couches de terre
imperméable.
Quand il pleut beaucoup et longtemps, le niveau
de la nappe d'eau souterraine augmente; elle peut
même dépasser la surface du sol en certains
endroits. Ce sont les marais et certains lacs qui
se forment ainsi.
Sous l'action du soleil, avec la chaleur et le vent,
une partie de l'eau s'évapore du sol et des nappes
d'eau de surface.
Les plantes aussi pompent l'eau du sol: elles
absorbent et transpirent de l'eau pour la rejeter
dans l'air sous forme de vapeur d'eau : c'est
l'évapotranspiration. Les vapeurs d'eau qui
proviennent de l'évaporation de l'eau et de
l'évapotranspiration des plantes se concentrent
dans l'atmosphère en nuages et le cycle
recommence : c'est le cycle de l'eau.
1.1.2. EAU (2)
L'eau souterraine est retenue dans le sol par des couches de roches imperméables.
A certains endroits, l'eau souterraine sort de terre
: cela s'explique quand l'eau de pluie augmente la
hauteur de la nappe d'eau souterraine. Une partie
de l'eau souterraine glisse sur les roches
imperméables et sort de terre en traversant les
couches perméables du sol : ce sont alors des
sources.
Les étangs de pisciculture sont alimentés soit par
l'eau de source soit par l'eau de ruissellement. Les
étangs alimentés par la nappe phréatique sont à
éviter.
Certaines sources d'eau sont permanentes,
d'autres ne le sont pas : elles n'existent que quand
il pleut beaucoup et que la nappe d'eau
souterraine augmente. Il faut vérifier en saison
sèche si la source d'eau est permanente ou non.
En pisciculture, il est essentiel de travailler avec
des sources permanentes ayant un débit
minimum suffisant. Il est inutile de construire des
bassins de pisciculture alimentés par une source
qui n'existe que 2 – 3 mois par an.
Sur les Hautes-Terres malgaches, le débit
minimum doit être vérifié au mois de septembre-
octobre, juste avant les premières pluies.
Même si la source est permanente, il faut
s'assurer que son débit est suffisant toute l'année,
particulièrement durant la période d'étiage: il faut
un débit minimum de 5 à 10 litres d'eau par
seconde pour assurer, l'alimentation en eau d'1 ha
de bassin.
Il faut aussi laisser couler l'eau de source sur
quelques dizaines de mètres en cascade pour
bien l'oxygéner avant de l'envoyer dans les
bassins ; sous terre, l'eau est très pauvre en
oxygène dissous.
1.1.2. EAU (3)
En pisciculture, il est essentiel de connaître les débits d'eau disponible au cours de l'année pour
pouvoir déterminer, en fonction de la qualité du sol et de l'évaporation, la surface d'étang qui peut
être mise sous eau.
Quand on dispose d'une source permanente, il est
indispensable de connaître son débit minimum au
cours de l'année. Pour cela, il est intéressant
d'établir des mesures de débit mensuelles ou par
quinzaine.
Dans notre exemple, on peut lire que le débit
minimum est de 5 l/s au mois d'octobre.
La surface d'étang que l'on peut maintenir sous
eau dépendra principalement du débit d'eau
disponible, mais aussi de la perméabilité du sol et
de l'évaporation.
On considère qu'il faut un débit de 5 à 10 l/s pour
maintenir sous eau 1 ha d'étang construit sur un
sol propice à la construction des étangs
piscicoles (voir fiches 1.3.). Dans notre exemple,
si les étangs sont bien imperméables, on pourra
maintenir au maximum 1 ha d'étang sous eau.
Une méthode très simple pour mesurer de façon
très précise le débit d'un petit ruisseau consiste à
barrer le ruisseau avec un barrage muni en son
centre d'un tuyau de 50 à 70 mm de diamètre. A
l'aide de seaux, on mesure combien de litres on
peut recueillir en 60 secondes. On détermine le
débit en l/s en divisant la quantité recueillie par
60.
Exemple : si vous remplissez 8 seaux de 15 l, le
débit total en 1 minute est de 8 × 15 l = 120 l. Le
débit du ruisseau est donc de : 120 l/60 s = 2 l/s.
1.1.2. EAU (4)
Pour connaître le débit d'un cours d'eau, non seulement il faut mesurer la vitesse de l'eau sur une
partie du cours d'eau dans laquelle l'eau coule en ligne droite mais également sa largeur moyenne et
sa profondeur moyenne sur cette partie.
Il est facile de mesurer de manière assez précise
le débit en eau de petits et moyens cours d'eau
par la méthode du flotteur.
Pour commencer, on prépare le flotteur qui
consiste en une petite bouteille d'une dizaine de
cm de hauteur lestée et fermée de façon que seul
le sommet de la bouteille soit visible quand elle
est immergée. Il faut sélectionner un endroit du
cours d'eau qui soit en ligne droite sur plus d'une
dizaine de mètres et y placer deux lignes de
repère espacées de 10 mètres. Il faut également
disposer d'un chronomètre ou d'une montre avec
trotteuse.
On commence par mesurer la vitesse de l'eau (V).
On lache le flotteur au milieu du cours d'eau un
peu avant la première ligne de repère et on
chronomètre exactement le temps (t), en
seconde, nécessaire pour que le flotteur passe
entre les deux lignes de repère.
On répète cette opération trois fois et on calcule
le temps moyen (tm) : tm = (t1 + t2 + t3)/3. Si une
des trois mesures est nettement différent des
deux autres, il faut la remplacer par une
quatrième mesure.
Exemple : t1 = 12 s ; t2 = 24 s ; t3 = 10 s, on
remplace t2 trop différent par t4 = 11 s. On aura
donc : tm = (12 + 10 + 11)/3 = 11 s.
Pour calculer la vitesse de l'eau, il faut diviser la
distance parcourue par le flotteur par le temps
moyen obtenu : v = d/tm. Pour plus de justesse
dans la suite de nos calculs, on multiplie la
vitesse trouvée par un facteur de correction de
0,85. Donc :
V = v × 0,85 = d/tm × 0,85.
Ici, la distance parcourue est de 10 mètres et le
temps moyen, 11 secondes. Ainsi, la vitesse de
l'eau du cours d'eau (V) est de : d/tm × 0,85 = (10
m/11 s) × 0,85 = 0,77 m/s.
1.1.2. EAU (5)
Calcul du débit d'un cours d'eau (suite).
Il faut encore mesurer la largeur moyenne (lm) et
la profondeur moyenne en son centre (pm)
exprimées en mètre. Tous les deux mètres sur
une longueur de dix mètres, on procède à la
mesure de la largeur et de la profondeur au milieu
du cours d'eau et on obtient :
- lm = (l1+l2+l3+l4+l5+l6)/6, de même,
- pm = (p1+p2+p3+p4+p5+p6)/6
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