
ce progrès grâce à la pression de l’OIT qui venait de naître (1919) et surtout grâce aux
exigences du traité de Versailles du 28 juin 1929 dont l’art 23 tient à ce que chaque membre
de la société des Nation puisse s’efforcer d’assurer et de maintenir sur son territoire des
conditions de travail équitables et humaines pour les hommes, les femmes et les enfants. Mais
à cette installation des entreprises forestières ou agricoles correspondait la fuite des
populations vers les brousses et les forêts. D’où le décret du 9 juillet 1925 : plus de liberté
d’aller et de venir sans laisser passer ou sans contrat de travail des indigènes.
Il fallut attendre le lendemain de la conférence de Brazzaville (30 janv – 8 Fév 1944) pour
voir s’amorcer les véritables bases du Droit de Travail.
La France par la bouche du Général Degaule promet d’associer les africains à la gestion de
leurs propres affaires, ce qui favorisera le vent de revendication, de contestation et de
réclamation. Grâce à ces contestations et revendications, le décret du 7 août 1944 institua les
syndicats professionnels dont les premiers furent:
• L’Union des syndicats confédérés du Cameroun (USCC)
• La confédération camerounaise des syndicats chrétiens (CCSC)
• L’union des syndicats libres du Cameroun (USLC)
Mais le décret se contentera d’annoncer le principe de la liberté syndicale. La constitution et
le fonctionnement ne seront plus vus avec l’avènement du code du 15 décembre 1952. Le
code MOUTE avait pour objectif d’instaurer le code du travail métropolitain dans les
territoires français d’outre-mer. Malheureusement à cause de la résistance des organisations
patronales, ce code ne fut pas appliqué au Cameroun.
La contribution britannique à l’édification du Droit du Travail camerounais ne sera pas d’une
grande importance. En effet, la partie du Cameroun sous mandat britannique fut rattachée au
Nigeria quant à ce qui était de la législation du travail.
2ème étape : L’idée d’une extension pure et simple du code métropolitain aux territoires
d’outre mer ayant échoué il fallait prévoir quelque chose de spécification africain : le code du
15 décembre 1952. Monument important de législation du travail presque complet, traitant
autant de sujets en des mots plus clairs que le code du travail français. Véritable instrument de
justice sociale et de progrès économique, le code de 52 garantissait la protection et
l’épanouissement du travailleur indigène grâce à la soumission des litiges de travail à une
juridiction particulière et commune à tous, au renforcement des rôles de syndicat
professionnel et des conventions collectives du travail grâce à l’interdiction du travail forcé
seul inconvénient de ce code. Ce fut un code politique.
3ème étape : Après l’indépendance du Cameroun oriental en 1960 et le plébiscite du 11
février 1961, le pays se dota d’une constitution : la constitution du 1er septembre 1961 qui
consacra la République Fédérale du Cameroun. Le gros problème était après cela de
rassembler les forces sociales autour d’un même objectif : la consolidation de
l’indépendance du Cameron.
L’unification des parties politiques intervint en 1966. Il fallait chercher à obtenir l’unification
syndicale. Il fallait prévoir des institutions sociales propres au Cameroun. Ce fut l’objet du
code de 1967 notamment. L’objectif de ce code est d’harmoniser pour l’ensemble de l’État
Fédéral du Cameroun la législation en matière de travail.
Reprise fidèle du code de 1952 par ci, originalité par là.