
Revue de Médecine Générale et de Famille / N°5 • Mars 2018
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Itinéraire d’une pathologie
Résumé
L’épaule douloureuse constitue un motif fréquent de consultation. Dans la
majorité des cas, les tendinopathies de la coiffe des rotateurs représentent la
pathologie la plus impliquée dans ce tableau. Le diagnostic, facile à établir, repose
essentiellement sur un interrogatoire minutieux et un examen clinique soigneux,
mettant en exergue le(s) tendon(s) responsable(s) de cette douleur. La clinique
aidée parfois par des données de l’imagerie, contribue à la conrmation du
diagnostic et à la précision du degré de l’atteinte tendineuse. Le traitement est
basé sur des moyens communs pour toutes les étiologies, et d’autres spéciques
à chaque cause des tendinopathies.
I. GHOZLANI1*, M. BADAOUI2
Les tendinopathies de
l’épaule: une fréquence
en recrudescence
L’épaule douloureuse est un motif fréquent de
consultation en pathologie locomotrice. Elle regroupe
plusieurs entités cliniques et physiopathologiques,
dont les tendinopathies de la coiffe des rotateurs qui
restent au premier plan [1]. L’approche diagnostique
clinique des tendinopathies de l’épaule requiert
plusieurs tests cliniques. Cependant, la sensibilité
et la spécicité de ces tests sont variables sous
l’inuence de plusieurs facteurs. C’est ainsi que
l’imagerie (radiographie standard et échographie
musculo-tendineuse) est considérée comme une
extension de l’examen clinique, permettant ainsi
le diagnostic clinique et topographique précis des
lésions des tendons de la coiffe des rotateurs [2].
1 Service de Rhumatologie, Hôpital Militaire d’Agadir et Université Cadi Ayyad, Marrakech
2 Service de Médecine Interne, Hôpital Militaire d’Agadir. Université Ibn Zohr, Agadir
Epidémiologie
L’épaule douloureuse est fréquente. Sa prévalence
est estimée entre 14 et 20 %. Son étiologie est
dominée par les tendinopathies de la coiffe des
rotateurs qui représentent entre 44 et 65 % des
visites médicales pour un syndrome douloureux
de l’épaule. On ne dispose pas actuellement
de données marocaines, mais ces atteintes sont
responsables d’absences répétées au travail (une
perte de 7 millions de journées de travail en France
en 2006), associées à des compensations nancières
dans 16 à 30 % des cas, ce qui reète un véritable
problème de santé publique [3].