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10109--SPV-Guyane & FREDON-Guyane & Chambre Agriculture 2004 Ravageurs et s en Guyane

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Ravageurs et maladies
des Cucurbitacées
en Guyane
Enquête réalisée en collaboration avec
DAF-SPV/FREDON/SUAD/Labovert®
2004
1 – OBJECTIF
Les cultures maraîchères, subissent d’importants dommages dus à de nombreux ravageurs
(insectes, champignons, virus…).
Les conditions climatiques entraînent un développement des populations toute l’année d’où
l’intérêt d’une surveillance constante des cultures. En effet de nouveaux parasites peuvent
remettre en cause les méthodes de lutte déjà mises en place.
L’objectif de cette étude conduite en collaboration avec la FREDON, le SUAD, le Labovert®
et le SPV, est de vérifier des données anciennes sur les organismes nuisibles présents sur ces
cultures et d’essayer de déterminer les problèmes phytosanitaires les plus importants.
2 – VISITE D’EXPLOITATION - PRELEVEMENT
Les prélèvements ont été réalisés durant les mois de juillet à octobre par Eliane Babo
(technicienne FREDON au laboratoire de la DAF/SPV) avec la collaboration d’Alexandrina
Taboulou (Labovert) , Alain Dizout, Jean-Claude Horth et Eric Landais du SUAD, Damien
Laplace (VCAT au SPV).
Dix neuf exploitations dont 1 en hors-sol sous abri et 18 en plein champ ont été visitées.
Une soixantaine d’échantillons ont pu être collectés dont 48 pour la recherche de virus
pathogènes.
Les prélèvements ont été orientés sur des plants présentant d’une part des symptômes
d’attaques virales et d’autres part des attaques de ravageurs divers toutes cultures confondues.
melon d'eau
13%
melon
14%
sorossi
2%
citrouille
8%
concombre
41%
courgette
22%
Graph. 1 : Répartition des échantillons par culture
Des échantillons ont été collectés sur toutes les cucurbitacées hormis la cristophine qui est très
peu cultivée et que l’on retrouve principalement sur les communes de l’intérieur.
Les cultures de courgette et concombre restent les plus importantes.
Les analyses ont été réalisées au laboratoire du Service de la Protection des Végétaux de
Cayenne.
Les identifications des chrysomèles ont été faites par l’unité d’entomologie du LNPV de
Montpellier.
2
3 – LES VIRUS RECHERCHES
Le virus de la mosaïque du concombre (CMV : Concumber Mosaïc Virus) est
transmis par des différentes espèces de pucerons. Les symptômes observés sont les
suivants : feuilles recroquevillées, partiellement enroulées, boursouflées, mosaïque en
tache chlorotique ou en plage vert foncé/ vert clair...
Photo 1 : CMV. Recroquevillement des feuilles de concombre
Le virus des taches en anneaux du papayer (PRSV : Papaya Ring Spot Virus)
anciennement virus de la Mosaïque de la Pastèque type 1 (WMV1) transmis par les
pucerons est responsable de boursouflures, filiformisme.
Photo 2 : PRSV. boursouflures sur feuille de courgette
3
Le virus de la mosaïque jaune de la courgette (ZYMV : Zucchini Yellow Mosaïc
Virus)
Les symptômes sont les suivants : feuille de taille réduite très découpée en forme de
flamme, feuille filiforme ou laciniée, fruits mosaïqués et bosselés.
Photo 3 : ZYMV. Symptômes sur feuilles de courgette
Le virus de la mosaïque de la pastèque de type 2 (WMV2 : Watermeleon Mosaïc
Virus 2)
Ce potyvirus est également transmis par les pucerons. Il est responsable de mosaïques,
des déformations et réduction de la surface foliaire mais aussi des mosaïques sur les
fruits qui sont parfois bosselés.
Photo 4 : WMV2.Découpage du limbe plus clair et effilé
4
3.1 – ANALYSES
Les 48 échantillons ont été testés par la méthode ELISA durant les mois de juillet et octobre
au laboratoire du Service de la protection des Végétaux.
Les recherches de ces quatre potyvirus cités ci-dessus ont été effectuées sur l’ensemble des
échantillons.
3.2 – RESULTATS
Il est difficile d’établir un pourcentage d’infection à partir de ce tableau, en raison du
faible nombre d’échantillons et du fait que les échantillons n’ont pas été prélevés au
hasard mais en fonction des symptômes observés.
Nombre échantillons
Numéro d’exploitations
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
Total
Total testé
Négatif
Positif
4
11
1
4
1
1
1
2
1
5
1
2
5
1
4
4
48
4
5
1
6
1
2
1
2
1
1
1
1
4
3
16
1
1
3
4
25
Tableau 1 : Bilan des analyses par ELISA pour l’ensemble des virus
3.1.1 Virus détectés
Nous pouvons noter la présence de quatre potyvirus :
- P.R.S.V. le plus fréquent
- Z.Y.M.V.
- C.M.V.
5
Douteux
1
1
1
2
1
1
7
- WMV2 : ce virus est peu représenté en Guyane et ne semble pas occasionner de graves
dégâts.
100%
90%
80%
70%
60%
50%
40%
30%
20%
10%
0%
douteux
positif
négatif
PRSV
ZYMV
CMV
WMV2
Graph. 2 : Fréquence de détection des virus recherchés
3.1.2 Bilan par exploitations
Il semble intéressant d’exploiter les résultats à partir du nombre d’échantillons
obtenus par exploitations. Bien que celui-ci ne soit pas régulier, les résultats nous
permettent de constater que 2 exploitations sont indemnes de virus, 3 sont
« douteuses » et le reste est contaminé.
nombre d'échantillons
12
10
8
6
Douteux
Positif
Négatif
4
2
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16
nombre d'exploitations
Graph. 3 : Bilan des résultats par exploitation agricole
6
3.1.3 Bilan par plantes-hôtes
A partir du graphique 4, on remarque que presque toutes les espèces peuvent être infectées
hormis le sorossi reste négatif (1 seul échantillon prélevé).
So
ro
ss
i
d'
ea
u
el
on
el
on
M
Douteux
Positif
Négatif
M
C
itr
ou
ille
C
on
co
m
br
e
C
ou
rg
et
te
18
16
14
12
10
8
6
4
2
0
Graph.4 : Bilan des résultats par culture
Il faut noter que les conclusions faites ne concernent que la période de l’enquête et ne
s’appliquent pas systématiquement à l’ensemble des cucurbitacées en Guyane.
Il serait nécessaire de vérifier ces résultats en réalisant d’autres enquêtes avec un nombre
d’échantillons plus importants.
4– LES INSECTES
Chrysomelidae
Les chrysomèles sont des coléoptères de petite taille, colorés présentant de taches rondes ou
des bandes sur les élytres.
Photo 5 : Acalymna sp.
7
Elles sont responsables de trouaisons des feuilles et des fleurs mais aussi de la perforation du
fruit.
En période sèche, elles semblent être le principal problème sur les cultures de cucurbitacées.
Suite aux déterminations du LNPV Unité d’entomologie de Montpellier, les genres Acalymma
sp. et Diabrotica sp. (dont D. speciosa) ont été identifiés.
L’espèce Diabrotica speciosa, très polyphage et répertoriée au Brésil s’attaque à d’autres
plantes-hôtes telles que les Citrus, Phaseolus, plantes fourragères, Solanacées.
Photo 6 : Diabrotica speciosa
La pyrale
Papillon de petite taille reconnaissable à ses ailes blanches bordées de brun-noir.
Les chenilles dévorent la totalité des feuilles, elles peuvent parfois aussi attaquer la surface
des fruits.
Deux espèces appartenant au genre Diaphania sont présentes sur les cucurbitacées :
Diaphania nitidalis et Diaphania hyalinata la plus fréquente en Guyane.
Photo 7 : D. nitidalis
Photo 8 : D. hyalinata
Les chrysomèles et les pyrales ont été observés sur le terrain. Les autres insectes (pucerons,
aleurodes, thrips…) présents sur les cucurbitacées, ne semblent pas occasionner de dégâts
importants.
8
5 - LES CHAMPIGNONS
Oïdium sp.
De nombreuses taches poudreuses blanches sont observées à la face inférieure et supérieure
des feuilles pouvant recouvrir la totalité du limbe. Les tiges peuvent être aussi atteintes.
Photo 9 : taches poudreuses blanches sur feuille de citrouille
Cercospora sp.
Ce champignon est à l’origine de nombreuses taches circulaires à bordure nécrotique, de
lésions nécrotiques allongées sur tige, de chutes de feuilles.
Les débris végétaux permettent au Cercospora sp. de survivre d’une saison à l’autre. Les
conditions climatiques chaudes et humides sont favorables à son développement.
Les éclaboussures survenues à la suite de pluies ou d’irrigations dissémineraient aussi le
champignon.
Photo 10 : taches nécrotiques sur feuille de concombre
9
Corynespora sp.
Les symptômes observés sont les suivants : petites taches beiges à marron, allongées sur tige,
nombreuses taches circulaires d’abord brunes puis marron à beige sur feuille.
Il se développe dans des conditions climatiques humides.
Photo 11 : dégâts de Corynespora sp. sur feuille de melon d’eau
Aucune attaque de mildiou, fusariose ou Choanephora… n’a été détectée.
6 - LES BACTERIES
Certaines bactéries (Erwinia sp., Pseudomonas sp.…) sont susceptibles de provoquer des
dégâts sur les cucurbitacées, cependant aucune bactériose n’a été détectée lors de cette
enquête.
7 – DISCUSSION – PERSPECTIVES
Un certain nombre de problèmes détectés par le passé (Mildiou, Choanephora, bactériose,
nématodes…) n’ont pas pu être observés (organismes nuisibles épisodiques, effet année ?…).
Dans les conditions de l’enquête, les cucurbitacées ne semblent pas subir de trop fortes
contraintes parasitaires.
L’étude a été réalisée durant le deuxième semestre de l’année 2004, caractérisé par un fort
déficit hydrique. Cette situation pourrait peut être expliquer l’absence de certains organismes
nuisibles.
Aussi pour vérifier la présence de parasites répertoriés dans l’inventaire 2002 (liste en
annexe), cette enquête devrait être reconduite à des périodes différentes de l’année.
10
ANNEXE
11
SOURCE DES PHOTOS UTILISEES DANS LE RAPPORT
PHOTO 1 : Cucurbit Diseases – A practical guide for seedsmen, growers & agricultural
advisor – Petoseed Company Inc.
PHOTO 2 : SPV Guyane
PHOTO 3 : SPV Guyane
PHOTO 4 : Maladies des Cucurbitacées, Observer, identifier, Lutter – D. Blanchard, H.
Lecoq, M. Pitrat - INRA
PHOTO 5 : SPV Guyane
PHOTO 6 : ?
PHOTO 7 : http://creatures.ifas.ufl.edu/veg/pickleworm03.htm
PHOTO 8 : http://odonate.com/lep/Diaphania_hyalinata.jpg
PHOTO 9 : SPV Guyane
PHOTO 10 : Cucurbit Diseases – A practical guide for seedsmen, growers & agricultural
advisor – Petoseed Company Inc.
PHOTO 11 : SPV Guyane
12
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