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LA REVOLUTION COPERNICIENNE

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LA REVOLUTION COPERNICIENNE
La révolution copernicienne, appelée aussi copernicanisme, est le renversement de
la représentation
du
monde et
de
l'univers du XVIe au XVIIIe siècle.
Au
modèle géocentrique en vigueur (l'astronomie de Ptolémée datant du IIe, héritière des
conceptions géocentriques des philosophes grecs du ive siècle av. J.-C.) succède un
modèle héliocentrique défendu
par Nicolas
Copernic,
perfectionné
par Johannes
Kepler, Galilée, et Newton. Selon les termes d'Alexandre Koyré, cette évolution fit passer
l'humanité d'une vision d'un monde clos à un univers infini1, en tout cas sans limites connues.
1- Représentations du monde avant la révolution copernicienne (avant 1510
Dès l'Antiquité, on savait que la Terre était sphérique. En revanche, la plupart des auteurs la
plaçaient au centre de l'Univers (Aristarque de Samos suggéra que la Terre tournait autour
du Soleil).
Durant le Haut Moyen Âge, en Occident latin, grâce à la traduction du Timée, la rotondité de la
Terre reste communément admise par les lettrés ; mais il faudra attendre le xiie siècle pour que
soit découverte l’œuvre de Claude Ptolémée, grâce aux traductions de l'Almageste depuis le
grec et l’arabe. L’idée de faire le tour de la terre par bateau se heurtait à de nombreux préjugés,
dont celui de l'impossibilité de supporter la chaleur de la zone équatoriale. Mais les préjugés
reculèrent grâce à des ouvrages tels que le Livre des merveilles du monde de Jean de
Mandeville (à ne pas confondre avec le dévissement du monde de Marco Polo).
Ainsi, au début du XVIe siècle, les traités qui faisaient référence étaient le Traité du
ciel d'Aristote et l'Almageste de Ptolémée. Dans la représentation d'Aristote, la Terre était
sphérique et fixe au centre de l'univers. Celui-ci était partagé entre le monde sublunaire, et le
monde supralunaire, où se déplaçaient le Soleil et les planètes en tournant autour de la Terre.
Le monde supralunaire était composé de sphères considérées comme parfaites. Dans le monde
supralunaire, on distinguait également la sphère des étoiles fixes. Mais les Écritures saintes, qui
contenaient quelques passages cosmologiques faisaient également référence, non seulement
chez les théologiens (catholiques), mais aussi chez la plupart des astronomes qui y étaient
attentifs.
2- Copernic et les premières prises de position des savants et des théologiens (15101610)
Nicolas Copernic (1473–1543), le savant humaniste qui a changé notre vision du monde en
plaçant le Soleil au centre de l'Univers.
Copernic est le premier à avoir proposé un modèle dans lequel le Soleil était fixe au centre de
l'Univers, les planètes décrivant une trajectoire qu'il pensait circulaire. Il conçut sa doctrine
dès 1510 et l'exposa dans le De revolutionibus en 1543. Cette doctrine resta pendant longtemps
confinée à un cercle restreint de spécialistes comme le philosophe Giordano Bruno. Elle
provoqua néanmoins des réactions de la part des savants et des théologiens. La plupart des
astronomes restèrent fidèles au géocentrisme et la quasi-totalité des théologiens prirent position
contre la théorie héliocentrique de Copernic. Parmi les théologiens réformés, on peut
citer Melanchthon, et parmi les théologiens catholiques, Bartolomeo Spina, son collaborateur
le dominicain Giovanni Maria Tolosani, et le théologien jésuite Nicolaus Serarius. Les
astronomes de leur côté avaient développé une doctrine intermédiaire entre le modèle
géocentrique et le modèle héliocentrique (voir équivalence des hypothèses).
Galilée et l'interdiction des écrits coperniciens (1610-1633)
Galilée commença dès 1610 à faire la propagande de la théorie copernicienne à Florence et à
Rome. Il rencontra des résistances de la part des philosophes et des théologiens. Bien que
convaincu de la justesse de la théorie copernicienne et s'appuyant sur les observations qu'il
effectuait grâce à sa lunette, il ne parviendra pas à apporter la preuve décisive que la terre tourne
sur elle-même et autour du Soleil (système héliocentrique).
Galilée de son côté était bien conscient des difficultés que posait le système de Copernic par
rapport à certaines interprétations des passages cosmologiques de la Bible (livre de Josué,
Psaumes). Dans sa lettre à Christine de Lorraine (1615), qu'il rendit publique, il revendiquait
une autonomie de la science : « l'intention du Saint-Esprit est de nous enseigner comment on
doit aller au ciel, et non comment va le ciel ».
En 1616, les écrits coperniciens furent mis à l'Index pour être corrigés et révisés, et les ouvrages
favorables à l'héliocentrisme furent interdits, sans qu'il fût interdit de débattre de
l'héliocentrisme dans une hypothèse purement mathématiques. Toutefois, on ne considérait pas
les idées héliocentriques comme hérétiques, mais simplement comme téméraire.
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