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Soins infirmiers en ophtalmo

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COURS DE SOINS INFIRMIERS
EN OPHTALMOLOGIE
Francoise GRIMMINGER
Cadre de santé
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CHNO 15/20 –
Cours oph FG
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Edition du 22/10/19
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S O MM A I R E
I
PRESENTATION
1.
2.
3.
4.
II
p 4 à 6
Historique
Avez-vous eu des cours d’ophtalmologie ?
Quelle est votre représentation d’un(e) infirmier (e) D.E en ophtalmologie.
Rappel du décret de compétence du 29 juillet 2004
SCHEMA DE L’ŒIL
p 7
III DEFINITIONS DES PRINCIPALES PATHOLOGIES RENCONTREES
EN OPHTALMOLOGIE
p 8 à 23
IV
LES SOINS INFIRMIERS EN OPHTALMOLOGIE
p 24- 25
1. Selon le décret de compétence du 29 Juillet 2004
2. Accueillir un mal voyant (cf. document en annexe)
3. Les soins techniques spécifiques.
V
1.
2.
3.
4.
5.
SITUATIONS D’URGENCES
Décollement De Rétine
Endophtalmie
Glaucome par Fermeture de l’Angle
Projections De Produits Toxiques
Corps Etranger
VI
PREPARATION
CHIRURGICALE
1.
2.
3.
4.
D’UN
PATIENT
p 26 à 30
A
UNE
INTERVENTION
p 31-32
Le jour de l’arrivée.
Le jour de l’intervention.
Le lendemain de l’intervention.
Le jour de la sortie.
VII LE PROCESSUS
VISUELLE.
DE
DEUIL
CHEZ
LA
PERSONNE
DEFICIENTE
p 33-35
1. Le deuil normal.
2. Le deuil pathologique.
3. Comment aider un sujet effectuant un travail de deuil.
VIII
EVALUATION DES CONNAISSANCES
p 36
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IX CAS CONCRET
Prise en charge d’un patient présentant un corps étranger
p 37
X CORRECTION DU CAS CONCRET
p 38-39
XI LES PRINCIPAUX COLLYRES EN OPHTALMO
p 40
XII FICHE TECHNIQUE :
 Instillation de collyre ophtalmique
 Application de pommade ophtalmique
p 41-42
XIII SOINS LIES AUX DIFFERENTS
EXAMENS EN OPHTALMOLOGIE
p 43 à 45
XIV MALVOYANCE et CECITE
CLASSIFICATION SELON L’OMS
p 46 à 48
XV ACCUEILLIR UN NON VOYANT
p 49 - 50
Documents source :
Cours F Bourgoint, Cours V Savoia, Equipe Infirmières
Cours Dr Tuil, Cours Dr Bourcier,
JO N° 183 du 8 aout 2004, page 37087/Législation décret n° 2004 – 802 du 29 juillet 2004
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COURS D’OPHTALMOLOGIE
I. PRESENTATION
A. Historique :
Les Quinze-Vingts hier
C’est vers la moitié du XIIIème siècle que le roi Louis IX, plus connu sous le nom
de Saint-Louis, fonde la maison des trois cents aveugles, destinées à héberger
300 pensionnaires aveugles (soit quinze vingtaines). En 1330, s’y ajoute une
infirmerie pour soigner les maladies des yeux.
Les Quinze-Vingts aujourd’hui
C’est un établissement mono disciplinaire comportant :
 un plateau technique performant,
 un service d’urgences,
 un service de chirurgie ambulatoire,
 2 services d’hospitalisation traditionnelle,
 1 service d’hospitalisation de courte durée,
 1 service de pathologies infectieuses,
 1 centre d’investigation clinique
Les 125 lits d’hospitalisation sont à 95% consacrés à de l’activité chirurgicale et
la durée moyenne de séjour est de 2jrs 70.
Le 19 mars 2008, l’institut de la vision a ouvert ses portes sur le site du
CHNO des xv xx.
Il s’agit du premier centre de recherche européen entièrement dédié aux
maladies de l’œil. Cet institut est dirigé par Jose Alain Sahel.
Cet institut a pour vocation de mutualiser les savoirs et les techniques afin de
réaliser un grand pas en avant dans les domaines de la vision et des maladies
oculaires. Sur 6 000 m2, chercheurs, cliniciens et industriels vont cohabiter et
surtout collaborer pour comprendre, découvrir et tester les traitements et
innovations technologiques de demain.
Il est soutenu depuis le début par l'Inserm et l'Université Pierre-et-MarieCurie.
B. Avez-vous eu les cours d’OPH ?
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C. Qu’elle est votre représentation d’une IDE en OPH ?
Elle ne met pas que des gouttes !! Nous retrouvons tous les soins qu’elle pratique
dans notre décret de compétences de juillet 2004.
D. Du décret de compétence 1 du 29 juillet 2004 à ce jour :
Depuis le Décret N° 2004-11-28-802 du 29 juillet 2004, les textes relatifs
à la profession d’infirmier (ère) ont été intégrés dans le code de la santé
publique. Le contenu des textes n’a pas changé, seule la forme, la présentation
et la numérotation ont été modifiées.
…….dans ce cadre l’infirmière a les compétences lui permettant :
Article 2  Article R4311-2
5º : " De participer à la prévention, à l’évaluation et au soulagement de la
douleur et de la détresse physique et psychique des personnes, particulièrement
en fin de vie au moyen des soins palliatifs, et d’accompagner, en tant que de
besoin, leur entourage."
Article 5 Article R4311-5
19º : " Recueil des observations de toute nature susceptibles de concourir à la
connaissance de l’état de santé de la personne et appréciation des principaux
paramètres servant à sa surveillance : température, pulsations, pression
artérielle, rythme respiratoire, volume de la diurèse, poids, mensurations,
réflexes pupillaires, réflexes de défense cutanée, observations des
manifestations de l’état de conscience, évaluation de la douleur. "
Article10Article R4311-12
" En salle de surveillance post-interventionnelle, il assure les actes relevant des
techniques d’anesthésie citées aux 1º, 2º et 3º et est habilité à la prise en
charge de la douleur postopératoire relevant des mêmes techniques.."
Articles relatifs aux traitements et aux protocoles :
Article 4 Article R4311-3
" Dans ce cadre, l’infirmier ou l’infirmière a compétence pour prendre les
initiatives et accomplir les soins qu’il juge nécessaires conformément aux
dispositions des articles R. 4311-5 et R. 4311-6. Il identifie les besoins de la
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JO N° 183 du 8 aout 2004, page 37087/Législation décret n° 2004 – 802 du 29 juillet 2004
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personne, pose un diagnostic infirmier, formule des objectifs de soins, met en
œuvre les actions appropriées et les évalue. Il peut élaborer, avec la
participation des membres de l’équipe soignante, des protocoles de soins
infirmiers relevant de son initiative. Il est chargé de la conception, de
l’utilisation et de la gestion du dossier de soins infirmiers."
Article 6 Article R4311-7
"L’infirmier ou l’infirmière est habilité à pratiquer les actes suivants soit en
application d’une prescription médicale qui, sauf urgence, est écrite, qualitative
et quantitative, datée et signée, soit en application d’un protocole écrit,
qualitatif et quantitatif, préalablement établi, daté et signé par un médecin :"
Article 7 Article R4311-8
" L’infirmier ou l’infirmière est habilité à entreprendre et à adapter les
traitements antalgiques, dans le cadre des protocoles préétablis, écrits, datés
et signés par un médecin. Le protocole est intégré dans le dossier de soins
infirmiers."
Article13 Article R4311-14
" En l’absence d’un médecin, l’infirmier ou l’infirmière est habilité, après avoir
reconnu une situation comme relevant de l’urgence ou de la détresse
psychologique, à mettre en œuvre des protocoles de soins d’urgence,
préalablement écrits, datés et signés par le médecin responsable. Dans ce cas,
l’infirmier ou l’infirmière accomplit les actes conservatoires nécessaires jusqu’à
l’intervention d’un médecin. Ces actes doivent obligatoirement faire l’objet de sa
part d’un compte rendu écrit, daté, signé, remis au médecin et annexé au dossier
du patient. En cas d’urgence et en dehors de la mise en œuvre du protocole,
l’infirmier ou l’infirmière décide des gestes à pratiquer en attendant que puisse
intervenir un médecin. Il prend toutes mesures en son pouvoir afin de diriger la
personne vers la structure de soins la plus appropriée à son état. "
Rappelons que l’obligation de soulager la douleur pour les professionnels
médicaux et paramédicaux reste référencée dans l’article L110-5 de ce même
code :
« ..Toute personne a le droit de recevoir des soins visant à soulager sa
douleur. Celle-ci doit être en toute circonstance prévenue, prise en compte
et traitée..."
Références des textes législatifs
Code de la santé publique (Nouvelle partie Réglementaire)
Livre 3 titre 1-1-1 profession inf. R4311-1 à R4311-15 : Section 1 : Actes professionnels
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II. Schéma de l’œil
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III. Définitions
ophtalmologie
des
principales
pathologies
rencontrées
en
 CECITE :
C’est l'état d'une personne privée de la vue.
La cécité est l'un des handicaps les plus redoutés par la population.
 CATARACTE :
C’est la première cause de cécité dans le monde.
Son traitement est chirurgical.
La cataracte est l’opacification partielle ou totale du cristallin.
Le signe clinique qui pousse à consulter est la baisse de l’acuité visuelle.
Le vieillissement en est la première cause.
Technique opératoire :
Emusulsification de l’ancien cristallin et pose d’un implant.
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 GLAUCOME :
Définition du glaucome:
C’est une altération du nerf optique liée à une hyper pression de l’humeur
aqueuse.
Photo d’un œil malade :
Le glaucome provoque une surpression intra oculaire qui entraine une turgescence
des vaisseaux et un œil rouge
Il existe 2 types de Glaucomes :
Le Glaucome par fermeture de l’angle (GFA)
Et
Le Glaucome chronique par angle ouvert
1. Le glaucome par fermeture d’angle ( GFA)
Définition du GFA :
Il s’agit d’une maladie essentiellement biométrique dans laquelle, a partir d’un
certain âge ou sous l’influence de d’un facteur déclenchant, se produit une
fermeture de l’angle irido-cornéen, responsable d’une hypertension oculaire
majeure. La crise est unilatérale, brutale et douloureuse, puis elle se
bilatéralisme (il faut protéger l’œil Adelphe)
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Le GFA est reconnu2 comme troisième position des urgences médicales.
En effet, le GFA est la troisième cause principale de cécité et il affecte 2% de
la population, mais l’incidence d’angle pouvant de fermer est 10 fois supérieure.
Le GFA est un motif de consultation particulièrement récurrent chez :
La femme
(Car leur chambre antérieure est moins profonde que celle des hommes)
Les sujets âgés
(Car l’augmentation du volume du cristallin, avec l’âge, accentue les facteurs
anatomiques prédisposant : chambre postérieure étroite, angle irido-cornéen
étroit)
Les esquimaux, les asiatiques :
(Pathologie d’origine ethnique, car la chambre antérieure de leur œil est peu
profonde).
Les facteurs de risques du GFA :
Facteurs psychologiques :
Les émotions, les douleurs, l’anxiété, les conflits psychologiques familiaux et
professionnels, liés à la mydriase qu’ils induisent
Les facteurs héréditaires :
Par mutation d’un gène sur le chromosome II.
Les facteurs météorologiques :
L’arrivée d’un front froid peut déclencher une crise de GFA.
Le yoga :
Par la pesanteur exercée sur le cristallin, dans certaines positions (tète en bas)
La semi pénombre :
Déclenchant une mydriase peut ainsi provoquer une crise de GFA
certains collyres :
Tous les mydriatiques locaux : Atropine, Néosynephrine, Adrénaline,
Certains médicaments par voir générale :
Les atropiniques (ex : Atropine), les antispasmodiques antis cholinergiques (ex :
Viscéralgine), les antiparkinsoniens (ex : Modopar), les antidépresseurs
tricycliques (ex : Anafranil), les antihistaminiques de synthèse (ex : Atarax ou
Polaraline), les dérivés nitrés (ex : Trinitrine)
2
Docteur N. OUNNAS, chef de service des urgences des XV XX
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La physiopathologie du GFA
Deux mécanismes interviennent :
1. le blocage pupillaire : le bord pupillaire de l’iris est accolé à la face
antérieure de l’œil, rendant impossible le passage de l’humeur aqueuse de la
chambre postérieure vers la chambre antérieure. L’humeur aqueuse s’accumule
derrière l’iris qu’elle pousse en avant.
2.
le blocage pré trabéculaire : la racine de l’iris vient s’accoler à la
face postérieure de l cornée, juste devant l’angle irido-cornéen, c'est-à-dire
devant le trabéculum et le canal de Schlemm. L’humeur aqueuse ne peut plus
s’évacuer ; il apparaît donc une hypertonie.
2. Le glaucome chronique à angle ouvert/ physiopathologie
Suite à 1 cataracte ou 1 corticothérapie ; le cristallin est devenu gros et
empêche l’évacuation de l’humeur aqueuse
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 DECOLLEMENT DE RETINE :
La rétine :
Est l’organe sensoriel de la vision, c’est une membrane d’origine neurologique.
Le décollement est dû le plus souvent à l’âge.
Le décollement de rétine :
Il fait souvent suite ou est contemporain d’un décollement du vitré, dont les
signes sont des éclairs lumineux fixes (phosphènes), des mouches volantes
(myodésopsies).
L’apparition d’un voile noir avec une amputation du champ visuel sont les témoins
du soulèvement rétinien.
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 NEUROPATHIE OPTIQUE :
Définition :
Affection du nerf optique plus précisément de la portion située à l'intérieur de
l’orbite, à l'origine de troubles de la vue plus ou moins importants.
L'atteinte du nerf optique se fait soit à son origine soit au niveau de la papille.
L'œil est un organe sensoriel récepteur d'images qu’il transmet ensuite au
cerveau. Ainsi, toute pathologie atteignant les voies optiques ou le cerveau est
une source de malvoyance.
Une migraine ophtalmique, un processus tumoral orbitaire ou intracérébral
comprimant les voies optiques, un accident vasculaire ou une sclérose en plaques
peuvent entraver la vision alors même que l'œil est strictement normal.
 RETINOPATHIE DIABETIQUE :
Définition :
Rétinopathie due à une hyper glycémie chronique qui entraîne des complications
micro vasculaires touchant l’œil. Il faut 10 ans d’évolution de diabète de type I
pour que les premiers signes visibles apparaissent.
Souvent, chez la personne âgée, c’est la rétinopathie diabétique qui fait
découvrir un diabète de type II.
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 DMLA : dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA)
Definition :
La dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) est une maladie de la rétine
provoquée par une dégénérescence progressive de la macula, partie centrale de
la rétine, qui apparaît le plus souvent à partir de l'âge de 50 ans, et plus
fréquemment à partir de 65 ans, provoquant un affaiblissement important des
capacités visuelles, sans toutefois les anéantir.
On ne connaît pas les causes précises de cette maladie, et on ne sait pas la
guérir.
Les traitements existants permettent seulement de ralentir son évolution
1) la DMLA sèche ou atrophique est la forme la plus courante et la moins
sévère. Elle représente de 85 % à 90 % des cas.
Elle se développe lentement au fil du temps et en général, elle n’entraîne qu’une
perte légère de la vision.
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Une des principales caractéristiques de la DMLA est l’accumulation dans la partie
centrale de la rétine de petits dépôts de graisse ronds, de couleur blancjaunâtre, appelés drusen.
Ils s’accumulent dans l’épithélium pigmentaire de la rétine, sous la macula, ce qui
entraîne l’amincissement et le dessèchement de celle ci.
Le degré de perte de la vision dépend de la localisation et de l’importance de
l’amincissement de la macula provoqué par les drusen.
Parfois, de nouveaux vaisseaux sanguins anormaux peuvent se former.
Il est donc important que les personnes atteintes de DMLA sèche fassent
examiner leurs yeux de façon régulière, car la maladie risque d’évoluer en
forme humide ou exsudative.
2) la DMLA « humide » ou exsudative comporte des risques de perte sévère
de la vision.
Elle ne représente que 10 % à 15 % de tous les cas de DMLA,
La forme exsudative est responsable de 90 % des cas de cécité partielle ou
totale.
La DMLA humide est causée par la prolifération de vaisseaux sanguins anormaux,
appelée néo vascularisation choroïdienne (NVC), sous la partie centrale de la
rétine, la macula.
Des liquides et du sang se répandent dans les tissus à l’arrière de l’œil,
provoquant la formation d’un œdème dans la rétine. Cette progression entraîne la
formation de tissus cicatriciels, la déformation et la perte de la vision centrale.
La DMLA humide peut détruire en peu de temps la macula, avec pour résultat une
perte très rapide de la vision centrale.
Actuellement le traitement relève le plus souvent d’injections d’anti VEGF (anti
prolifération vasculaire) dans le vitré : LUCENTIS ou AVASTIN en injections
répétées, associées ou non à du laser ou à une photothérapie dynamique3
(VISUDYNE)
3
La photothérapie dynamique repose sur l’utilisation combinée d’une substance photo-sensibilisante et d’une
irradiation lumineuse. L’irradiation déclenche ensuite une réaction photo-dynamique qui va provoquer un
stress oxydatif entraînant la mort cellulaire.
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 RETINITE PIGMENTAIRE :
Definition :
La rétinite pigmentaire est un ensemble de maladies génétiques de l'œil. C’est
une Maladie héréditaire de la rétine caractérisée par la dégénérescence des
bâtonnets. La rétinite pigmentaire évolue lentement. C’est une dégénérescence
de la rétine qui se traduit par une réduction du champ visuel pouvant entrainer la
cécité.
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 CHIRURGIE DES PAUPIERES :
La blépharoplastie :
Est l’intervention chirurgicale permettant de traiter le dermatochalasis ou
excès de peau en paupière supérieure, lié au relâchement des tissus. Cette
chirurgie peut concerner les paupières supérieures ou les paupières
inférieures, ainsi que les poches sous les yeux. Cette intervention est le plus
souvent à visée esthétique, parfois à visée fonctionnelle.
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 L’ENTROPION :
Le bord libre se retourne vers l’œil et les cils peuvent venir frotter la cornée.
 L’ECTROPION :
C’est le phénomène inverse. Le bord de la paupière s’éverse vers l’extérieur et
perd contact avec le globe oculaire ; il s’ensuit un assèchement de la face
oculaire de la paupière avec rougeur. Le globe oculaire est mal protégé et la
cornée peut s’ulcérer. L’éversion peut toucher le point lacrymal en dedans et de
ce fait entraîner un larmoiement. La seule solution pour améliorer ces deux
pathologies est chirurgicale.
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 LE PTOSIS :
IL est défini comme une chute de la paupière supérieure par impotence plus ou
moins importante du muscle releveur de la paupière supérieure.
 STRABISME :
Le strabisme, c’est lorsque les axes visuels des deux yeux ne sont pas orientés
vers le même objet de fixation.
STRABISME CONVERGENT
STRABISME DIVERGENT
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 TRAUMATISMES.
Leurs causes sont multiples : corps étrangers, produit toxiques (décape four,
ammoniaque, coups d’ongles…..).
Ils peuvent se traiter par simple traitement local pour des traumatismes simples
à type d’érosion de la cornée (coup d’ongle…), mais peuvent aussi être
responsables de la perte fonctionnelle de nombreux globes oculaires.
Il faut insister sur le rôle à accorder à leur prévention.
Les traumatismes oculaires posent souvent des problèmes médicaux-légaux.
 CONJONCTIVITES
La conjonctivite est une inflammation localisée ou diffuse de la muqueuse
conjonctivale.
Les tableaux cliniques sont nombreux et polymorphes.
Elles sont fréquentes et leurs étiologies sont nombreuses et demandent un
traitement adapté.
Les guérisons sont fréquentes.
Signes fonctionnels :
Œil rouge, indolore avec sensation de « grains de sable »
Acuité visuelle conservée
Hyperhémie conjonctivale (visibilité normale des vaisseaux conjonctivaux)
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 PATHOLOGIES CORNEENNES
LA GREFFE DE CORNEE :
Elle consiste à remplacer la cornée pathologique par la cornée saine d’un donneur
décède pour restituer l’acuité visuelle.
Les patients en attente de greffon sont inscrits sur une liste d’attente nationale.
L’intervention se déroule au bloc sous anesthésie générale.
Le traitement post opératoire nécessite l’instillation de collyres anti- rejet
(corticoïdes).
La récupération visuelle est lente et le suivi post op doit se faire à vie.
ABCES DE CORNEE :
Infections de la cornée le plus souvent du à des traumatismes ou au port de
lentille.
ENDOPHTALMIES
Il s'agit d'une infection de l'ensemble des tuniques oculaires d'origine exogène
(par inoculation directe du germe (traumatisme oculaire, chirurgie oculaire voire
ulcération cornéenne) ou endogène (suite à une septicémie, une bactériémie, ou
une endocardite).
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IV. LES SOINS INFIRMIERS EN OPHTALMOLOGIE
1. Selon le décret de compétence de la profession d’infirmière du
29 juillet 2009
 Soins infirmiers exécutés sur prescription médicale :
 Instillation de collyres médicamenteux.
 Prémédication.
 Injection.
 Administration des traitements per os.
 Surveillance post opératoire.
 Organisation des divers examens et préparation des patients.
 Rôle propre :
 A l’admission du patient, fournir des repères aux patients mal ou
non voyant.
 Constituer le dossier de soins en insistant sur l’acuité visuelle et le
degré d’autonomie.
 Surveillance et prise en charge de la douleur+++
 Rôle éducatif et relationnel dans la plupart des soins en
ophtalmologie (hygiène dans instillation de collyres et méthode,
conseil chez les porteurs de lentilles, éducation chez les
diabétiques).
 Répondre à l’urgence qu’elle soit générale ou ophtalmologique.
 Connaissance du processus de deuil (le patient doit passer par
toutes les étapes pour accepter)
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2. Les soins techniques spécifiques :
 Le frottis conjonctival.
 Le test de Shirmer permet de mesurer la sécheresse oculaire.
 La préparation des injections (sous conjonctivales, intra vitréennes
etc.….).
 La préparation et aide lors d’intervention au bloc externe :
Exemple : PCA (ponction de la chambre antérieure), suture.
 Les lavages oculaires lors de projection de produits toxiques.
 Les pansements
compressif.
oculaires
:
pansement
occlusif,
pansement
1.Le pansement occlusif : Appliquer sur l'œil fermé une rondelle
oculaire pliée en deux puis une rondelle simple et les maintenir par
deux bandes de sparadrap parallèles. L'objectif est de maintenir l'œil
fermé pour favoriser la cicatrisation et le protéger des agressions
extérieures. Pour protéger l'œil des chocs, on pose sur le pansement
une coque oculaire rigide ou l'on demande au patient de mettre ses
lunettes.
2. Le pansement compressif : Appliquer sur l'œil fermé une rondelle
oculaire pliée en deux puis une ou deux rondelles simples, les maintenir
avec de l'hypafix ou une bande. L'objectif est d'exercer une légère
pression sur l'œil. Il est prescrit en cas de risque hémorragique après
une intervention sur les paupières ou sur la conjonctive ou en cas de
fuite importante de l'humeur aqueuse (Seidel), après une
trabéculectomie.
Tous ces soins sont spécifiques à l’ophtalmologie. L’infirmier(e) exécute aussi des
soins de base identiques à tous les lieux d’exercices.
Ex : poser une perfusion etc…
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V. SITUATIONS D'URGENCES
Le CHNO des 15-20 reçoit aux urgences des patients ayant un problème
ophtalmologique, sans traumatisme engageant le pronostic vital.
Le service des urgences est doté d’une infirmière d’accueil et d’orientation. Son
rôle est d’accueillir les consultants, d’effectuer l’entretien d’orientation et de
prioriser ou non les urgences.
Il existe plusieurs causes de consultations en urgence :
1. Décollement De Rétine
 Traitement curatif :
Le degré d’urgence d’intervention dépend de l’état de la macula. Si celle-ci est
encore « à plat », l’intervention se fera en urgence ; si elle est soulevée, le
chirurgien peut différer l’intervention tout en prescrivant au patient un
positionnement, visant à recoller partiellement le DR en attendant la chirurgie.
Il est faut obtenir une cicatrice solide : rétinopexie, pour que les 2 feuillets
de la rétine (le neuroépithélium, soulevé, et l’épithélium pigmentaire soient
remis en contact) et que l’œil redevienne fonctionnel.
Techniques opératoires : La rétine est « recollée » :
 soit en injectant du silicone lourd après une vitrectomie (le silicone devra
être enlevé environ 3 mois après l’intervention),
 soit avec du gaz après une vitrectomie (l’intérêt de cette intervention
est que le gaz se dissipe tout seul et ne nécessite pas une seconde
intervention,
 soit par indentation interne et/ou laser (cryoindentation), et
tamponnement interne (technique plus ancienne).
Dans tous les cas, Le positionnement du patient en post opératoire compte
pour 50% dans la réussite du geste chirurgical.
 Si le patient a reçu du silicone lourd, il devra maintenir une position
assise.
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 S’il a reçu du gaz, il devra maintenir une position face vers le sol
(celle-ci est très inconfortable pour les patients ; mais elle est une
condition indispensable pour la réussite du geste chirurgicale.
 Dans les autres cas, tout dépend de l’emplacement du DR
 Les soins post op :
Locaux : nettoyage, dilatateurs (atropine, néosinéphrine, mydriaticum,
tropicamide), Anti inflammatoires (tobradex, maxidrol, chibrocadron), anti–
oedemateux (xalatan, néosynephrine, pilocarpine), antalgiques, hypotonisants
(trusopt, timoptol)
Voie générale : ATB (pipéracilline, ciflox…), hypotonisants (diamox)…, Antiinflammatoires (flashs de corticoides)
+ POSITIONNEMENT
 Traitement préventif : examen systématique de la
périphérie rétinienne des sujets à risques (myopes forts, patients ayant
déjà présenté un décollement de rétine ou ayant subi un traumatisme)
2. ENDOPHTALMIE……………………………………………………………………………………….
TRAITEMENTS :
 collyres fortifiés, les 48 premières heures, collyres horaires
(ticarcilline, gentamycine, vancomycine)/ selon protocole XV XX
 puis 6 à 8 fois par jour selon prescription,
 + antibiothérapie par voie générale (PIPERACILLINE, CIFLOX)
 Isolement (précaution contact)
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3. GFA
LA CRISE AIGUE DE GFA :
Les signes fonctionnels :
 Il existe une douleur aigue oculaire et péri-oculaire parfois accompagnée
de vomissements quand la tension oculaire est très élevée (TO entre 50,
60 ; la normale étant de 20).
 La palpation constate un œil dur, aussi dur qu’une « une bille de verre »
 Il existe une baisse de l’acuité visuelle
 L’œil est rouge : il apparait un cercle perikeratique
 La cornée est trouble (aspect dépoli)
 La pupille est en semi-mydriase aréflexique
 La chambre antérieure est étroite, voire plate, l’angle iridocornéen est
fermé.
IL S’AGIT D’UNE URGENCE MEDICALE ET CHIRURGICALE
L’évolution et le pronostic dépendent de la rapidité de prise en charge du patient
qui peut perdre son œil en l’espace de quelques heures
Le traitement vise à faire baisser la tension oculaire le plus rapidement possible
afin que le nerf optique ne soit pas ischémié et à diminuer la douleur.
Pour cela :
1. Réduire l’hyperpression qui règne dans la chambre postérieure et qui
repousse en avant l’angle iridocornéen : il faut donc déshydrater le
globe oculaire et diminuer la sécrétion de l’humeur aqueuse.
Cette étape est obtenue avec un traitement par voie générale :
Diamox (selon prescription)
Mannitol(selon prescription)
2. Puis diminuer l’adossement de l’iris au trabéculum par des myotiques
Pilocarpine : 1 goutte toutes les 2 minutes puis toutes les 5
minutes (selon prescription médicale)
Il ne faut jamais oublier de traiter l’œil Adelphe.
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Si l’iridotomie au laser est décidée en urgence par l’ophtalmologiste, l’infirmière
prépare le matériel nécessaire (verre d’iridotomie, goniosol).
Sinon le patient sera hospitalisé et une iridectomie sera programmer au bloc
opératoire le lendemain (attendre que la tension oculaire soit redevenue
normale).
4. PROJECTIONS DE PRODUITS TOXIQUES
Conduite IDE à tenir :
Lavage oculaire de 30 minutes de la cavité orbitaire et des vois lacrymales
Ne pas neutraliser (2° brulure)
Instiller ensuite selon la prescription du médecin:
- atropine
- antibiotique
Puis l’ophtalmo discute :
- PCA
- chirurgie
5. CORPS ETRANGER
Tout traumatisme oculaire
est une urgence
doit faire pratiquer un Fond d’oeil au V3M
(secondairement en cas d’atteinte corneenne = ne pas minimiser une contusion du
globe ; devant un œil apparemment normal
Doit faire pratiquer un certificat médical initial (d’accident de travail)
Conduite IDE à tenir :
Les collyres anesthésiques sont des collyres à ne pas donner d’examen à ne pas
donner au patient.
6. A. Une plaie oculaire est une fuite de l’humeur aqueuse ou de vitré.
Il s’agit d’une urgence chirurgicale.
Au bloc opératoire, le chirurgien réparera les dégâts sous microscope et
suturera les plaies.
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Conduite IDE à tenir :
Ne pas appuyer sur l’oeil
Bilan pré opératoire
Laisser le patient à jeun
Démarrer l’Antibiothérapie prescrite
SAT VAT
6. B. Porte d’entrée d’un corps étranger :
Il s’agit d’une urgence différée.
Conduite IDE à tenir identique à la précédente + penser à retourner la paupière
supérieure (en l’absence de plaie).
Examens demandés et traitements :
Radio- orbite +/- échographie
Antibiothérapie
SAT VAT
Extraction du corps étranger au bloc opératoire
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VI PREPARATION D’UN PATIENT A UNE INTERVENTION
CHIRURGICALE
Objectif principal : Assurer la continuité des soins entre l’unité de soins et le
bloc opératoire.
A. Le jour de l’arrivée
 Accueil du patient :
 Constitution d’un dossier de soins infirmiers + feuille de
température + plan de soins guide.
 Vérification et préparation du dossier médical (bilan préopératoire, ECG et examens suivant pathologie associée
ex : si patient diabétique), ordonnance du patient, carte
de calcul d'implant.
 Pour les mineurs et personne sous tutelle : autorisation
d’opérer signée d’un des parents ou du tuteur légal. Elle
doit être renouvelée à chaque hospitalisation.
 Expliquer le déroulement de la journée opératoire.
 Évaluer les connaissances du patient par rapport à la
nature de son intervention.
 Évaluer sa capacité à s’instiller les collyres.
 Préparation du patient :
 Douche ou bain (protocole hygiène : Bétadine®).
 Capiluve.
 Vérifier si vernis à ongles.
 Rappel des recommandations (boire, manger, fumer).
B. Le jour de l’intervention
Avant que le patient ne descende au bloc opératoire.
 Préparation générale du patient :
 Toilette.
 Rasage.
 Linge de corps propre.
 Brossage des dents + bain de bouche.
 Absence de maquillage.
 Absence de prothèses dentaires.
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 Miction avant la prémédication.
N.B. : Ce moment doit permettre d’échanger avec le patient, de l’écouter,
de le rassurer.
 Préparation dans les 2h avant le bloc :
 Prise des constantes.
 Prémédication selon la prescription médicale après la
miction.
 Remplir la feuille « conditions de l’opéré » signée par
l’IDE responsable du secteur.
 Débuter la dilatation selon le protocole médical.
 Retour du bloc :
 Accueillir et installer le patient avec le brancardier.
 Observer son état général : conscience.
 Prendre les constantes (cf. surveillance post-op).
 Exécuter les prescriptions médicales.
 Surveillance locale.
 Évaluer la douleur.
C. Le lendemain de l’intervention :




Premier pansement fait par l'IDE avant le petit déjeuner.
Visite de l’ophtalmologiste.
Visite du médecin interniste
Autorisation de sortie
D. La sortie
 Recommandations spécifiques à un patient opéré :
 Limiter les transports en commun.
 Surveiller son transit intestinal et éviter la constipation.
 Éviter de se pencher en avant.
 Se protéger l’œil la nuit avec une coque.
 Shampooing tête en arrière.
 Éviter la piscine, sport violent, jardinage.
 Attention aux animaux, aux enfants en bas âge.
 Pas de prière tête en bas pour les musulmans.
 Si départ dans une maison de convalescence ou retraite
remplir la fiche de liaison.
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 Apprendre au patient à reconnaître les signes d’urgences
en ophtalmologie : douleur, baisse brutale de l’acuité
visuelle, à la recherche des complications éventuelles
 risque infectieux : endophtalmie.
 hypertonie post-opératoire : douleur et nausées.
 problèmes de sutures.
VI. LE PROCESSUS DE
DEFICIENTE VISUELLE
DEUIL
CHEZ
LA
PERSONNE
Lorsque l’infirmière constate que le patient entre dans ce processus, elle le
signale au psychologue qui l’accompagne dans ce travail
1.Le deuil normal
 La dimension psychologique du déficient visuel est un élément
indispensable à prendre en compte pour comprendre une
personne handicapée visuelle dans sa globalité.
Lors de la survenue d’une déficience visuelle, le sujet doit modifier son image de
soi pour y intégrer la baisse visuelle nouvelle et en retrancher les domaines
d’efficacité et d’autonomie atteints par la déficience. Ce mécanisme
psychologique est le travail de deuil qui peut se décomposer schématiquement en
trois phases : dénégation – dépression – réaction.
 La dénégation
C’est la phase initiale de l’intégration de la déficience nouvelle. Le sujet va
mobiliser son énergie pour repousser l’évidence, rejeter cette réalité
angoissante. Certains chercheront par la pratique d’activités à risque à se
prouver le peu d’importance de l’atteinte visuelle. D’autres banaliseront la perte
en limitant leur autonomie mais trouveront des raisons pour le faire, les plus
éloignées possible de l’atteinte visuelle.
 La phase dépressive
C’est la phase qui s’installe progressivement, où la part de la conscience de la
perte l’emporte sur la dénégation : atteinte de l’humeur (pessimisme,
découragement), inhibition (perte de l’élan vital, perte des initiatives, isolement
social), anxiété, et éventuellement troubles somatiques (fatigue, troubles du
sommeil…..). Le sujet intériorise ce qui lui est arrivé, c’est son image de soi qui
est atteinte, l’image qu’il se fait de ses capacités d’aimer et d’être aimé, d’oser
et d’agir avec ce handicap.
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 La réaction
C’est l’aboutissement du travail de deuil. Le sujet parvient à intégrer le handicap
dans l’ensemble de ses capacités et limites personnelles, il se constitue une
nouvelle image de soi, intégrant le handicap sans pourtant s’y réduire.
En résumé :
A. Dénégation « je n’ai rien perdu ».
B. Dépression « j’ai tout perdu ».
C. Réaction « je n’ai perdu que çà et à part cela je suis le même ».
1. Le deuil pathologique
Ce travail devient pathologique si se rencontrent un ou plusieurs de ces trois
facteurs :
 Allongement excessif du temps du deuil. L’échelle de temps est ici
généralement le mois ou les semaines. S’il dure plusieurs années c’est
que ce sont mis en place des mécanismes de résistance aux
changements.
 Stagnation dans une phase de dénégation qui peut aller jusqu’au déni de
la réalité (psychose, bouffée délirante, confusion). Plus généralement
se produit un rétrécissement du champ d’activités, d’intérêts et de
relations qui évite au sujet d’éprouver ses limites liées au handicap.
 Arrêt du travail de deuil en phase dépressive avec un tableau clinique
dépressif : réduction de l’élan vital, attitudes régressives, inhibition,
hypersensibilité aux frustrations.
2. Comment aider un sujet effectuant un travail de deuil
 Durant la phase de dénégation
Le sujet mobilise son énergie pour rejeter la conscience de la perte. S’il vient
consulter un spécialiste de la rééducation, il est probable que sa demande de
prise en charge soit ambivalente. Notre attitude doit viser deux objectifs :
 Chercher à objectiver avec le sujet la nature de son atteinte, des
conséquences et évolutions probables, mais aussi les possibilités de
rééducation ou d’aides optiques.
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 Donner au sujet le droit de ne pas commencer une prise en charge
immédiatement, le droit de prendre son temps pour que les
évolutions psychologiques se fassent.
 « c’est à vous de décider », « prenez votre temps pour
réfléchir ».
 Durant la phase dépressive
 Pour aider le patient à exprimer ce qu’il ressent, il faut adopter une
empathie à son égard, c’est à dire lui montrer que l’on a compris sa
souffrance et qu’il a la possibilité de l’exprimer librement sans que
cela nous déstabilise.
 « Je comprends que vous pleuriez, vous pouvez le faire ici ».
 Il faut également effectuer avec lui un travail d’objectivation de sa
perte, avec franchise : ce qui est perdu est perdu et chercher à le
cacher au patient risque de l’amener à imaginer le pire.
 Durant la phase de réaction
L’enjeu pour le sujet est de réinvestir le plus largement possible les champs de
ses compétences anciennes et d’explorer d’éventuelles autres compétences ou
intérêts.
L’aide à apporter est donc davantage fonctionnel, technique que psychologique
(ergothérapeutes, orthoptistes, psychomotriciens, opticiens…).
Conclusion :
Il est possible d’aider les sujets qui ont à vivre une baisse ou perte de leur vision.
Il faut pour cela être capable de parler vrai, de réintroduire du temps dans les
situations d’urgence et de donner le droit à l’expression de la souffrance.
Le travail de deuil n’efface rien et n’atténue qu’un peu la souffrance devant la
perte. Il est cependant indispensable pour que le sujet comprenne ce qu’il vient
de perdre et l’intègre de façon dynamique à une image de soi en modification,
afin de rebondir et vivre sans se réduire à ce qu’il vient de perdre.
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VIII. EVALUATION
QUESTIONS
1)
2)
3)
4)
Définition de : la cataracte ; glaucome et décollement de rétine.
Déroulement du soin : Instillation de collyres.
Citer les 5 principaux types de collyres et brièvement leurs utilisations.
Décrire la préparation d’un patient avant le bloc opératoire.
REPONSES
1) Définition de : la cataracte ; glaucome et décollement de rétine.
Cf. cours
2) Déroulement du soin : Instillation de collyres.
Geste qui consiste à déposer des gouttes médicamenteuses dans le cul de sac
conjonctival interne de l’œil. Les instillations de collyres sont réalisées sur
prescription médicale.
3) A. Citer les 5 principaux types de collyres et brièvement leurs utilisations.
Mydriatique pour dilater.
Myotiques pour resserrer la pupille (myosis).
Antibiotique pour traiter l’infection.
Anti-inflammatoire pour traiter l’inflammation et calmer la douleur.
Anesthésiant pour calmer la douleur aux urgences et pour une anesthésie
topique au bloc.
3) B.Utilisation des collyres
Préparer son matériel
Se laver les mains.
S’assurer de l’identité du patient.
S’assurer de la prescription.
S’assurer de l’œil.
Vérifier les collyres : nom usage, date de péremption.
4) Décrire la préparation d’un patient avant le bloc opératoire.
Accueillir le patient
Préparation du patient le jour de l’intervention.
Préparation du patient 2h avant le bloc.
Retour de bloc.
Développer chaque item.
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IX.CAS CONCRET
Vous êtes infirmier(e) en service d’ophtalmologie, vous travaillez ce jour de 13 h
à 20 h 30.
Vous avez en charge Monsieur Y, 35 ans, marié, père de deux enfants. Son
épouse ne travaille pas, lui-même est ouvrier spécialisé dans le bâtiment. C’est un
homme sportif, qui aime lire des magazines spécialisés sur l’automobile.
Monsieur Y est arrivé aux urgences d’ophtalmologie la veille, accompagné des
pompiers, en provenance d’un chantier sur lequel il travaillait ; en effet, il a reçu
un corps étranger dans l’œil droit. Après l’examen d’ophtalmologie et un scanner
orbitaire, le diagnostic de corps étranger intra oculaire a été posé : Monsieur Y a
été opéré le jour même.
Les prescriptions médicales du jour sont :








Perfusion : sérum glucosé 5 %® 500 ml en garde veine.
Piperacilline® (antibiotique) : en intraveineuse (dans sérum glucosé 5%
100 ml), 1 gr fois trois (6 h, 14 h et 22 h).
Perfalgan® (paracétamol) : en intraveineuse (mini perfusion), 1 gr fois
trois si besoin.
Tobradex® collyre : 1 goutte 3 fois /jour.
Atropine® : 1 goutte 2 fois /jour.
Cosopt® : 1 goutte 2 fois /jour.
Vitamine A® pommade : Une fois par jour le soir.
Pansement occlusif.
A 14 h, vous entrez dans la chambre de Monsieur Y pour poser l’antibiotique en
intraveineuse. Monsieur Y se plaint de son œil. Il vous dit que le chirurgien est
passé le voir ce matin, et lui a donné de mauvaises nouvelles quant à la
récupération de son acuité visuelle. Il vous dit qu’il souhaite reprendre son
travail au plus vite car il a peur de perdre son emploi. Il vous dit également qu’il
espère que le chirurgien se trompe et qu’il va bientôt retrouver sa vision
maintenant qu’il n’a plus ce corps étranger dans l’œil.
En vous appuyant sur le diagnostic médical, sur les éléments cités dans le texte
et sur vos connaissances en psychologie, physiologie, pathologie, sociologie, …
quels problèmes réels et/ou potentiels dégagez vous ce jour ?
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X.CORRECTION DU CAS CONCRET
Douleur :
Exprimée par le patient.



Rôle de l’infirmier(e) sur prescription :
administration d’ antalgique Perfalgan®.
 instillation de collyre mydriatique Atropine®.
Évaluation de la douleur avec une échelle visuelle analogique et
réévaluation ultérieure pour juger de l’efficacité de
l’antalgique.
Surveillance locale de l’œil opérée à la recherche d’un signe
d’infection (rougeur, hypopion).
Risque infectieux : Complication
« endophtalmie ».



post
opératoire
immédiate
appelée
Rôle de l’infirmier(e) sur prescription :

Administration
d’antibiotique
par
voie
générale
Piperacilline®.
 Instillation d’antibiotique (+ anti inflammatoire) local
Tobradex®.
Surveillance locale de l’œil lors de la réfection du pansement.
Surveillance
générale
des
signes
d’infection
par
(température).
Risque d’hypertonie oculaire post-opératoire :


Rôle de l’infirmier(e) sur prescription :
 instillation de Collyre anti glaucomateux Cosopt®.
Recherche des signes d’hypertonie :
 Douleur, nausées, céphalées.
Anxiété : Liée à l’interruption de son travail, exprimée par la crainte de perdre
son emploi. Sa femme ne travaille pas et il est père de deux enfants.


Revoir avec le patient les circonstances de l’accident (sur un
chantier), sa prise en charge médicale (carte vitale), le fait
que son employeur soit prévenu.
Le rassurer sur la prise en charge des frais dans les accidents
de travail, si besoin lui expliquer les démarches
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administratives qu’il aura à faire, et les papiers qu’il aura à
fournir.
Déni : Il espère que le chirurgien se trompe sur le pronostic visuel, puisque
désormais il n’a plus ce « corps étranger », il veut reprendre son travail
rapidement.





Essayer de savoir ce qu’il a retenu des propos du chirurgien.
Confirmer le pronostic du chirurgien, ne pas laisser
« d’espoir » inutile.
Lui fournir des recommandations spécifiques avant sa sortie,
afin d’éviter les risques qu’il pourrait prendre par déni de son
état :
Limiter les transports en commun, se protéger l’œil la nuit
avec une coque, éviter de se pencher en avant, éviter la
piscine, les sports violents et le jardinage, faire attention aux
animaux.
Lui apprendre à reconnaître les signes d’urgence en
ophtalmologie : douleur, baisse brutale de l’acuité visuelle.
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XI. LES PRINCIPAUX COLLYRES ET LEUR INSTILLATION
On utilise de plus en plus des ophtadoses pas mesure d’hygiène.
A. Les principaux collyres :
 Les mydriatiques
 Atropine ( CI : glaucome, adénome prostatique)
 Néosynéphrine
 Mydriaticum
 Tropicamide
 Skiacol (enfants)
 Les myotiques
 Pilocarpine
 Les antibiotiques
 Chibroxine
 Rifamycine
 Tobrex
 Ciloxan
 Les anesthésiants
 Tétracaine
 Novésine
 Les anti-glaucomateux
 Xalatan
 Alphagan
 Pilocarpine
 Trusopt
 Timoptol (CI : arythmie cardiaque, asthme car bêtabloquant)
 Les anti inflammatoires
(Corticoïdes souvent associés à des antibiotiques)
 Tobradex
 Maxidrol
 Chibrocadron
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 Les collyres fortifiés
Ils sont fabriqués par la pharmacie des XV XX et sont destinés
aux traitements des enophtalmies et des abcès de cornée. Ils
doivent être conservés au réfrigérateur ou dans une boite
isotherme et des glaçons qui sont changés régulièrement (dans
la chambre du patient). Leur stabilité n’est que de quelques
jours ‘de 3 à 5 jours)
XII. FICHE TECHNIQUE
 Instillation de collyre ophtalmique
 Application de pommade ophtalmique
Définition
Le collyre est un produit liquide, médicamenteux, stérile destiné à l’instillation
oculaire. Il est versé goutte à goutte dans le cul-de-sac conjonctival.
La pommade est un corps gras, médicamenteux, destiné à une application
oculaire. Elle est déposée dans le cul-de-sac conjonctival.
Ces deux produits agissent soit par contact direct avec les tissus oculaires et
conjonctivaux, soit par pénétration intra-oculaire.
Objectif
Administrer, sur prescription médicale, un produit médicamenteux dans l’œil de
façon aseptique et efficace.
Personnes habilitées
L’infirmière selon le décret des actes professionnels infirmiers du 29 juillet
2004.
Indications
Thérapeutique.
Prophylactique.
Diagnostique.
Matériel
 Plateau.
 Compresses stériles seulement pour le premier pansement postopératoire.
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




Rondelles oculaires si nécessaire.
Sparadrap (en cas d’allergie, prendre du sparadrap hypo-allergénique).
Sac à déchets.
Sérum physiologique en monodose.
Flacon de collyre et/ou pommade.
Préparation du patient
 Eduquer le patient et/ou son entourage sur :
o La nature des collyres et/ou pommades.
o Leur mode de conservation.
o Leur rythme d’administration.
o L’instillation des collyres ou l’application des pommades de façon
aseptique.
 Solliciter la coopération du patient.
 Prévenir le patient des horaires du soin.
Déroulement du soin
 Se laver les mains.
 Préparer le matériel.
 Allonger le patient ou lui demander de mettre la tète en arrière.
 Enlever la rondelle oculaire si elle encore en place.
 Se laver les mains.
 Déboucher les collyres un par un : poser le bouchon à l’endroit sur une
compresse stérile.
 Nettoyer l’œil et ses annexes au sérum physiologique.
 Tirer légèrement la paupière inférieure vers le bas en prenant appui sur
l’os maxillaire supérieur sans appuyer sur l’orbite. Le patient doit garder
l’œil ouvert. Si la paupière supérieure ou les cils font obstacle, tirer la
paupière supérieure vers le haut.
 Instiller les gouttes de chacun des collyres l’un après l’autre dans le culde-sac conjonctival en tenant le flacon ou le tube à 1 cm de l’œil afin
d’éviter tout contact avec les cils ou la cornée.
 Faire ouvrir, puis fermer l’œil plusieurs fois après l’application de la
pommade afin qu’elle se répande sur la surface de l’œil.
 Essuyer le surplus de produit avec une compresse sèche sans frotter l’œil.
 Mettre une rondelle oculaire suivant la prescription.
 Noter la date d’ouverture du collyre et le nom du malade sur le flacon ainsi
que sur le tube de pommade et vérifier son mode de conservation.
 Ranger le matériel.
 Se laver les mains.
 Noter les soins sur le dossier de soins.
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Surveillance
 Observer l’état de l’œil :
o Douleur.
o Rougeur.
o Larmoiement.
o Secrétions sales.
o Dilatation pupillaire.
o Acuité visuelle.
 Noter sur le dossier de soins et signaler au médecin toutes modifications
de l’aspect oculaire.
 Un collyre est un médicament ; ne pas banaliser son application.
 Vérifier la date de péremption du collyre et de la pommade, leur mode de
conservation.
 Durée de conservation d’un collyre entamé : 15 jours, et d’une pommade : 1
mois.
 Privilégier les collyres monodoses.
 Individualiser par patient le collyre et/ou la pommade.
XIII. SOINS LIES
OPHTALMOLOGIE
AUX
DIFFERENTS
EXAMENS
EN
OCT :
Système technologique permettant de visualiser avec précision la topographie de
la retine.
Cette technologie réalise des images de la rétine en très haute définition.
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Microscope en mode HRT2 :
La microscopie confocale in vivo en mode HRT2 permet l’étude de la cornée
périphérique superficielle et de la conjonctive.
Echographie UBM :
L'UBM permet de visualiser l'angle entre l'iris et la cornée, ainsi qu'un repère
essentiel : l'éperon scléral. Il devient possible d'apprécier l'épaisseur de l'iris ainsi
que son type d'insertion. Il existe une très grande variabilité des angles.
C'est la seule technique permettant d'examiner la zone des procès ciliaires. En cas
d'angle étroit, il est possible d'apprécier le risque de blocage pupillaire en
comparant la morphologie de l'angle en lumière et dans l'obscurité, en visualisant le
bombement de l'iris en avant et l'approfondissement de la chambre postérieure
avec la fermeture de l'angle par la dilatation pupillaire. La mesure de la profondeur
de la chambre antérieure est possible avec des repères très précis.
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XIV.
L’OMS
MALVOYANCE ET CECITE/CLASSIFICATION SELON
Selon la classification de l’OMS les personnes mal voyantes ont une vision
binoculaire corrigée comprise entre 1/10 et 3/10.
Cependant il existe autant de façon de mal voir que de personnes malvoyantes. Et
les retentissements du « mal voir », dans la vie quotidienne de la personne
concernée sont souvent difficiles à comprendre même pour leur entourage.
Quelques exemples :
→ Tout percevoir, mais de façon très floue = si tout est « aperçu » rien n’est
vraiment « distingué » ;
Il est aussi difficile d’exécuter des taches demandant des
perceptions de détails (lire, écrire) que d’apprécier le relief du sol, la distance
d’un obstacle.
→ N’avoir qu’une perception centrale (comme si on regardait uniquement à
travers un tube).
La perception des détails peut être bonne, exemple lire l’heure sur sa montre,
mais l’appréhension d’un espace, même restreint est impossible.
→ A l’inverse, voir uniquement par la périphérie du champ visuel, la vision
centrale étant inexistante ;
L’appréhension de l’espace est alors possible mais non sans risques : le véhicule
qui arrive sur le coté est perçu mais non l’obstacle juste en face de soi.
→ Enfin, la plupart des personnes malvoyantes ont une très grande
variabilité dans l’efficacité de leurs possibilités visuelles restreintes ;
On voit plus ou moins bien en fonction de la luminosité (grand soleil, sol brillant).
Ainsi, de manière plus générale, on peut dire qu’une personne malvoyante est une
personne dont la déficience visuelle entraîne une incapacité dans l’exécution
d’une ou plusieurs des activités suivantes :
 lecture et écriture (vision de près)
 appréhension de l’espace et déplacements (vision de loin)
 activités de la vie quotidienne (vision à moyenne distance)
 communication (vision de près et moyenne distance)
 poursuite d’une activité exigeant le maintien prolongé de l’attention
visuelle
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XV. ACCUEILLIR UN NON VOYANT
La spécificité de notre établissement nous conduit à rencontrer des malvoyants
profonds ou des non-voyants.
Nous sommes parfois désemparés par cette rencontre : comment leur parler,
comment les accompagner ?
Il faut connaître quelques principes de base qui seront complémentaires à notre
bonne volonté et à notre bon sens.
(Entre autres, source : association « les auxiliaires des aveugles », mémoire de
fin d’études d’IFSI).
B. Communiquer
Il faut « sourire » avec sa voix, avec des gestes et des comportements adaptés :
 Se présenter : Nom, fonction (ceci servira en plus de repère
auditif).
 Appeler la personne par son nom, éventuellement lui toucher le bras.
 S’adresser à la personne non voyante et non à son accompagnant.
 Parler sur un ton normal et non anormalement élevé.
 Employer des mots précis : « à gauche, à droite », plutôt que « un
peu plus loin », ou « à côté », et encore moins « c’est par là.
 Employer les mots « voir », « aveugle » ou dérivés de façon
naturelle.
 Décrire ce que l’on fait, ce que l’on va faire.
 Lors d’une discussion, éviter de rester silencieux  la personne doit
savoir.
 A la fin d’une discussion, prévenir de son départ  si on encore là !!
 En cas d’hospitalisation :

faire un recueil de données précis des habitudes de vie.

décliner le programme de l’hospitalisation et les habitudes du
service horaire des repas, du ménage, heure prévue pour le
bloc opératoire….)
 Lors des soins : en plus des explications standard (= le but attendu),
en expliquer le déroulement, décrier ce que l’on fait, ce que l’on va
faire, prévenir si le geste risque d’être douloureux. Pour les
médicaments per os, les mettre dans la main, décrire la forme, le
nombre.
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C. Donner des repères temporo-spatiaux
Pour indiquer un siège, placer sa main sur le dossier ou le bras du siège, la
personne pourra alors s’asseoir seule.
Ne pas encombrer les couloirs.
Les portes doivent être ouvertes ou fermées (pas entr’ouvertes).
Recherche des repères architecturaux : coin, rampe, marche, …
En service d’hospitalisation :

Expliquer la disposition du service.

Situer la chambre par rapport aux autres locaux, dont le
patient aura besoin : douche, salle d’examen, salle de soins, …
 Faire visiter la chambre par le toucher : le lit, le cabinet de
toilette, la table, la sonnette, le téléphone, et par le bruit :
localisation de la fenêtre.




D. Faciliter le quotidien
En service d’hospitalisation, se reporter au recueil de données / habitude de
vie.
 Repas :

Décrire le menu,

Préciser la place des éléments : verre, couverts, …
On peut employer la technique de l’horloge : verre à midi, fourchette à 15h00.
 Toilette : faire toucher le lavabo, les robinets, …
L’aide doit toujours être proposée, jamais imposée.
E. Accompagner
Eviter de proposer d’aider, opter plutôt pour le terme « accompagner ».
La personne guidant :

Proposer son bras,

Se positionner très légèrement en avant,

Passer devant lors d’un passage étroit.
En cas d’escalier, de marche ou d’obstacle : prévenir et indiquer la nature
(ex : marche haute, descente ou montée).
Ecouter le patient et le laisser choisir dans quelle forme d’accompagnement il est
le plus à l’aise.
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